‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 17 sur 186 · LIVRE XXIX. — J A XV · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX. — J A XV

Quant à la réserve générale, Napoléon l’organisa à Orléans pour l'infanterie, à Poitiers pour la cavalerie. 11 eut recours au même procédé qu’il avait employé pour composer le corps du maréchal Moncey, et il réunit à Orléans de nouveaux bataillons provisoires tirés des dépôts qui n’avaient pas encore fourni de détachements à l’Espagne. Le général Verdier dut commander ces six nouveaux régiments provisoires d’infanterie, désignés sous les n°' 13 à 18. Napoléon réunit h Poitiers quatre nouveaux régiments provisoires de cavalerie, également tirés des dépôts, présentant trois mille cavaliers de toutes armes, cuirassiers, dragons, hussards et chasseurs, sous un général de cavalerie d’un mérite rare, le général Lasalle. Il restitua au camp de Boulogne, à la garnison de Paris et aux camps de Bretagne, les dix vieux régiments ramenés de la grande armée; ce qui lui préparait, en cas de besoin, de nouvelles ressources d’une qualité supérieure. Enfin, il dirigea secrètement sur Bordeaux quelques détachements de la garde impériale en infanterie, cavalerie, artillerie, se doutant bien qu’il serait bientôt obligé de se rendre lui-même en Espagne, pour y amener le dénoûment qu’il désirait. En évaluant à 25 mille hommes le corps du général Dupont, à 32 mille celui du maréchal Moncey, h B ou 7 la division des Pyrénées-Occidentales, 5 1 1 ou 12 le corps des Pyrénées-Orientales, à 10 mille les deux réserves «l’Orléans et de Poitiers, à 2 ou 3 mille les troupes de la garde, on pouvait considérer comme représentant une force de 80 et quelques mille hommes les troupes dirigées sur l’Espagne, sans compter l’armée de Portugal, ce qui élevait à plus de cent mille les nouveaux soldats destinés à la Péninsule. Mais ils étaient si jeunes, si peu rompus aux fatigues, qu’il fallait s'attendre à une grande différence entre le nombre des hommes portés sur les contrôles et le nombre des hommes présents sous les armes. Du reste, un-quart de cet effectif était encore en marche dans le courant de janvier 1808. Napoléon, voulant avancer le dénoûment, ordonna à ses troupes un mouvement décidé sur Madrid. La grande route qui mène à celte capitale se bifurque à la hauteur de Burgos. L’un des embranchements passe à travers le royaume de Léon par Valladolid et Ségovie, franchit le Guadarrama vers Saint-Ildcfonse, et tombe sur Madrid par l’Escurial. L’autre traverse la Vieille-Castille par Aranda, franchit le Guadarrama a Somo- Sierra (nom fameux dans nos annales militaires), et tombe sur Madrid par Buytrago et Chamartin. I«es deux corps de Dupont et Moncey étant, le premier à Valladolid (route de Salamanque), le second entre Viltoria et Burgos, avant la bifurcation , n’avaient pas encore fait un pas qui put révéler l’intention de marcher sur Madrid. Napoléon ordonna au général Dupont de diriger l’une de ses divisions sur Ségovie, et au maréchal Moncey l’une des siennes sur Aranda, sous prétexte de s’étendre pour vivre. Dés lors, la direction sur Madrid était démasquée. Mais l’entrée des troupes françaises en Catalogne et en Navarre, qu’il fallait enfin prescrire pour occuper Bnr-

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