‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 30 sur 186 · LIVRE XXIX. — FÉV · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX. — FÉV

astucieux, et fit en cette circonstance un emploi de son génie qu'on ne saurait trop regretter. Toutes les troupes étaient prêtes. Le général Dupont avec vingt-cinq mille hommes était sur la route de Valladolid, une division sur Ségovie prenant la direction de Madrid. Le maréchal Moncey avec trente mille était entre Burgos et Aranda , route directe de Madrid. Le général Duhesme avec sept ou huit mille hommes, presque tous Italiens, marchait sur Barcelone. Cinq mille Français venant du Piémont et de la Provence étaient en route pour le joindre. Une division de trois mille hommes s'acheminait par Saint-Jean -Pied-de- Port sur Pampelune. Une seconde, composée des quatrièmes bataillons des cinq légions de réserve, allait renforcer la première. Une réserve d'infanterie s’organisait à Orléans, une de cavalerie à Poitiers. C'étaient quatre-vingt mille hommes environ, tous jeunes soldats, n’ayant jamais vu le feu, niais bien commandés, et pleins de l’esprit militaire qui à cette époque animait nos armées.

Il fallait donner un chef à ces forces. Napoléon en choisit un fort indiscret pour une mission politique aussi importante , mais il le plaça dans une situation à lui rendre toute indiscrétion impossible. Ce chef était Murat, toujours mécontent de n’étre que grand-duc, impatient de devenir roi n’importe où, ayant pris part aux guerres d'Italie, d’Autriche, de Prusse, de Pologne, et contribué à élever des trônes à Naples, à Florence, à .Milan, à Laüaye, à Cassai, à Varsovie, sans gagner l’un de ces trônes pour lui, inconsolable surtout de n’avoir pas obtenu celui de Pologne, et avide de toute guerre qui lui offrirait de nouvelles chances de régner. La Péninsule, où vaquait en ce moment le trône de Portugal, où chancelait celui d’Espagne, était pour lui le pays des rêves, comme autrefois le Mexique ou le Pérou pour les aventuriers espagnols. Tout bon et généreux qu'était Mural, s’il fallait hâter la chute du malheureux Charles IV par quelque moyen détourné et peu avouable, il était, dans son ardeur de régner, homme à s’y prêter. 11 n’y avait même à craindre de sa part que trop de zèle. Cependant, plus intelligent, plus spirituel qu’on ne l’a jugé en général (les circonstances qui vont suivre en fourniront la preuve), il était capable, dans un grand intérêt d’ambition, d’être même discret et réservé. Il avait à toutes fins, comme on a vu plus haut, noué des relations particulières avec Emmanuel Godoy, relations recherchées par celui-ci avec un égal empressement, l’un croyant que l’autre l'aiderait à atteindre l'objet de ses désirs, et s’abusant tous deux, car Godoy n’était pas plus en état de donner un roi aux Espagnols que Murat une pensée à Napoléon. C’était donc convier Murat à une fête que de l'envoyer en Espagne. Mais Napoléon voulant effrayer la maison régnante par l’envoi de troupes nombreuses, combiné avec un silence absolu sur ses intentions, se servit de son beau-frère conformément au plan qu’il avait adopté. Il l’avait eu à ses côtés, soit en Italie, soit à Paris, sans lui dire un seul mot de ses projets sur l’Espagne, dans le

