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démagogue. D'après leurs instructions, les officiers français demandèrent d'abord que les. divisions Vedel et Dufour, lesquelles n’avaient pas pris part au combat, n’étaient pas enveloppées, et pouvaient dès lors échapper au .sort de la division Ilarbou (celle qui avait combattu sous le général Dupont), ne fussent pas comprises dans la capitulation, et qiie, quant à la division Darbou, elle pût se retirer sur Madrid , en déposant ou ne déposant pas les armes, suivant le résultat de la négociation. Les généraux espagnols se refusèrent obstinément à ces propositions , car ils avaient dans leurs mains le sort de la division Itarbou ; et s'ils consentaient à traiter, c'était pour avoir à leur disposition les divisions Vedel et Dufour, qu’ils ne tenaient pas Ils exigeaient donc qu'elles fussent comprises dans la capitulation, accordant d'ailleurs à chacune des divisions françaises un traitement conforme à sa situation actuelle. Ainsi ils voulaient que là division Darbou restât prisonnière, tandis qne les divisions Vedel et Dufour seraient ramenées en France par mer.
Les négociateurs français résistèrent fortement à ces diverses prétentions, et enfin , après de longs débats, on tomba d’accord sur les deux conditions suivantes : premièrement, que les trois divisions pourraient se retirer sur Madrid; secondement, que le» divisions Vedel et Dufour feraient leur retraite sans remettre leurs armes; tandis que là division Barbon, étant enveloppée, remettrait les siennes. Ces conditions, quoique pénibles poitr l'honneur des armes françaises , sauvaienHes trois divisions, et on y avait souscritvün allait procéder à leur rédaction, lorsque survint un nouvel inrident qui mil le comble aux malheurs de cette armée d'Andalousie, sur laquelle la fortune semblait s’acharner sans pitié. Le général Castanos reçut un pli enlevé sur un jeune officier français , qui avait été envoyé de Madrid par le général Savary au général Dupont. Ce pli contenait des instructions expédiées le lti ou 17 juillet, alors que l’heureuse nouvelle de fa bataille de Rio-Seco n'était pas encore parvenue à Madrid. Avant la connaissance de ce succès, on y était fort inquiet, on avait beaucoup de doutes sur la prise de Saragosse, on avait ordonné une concentration générale des troupes du midi sur Madrid,' et, en conséquence de cet ordre de concentration, on mandait au général Dupont que, malgré des instructions antérieures , il était temps qu’il rentrât dans la Manche. En lisant la précieuse dépêche qu’un hasard faisait tomber dans ses mains, le général Castanos comprit fort bien qn’accorder le retour sur Madrid , c’était, non pas obtenir l’évacuation volontaire de l'Andalousie et de la Manche de la part des Frauçais, mais tout simplement se prêter à leur projet de concentration; que, même sans les événements de Dayleu , ils se seraient retirés, que dès lors on ne gagnait rien à celte capitulation qne le stérile honneur de prendre à la division Darbou ses canons et scs fusils , qui lui seraient bientôt rendus à Madrid; qu'il fallait donc éni pêcher le
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retour de ces vingt mille hommes dans le nord de l'Kspague, où, par leur présence, ils ne manqueraient pas de rétablir les affaires du nouveau roi.
Aussi, lorsqu'on s'occupa de rédiger les conditions de la capitulation , et qu'on voulut spécifier le retour par terre des trois divisions, l'une sanç armes, les deux autres avec armes, le général Castanos, toujours modéré dans la formo, mais péremptoire cette fois dans le fond, déclara que cet article n’était pas consenti. Les généraux français se récrièrent alors contre cette espèce de manque de parole, rappelant que quelques iustants auparavant la condition actuellement contestée avait été admise. i\l. de Castanos en convint, mais, pour prouver sa bonne foi, donna à lire ail général Alarpscot la lettre interceptée du général Savary, et demanda s), après ce qu’il venait d'apprendre, ou pouvait exiger de lui qu'il persistât dans les premières conditions accordées. Le général Alarejicot lut la lettre, en fit part à se» collègues consternés-, et il fallut traiter sur de nouvelles bases. Ko conséquence, il fut stipulé que la division liarbou resterait prisonnière de guerre; que les divisions Vedel et Dufour seraient seulement tenue» d'évacuer l’Kspague par mer; qu elles ne déposeraient pas les armes, mais qu’afin d'éviter toutes rixes, on les leur -enlèverait polir les leur rendre à l'embarquement à San-Lucar èt Kola; que le transport par mer aurait lieu sous pavillon espagnol, el qu'on se chargeait de faire respecter ce pavillou par les Anglais. Puis ou s’occupa de quelques détails matériels , et nos négociateurs obtinrent, ce qui était d'usage, que les officiers conserveraient leurs bagages, que les officiers supérieurs auraient un fourgon exempt de toute visite, mais que le sac des soldats serait visité afin de s'assurer qu’ils u'emporiaient pas de yases sacrés. 11 y eut un vif débat sut' cet article dèaliouorant pour les soldats , et auquel jamais des généraux français n'auraient du souscrire» Al. de Castanos, toujours fort adroit, allégua le fanatisme du peuple espagnol, à qui il fallait une satisfaction; il i|it que si on ne pouvait pas annoncer que le sac des soldats avait été visité, le peuple croirait qu'ils emportaient les vases sacrés de Cordoue, et ne manquerait pas de si? jeter sur eux; que du reste les officiers français feraient euxmétues cette visite, et qu elle n’aurait ainsi rien de blessant pour l'honneur de l’armée. On était en voie de céder, ou eéda, et tout fui couseuti, sauf fa rédaction défiuitive, remise au lendemain 21.
