‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 115 sur 186 · LIVRE XXXIII. — DEC · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII. — DEC

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entouré de chasseurs. I^e chemin qu'il avait pris le menait droit à Hostalrich , et sous le canon de cette place. Grâce à la légèreté de son équipement , il put parcourir les hauteurs qui entourent iiostalricb sans passer par la route frayée , en fut quitte pour quelques boulets qui ne lui firent pas plus de mal que ceux des canonnières anglaises, fit une halte le 11 dans les environs, se remit le lendemain 15 en marche pour Barcelone, ayant évité les deux places fortes qui fermaient la route de terre, et sur cette route n’ayant maintenant à craindre que la grande armée de don Juan de Vives elle-même. Dans l'après-midi du 15, en effet, il rencontra un premier détachement de celte armée, celui qui était venu de Barcelone sous les ordres de Milans, et le rencontra à l'entrée du défilé de Trenta- Passos. Il se hâta de forcer ce défilé , ne voulant pas avoir à le franchir devant l'armée espagnole qu’il s’attendait à chaque instant à trouver sur son chemin, car il n'était plus qu'à deux journées de Barcelone.

Don Juan de Vivès, averti par le courrier qu'on lui avait envoyé, avait enfin quitté le blocus de Barcelone pour s'opposer à la marche du général Saint-Cyr. Il avait dépéché devant lui Milans avec 1 à 5 mille hommes; il en amenait lui-même 15 mille, desquels faisait partie la division de Grenade sous le général Reding. Le reste de la grande armée de Catalogne était aux environs de Barcelone, sur le Llobregat.

Le général don Juan de Vivès vint prendre position à Cardedeu, sur des hauteurs boisées , que traverse la grande route de Barcelone. Il y était avec les 15 mille hommes tirés de son camp et attendait sur sa droite Milans, qui allait le rejoindre avec 5 raille. lue nuée de miqiielels couvraient les environs. C'est cette force régulière, placée dans une excellente position, suivie d’une nombreuse artillerie , et secondée par de hardis tirailleurs , que le général français avait à culbuter pour s'ouvrir le chemin de Barcelone.

Son parti fut bientôt pris. A tâtonner il aurait gagné d’encourager les Espagnols, de décourager les Français, en éclairant les uns et les autres sur leur situation, car les uns avaient du canon, et les autres n'avaient que des fusils; il aurait gagné de laisser à Claros, à Alvarez, à Lassan, le temps de le joindre et de l'attaquer par derrière, tandis que Vivès l’attaquerait de front. 11 donna donc à la division Pino, qui marchait la première, l'ordre de ne pas se déployer, de ne pas tirer, car c’était perdre du temps et des munitious, tout ce dont on avait peu à perdre, de gravir tête baissée la route escarpée de Cardedeu , et de s’ouvrir un chemin à la baïonnette. Malheureusement, avant que les ordres du général en chef fussent transmis et compris, la brigade Mazuchelli, de la division Pino, s'était déployée à gauche de la route de Barcelone, sous le feu de la division Reding, la meilleure de l'armée espagnole, et elle en soufTrait beaucoup. Le général Saint-Cyr porta sur-le-champ à l'extrême gauche de cette brigade la divi-

SOMO-SIKHHA.

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lion française Souliam en colonne serrée, lui ordonnant de tondre sur l'ennemi à la baïonnette sans se déployer. Droit devnnt lui , et sur la grande roule elle-même, il prescrivit un mouvement semblable à la brigade Fontnna, la seconde de l’ino, et la dirigea en colonne serrée sur le centre des Espagnols. A la droite de cette même route il envoya deux bataillons menacer l’extrémité de la ligne espagnole. Sa cavalerie, prêle à charger là oii le terrain le permettrait, s'avançait dans les intervalles d'une colonne à l'autre.

Ces ordres, exécutés avec précision et une rare vigueur, furent suivis du résultat le plus prompt et le plus complet. La colonne Souliam à l'extrême gauche de notre ligne , la brigade Fontana au centre , abordèrent avec tant de résolution la ligne espagnole , qu'elles la rompirent et la cnU hulèrent en un clin d’oeil , dégageant ainsi sur ses deux ailes la brigade àlazuchelli, mal à propos déployée. Les dragons italiens elle 24' de dragons français, s’élançant au galop, chargèrent les Espagnols déjà repoussés, et les jetèrent dans un affreux désordre. L'ennemi s'enfuit dans tous les sens , laissant sur le champ de bataille 600 morts , 800 blessés , 1,200 prisonniers, toute son artillerie, sans en excepter un canon, et un parc de munitions dont nous avions grand besoin. Les généraux Virés et Reding, entraînés dans la déroute générale, se sauvèrent par miracle, l'un vers la mer, ob il s'embarqua pour rejoindre son camp du Llobrrgat, l'autre vers la route de Rarcelone, qu’il parvint à franchir grâce à la vitesse de son cheval. Cette bataille g»gnée en moins d’une heure nous valut, avec l’acquisition de tout ce qui nous manquait, la route de Barcelone et un ascendant irrésistible sur l’ennemi. Lassan, Alvarez, Claros survinrent à la fin du jour sur nos derrières, mais trop tard pour prendre part à l'action. Le combat terminé , ils n’avaient plus rien à faire qu’à regagner Girons , ou à se porter par des détours au camp du I.lobregat.

Il ne restait qu'une étape à parcourir pour se rendre à Barcelone. Il importait d’y arriver pour se procurer les moyens de vivre, car le biscuit de nos soldats était épuisé. Le général Sainl-Cyr, plaçant sur les chevaux de l'artillerie et de la cavalerie les blessés qui pouvaient être transportés , et réduit à abandonner à la discrétion des somalhènes ceux qui n'étaient pas capables de supporter le trajet, se mit en route pour Barcelone, où il arriva le 17, au milieu de l’étonnement des Espagnols , et de la joie des soldats de Duhesme, que la vue d'une armée française venant les débloquer remplissait d'une vive satisfaction. De toutes parts on s'embrassait avec transport , et on se promettait les plus heureux résultats de celte réunion.

Outre l'artillerie prise à Cardedeu, le général Sainl-Cyr en trouvait une à Barcelone fort nombreuse, fort belle, et très-facile à atteler avec les chevaux qu'il amenait. Il avait perdu fort peu de monde, et comptait au

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