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moment munie où il y pensait le plus. Le 20 lévrier, l'ayant vu dans la journée, sans lui adresser une parole relative à la mission qu’il lui destinait, il chargea le ministre de la guerre de le faire partir dans la nuit pour Bayonne, afin d’y prendre le commandement des troupes entrant en Espagne. Murat devait y être le 26, et y trouver ses instructions. Ces instructions étaient les suivantes : Prendre Je commandement général des corps de la Gironde et de l’Océan, de la division des Pyrénées-Orientales, de la division des Pyrénées-Occidentales, et de toutes les troupes qui pénétreraient plus tard en Espague ; être rendu dans les premiers jours de mars à Burgos, où allaient se trouver les détachements de la garde impériale; placer son quartier-général au milieu du corps du maréchal Moncey, c’està-dire à Burgos même ; s’avancer avec ce corps sur la route de Madrid par Aranda et Somo-Sierra, y diriger celui du général Dupont par Ségovic et l’Escurial; être maître vers le 15 mars des deux passages du Guadarrama; réunir six cent mille rations de biscuit déjà fabriquées à Bayonne, de manière que les troupes eussent des vivres pour quinze jours en cas de marche forcée; attendre pour tout mouvement ultérieur les ordres de Paris; occuper sur-le-champ la citadelle de Pampelunc, les forts de Barcelone, la place de Saint-Sébastien ; donner aux commandants espagnols, pour raison de cette occupation, la règle ordinaire à la guerre d'assurer ses derrières quand on marche en avant, même en pays ami; tenir toutes les troupes bien ensemble, comme on avait l’habitude de le faire en approchant de l’ennemi; veiller à ce que la solde fut toujours au courant, pour que les soldats ayant de l’argent ne fussent pas tentés de consommer sans payer, et, comme il y avait lieu de se défier des Napolitains entrant en Catalogne, faire fusiller le premier Italien qui pillerait; ne pas rechercher, ne pas accepter de communication avec la cour d’Espagne, sans en avoir l’ordre formel; ne répondre à aucune lettre du prince de la Paix; dire, si on était interrogé de manière à ne pouvoir se taire, que les troupes françaises entraient en Espagne pour un but connu de Napoléon seul, but certainement avantageux à la cause de l’Espagne et de la France; prononcer vaguement les mots de Cadix , de Gibraltar, sans rien alléguer de positif; annoncer particulièrement aux provinces basques que, quoi qu’il put arriver, leurs privilèges seraient respectés; publier, quand on serait à Burgos, un ordre du jour, pour recommander aux troupes la discipline la plus rigoureuse, les relations les plus fraternelles avec le généreux peuple espagnol , ami et allié du peuple français; ne jamais mêler à toutes ces protestations d’amitié d’autre nom que celui du peuple espagnol, et ne jamais parler ni du roi Charles IV, ni de son gouvernement, sous quelque forme que ce fut.

Tel est le résumé des instructions adressées à Murat le 20 février, confirmées et développées les jours suivants dans des ordres postérieurs. Le

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général Belliard fut placé auprès de lui comme chef d'état-major, le général (iroucliy comme command.'int de sa cavalerie. Le général Lariboisière fut chargé de diriger l'artillerie de l'armée. Celui-ci devait acheminer sur Bayonne, de tous les dépôts d'artillerie situés dans l’Ouest et le Midi, des munitions considérables, et notamment des outils, des artifices capables de faire sauter la porte d’une ville ou d’un chéteau fort. Les transports se faisant à dos de mulets en Espagne, ordre fut sur-le-champ expédié & Bayonne d'en acheter cinq cents des meilleurs et des plus beaux. I«c ministre du trésor public, M. Mollicn, fut invité à diriger plusieurs millions de numéraire, dont deux en or, sur Bayonne, pour suffire à toutes les dépenses de l’armée, et les acquitter argent comptant. Il devait dresser en outre un tarif équitable présentant la valeur comparative des monnaies françaises et espagnoles, qu'on publierait dans toutes les villes d'Espagne où l’on passerait, afin d'éviter les collisions entre les soldats et les habitants.

A ces instructions données pour les corps entrant en Espagne en furent ajoutées d’autres pour l’armée de Portugal. Napoléon voulait ne. rien coûter à l'Espagne dans une entreprise qui allait lui coûter sa dynastie. Mais il ne se faisait pas les mêmes scrupules à l'égard du Portugal , qu'il était autorisé à traiter en pays conquis et allié de l’Angleterre. Calculant la richesse dc.cc pays, plutôt d’après celle des colonies que d’après celle de la métropole, il prescrivit à Junot d’y frapper une contribution de cent millions. 11 lui recommanda la sévérité la plus extrême pour toute tentative d’insurrection, en lui rappelant comme exemple à suivre la manière terrible dont il avait réprimé le Caire en Egypte, Pavie et Vérone en Italie. Il lui, ordonna de dissoudre l’armée portugaise, et d’envoyer en France tout ce qui ne pourrait être licencié. Il lui enjoignit expressément d’avoir l’œil sur les divisions espagnoles qui avaient concouru à l’invasion du Portugal, de les attirer le plus loin qu’il pourrait des frontières d’Espagne, de tenir le gros de ses forces à Lisbonne, et deux petites divisions françaises, de quatre à cinq mille hommes chacune , l’une à Almeida pour contenir les troupes espagnoles du général Taranco qui occupait Oporto, l’autre à Badajox pour marcher au besoin sur l’Andalousie ; de garder cet ordre absolument secret, et, si on apprenait qu’une collision eût éclaté entre les Espagnols et les Français, de répandre parmi les Portugais que le motif de la collision n’était autre que le Portugal lui-même, dont les Espagnols voulaient la possession qu’on leur avait refusée.

