‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 78 sur 186 · LIVRE XXXII. — OCTOB · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII. — OCTOB

En conséquence , il distribua d'une manière loirte nouvelle les forces qu’il avait laissées en Allemagne. Il leur relira d’abord le titre de Grande i Armer, pour les qualilicrdu litre plus modeste d ’ année du Ithin, et il en destina le commandement au maréchal Daioul, le plus capable do ses maréchaux pour tenir et discipliner une armée. Le corps du maréchal Soult fut dissous , et ce maréchal lui-même eut ordre de se rendre en Espagne. Des trois divisions qui composaient son corps, l'une, la division Saint-Hilaire, fut ajoutée au corps du maréchal Davout, qui devenait armée du Rhin; les deux autres, qui étaieut les divisions Carra-Soint-Cyr et Legrand, furent acheminées sur la France, avec apparence du se diriger vers le camp do Boulogne, mais très-lentement, de manière à pouvoir toujours au hosoin se reporter sur le haut Danube. Les divisions Boudct et Molilor eurent ordre de marcher vers Strasbourg et Lyon , comme si elles avaient dd se rendre en Italie, mais sans perdre la possibilité de revenir en Souabe et en Bavière. Le maréchal Davout, avec Ses trois anciennes divisions, Morand, Friant, Gudin, avec la nouvelle division Saiut-llilairo détachée du maréchal Soult, avec la belle division d'élite Oudinot, avec tous les cuirassiers, avec une forte portion de cavalerie légère, et une magnifique artillerie, dut occuper la gauche de l'Elbe, sa cavalerie cantonnée en Hanovre et en Westphalie, son infanterie dans les anciennes provinces franconiennes et saxonnes de la l’russe. Il allait avoir environ 00 mille hommes d'infanterie, 12 mille cuirassiers, 8 mille hussards et chasseurs, 10 mille soldats d’artillerie et du génie, c'est-à-dire 00 mille combattants, les meilleurs de toutes les armées françaises. 11 restait sur les bords de la mer du Nord 6 mille Français, 0 mille Hollandais, commandés par le prince de Ponte-Corvo, Les quatre divisions rentrant en France pouvaient par un mouvement à gaucho venir renforcer de AO mille hommes environ les troupes consacrées à l'Allemagne. Moyennant l'organisation qui ajoutait un cinquième bataillon à tous les régiments , et portait le quatrième au corps, en employant in nouvelle conscription, ces forces devaient s'élever encore à près de 180 mille hommes.

Grâce à cette mémo organisation , tous les régiments d’Italio , ayant quatre bataillons au corps, devaient former un total de 100 mille hommes, dont 80 mille d’infanterie, 12 mille de cavalerie, le reste d'artillerie et génie. Napoléon ordonna de profiter de la fin d’octobre pour faire j>ai tir les conscrits avant l'hiver. Il voulait qu'en Italie tout fut prêt au mois de mars, l/armée de Dalmatia, qualifiée toujours du titre de deuxième corps de la Grande Armée, depuis qu'après Austerlitz elle s’était détachée sous le maréchal Marmont pour occuper cette province, s'appela premier corps de l'armée d'Italie, portée de celte manière à 120 mille hommes.

Ainsi , tout en rassurant l'Autriche par la distribution et la direction de scs forces, Napoléon sc tint en mesure à son égard. D’autre part cl pour

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alarmer l' Angleterre, il fii grand étalage du mouvement des deux divisions Cnrra-Saint-Cyr et Legrand vers le camp de Boulogne.

Napoléon donna en même temps les derniers ordres pour la composition île l'armée d'Kspagnc. 11 la forma en huit corps , dont il se proposait de prendre le commandement en chef, le prince Berlliicr étant comme d'Imbitude son major général. Le 1" corps de la Grande Armée , porté de Berlin à Bayonne vers la fin d'octobre, conserva sous le maréchal Victor le litre de 1" corps de l'armée d'Espagne. Le corps de Bessières devint le 3s et fut destiné au maréchal Soull, Le corps du maréchal Moncey fut qualifié de S* de l'armée d'Espagne. La division Séhasliani , réunie avec les Polonais et les Allemands sous le maréchal Lefebvre , prit le litre de l* corps. Le 5' corps de la Grande Armée, sous le maréchal Mortier, achemine , par un ordre parti d'Erfurt , du Rhin sur les Pyrénées , dot garder son rang, en s'appelant 5' corps de l'armée d'Espagne. L'ancien i » corps de la Grande Armée, récemment arrivé d'Allemagne, toujours composé des divisious Marchand et ltisson , et commandé par le maréchal Ney, dut s’appeler G* corps de l’armée d'Espagne. Un lui créa , sous le général Dessales, avec quelques-uns des vieux régiments transportés dans la Péninsule, une troisième et («dit division, gui devait rendre ce corps plus nombreux qu'il n’avait jamais été. Lo général Gouvion Sainl-Cyr, avec les troupes du général Duliesme enfermées dans Bar celone, la colonne Reille restée devant Eiguièrcs, les divisions Pino el Souham venues de Piénrortl en Roussillon , dut former le T* Corps de l'armée d'Espagne. Junot, avec les troupes revenues par mer du Portugal, réarmées, recrutées, pourvues de chevaux d’artillerie et de cavalet le, forma le 8*. Le maréchal Bessières fut mis à la tête de la réserve de cavalerie , composée do 14 mille dragons et 2 titille chasseurs. Le général Uallher prit lo commandement de la garde impériale forte de lü mille hommes. Celait «ne masse de 150 mille hommes de vieilles troupes, qui, jointe aux 100 mille qui se trouvaient déjà au delà des Pyrénées , présentait le Mal énorme de 250 mille combattants. Voilà à quels ellôrls était obligé Napoléon, pour avoir au défaut entrepris d'envahir l’Espagne avec une armée trop peu nombreuse et trop peu aguerrie.

De ce renfort de 150 mille hommes, 100 mille au moins, partis d'Allemagne ou d’Italie à la fin d'août, étaient reudus sur les Pyrénées à la lin d'octobre : c étaient le» 1", 4*, (i‘ et 7' corps, la garde et les dragons. Le 5‘, sous le maréchal Mortier, parti plus tar d que les autr es , le G , sous le maréchal Junot, récemment débarqué par les Anglais à La Rochelle, étaient encore en marche.

Joseph, comme on l'a vu, n'avait cessé d'imaginer et d'exécuter de faux mouvements, tantôt sur sa droite, tantôt sur sa gauche, n’obtenant d'autre résultat de cetto imitation des manœuvres de l'Emjrereur, que du fatiguer

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