LIVRE T R E \ T.E‘ D Iî IL\ I È M E
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î.a capitulation de B.ijlf'n parvient à la connaissance de Napoléon pendant qu’il voyage dan* 1rs provinces méridionales de l'Empire. — Explosion de ses sentiments à U nouvelle du cc malheureux événement., — Ordre de faire arrêter le général Dupont à sou retour en France. — Napoléon tient la parole qu’il avait donnée de visiter la Vendée, ut y rsf accueilli avec enthousiasme. — Son arrivée k Paris le 14 août. — Irritation et audace de l'Autriche provoquées par le* événement* de Bayonne. — Explication avec M. de Mctternicb- — Xapoleon veut forcer la cour de Vienne à manifester scs véritables intentions avanl.de prendre un parti définitif sur 1% répartition de ses forces. — Obligé de retirer d'Allemagne une partie dr set vieilles troupes , Napoléon consent à évacuer le territoire de la Prusse. — Conditions de cette évacuation. — Nécessité pour Napoléon de s'attacher plu» que jamais 1a cour de Russie. — - Vu-u souvent exprimé par l’empereur Alexandre d'avoir une nouvelle entrevue avec Napoléon, afin de s'entendre directement sur le» affaires d’Orient. — Cette entrevue fixée à Hrfurt et à la fin de septembre. —Tout est disposé pour lui donner le plus grand éclat possible. i — Kn attendait, Xapoléon fait ses préparatifs militaires dans toutes les suppositions. — Etat des choses -en Espagne pendant que Xapoléon est à Paris. — Opération* du roi Joseph.-—' Distribution que Xapoléon fait dé ses forces. — - Troupe» françaises et italiennes diri- 1 gées du Piémont sur la Catalogne. — Départ du lrr et du 6e corps de la Prusse pour l'Espagne. — . Marche de toutes les divisions de dragons dans la même direction. — Efforts pour remplacer à la grande année les troupes dont elle va se trouver diminuée.
— Nouvelle conscription. — Dépense de cos armements. — Moyens employés pour arrêter la dépréciation des fonds publics. — ErTet sur les différentes cours des manifestations diplomatiques de Napoléon. — L'Autriche intimidée se modère. — La Prusse accepte avec joie l'évacuation de son territoire, en invoquant toutefois un dernier 'allégement de ses charges pécuniaires. — Empressement de l'empereur Alexandre pour se rendre à Erfurt. — Opposition de sa mère à ce voyage. — Arrivée des deux empereurs à Erfurt Je 27 septembre 1808. — Extrême courtoisie de leurs relations. — Affluence de souverains et de grands personnages civils et militaires venus de toutes les capitales. — Spectacle magnifique donné à l'Europe. — Idées politiques que Napoléon se propose de faire prévaloir à Erfurt. — A la chimère du partage de l’empire turc, il vent substituer le don immédiat k la Russie de la Valachie et de la Moldavie.
— Effet de ce nouvel appût sur l'imagination d'Alexandre. — Celui-ci entre dans le» vues de Xapoléon, mais en obtenant moins, il veut obtenir plus vile. — Son ardeur a posséder les provinces du Danube surpassée encore par l’impatience de son vieux ministre, M. de Romanzoiï. — Accord des deux empereurs. — Satisfaction réciproque et fêtes brillantes. — Arrivée à Erfurt de M. de Vincent, représentant de l'Autriche.
— Fausse situation qu' Alexandre et Napoléon s'appliquent à lui faire. — Après s'être entendus, les deux empereurs cherchent à mettre par écrit le* résolutions arrêtées verbalement. — Napoléon désirant que la paix puisse sortir de l'entrevue d’Krfurt , veut que l’on commence par des ouvertures pacifiques à l’Angleterre. — Alexandre y consent, moyennant que la prise de possession des provinces du Danube ifcn soit point retardée. — Difficulté de trouver une rédaction qui satisfasse & cc double vœu. — Convention d’Erfurt signée le 12 octobre. — Napoléon, pour être agréable à Alexandre, accorde à la Prusse une nouvelle réduction de ses contributions. — Première Idée d’un mariage entre Xapoléon et une sœur d’Alexandre. - Dispositions que manifeste à co sujet le jeune csar. — Contentement des deux empereurs, et leur séparation le
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.14 octobre, après des témoignages éclatants d'affci tinn. — Départ d'Alexandre pour Saint-Pétersbourg et de Napoléon pour Paris. — Arrivée d<* celui-ci à Saint-Cloud le 18 octobre. — Ses dernières dispositions avant de se rendre à Tannée d'Espagne. — Rassuré pour, quelque temps sur l'Autriche, Napoléon tire d'Allemagne un nouveau corps, qui est le 5r. — La grande année convertie en année du Rhin. — Composition et' organisation de Tannée d'Espagne. — Départ de Rerlliier et de Napoléon pour Bayonne. — M. de RomancofT laissé à Paris pour suivre la négociation ouverte avec l’Angleterre an nom delà France et de la Russie. — Manière dont on reçoit à Londres le message des deux empereurs. — Efforts de IIM. de Chompagny et de Roriuuzofï pour éluder les difficultés soulevées par lu cabiuet britannique. - — L'Angleterre, craignant de décourager les Espagnols et les Autrichiens, rompt brusquement les négociations. — Réponse amère de TAutriehc aux communications parties d'Erfurt. — D’après les manifestations des diverses cours, on peut prévoir que Napoléon n'aura que le temps de faire en Espagne uue courte campagne. — Scs combinaisons pour la rendre décisive.
Napoléon avait passé à Bayonne et dans les départements qni sont situés au pied des Pyrénées les mois de juin et de juillet, pendant lesquels s'ôtaient accomplis les événements que nous venons de rapporter. Il avait successivement visité Pau , Auch, Toulouse, Mon tu u ban, Bordeaux, partout fêté, partout reçu avec transport par les! populations toujours éprises do prince qui passe et qui occupe un moment leur oisiveté, mais cette fois plus avides que de coutume de voir le prince extraordinaire qui excitait à si juste titre leur curiosité et leur admiration. Les Basques avaient exécuté devant lui leurs danses gracieuses et pittoresques; Toulouse avait fait éclater l'impétuosité ordinaire de scs sentiments. On ne savait rien ou presque rien, même dans ces provinces , des événements d'Espagne, car Napoléon ne permettait aucune publication contraire à ses vues. On avait bien appris, par les inévitables communications d'un versant à l'autre de» Pyrénées, que l’ Aragon était en insurrection, et que rétablissement du roi Joseph rencontrait d’assez graves difficultés. Mais on ne cpnsidérail pas comme sérieuses les résistances que la malheureuse Espagne, affaiblie et désorganisée par vingt ans d’un mauvais gouvernement, pouvait opposer au vainqueur du continent. On se trompait donc avec lui, de même que lui , Sur ce qui devait se passer au delà des Pyrénées. On ne cessait pas de le regarder comme l’emblème du succès, de la puissance, du génie. C’est tout au plus si quelques vieux royalistes entêtes, éclairés par la haine ^ prédisaient sans le savoir des malheurs dont l’origine serait en Espagne. Mais les masses accouraient bruyantes et enthousiastes sur les pas du restaurateur de l’ordre, de la religion et de la grandeur de la France. Elles h* croyaient encore heureux, lorsque déjà il commençait à ne plus F être, et qu’un rayon de tristesse avait pénétré dans son téméraire et intrépide cœur. • „ * - ✓
Napoléon, en quittant Bayonne, n’avait presque plus d’iH lirions sur les affaires d’Espagne. Il connaissait l'étendue et la violencede l'insurrection j