Enfin Napoléon donna des ordres à la garde, car il prévoyait qu’il serait obligé de se rendre lui-même en Espagne , soit pour diriger la guerre si elle venait à y éclater, soit pour diriger la politique si elle réussissait à terminer les événements d’Espagne, comme ceux de Portugal , par la fuite de la famille royale. Il avait successivement expédié sur Bayonne les mameluks, les Polonais, les marins de la garde, plusieurs détachements de

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chasseurs et de grenadiers à cheval, el un régiment de fusiliers, c’est-àdire trois mille hommes environ. U envoya le brave Lepic pour les commander, avec ordre d’être dans les premiers jours de mars à liurgos, l'infanterie à Burgos même, la cavalerie sur la route de Bayonne à Burgos.

Ces dispositions militaires ne suffisaient pas pour atteindre complètement le but que se proposait Napoléon. Tandis que scs troupes devaient s’avancer mystérieusement sur Madrid , ne disant de paroles rassurantes que pour le peuple espagnol, et pas une seule pour la famille régnante, il fit agir sa diplomatie dans le même sens. M. de Beauharnais demandait sans cesse à Paris des instructions pour une catastrophe qui semblait imminente. 11 sollicitait surtout la permission d’accorder quelques témoignages d'intérêt à Ferdinand, toujours convaincu qu’il fallait renverser le favori au profit de ce priuce, et opérer la fusion des deux dynasties par un mariage. Napoléon, qui était maintenant bien éloigné d’un plan pareil, et qui se riait souvent de la crédulité de M. de Beauharnais, dosa gaucherie, de son avarice, de l’importance qu’il aimait à se donner, et qui le laissait où il était, parce qu’un honnête homme sans esprit lui convenait mieux qu'un autre pour jouer le personnage ridicule d’un ambassadeur à qui on laissait tout ignorer, lui fit prescrire de garder la neutralité la plus absolue entre les factions qui divisaient l’Espagne, de ne témoigner d’intérêt à aucune d’elles, de répondre seulement , quand on lui parlerait des dispositions de l'Empereur des Français, qu’il était mécontent, très-mécontent, sans dire de quoi ; d’ajouter, quand on lui parlerait de la marche des armées françaises, que Gibraltar, Cadix réclamaient probablement une concentration de troupes, car les Anglais amenaient beaucoup de forces sur ce point, mais que lë cabinet espagnol était si indiscret qu'on ne pouvuit lui confier le secret d’une seule opération militaire.

Ces instructions suffisaient pour le rôle qu'avait à jouer M. de Beauharnais. Mais Napoléon employa un moyen plus sur pour remplir de terreur la malheureuse cour d’Espagne. M. Yzquierdo était à Paris, toujours errant autour des Tuileries, tantôt auprès du grand maréchal Duroc, avec lequel il avait négocié le traité de Fontainebleau, tantôt auprès do M. de Talleyrand, principal entremetteur de toute l’affaire espagnole. Voyant qu’il lui était impossible d’obtenir la publication du traité de Fontainebleau, il eu avait conclu qu’on voulait à Paris autre chose, que co partage du Portugal n'avait été qu’un arrangement provisoire pour obtenir la cession immédiate de la Toscane, et qu’on méditait sans doute le renversement de la dynastie elle-même. Avec sa perspicacité ordinaire, il avait complètement entrevu non pas les moyens, mais le but auquel tendait Napoléon. Il avait essayé en circonvenant M. de Tallcyrand de découvrir si de larges concessions de territoire, ou de commerce, ne pourraient pas, accompagnées d’un mariage, apaiser la colère réelle ou feinte du conquérant. M. de Tallcyrand ,

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qui inclinait vers un projet intermédiaire, avait écouté AI. Yzquicrdo, et peut-être autant proposé qu'accueilli les idées dont cet agent d'Emmanuel liodoy voulait faire l'essai. Ce s idées revenaient précisément au second plan que nous avons déjà fait connaître. Il s'agissait en effet de marier Ferdinand avec une princesse française, de prendre pour la France les provinces de l’Ebre, en échange de la partie du Portugal restée disponible, d'ouvrir aux Français les colonies espagnoles, de lier les deux couronnes non-seulement par un mariage, mais par un traité d'alliance offensive et défensive, qui leur rendrait toute guerre, toute paix communes, et de donner enfin à Charles IV le titre d'empereur des Amériques. Telles étaient les idées que M. Yzquicrdo mettait en avant, autant pour sonder la cour des Tuileries que pour arriver à une conclusion. Tout à coup Napoléon ordonna de le traiter avec la plus extrême dureté, de le renvoyer comme si on était fatigué de ses tergiversations , comme si on ne voulait plus rien avoir de commun avec une cour aussi faible, aussi incapable, aussi peu sincère; en un mot, de le pousser à partir pour Madrid, afin qu'il y portât la terreur dont on l'aurait rempli. I«e grand maréchal Duroc eut l'ordre d'écrire à M. Yzquicrdo qu’il ferait bien de retourner immédiatement à Madrid ' , afin de dissiper les épais nuages qui s'étaient élevés entre les deux cours. On ne disait pas quels nuages , mais M. Yzquicrdo savait à quoi s’en tenir, et il suffisait de le faire partir pour causer à la cour d'Espagne une agitation après laquelle elle ne pourrait plus demeurer en place, et serait amenée à une résolution définitive. M. Yzquicrdo quitta Paris le jour même.

