‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 94 sur 186 · LIVRE XXXIII. — XOV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII. — XOV

Ion» les obstacles sur la roule elle-mi'ruo, el dix mille Espagnols, débordés par ce mouvement rapide, restaient en arrière snr les hauteurs de gauche, séparés de leur corps de bataille. Le maréchal fit passer la rivière qui forme le fond de la vallée à l'un des régiments de la division Séhastiani, au 28’ de ligne, lequel se trouvait ainsi sur les derrières de ce corps espagnol, en même temps que le général Villatte allait l'aborder de front. Mais nos troupes, trouvant les insurgés toujours prompts à tirer hors de portée, ne purent les joindre nulle part, el reçurent aussi peu de mal qu elles en firent. Toutefois on tua ou blessa quelques centaines d’hommes à l'ennemi. On en dispersa et dégoûta du métier des armes un bien plus grand nombre.

Revenu avec 36 mille hommes environ sur Balmaseda, Blakc n'en amenait pas autant en se retirant de nouveau vers les gorges. Mais s'il eût rencontré le corps du maréchal Victor sur ses derrières , toute l’agilité de ses soldats ne les aurait pas empêchés d'étre enveloppés et pris en majeure partie. Le lendemain 8, le maréchal Victor, de son côté, s’élail remis en roule vers le but qu'il n'aurait pas dû perdre de vue, tandis que le maréchal Lefebvre entrait dans Balmaseda. Ils étaient réunis désormais, et en mesure de tout entreprendre contre l'armée espagnole. La seule difficulté était celle de vivre. Au milieu de ces montagnes escarpées, oit la culture est rare, nos soldats manquaient de tout. Les Espagnols n'étaient pas moins dénués. Dans cette disette réciproque, on pillait. et ravageait le pays. Balmaseda CI tous les villages avaient été dévastés, cl quelquefois brûlés, pour fournir au chauffage des deux armées.

Napoléon sut, le 9 au malin , que ses troupes, ayant repris l'offensive, n'avaient qu’à se montrer pour que l'ennemi disparût devant elles. Quoiqu'il ne crût guère à la valeur des insurgés, cependant, avant d'avoir acquis l’expérience complète de ce qu’ils étaient, il avait mis dans ses mouvements plus de précaution qu’il n’aurait fallu. Mais il n'hésita plus, dès le 9 au matin, à ordonner au maréchal Soult de percer sur llurgos, avec le deuxième corps et une forte portion de cavalerie. Le brillant Imsallc commandait la cavalerie légère de ce corps, composée de chasseurs et de Polonais de la garde. On lui adjoignit la division Milhaud, consistant en quatre beaux régiments de dragons. Cétait un total d’environ 17 ou 18 mille fantassins et de V mille chevaux. Napoléon venait d'apprendre que les troupes d'Estrémadure avaient paru à Burgos. Il prescrivit au maréchal Soult, sans attendre le maréchal Ncy ni la garde, de pousser en avant, de passer sur le corps de ces troupes espagnoles, qui avaient la hardiesse de se pincer si près de lui, et de leur enlever Burgos.

Le maréchal Soult, rendu depuis la veille à Briviesca, avait sur-lechamp donné aux trois divisions Mouton, Merle et Bonnet l'ordre de se réunir sur la route de Briviesca à Burgos, aux environs de Monasterio.

SOJIO-SIF.RR A

(Voir la carie n“ 43.) Il avait en avant la cavalerie de Lasalle, et celle de Milbaud avec son corps de bataille. C'est an delà de Burgos que commencent les plaines de Castille; et c’était pour les parcourir au galop et y poursuivre les fuyards espagnols que Napoléon avait amené avec lui une si grande masse de dragons.

Le 10, dès quatre heures du malin, le maréchal Soult ébranla son corps d'armée, sur la route de Monastcrio à Burgos, la cavalerie légère de Lasalle et la vaillante division Mouton en tète , la division Bonnet et les dragons de Milhaud en seconde ligne, la division Merle, la plus éloignée des trois, en arrière-garde. Environ douze mille hommes du corps d’Estrémadure étaient sortis de Burgos pour se rendre sur le haut Ebre, et aller à Frias couvrir la droite du général Blakc, conformément aux décisions du conseil de guerre tenu à Tudela. Six mille hommes de ce corps restaient massés à Aranda, route de Madrid. Les douze mille, portés en avant de Burgos, se composaient, comme toutes les troupes espagnoles, d'un mélange d’anciennes troupes de ligne et de volontaires, paysans, étudiants et autres. Ce corps comptait à la vérité dans ses rangs quelques bataillons des gardes wallones et espagnoles, qui étaient les meilleurs soldats de l'Espagne. Il possédait une nombreuse artillerie, bien attelée et bien servie; mais il avait pour chef, en l’absence du capitaine général (iatuzzo, le marquis de Belveder, jeune homme sans expérience, qui s’était avancé contre les Français avec la plus folle présomption.

Dès la pointe du jour, la cavalerie de Lasalle, marchant en tête du corps d’armée, rencontra les avant-postes espagnols, échangea quelques coups de carabine avec eux, et se replia sur la division Mouton, car on était en présence d'obstacles que l’infanterie seule pouvait emporter. En suivant la grande route, et en s'approchant de Burgos même, on avait à gauche un petit cours d'eau qu’on appelle l’Arlanzon , lequel longe le pied des hauteurs boisées de la Chartreuse ; au centre, le bois de Gamonal, que traverse la grande route, et à droite les hauteurs du parc de Villimar, dont le sommet est occupé par le château fortifié de Burgos, et le pied par la ville de Burgos elle-même. Les Espagnols avaient des tirailleurs sur les hauteurs , à droite et à gauche de cette position, leur principale infanterie dans le bois de Gamonal, barrant la grande route, leur cavalerie à la lisière de ce bois, leur artillerie en avant. A peine le maréchal Soult fut-il arrivé sur le terrain , qu’il mit en mouvement la division Mouton pour aborder l’obstacle le plus sérieux, celui du bois de Gamonal. il rangea en arrière sa cavalerie , pour courir sur les Espagnols lorsque l’obstacle du bois serait vaincu, et un peu plus en arrière encore la division Bonnet, pour enlever les sommets couronnés par l’ennemi s’ils offraient quelque résistance. L’illustre général Mouton s'avança sans hésiter avec ses quatre vieux régiments, les 2" et 4" légers, les 15* et 3(i‘ de ligne, sur 1$ bois de TCXl iv. 47

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