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sur le ventre de laquelle il fallait passer. Il en donna lui-mémc peu de jours après un exemple mémorable.
Le maréchal Xey opéra sa jonction avec le maréchal Moncey , qui était fort afFaihli par le départ des divisions Lagrange et Musnier, envoyées à la poursuite de Castanos. Le maréchal Ney, voulant au moins rendre utile sa présence sur les lieux, convint avec le maréchal Moncey de l'aider & l’ investissement de Saragosse, où s'étaient enfermés les frères Palafox et les fuyards aragonais. Pendant ce temps le général Maurice-Mathieu poussait avec autant de rapidité que de vigueur les débris de Castanos, qui se retiraient en désordre sur Calatayud. Lannes resta malade à Tudela, offrant
au roi. Vous tous mettrez ou communication avec le maréchal Lannes, qui marche avec la division Lagrange , la brigade Colbert, et tout le corps du maréchal Moncey, sur Calahorrn , Alfaro et Tudela. Le maréchal Lannes se portera sur Lodosa le 21, il y sera le 22, où il se réunira au corps du maréchal Moncey, marchera sur Calahorra, et le 23 sur Tudela. Vous, monsieur le duc, vous 6crcz le 21 au soir à Almazan, et le 22 à Soria. L’Empereur sera le 21 à Aranda. Ainsi , le 22 la gauche sera à Calahorra, le centre, que vous formez, sera k Almaxan ou Soria, la droite sur Aranda. >
Le major général au maréchal A Vy, à Almaxan.
* Bnrgoi, le 21 novembre 1808 , h quatre heures du soir.
» Les maréchaux Lannes et Moncey attaquent, le 22, l'ennemi k Calahorra; vous devez donc continuer votre mouvement sur Agreda pour vous trouver sur les flancs de l'ennemi, et faire votre jonction avec le maréchal Lannes , si cela est nécessaire. >
Le major général au maréchal Xcy , par Agreda.
* Aranda, le 27 novembre 1808, à dix heures du malin.
> Il paraît qu’après la bataille de Tudela, l'armée d’Aragon s’est retirée dans Saragosse, et que l'armée de Castaiios s’est retirée sur Tarozoua, et si vous vous fussiez trouvé le 23 à Agreda , elle aurait etc prise.
* Sa Majesté me charge de vous réitérer l’ordre de poursuivre Castanos; ne le quittez pas, et poursuivez-lc la baïonnette dans les reinB. Point de repos que votre armée n’ait aussi un morceau de l'année de Castanos.
t N’écoutez pas les bruits du pays. On disait qu’à Tudela il y avait au delà de 80 mille hommes, et il n’y en avait pas 40 mille, y compris les paysans, et ils ont fui aussitôt qu’on a marché sur eux , abandonnant drapeaux et canons. Cette canaille n’est pas faite pour tenir devant vous, et rien en Espagne ne peut résister à vos deux divisions quand vous êtes à leur lélc. Ne quittez donc pas Castanos, et ayez-en votre part Voilà votre but >
Le major généi-al au maréchal Xey, par Agreda.
• Aranda . le 28 novembre 1 808 , i sept heure s du soir.
» L’Empereur me charge de vous donner l’ordre de poursuivre Castaiios l’épée dans les reins. S’il va sur Madrid , vous le suivrez. Soyez toujours sur sa piste. L’Empereur passe demain la Somo*Sierra, et son projet est de faire couper, s’il est possible, Castanos sur Guodalaxara Mais il est essentiel que vous , monsieur le maréchal , vous le poursuivies et que vous ne le laissiez point se jeter 6ur le corps français qui marche à Madrid , et qui pourrait avoir en même temps à lutter contre les efforts des Anglais, qui, suivant les nôuvcllcs, se mettent en mouvement. Le quartier général de l’Empereur sera demain à
SOUO-SIKRR.A.
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cependant à Napoléon de remonter encore à cheval, même avant d'être rétabli, s’il fallait quelque part tenir tête aux Anglais, et les jeter à la mer. Plût au ciel, en effet, que Xapolêon eût confié à un tel chef le soin de poursuivre ces redoutables ennemis de l’Empire !
C'est le 26 seulement, toujours par suite de la difficulté des communications, que Napoléon reçut la nouvelle de la vigoureuse conduite de Lannes- à Tudela, de la dispersion des armées espagnoles du centre et de droite, et de l'inexécution du mouvement prescrit au maréchal Ney. Tenant ce maréchal pour l'un des premiers hommes de guerre de son temps, il n'attribua son erreur qu'aux fausses idées que les généraux fran-
Bocequillas , et après-demain & Buytrago. Ainsi , monsicnr le duc , le but que vous avez à remplir n’est ni la défense, ni la conquête, ni l'occupation d’un territoire, mais bien do suivre, d'attaquer et de combattre l’armée de Caslaùos, surtout 6i elle se portait sur Madrid. >
Le major général au maréchal A>y, à Guadalaxara.