Il fallait en même temps répondre à la lettre du 5 février, par laquelle Charles IV éperdu avait demandé à Napoléon de le rassurer sur ses intentions, et sur la marche des troupes françaises qui s'avançaient en ce moment vers Madrid. Dans cette lettre Charles IV n'avait plus parlé du mariage de son fils avec une nièce de Napoléon, voyant que celui-ci affectait de ne plus songer à cette proposition. Comme quelqu'un qui cherche une mauvaise querelle, Napoléon, au lieu de s'appliquer dans sa réponse à dissiper les alarmes de Charles IV, sembla se plaindre de ce qu’au sujet du mariage on gardait un silence dont il avait lui-même donné l’exemple. Cette réponse, datée du 25 février, était fort courte et fort sèche. Il y rappelait que le 18 novembre le roi Charles lui avait demandé une princesse française, qu’il avait répondu le 10 janvier par un consentement conditionnel; que le 5 février le roi Charles , lui écrivant de nouveau, ne lui parlait plus de ce mariage ; et il ajoutait que cette dernière réticence le laissait dans des doutes dont il avait besoin de sortir, pour régler des objets d'une grande importance.

1 La lettre est aux Archives et porte la date du 24 février.

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Celte nouvelle lettre, qui n'était qu'un refus de rassurer l'infortuné Charles IV, et qui, rapprochée des autres circotxstânces du moment, devait le remplir d’effroi, fut portée par AL dcToumon, chambellan de l’Empereur, lequel avait déjà été envoyé à Madrid pour une pareille mission, et. joignait à beaucoup de dévouement beaucoup de sens et d’àmour de la vérité. 11 avait pour instruction de bien observer la marche de la conduite des troupes françaises, les dispositions du peuple espagnol à leur égard, dé bien observer aussi ce qfii se passait à l'Escurial, et de revenir ensuite à Burgos vers le 15 mars, pour y attendre l’arrivée de Napoléon. Celui-ci en effet avait calculé que ses ordres, donnés du 20 au 25 février, auraient leurs conséquences en Espagne dans le milieu de mars, et qu’à cette époque il faudrait qu’il fut lui-même de sa personne à Burgos, pour y tirer des événements , toujours féconds en cas imprévus , le résultat qu’il désirait. -

On avait donc tout lieu de croire que la cour d’Espagne, déjà fort tentée de suivre l’exemple de la maison de Bragancc quand elle verrait l’armée française s'avancer sur Madrid, M. de Beauharnais ne disant rien parce qu’il ne savait rien, et M. Yzquicrdo disant beaucoup parce qu’il craignait beaucoup, n’hésiterait plus à s'enfuir vers Cadix. Si toutefois, malgré les recommandations faites aux troupes françaises de ménager le peuple espagnol, une collision imprévue survenait, il y avait là encore une solution. On pourrait se considérer comme trahi par des alliés chez lesquels on était venu amicalement pour ûne grande expédition intéressant l’alliance, et on sc vengerait en déposant les Bourbons d'Espagne , de même qu'on avait, déposé ceux de Naples, pour une trahison vraie ôu supposée. Napoléon, agissant ainsi en conquérant qui s’inquiète peu des moyens pourvu qu’il atteigne son but, comptant sur de grands résultats, tels que la régénération de l'Espagne, le rétablissement des alliances naturelles de la France, pour s’excuser aux yeux de la postérité de la sombre machination qu’il se permettait envers une cour amie, Napoléon croyait enfin avoir trouvé la véritable manière de renverser les Bourbons sans y employer les atroces violences que, dans des siècles moins humains que le notre, les conquérants n’ont jamais hésité à commettre. Il pensait qu'en imprimant une légère secousse au trône d’Espagne sans en précipiter violemment Charles IV, on amènerait ce faible prince, sa criminelle épouse, son lâche favori, à l’abandonner afin d’aller en chercher un autre en Amérique. Mais ce plan, imaginé pour ne pas trop révolter l’Europe et la France, donnait lieu à une objection qni avait longtemps fait hésiter Napoléon à l’adopter. En poussant la maison régnante à s'enfuir, comme celle de Portugal, dans le Nouveau-Monde, on amenait inévitablement pour l’Espagne la perte de ses colonies , ainsi que cela était arrivé pour le Portugal. Les Bragance au Brésil, les Bourbons au Mexique, au Pérou, sur les bords de la Plata,

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