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relonc cl Pampelune, disait bien plus clairement encore que le véritable but de ces mouvements était tout autre que Lisbonne. Afin de fournir une explication qui ne serait croyable qu’à demi , Napoléon, en ordonnant au général Duheame de pénétrer en Catalogne , au général Merle d’entrer en Navarre, fit annoncer à la cour d’Espagne, par M. de Beauharnais, l’intention d'un double mouvement de troupes sur Cadix, l’un à travers la Catalogne, l’autre à travers l’Estramadure et l’Andalousie. La flotte française qui était mouillée à Cadix, pouvait être le motif de cette expédition. Si, du reste, on doutait à quelque degré, soit à la cour, soit dans le pays, du but allégué, il devait en résulter tout au plus un redoublement d’émotion, que Napoléon ne regrettait pas, puisqu’il voulait amener, sinon tout de suite, du moins prochainement, la fuite de la famille royale.
Napoléon trouvait trop d’avantage à avoir ses dépôts toujours pleins, au moyen de conscrits appelés à l’avance, et instruits douze ou quinze mois avant d’être employés, pour ne pas persévérer dans le système de conscription anticipée, surtout dans un moment où il voulait former sur le littoral européen des camps nombreux à côté de ses flottes. En conséquence, après avoir demandé au printemps de 1807 la conscription de 1808, il voulut dès l’hiver de 1808 demander la conscription de 1800. Celle demande lui fournissait d’ailleurs l’occasion d’une communication au Sénat, et d’une explication spécieuse pour l’immense rassemblement de troupes qui s'opérait au pied des Pyrénées. Le Sénat fut donc réuni le 21 janvier, pour entendre un rapport sur les négociations avec le Portugal et sur la résolution arrêtée, déjà même exécutée, d’envahir le patrimoine de la maison de Bragance. On en prenait texte pour développer le système d’occupation de toutes les côtes du continent, afin de répondre au blocus maritime par le blocus continental. La conscription de 1808, disait M. Regnaud de Sainl-Jean-d’Angély, auteur du rapport présenté au Sénat, avait été le signal et le moyen de la paix continentale, signée à Tilsit; la conscription de 1800 serait le signal de la paix maritime. Celle-ci malheureusement restait à signer dans un lieu que personne ne connaissait et ne pouvait dire. La promesse de n’employer que dans les dépôts les jeunes conscrits appelés un an d'avance était encore renouvelée cette fois, pour atténuer l’effet moral de ces appels anticipés. Un autre rapport annonçait la réunion à l'Empire, par suite de traités antérieurs, de Kehl, Cassel , We.scl et Flessingnc : Kehl et Cassel, comme annexes indispensables aux places de Strasbourg et Mayence; Wescl, comme un point de haute importance sur le cours inférieur du Rhin; Flessingue enfin, comme le port d’un établissement maritime dont Anvers était le chantier. Cette dernière communication amenait à une profession de foi impériale sur le désintéressement de la France, qui ayant tenu dans ses mains l’Autriche, l’Allemagne, la Prusse, la Pologne, n'avait rien gardé pour elle-même, et se