‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 157 sur 186 · LIVRE XSXV. — MAI i*<J · texte numérisé non relu

LIVRE XSXV. — MAI i*<J

surtout d’en finir rite pour en finir à son honneur; que pour le général français, passer le Danube était la condition indispensable de tout succès définitif, et qu'avoir échoué dans ce passage était un échec moral autant qu'un échec matériel; qu'il valait mieux par Conséquent persister à lui opposer un genre d'obstacle qui seul l'avait arrêté jusqu'alors, et persévérer dans une lactique qui avait réussi , que d’aller soi-mème s'olfrir à ses coups, et risquer des batailles douteuses en essayant un passage hasardeux, au-dessous ou au-dessus de Vienne. L'archiduc Charles pouvait se faire, et se fit ces raisonnements, qui étaient sages, qui méritaient même d'être. approuvés, si, adoptant un pareil plan, il le suivait dans toutes scs conséquences, s’il employait le temps qui allait s'écouler à renforcer l’armée autrichienne, à rendre le Danube de plus en plus difficile à franchir, et à soulever autour de Napoléon les résistances de toute nature , qu'un avantage obtenu sur lui devait naturellement provoquer. C'est aU moins ce qu'il parut faire dans les premiers moments, s'attachant à garder plus fortement que jamais sa position vis-à-vis de Vienne, s'étudiant à augmenter les difficultés de tout passage ultérieur du Danube, concentrant sur ce point le plus de forces possible, donnant à l'archiduc Jean l'ordre de l'y rejoindre au plus tôt, cl surtout chantant victoire en Allemagne, écrivant partout que les.Français avaient été battus, presque détruits, parlant de trente à quarante mille morts ou blessés, d'autant de prisonniers, de façon que si ces bruits avaient été vrais il ne serait pas resté ho soldat à. Napoléon; parlant en outre d’une retraite inévitable et prochaine des Fiançais sur Linlz, Passau et Strasbourg même, promettant enfin à tous leur délivrance générale et certaine, si l'Europe, et particulièrement l'Allemagne, voulait seconder l’Autriche par un seul effort. Heureusement pour Napoléon, ce que l'archiduc sut faire de mieux pour user de sa victoire,ce fut de se vanter du succès obtenu , et vanité à part, c’était quelque chose d'utile, on le verra bientôt, que de se vanter beaucoup, même an delà de foute vérité et de toute mesure.

En effet, Napoléon avait bien moins à redouter la conséquence matérielle de la bataille d'Essling que ses conséquences morales. En réalité, bien qu'il eut, comme nous l'avons déjà dit, échoué dans un passage du Danube tenté prématurément, il convenait en gardant l'ile de Lobau la base de tout passage ultérieur, et il avuit beaucoup plus affaibli l'ennemi en soldais qu’il ne s'était affaibli lui-même. Mais ce qu'on allait dire en Allemagne, en France, en Europe de ces deux grandes journées, pouvait provoquer des résistances imprévues, diminuer l'ascendant moral dont il avait besoin pour être obéi, et pour attirer à lui toutes les ressources de son empire. Cependant il ne s’inquiéta pas plus qu’il ne fallait de l'avantage qu’eu allait tirer des derniers événements; il écrivit en tous lieux pour redresser l’opinion , pour que les deux journées d’Essling fussent eqvisa-

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