‹ Histoire du consulat et de l'empireChapitre 35 sur 51 · CHUTE DE L*£I1P1RE ET RESTAURATION (181&). A3S · texte numérisé non relu

CHUTE DE L*£I1P1RE ET RESTAURATION (181&). A3S

de Marmont avec le prince SchwarUeoberg. — Glorieuse bataille de TuulouBe ; mais celte ville est occupée par les Anglais. -^ Célèbres adieux de Napoléon à son armée. — Son départ.

Tout cœur français reste froissé au souvenir de noire capitale occupée par les armées de l'Europe. Le temps, loin d'effacer cette cicatrice, la fait saigner de nouveau. On ne voit plus, ou Ton voit sous un faux jour, les causes et le véritable auteur de ce désastre. 11 faudrait pourtant se rappeler le secours que nous prêta la Providence dans une si cruelle extrémité et celui même que nous avons tiré de la commune sagesse. Comment peut-on oublier que notre liberté constitutionnelle date pourtant de ces jours de si triste mémoire ; que ce bienfait s'est successivement étendu sur plusieurs de ces peu* pies alors nos ennemis; que d'autres y aspirent, et que la plus longue paix continentale dont l'histoire nous offre l'exemple, a été une source féconde de merveilles et de découvertes qui promettent de plus douces destinées à la société humaine? Heureux si nous gardons dans le cours de nos prospérités renaissantes, la prudence qui nous a fait sortir de nos désastres !

Les passions malveillantes et les illusions pernicieuses nous menacent aujourd'hui de leur réveil ; je ne leur payerai point dans ma vieil-

U^U mSTOIBE DE l'empire.

lesse, un tribut que je leur ai refusé dans un âge plus mobile et plus ouvert à des espérances fallacieuses. Un avertissement qui part des bords de la tombe^ et que l'histoire justifie, peut avoir quelque autorité.

Vous figurez-vous les anxiétés d'une ville si longtemps dominatrice, dont toutes les portes sont ouvertes aux armées de l'Europe, qui se disent conjurées, sinon pour sa destruction, du moins pour sa ruine? Le maréchal Marmont n'a capitulé que pour son armée et ne pouvait aller au delà, puisqu'il n'exerçait aucun pouvoir politique, soit au nom de TEmpereur, soit au nom de l'Impératrice régente , soit à celui des ministres absents. Les maires de Paris frémi^ rent d'une telle position. Du haut de ces collines occupées la veille et abandonnées par ses défenseurs, l'incendie pouvait se répandre, lancé par sept bouches de volcans. Un grand sentiment de confiance reposait cependant sur l'empereur Alexandre dont les proclamations annonçaient un caractère modéré et dont on avait vanté les vues et les actes philanthropiques. Il combattait les Français en les admirant et déclarait ne combattre que leur chef, agresseur injuste de ses États. Nos magistrats, le préfet de la Seine M. de Chabrolles , le préfet de po-

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