CHAPITRE VIF
Les établissements normands dans les Iles. — Les Hougucs à Aurigny ,
à Serk , à Jersey et à Guernesey.
Nous pouvons regretter que Taltention des antiquaires normands n*ait pas été attirée sur ce point de notre histoire locale , et qu'un travail analogue à celui que M. de Gerville avait esquissé pour la Presqu'île n'ait pas été entrepris pour les Iles qui ont eu, pendant si longtemps, des destinées pai^allèles. La connaissance approfondie des lieux et l'étude spéciale des vestiges laissés par les hommes du Nord partout où ils s'établissaient , permettraient seules de l'entreprendre et de l'exécuter avec quelque succès ; nous nous contenterons d'en tracer les principales lignes , en consultant les indications peu précises et peu nombreuses que nous trouvons dans les historiens des Iles et les renseignements que nous avons recueillis personnellement (1).
(1) Pour Guernesey, nous devons ces renseignements à M. Edgar Mac- Culloch, justicier juré de la cour royale de l'tle, dont nous ne saurions trop
D'après M. de Gerville (1), trois sortes de travaux , car il ne peut être ici question de monuments , signalent le passage et le séjour des pirates normands dans un lieu ; — une large et profonde tranchée coupant , à leur base, et isolant les pointes de terre entourées , soit par la mer, soit par un fleuve , soit même par un marécage ; — des tertres circulaires ou redoutes élevées dans Tenceinte formée par le retranchement; — et, enfin, d'autres monticules moins considérables, évidemment faits de main d'homme et auxquels le savant archéologue a donné le nom de (ombelles.
La destination de ces divers ouvrages est facile à déterminer ; elle ressort de leur nature même. La tranchée , ou pour employer le terme primitif, le Dick , formait , du côté continental, le camp où s'installait la bande. — Les redoutes que , dans la Hague on appelle encore Ueves ou Uoîigues , — mot Scandinave synonyme de hauteur, et auquel on ajoute presque constamment celui de Câtel ou Kâté, — servaient de vigies, et portaient des signaux qui correspondaient, au loin , avec les autres points occupés, ou avec les navires en mer. Quant aux tombelles, elles couvraient les sépjaltures des chefs morts pendant les expéditions et qu'on inhumait simplement, et sans autre appareil que l'amas de terre qui mettait leur corps à l'abri d'une profanation et ne renfermait aucun de ces trésors cherchés avec tant d'avidité dans les lourds sarcophages des saints de l'Église chrétienne.
On a constaté l'existence de dicks^ de hougues et de tombelles^ aussi bien sur les promontoires de la Grande-Bretagne, dans le Yorkshire , le Cornwall, etc., que sur notre presqu'île du Golentin ; et la complète analogie qui se remarque
recoiiDaiire rexlréme courtoisie, u nie à une parfaite connaissance de ^histoire (lo son pays.
.1) Recherches sur le Hague-Dike (Mém. des Anl t. VI, p. <93.)
entre ces vestiges, ainsi que leur origine normande^ nous paraît avoir été démontrée avec la plus incontestable cer«titude(l).
L*ile d*Aurign y, située à trois lieues à peine du Cap de la Hague, et précisément en tàùe du camp qui y était établi , dut à coup sûr être occupée de bonne heure, par les Normands; elle se trouvait sur leur route, au milieu d'un passage exposé à tous les périls de mer résultant de courants de marées d*une effrayante rapidité et dé vents d'une instabilité et d'une violence extrêmes; les réclfe dortt elle était entourée , assuraient la sécurité des pirates qlie n'effrayait pas la difficulté' de son accès, (â). Son élévation au-de&sus du niveau des eaux, son sol dépouillé d'arbres, leur permettait, d'un autre côté , de surveiller et de gaiHÎer l'entrée de la vaste baie du Mont-Saint-Miehel , autour de laquelle s'étendaient les longues côtes armoricaines, but de leurs fréquents débarquements. Malheureusement, nous n'avons aucun indice matériel et suffisamment précis pour appuyer nos conjectures. On a , il est vrai , découvert, en faisant des fouilles, une quantité considérable d'armes et d'instruments flfe pierre et de bronze , de cercueils de pierre , d'ornements en os et en ambre jaune , etc. (3) ; mais nous ne savons pas si , parmi ces objets , il en est dont on puisse attribuer l'origine , avec quelque probabilité , à la période normande ; et la plupart appartiennent évidemment aux périodes antérieures, romaine et celtique. Les Normands n'apportaient avec eux aucun de ces nombreux témoins muets qui attestent , aux yeux des générations à venir , l'existence d'une
(1) Voy. les Recherches sur le Hague-DUte et les auteurs anglais qui y sont cilcs.
(2) Sailing directions, by Laurie, p. 2::.
(:>) Hist. of Guemsey, by Tuppcr's, p, h. -^ Aid^^mip jQuide.
civilisalion caractérisée par des œuvres d'art ou d'utilité ; leurs tombeaux mêmes, nous l'avons dit, ne renfermaient rien de précieux , ni de particulier; ils ne demandaient leurs richesses qu'au pillage , et nous ne reconnaissons leur présence , dans un lieu , qu'aux travaux de terrassement qu'ils y exécutaient pour leur sûreté. — A Aurigny, le gouvernement anglais a, depuis quelques années, et dans un esprit de prévoyance dont nous apprécierons, peut-être, un jour, à nos dépens, la sagesse et la portée, tant construit de fortifications , tant élevé de redoutes et de remparts, tant bouleversé le sol, que tous les vestiges des anciens temps ont disparu , et que le souvenir lui-même en est effacé. Nous pouvons seulement mentionner un monticule qui a conservé le nom significatif de la Bogue, et qui , situé dans la partie occidentale de l'île, non loin de la petite ville de Sainte-Anne, porte à son sommet un moulin à vent et sert encore de point de reconnaissance aux navires qui viennent de la haute mer (i).