• Chamartin, le S décembre 1808.
t Les Anglais sc sauvent & toutes jambes; mais nous avons été ici un moment dans une situation sérieuse. C'est une faute d’être arrivé ici trop tard, c’en est une de n’avoir pas suivi l’esprit de vos premières instructions ; elles vous faisaient connaître que le maréchal Lannes attaquait l’ennemi le 23, que vous étiez destiné à couper et poursuivre Caslaiios, et par conséquent à vous porter rapidement sur Agreda , sans vous arrêter deux jours comme vous avez fait en pure perte à Soria.
* Sa Majesté n’approuve pas que vous ayez mêlé votre corps avec celui du maréchal Moncey ; il fallait suivre Caslanos et laisser le duc de Coucgliouo faire le siège de Saragosse. L'Empereur ne peut comprendre comment, quand vous avez quitté le 2 Saragosse, vous n'avez pas laissé la division Dessoles au maréchal Moncey, l’exposant par là à faire un mouvement rétrograde. Enfin, ce qui est passé est passé; Sa Majesté connaît trop bien votre zèle pour vous en vouloir, elle vous mettra à même de réparer tout cela. L'Empereur a hésité de donner l’ordre à la division Dessoles et aux Polonuis de retourner sur Saragosse , afin de ménager la fatigue de ses troupes. Sa Majesté a préféré faire des changements à ses projets ultérieurs. Elle vient d’ordonner au maréchal Mortier de sc diriger sur Saragosse. »
L' Empereur au maréchal Lannes.
• ranch, le 27 novembre 1808.
• Votre aide de camp est arrivé le 26, à huit heures du matin, et m’a annoncé la brillante affaire de Tudela. Je vous en fais mon compliment Le maréchal IMey n’a pas, dans cette circonstance, rempli mon but. Arrivé le 22, à midi, à Soria, il devait, selon les ordres qu'il avait reçus, être le 23, de bonne heure, à Agrcda. Mais, s'étant laissé imposer par les habitants, et ajoutant foi à un tas de bêtises qu'ils lui débitaient, croyant sur leur parole qu’il y avait 80 mille hommes de troupes de ligne, etc., il a eu peur Je •c compromettre, cl il est resté le 23 et le 24 à Soria. Je lui ai donné l’ordre de partir sur-le-champ et de ne rien craindre. Il a dû être le 25 à Agreda. Il avait entendu votre canonnade le 23 et le 24, et il avait cru que vous aviez été battu, sans raison et sans aucun indice raisonnable. Je lui ai donné l'ordre depuis de pousser Castaiios l’épée dans les reins. Je m’occupe de rappeler le corps du maréchal Victor, que j’avais envoyé du côté de l’Aragon , afin de pouvoir enfin marcher sur Madrid, t
*38 LIVRE XXXIII. — XOV. 1808.
cais se faisaient de l’Espagne et des Espagnols , et , bien que la belle manœuvre qu’il avait ordonnée par Soria n’eût point réussi, il n’en considéra pas moihs les années régulières de l'Espagne comme anéanties , et la route de .Madrid comme désormais ouverte pour lui. Effectivement, les Aragonais sous Palafox étaient tout au plus capables de défendre Saragosse. Les Andalous conduits par Castanos se retiraient au nombre de 8 ou 1) mille sur Calatayud, et ne pouvaient faire autre chose que d'augmenter la garnison de Madrid, en se repliant sur celte capitale par Siguenza et Guadalaxara, si on leur en laissait le temps. Le marquis de La Romana, avec G ou 7 mille fuyards dénués de tout, gagnait péniblement le royaume de Léon à travers des montagnes neigeuses. Enfin, sur la route même de Madrid, il ne restait que les débris de l’année d’Estrémadure, déjà si rudement traitée en avant de Durgos.