Pendant que les tristes conditions de cette capitulation se discutaient, et s'acceptaient l’une après l'autre, survinrent au lieu des conférences un aide de camp du général Vedel, ut le capitaine llaste, des tuarius de la garde. Ces officiers venaient plaider les intérêts de la division Vedel, .voiçi à quelle occasion. Lorsque, le 20 un malin, le général Vedel, mieux in* formé, avait su le malheur arrivé à la division Dupont, eu partie par sa faute, il fut au désespoir, et if offrit sur-le-champ de recommencer l'attaque dans la nuit du leudemam (celle du 20 au 21), promettant de se
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faire jour à travers le corps du général Reding, et de dégager son général en chef, Si celui-ci faisait seulement un effort de son côté. Il ajouta que si le général en clief ne voulait rien tenter, il devait au moins ne pas sacrifier la division Vedel, qni par sa situation , toute dilférente de celle de la division Barhou, puisqu'elle n'était pas enveloppée, avait droit à un tout autre traitement. Il chargea le capitaine Baste, et l'un de ses aides de camp, de porter ces paroles au général Dupont. Le capitaine Baste, intelligent, intrépide, aimant à se mêler des affaires du commandement, insista auprès du général Dupont pour que dans la nuit suivante on essayât une attaque désespérée, en abandonnant tous les bagages, même l’artillerie s’il le fallait, en mettant sur pied tout ce qui pouvait se tenir debout, et en s’efforçant de Caire une percée, le général Dupont par sa gauche, le général Vedel pars» droite. Il est évident qüe le succès était possible; mais le général Dupont, toujours accablé, entendant h peine ce qu'on lui disait, al- -légua le découragement profond de son armée, une négociation déjà commencée, un traité presque terminé, peut-être même signé sur la roule cfAndujar, et renvoya le capitaine Baste aux négociateurs eux-mêmes pour plaider la cause de la division Vedel.
C’est par suite de ce renvoi que le capitaine Baste était arrivé au lieu des conférences. Il s’adressa d’abord aux négociateurs français, qu’il trouva fatigués d’une longue contestation, et peu en état de reprendre une discussion dans laquelle ils avaient toujours été battus. I*e capitaine Baste, venu d’un lieu où l'on était plein d'ardeur et d'indignation à la seule idée de se rendre, et transporté en un lieiroù tout était accablement, désespoir, ne put comprendre des sentiments qu’il n'éprouvait pas, et s’en retourna indigné auprès du général Dupont.
Après cet incident, les trois négociateurs français suivirent les trois négociateurs espagnols à Andujar, oii on allait rédiger définitivement la capitulation vouée à une si désolante immortalité , et le capitaine Baste revint à Knylcn , au camp du général Dupont, pour rapporter ce qui s’était passe. Le général Dupont, à ce récit, rendu à tous ses sentiments d'honneur, chargea le capitaine Baste de donner au général Vedel le conseil de repartir snr-Ic-cliamp pour ta Caroline et la Sierra-Morena, afin de s’échapper en toute bâte vers Madrid. Les deux généraux Vedel et Dufour pouvaient ramener U à 10 mille hommes sur Madrid , et, en gagnant les Espagnols de vitesse, il est hors de doute qu’ils avaient beaucoup de chances d’opérer heureusement leur retraite. C’étnit plus de la moifié de l’armée française sauvée de celte crnelle catastrophe, par une noble inspiration du général Dupont, qui savait bien à quel point il aggravait ainsi le sort de l’autre moitié.
Le capitaine Baâte partit à l'instant même pour le camp du général Vedel, placé entre Baylen et la Caroline,, et lui apporta, avec le triste ré-
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