‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 110 sur 186 · S0.M0-S1 KK H.A · texte numérisé non relu

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n’avait quitté que le dernier et tout sanglant le champ de bataille de Somo- Sierra, fut leur première victime. Il avait, avec Jes fugitifs de Soino-Sierra, rejoint à Scgovie ce qui subsistait encore du détadiement de Sépulveda et des troupes battues à Burgos par le maréchal Soult. Ces divers rassemblements, après s’être un moment rapprochés de Madrid par la route de Ségovie à l’Escurial, s’enfuirent sur Tolède en apprenant la reddition de la capitale. La garnison de Madrid, sortie avec le marquis de Castellar, se réunit à eus. Leur indiscipline passait toute croyance. Us pillaient, ravageaient, beaucoup plus que les vainqueurs, ce pays qui était le leur, et qu'ils avaient mission de défendre. Les chefs, saisis de honte et de douleur à un tel spectacle, voulurent mettre quelque ordre dans cette retraite , et épargner aux habitants les horribles traitements auxquels ils étaient exposés. Mais les misérables qu’on cherchait à contenir se mirent à accuser leurs officiers de les avoir trahis. Le brave don Juan Beuito, le plus sévère, parce qu’il était le plus brave, devint l'objet de leur fureur. Ayant voulu à Talavera les réprimer, il fut assailli dans une modeste cel- ■ Iule qui lui servait de logement, traîné sur la voie publique, pendu à un arbre, ou, durant plusieurs heures, ces monstres, qui ne l’avaient pas suivi au combat, le criblèrent de leurs balles. Tels étaient les hommes auxquels l'Espagne, dans son aveuglement patriotique, confiait sa défense contre une royauté qui avait à ses yeux le tort d’être étrangère.

Le général Lasalle, toujours au galop à la tête de ses escadrons, arrivé bientôt à Talavera, rejeta jusqu’au pont d'Almaraz sur le Tage ces bandes indisciplinées. Ce pont, autour duquel les Espagnols avaient élevé quelques ouvrages, ne pouvait être emporté que par de l’infanterie. Le général Lasalle s'y arrêta, en attendant que les ordres de l’Empereur prescrivissent de nouvelles opérations dans le midi de la Péninsule.

Tandis que les armées espagnoles étaient refoulées de la sorte, celle de Palafox sur Saragosse, celle de Castaùos sur Cuença, celle d'Estrémadure sur Almaraz, celle de Blakc sur Léon et les Asturies, et que nous étions ainsi en quelques jours redevenus maîtres d’une moitié de l'Espagne, les Auglais , auxquels on avait promis qu'ils ne viendraient que pour recueillir des trophées, et compléter tout au plus une victoire assurée, se trouvaient dans le plus cruel embarras, car ils n’avaient pu réussir jusqu’ici à rassembler leurs divers détachements en un seul corps d’armée. L'unique progrès qu'ils eussent fait sous ce rapport, c'était de réunir à l’infanterie , amenée par Ciudad-Rodrigo et Salamanque, l'artillerie et la cavalerie venues par Badajoz et Talavera, sous la conduite du général Hope. Celui-ci avait même un moment failli tomber au milieu des escadrons de Lasalle, s’était dérobé par une marche habile dans les montagnes, et avait enfin, par Avila, rejoint sop général en chef vers Salamanqae. Après celte jonction le général Moore comptait environ 10 mille .hommes. Mais il lui restait

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