Un seul obstacle aurait pu arrêter Napoléon, c’était l’armée anglaise, dont il n’avait que les nouvelles les plus vagues et les plus incertaines. Mais cette armée elle-même n’était encore en état de rien entreprendre. Sir John Moore, conduisant scs deux principales colonnes d’infanterie à travers le nord du Portugal, était arrivé à Salamanque avec 13 ou 14 mille hommes d’infanterie, exténués de la longue marche qu'ils avaient faite, et fort éprouvés par des privations auxquelles les soldats anglais n’étaient guère habitués. Le général Moore n’avait avec lui ni un cheval ni un canon, sa cavalerie et son artillerie ayant suivi la route de Badajoz à Talavera sous l'escorte d'une division d’infanterie. Enfin sir David Raird, débarqué à la Corogne avec 11 ou 12 mille hommes, s’avancait timidement vers Astorga, se trouvant encore à soixante ou soixante-dix lieues de son général en chef. Ces trois colonnes ne savaient comment elles s’y prendraient pour se rejoindre, et, dans leur isolement, n’étaient ni capables ni désireuses d’entrer en action. Elles se sentaient même fort peu encouragées par ce qu’elles voyaient autour d'elles, car, au lieu de les recevoir avec enthousiasme , les Espagnols de la Vieille-Castille, épouvantés de la défaite de Blake, et se soumettant à un simple escadron de cavalerie française, les accueillaient froidement, ne voulaient rien leur donner qu’en échange de souverains d’or ou de piastres d’argent, livrés en même temps que les fournitures elles-mêmes. Aussi le sage Moore avait-il écrit à son gouvernement pour le détromper sur l’insurrection espagnole, et lui montrer qu’on avait engagé l’armée anglaise dans une fort périlleuse aventure.
Napoléon ignorait ces circonstances, et savait seulement qu’il arrivait des Anglais par le Portugal et la Galice ; mais il persistait dans son plan de les attirer dans l’intérieur de la Péninsule, afin de les envelopper au moyen de quelque grande manœuvre , tandis que le maréchal Soult et le général Jnnot, laissés sur ses derrières, les contiendraient de front. Pour en agir ainsi, Madrid, d’où l’on pourrait opérer par lu droite sur le Por-
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Ingai ou la Galien, devenait le meilleur centre d'opération ; et c'était nn nouveau motif d'y marcher sans retard. Napoléon donna scs ordres en conséquence, dés que l'affaire de Ttidcla lui Tnt connne.
D’abord il prescrivit au maréchal Ney, qu’il voulait avoir sous sa main pour l’employer dans les occasions difficiles, notamment contre les Anglais, d'ahandonner f investissement de Saragosse, do. marcher sur Madrid par la même roule que Caslaîios, et de poursuivre celui-ci à outrance jusqu'à ce qu’il ne lui restât plus un seul homme. Il enjoignit au général Maurice- Mathieu, qui était à la poursuite de Castaûos avec une partie des troupes du maréchal Moncey, de s’arrêter, de rendre au maréchal Moncey les troupes qui lui appartenaient, pour que ce dernier put reprendre avec toutes ses divisions les travaux du siège de Saragosse. Il pressa de nouveau le général Saint-Cyr, chargé de la guerre de Catalogne, d’accélérer les opérations qui devaient le conduire à Barcelone et amener le déhlocus de celte grande cité. Ces dispositions prises à sa gauche, Napoléon envoya sur sa droite les instructions suivantes
Le maréchal Lefebvre, posté à Carrion pour lier le centre de l’armée française avec le maréchal Soult, auquel avait été confié le soin de soumettre les Asturies, dut suivre le mouvement général sur Madrid, et se porter arec les dragons de Milhaud sur Valladolid et Ségovie, afin de couvrir la droite du quartier général. Le général Junot, dont la première division approchait, dut hâter sa marche pour venir remplacer le maréchal Lefebvre sur le revers méridional des montagnes des Asturies, où le maréchal Soult allait reparaitre bientôt après avoir soumis les Asturies ellesmêmes. Ces deux corps , dont l'un sous le maréchal Bcssières avait autrefois conquis la Viaille-Castille , dont l'autre sous Junot avait autrefois conquis le Portugal, devaient, réunis sous le maréchal Soult, avoir affaire aux Anglais d'abord en Vieille-Castille, puis en Portugal, selon les opérations qu’on serait amené à diriger contre ceux-ci. Enfin, la tète du 5’ corps, parti d'Allemagne le dernier, commençant à se montrer à Bayonne , Napoléon ordonna à son chef, le maréchal Mortier, de venir prendre à Burgos la place qui allait se trouver vacante par la translation du quartier général à Madrid.
Tout étant ainsi réglé sur scs ailes et scs derrières , Napoléon marcha droit sur Madrid. Il n'avait ajfr lui que le corps du maréchal Victor, la garde impériale, et une partie de la réserve de cavalerie, c'cst-à-dire beaucoup moins de quarante mille hommes. C’était plus qu’il ne lui en fallait, devant l’ennemi qu’il avait à vaincre, pour s’ouvrir la capitale des Espagnes.
Ayant d’abord porté le maréchal Victor, à gauche de la roule de Madrid afin d’appuyer les derrières du maréchal Ney, il le ramena par Ayllon et Riaza sur cette roule, au point même où elle commence à s’élever, pour