‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 61 sur 186 · LIVRE XXXII. — AOUT · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII. — AOUT

en attendant vos finances souffrent, votre change, déjà si bas, va baisser encore, et votre commerce s’inlerrbmpre. Et pourquoi tout cela? Vous ai-je demandé quelque chose? Ai-je élevé des prétentions sur une seule de vos provinces? Le traité de. Presbourg a tout réglé entre les deux empires; la parole de votre maître, dans l'entrevue que nous avons eue ensemble, doit avoir tout lermiué entre les deux souverains. Il restait quelques arrangements à prendre au sujet de Braunau, qui était demeure dans nos mains, au sujet de l’Izoii2o dont le thulueg n’était pas suffisamment déterminé, la convention de Fontainebleau y a pourvu (convention du lOoctubre 1807). Je ne vous demande rien, je ne veux rien de vous, que des rapports surs et tranquilles. Y a-t-il une difficulté, une seule entre nous? faites-la connaître, pour que nous la vidions sur-le-champ. — M. dé Metternich ayant de nouveau affirmé que son ^gouvernement ne songeait à aucune attaque contre la France, et alléguant comme preuve qu’il n lavait ordonné aucun mouvement de troupes, Napoléon lut répliqua aussitôt, avec la même douceur mais avec la même fermeté, qu’il était dans l’erreur, que des rassemblements de troupes avaient eu lieu en Gallicie et en Bohême, visà-vis la Silésie, en face des quartiers de l’armée française; que ces rassemblements éJaicnt incontestables ; que la conséquence immédiate serait de leur opposer d’autres rassemblements non moins considérables; qu’au lieu d'achever la démolition des places de la Silésie, il allait au contraire etj réparer quelques-unes, les armer et les approvisionner, convoquer les contingents de la Confédération du Rhin, et tout remettre sur le pied de guerre. — On ne me surprendra pas, vous le savez bien, dit-il à M. de WeHernich.; je serai toujours en mesure. Vous comptez peut-être surf’em— perçu r de Russie, et vous vous trompez. Je suis certain de son adhésion, de la désapprobation formelle qu’il a manifestée au sujet de vos armements, et des résolutions qu'il prendra en celle circonstance. St j’en doutais, je ferais la guerre tout de suite à vous comme à lui , car je ne fou* drais pas' laisser Jes affaires du continent dans le doute. Si je me borne à de-simples précautions, c'est que je suis tout à fait confiant à l’égard du continent, parce que je le suis complètement à l’égard de l’empereur de Russie. Ne croyez donc pas l’occasion bonne pour attaquer la France; ce serait de votre parf une erreur graye. Yoûs ne voulez pas la guerre , je le crois de vous, monsieur de Metternich, de votre empereur, des hommes éclairés de votre pays. Mais la noblesse allemande, mécontente des changements survenus, remplit l'Allemagne de ses haines. Vous vous laissez émouvoir; vous communiquez votre émotion aux masses, en les poussant à s’armer; vous arrivez, d’armements en armements, à- une situation extraordinaire, qu’on ne peut soutenir longtemps, et peu à peu vous serez conduits peut-êlrc à ce point où l’on souhaite une crise, afin dc^sorlir d’une situation insupportable, et cette crise ce sera la guerre. La nature

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