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effectif considérable, surtout après la rentrée des petits blessés. Il en fit de mérné pour l’ancienne division Barbou de l’armée d’Italie, laquelle contenait les troisièmes et quatrièmes bataillons du corps de Marmont. Elle eut ordre de verser ses soldats dans le corps du général Marinent, qui se trouva reporté de même k un effectif très-élevé. I.es quatrièmes bataillons composant le corps du général Oudinot appartenaient à plusieurs des régiments du maréchal Masséna. Ils fournirent leurs soldats à ces régiments, et restèrent vides comme ceux des divisions Puthod et Barbou. Après avoir vidé ces cadres , par le versement de leurs soldats dans les corps dont ils dépendaient, Napoléon les expédia aussitôt sur Strasbourg, afin d’aller y chercher des conscrits tout formés, et revenir ensuite prendre rang dans l’armée active. Ils devaient, chemin faisant, rendre un autre service, c’était de conduire k Strasbourg vingt mille prisonniers, qu’on avait déposés dans l’ile de I.ohau , et qu’on ne voulait pas y laisser, dans le cas, qu’il fallait prévoir, d’un renouvellement d’hostilités.
Napoléon, comme nous l’avons dit bien des fois, avait créé des demibrigades provisoires, avec les cinquièmes et quatrièmes bataillons de certains régiments plus avancés que les autres dans leur organisation, il fit dissoudre onze de ces demi-brigades, comprenant au moins 20 mille hommes, lesquels eurent ordre de se rendre k Strasbourg, où les cadres des quatrièmes bataillons devaient les recevoir. Il fil une nouvelle revue des dépôts qui ne s’étaient pas épuisés pour former des demi-brigades, et leur demanda à tous des bataillons de marche, distingués entre eux par les numéros des divisions militaires auxquelles ils appartiendraient. Une fois arrivés à Ratisbonne, ils auraient en quelque sorte achevé leur voyage, car des moyens de transport étaient préparés dans cette ville pour les conduire à Vienne par le Danube. Napoléon exigea en outre une dizaine de mille hommes de l’Italie. Quant à la cavalerie il n’avait presque pas d’hommes ù demander, car, suivant l’usage, il avait perdu peu de cavaliers et beaucoup de chevaux. Pour réparer ces pertes il établit de nouveaux marchés de chevaux à Passau , h Lintz , k Vienne , k Raah. Enfin , satisfait du service de l’artillerie, il voulut la renforcer encore, et de 550 bouches h feu In porter à 700, non pas en augmentant l’artillerie des régiments, ce qui était un retour k d’anciennes coutumes peu justifié jusqu’ici, mais en augmentant l’artillerie des corps , et particulièrement celle de la garde impériale. Cette artillerie do la gardo avait admirablement servi k U'agram, où elle comptait 00 pièces. Il décida qu’elle serait portée k 120. Dix-huit compagnies d’artillerie tirées des dépôts, et en particulier des dépôts d’Italie, fournirent le personnel de cette augmentation. Le matériel en fut tiré de Strasbourg et des places fortes d’Italie. Tous les calibres furent élevés. L’artillerie de marine dut remplacer l’artillerie de terre dans la garde des rôles , et les compagnies des côtes remplacer au dépôt des régiments les compagnies envoyées ù l’armée active.
C'est ainsi que dans le conranl du mois d'août 50 mille hommes allaient suivre, les 30 mille qui étaient actuellement en marche vers les camps de I armée d’ i lemagne. I.es travaux de défense à Raab, Vienne, Môlk, Lintz, Passa)! furent poussés avec une nouvelle activité. Les blessés furent divisés en (rois catégories : les amputés furent expédiés sur Strasbourg ; les hommes gravement atteints furent répartis entre Môlk, Lintz, Passau, de manière qu'ils pussent rejoindre leurs régiments dans deux on trois mois. Les [ictits blessés furent dirigés sur chaque camp. De la sorte aucun embarras ne générait les mouvements de l'armée, si elle reprenait les hostilités. Tandis que tout se préparait pour la renforcer, elle devait faire succéder à ses moments de repos des exercices fréquents , mener ainsi une vie mélée d'activité, de jouissances et de loisirs, car il régnait une abondance générale dans les camps. Afin de donner à tous l'exemple du dévouement, la jeune garde eut ordre de camper sous Vienne avec ses officiers, jusqu'au grade de colonel. Fusiliers, tirailleurs, oonscrils, au nombre de huit régiments, forent baraqués entre Vienne et Wagram. Les grenadiers et chasseurs de la vieille garde, qui n'avaient rien & apprendre, furent seuls dispensés de cette tâche, et vécurent dans la paisible retraite de Schœnbrunn autour du maitre qu'ils aimaient et dont ils étaient aimés.
A tant de travaux se joignirent les récompenses, en commençant comme d'usage par les chefs de l'armée. Le général Oudinot qui avait bien remplacé le maréchal Lannes â la tète du deuxième corps, le général Marmont qui avait fait du fond de la Dalmatie jusqu'au milieu de la Moravie une marche hardie et prudente , le général Macdonald qui avait montré dans toute la campagne d’Italie une profonde expérience de la guerre, et à Wagram la plus rare intrépidité, furent nommés maréchaux. Des gratifications furent accordées aux corps, et surtout aux blessés. L'n acte de sévérité vint se mêler h ces actes de gratitude et de munificence. Le maréchal Bernadotte, qui , par sa faute ou celle de son corps, n'avait pas su garder le poste qui lui était assigné entre Wagram et Aderklaa, n’en avait pas moins publié un ordre du jour adressé aux Saxons, dans lequel il les remerciait de leur conduite dans les journées des 5 et 6 juillet, et leur attribuait pour ainsi dire le gain de la bataille. Cette manière de distribuer à lui-même et à ses soldats des louanges qu'il aurait dû attendre de Napoléon , blessa vivement celui-ci, parce qu'elle blessait l'armée tout entière et ses chefs. Napoléon rédigea, pour l'en punir, un ordre du jour des plus sévères , qni fut communiqué circulairement aux maréchaux 6euls, mais qui était suffisant pour réprimer un tel emportement de vanité, car adressé k des rivaux il n'était pas probable qu'il restât secret '. Enfin Napoléon alla lui-