ER KL RT
dragons, et qui apparemment ne vaincront pas des armées dont ni l' Autriche, ni la Russie, ni la Prusse n'ont pu venir à bout? Je trouverai en Espagne, les colonnes d* Hercule, je n’y trouverai pas les bornes de nia puissance. — 11 lui avait ensuite annoncé d’immenses secours, en Rajoutant des conseils pleins de sagesse, de prévoyance, que Joseph et ses généraux n’étaient pas capables de comprendre, et encore moins de suivre. Joseph avait voulu avoir autour de lui toute sa petite cour de \aples , d’abord le maréchal Jourdan , fort honnête homme , comme nous avons dit, sage, lent, médiocre, tel en un mot qu’il le fallait à la médiocrité de Joseph, surtout à son goût de dominer, car les frères de l'Empereur se vengeaient de la domination qu’il exerçait sur eux par celle qu’ils cherchaient à exercer sur les autres. Après le maréchal Jourdan , Joseph avait demandé M. Rœderer pour l’aider dans l’administration politique et financière de l’Espagne; ce que Napoléon n’avait pas encore accordé, se défiant non du cœur, non do l’esprit de M. Rœderer, mais de son sens pratique en affaires. Sauf ce dernier, Joseph avait déjà réuni tous ses familiers de Naples, et dans sa cour, moitié militaire, moitié politique, on aimait à médire de Napoléon, à relever ses travers, ses exigences, son défaut de justice et de raison; et sans osejr nier son génie, on se plaisait à dire qu’il jugeait de loin, dès lors mal et superficiellement, qu’en un mot il se trompait, et qu’on lie se trompait point. On n’était même pas éloigné de croire que , moyennant qu'on fut son frère, on devait avoir une partie plus ou moins grande de son génie , et qu’avec un peu de son expérience de la guerre, on ne serait pas moins que lui en état de commander.
Ranimé par l’énergique langage de Napoléon , rassuré par les secours qui arrivaient de toutes parts, Joseph avait repris quelque courage, mou^ tait souvent à cheval , suivi de son fidèle Jourdan, et avait quelque goût à jouer le roi guerrier, à donner des ordres, à prescrire des mouvements, à se montrer aux troupes, à passer des revues. Tout rassuré qu’il était, il n'avait pas osé cependant rester à Burgos, ni même à Miranda, et il avait définitivement établi son quartier général à Tittoria. Il avait là deux mille hommes d'une garde royale, moitié ospagnolc, moitié napolitaine, deux mille hommes de garde impériale, trois mille de la brigade Rey qui ne le quittait pas, en tout sept mille. Il avait à sa droite le maréchal Bessières avec 20 mille hommes répandus entre Cubo, Briviesca et Burgos, tenanJ cette dernière ville par de la cavalerie ; à sa gauche, de Miranda à Logrono, le maréchal Moncey avec 18 mille; et de Logrono à Tudela, le corps du général Verdier, fort encore de 15 à 10 mille hommes après les perles essuyées À Saragosse. En arrière, Joseph avait encore les dépôts et les régiments de marche, mélange peu consistant de soldats détachés de tous les corps, mais bons à couvrir les derrières, et ne comprenant pas moins de 15 à 10 mille hommes. Des vieux régiments que Napoléon avait succès-