‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 164 sur 186 · IV AG R A XI · texte numérisé non relu

IV AG R A XI

Xapoléon celle preuve de dévouement, il n’avait pu défendre une place focle avec de la cavalerie * et tâchant de se sauver par une porte tandis que les troupes hollandaises entraient par l'autre, il était tombé sous le sabre d’un cavalier hollandais. Le malheureux, victime de son patriotisme désordonné, avait vu en expirant sa troupe prise, détruite ou dispersée. C’était jusqu’alors le seul fruit des insurrections allemandes. Les cœurs n’eu étaient pas moins exaspérés contre nous, et il ne fallait qu'un revers, non pas supposé, mais réel, pour que les peuples encore intimidés .fissent explosion d’un bout du continent à l’autre.

En Pologne, la campagne habilement conduite par le prince Poniatowski, avait eu des résultats inespérés, quoique peu décisifs. Livrant la rive gauche de la Vislulc à l'impatience des Autrichiens, qui non contents d’occuper Varsovie, avaient eu l’imprudence de descendre jusqu’à Thorn, ce prince s’était réservé la rive droite, les avait repoussés toutes les fois qu'ils avaient voulu la franchir, puis l’avait remontée jusqu’en Gallicie, pour réveiller l’esprit insurrectionnel des Polonais couvant sourdement dans cette province. A son apparitiou, en effet, une partie des Galliciens s’était levée, et lui avait offert des vivres, des munitions et des hommes. Il était entré à Sandomir, et menaçait même Cracovie. L’archiduc Ferdinand, ramené en arrière par les opérations du prince Poniatowski, avait été obligé de faire une retraite rapide, qu’on aurait pu interrompre, et rendre désastreuse en passant de la rive droite sur la rive gauche, pour l’arrêter dans son mouvement rétrograde. Un corps polonais de 5 mille hommes sous le général Dombrouski s’était proposé ce plan, mais il était incapable à lui seul de l’accomplir, et courait la chance de se faire écraser, sans avoir celle d’arrêter l’ennemi. Les Russes, sous le prince Gallitzin, arrivés en ligne vers les derniers jours de juin , tandis qu’ils auraient dû y être en avril, pouvaient exécuter cette manœuvre, et ne pas laisser revenir en Gallicie un seul Autrichien. Le prince Poniatowski les suppliant d'agir ainsi, avait trouvé chez eux une mauvaise volonté évidente , que n’expliquaient plus la saison, le débordement des rivières, l'imperfection de l’administration russe. Le vrai motif de leur inaction, c’est qu’ils éprouvaient à détruire les Autrichiens au profit des Polonais, une répugnance telle qu'ils désobéissaient aux ordres mêmes de leur gouvernement. Le prince Gallitzin, fortement réprimandé par Alexandre, avait montré un peu moins de froideur au prince Poniatowski, mais il n’avait rien fait pour vaincre la résistance de ses lieutenants, et l’un d'eux, le prince Gortschakoff, avait même écrit qu’il arrivait dans l’espérance de se joindre aux Autrichiens et non aux Polonais. Ceux-ci ayant intercepté la lettre l'avaient envoyée avec beaucoup d'autres à Saint-Pétersbourg. Partout où les avant-postes russes et autrichiens se rencontraient, ils se tendaient la main en se promettant de servir bientôt ensemble. En un mot, les divisions russes parvenues enfin TOME iv. W

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