Jersey possède aussi des stations de ce genre à l'extrémité de ses principaux caps , comme Grosney à l'ouest , Gorrey au nord et la colline à laquelle est restée le nom de Diet, entre Saint-Hélier et Saint-Aubin. Mais nous n avons pu nous procurer sur ce point des renseignements suffisamment précis.
Gûernesey et les petites Iles adjacentes qui en sont comme les satellites, offrent à nos recherches un terrain moins ingrat.
Serk , malgré son étendue restreinte ; — sa circonférence mesure à peine trois lieues , — est , il semble , de tout l'archipel , le point qui attira le plus lattention des barbares et qui fut l'un des premiers occupés. Ce qui devait les séduire,
(f ) Lauriers Sailing direeiiOHt, p. i5.
ce n'était pas assurément Taspect si pittoresque de ses rochers escarpés, mais la magnifique position militaire et navale qu'elle leur offrait. L'île était un véritable camp retranché formé par la nature et qu'elle avait rendu inex* pugnable.
Nous avons vu comment le couvent de Serk avait été détruit; les pirates s'établirent sur ses ruines; et, sur chacun des promontoires de l'île , ils firent des retranchements dont il est encore aujourd'hui -facile de reconnaître les traces, f^e plus remarquable et le plus considérable d'entre eux s'appelle le Château. De là on apercevait , à l'est, les hautes falaises du Cotentin et jusqu'au grand campement de la Hague ; et , à l'ouest, Guernesey qui avait aussi ses stations (i).
A coup sûr ceux que nous nommons des barbares^ et qui s'organisaient ainsi , étaient autre chose que ce que cette épithète suppose. Il y avait, dans le choix qu'ils faisaient de leurs postes stratégiques et dans les procédés dont ils usaient, un art profond et un discernement parfait. Et quand on y réfléchit , on est moins surpris de rencontrer plus tard en eux cette aptitude à se civiliser qui les plaça , en moins d'un siècle, au premier mng des peuples de l'Europe.
En face de Serk, et à la pointe méridionale de Guernesey, s'allonge une presqu'île qui porte le. nom de Jerbourg , identique par sa racine avec celui de Cherbourg (2). Les Normands y exécutèrent leurs travaux accoutumés , et on peut suivre la direction du dick qu'ils y creusèrent.
(l) Benseignemcals comiBuniqucs à M. E. Mac-Gutloch, par lo seigneur actuel de Serk.
{1) L'analogie qui existe entre les noms de lieux dans la presqu'île et dans les iles mérite d'être remarquée; nous reviendrons sur ce point.
Le promontoire est coupé à trois quarts demille (environ un kilomètre), de son extrémité. Le fossé s'étend depuis la petite crique qui ost au-dessous de la tour du signal , — signal kouse — en passant , à Test de la colonne de Doylc ^ — Dnyle*spillar {\) — jusqu'au petit ruisseau qui se jette auprès du cap Bec-du^Nez, Celte position était si excellente, que Tun des premiers ducs de Normandie la conserva, et y fit construire , d'après une tradition dont nous parlerons en son lieu, un château qui fut, au XlIP siècle, relevé ou restauré par les rois d'Angleterre ; ses ruines ont recouvert les autres ruines, et ne permettent plus de rechercher ce qui, parmi elles, indiquerait l'œuvre des Normands (2).
Il nous est donc impossible de savoir si, dans l'enceinte du retranchement de Jerbourg, s'élevaient ces forteresses circulaires que M. de Gerville a découvertes dans le Hague- Dike et qu'il a si exactement décrites. Tout le fait supposer ; mais nous les retrouvons dans plusieurs autres parties de rile, sous leur dénomination propre de Uougues.
Les pirates, en effet, ne descendaient pas constamment sur les mêmes points ; chaque bande prenait terre où le vent, les courants, le hasard des circonstances et les chances présumées de butin la poussaient ; et quand ce lieu lui convenait, elle s'y installait. Aussi, la superficie entière de Guernesey a-t-elle gardé des vestiges de leurs stations.
Vers le milieu de la côte qui fait face au Cotentin, entre la ville actuelle de Saint-Pierre et le petit havre de Saint- Samson, un vieil édifice se voit encore au centre d'un grand marécage. C'est le Câtel-des- Marais ou d'Orgueil, dont les
(I) Monumcnl élevé au général Doyie, gouverneur de l'ile pendanl les guerres du premier Empire et mort en l*83o.
(î) Tupper's Hisiory of Guernesey , p. ."^B. — Noies de M. K. Mac- Culloch.
Anglais modernes, frappés delasombre beauté que de vieux lierres donnent à ses débris, ont fait Ivy Castle (i). Suv remplacement qu'il devait occuper, les Normands s'étaient établis dès leurs premières incursions. Ils aimaient, à défaut de promontoires défendus par la mer , les terrains inondés qui avaient avec la mer une communication directe (â) ; ils s*y entouraient de palissades, y formaient des tertres ou profitaient des accidents naturels du sol, pour dresser leurs huttes ou leurs tentes. Dans le Marais- d* Orgueil y trois Houyues se remarquent encore; sur la plus voisine > au nord , est construite une de ces tours-vigies qui entourent le littoral entier de Tîle ; la seconde , semblable à un ouvrage avancé vers Tintéricur des terres, est la JHoygve- Ntcolle; et, la troisième, plus rapprochée du chÂtcau , est la Hougvedes-Cariiers. En outre, une quatrième, la Hougneà'Ia-Perre, qui , aujourd'hui , porte une batterie et qui domine la mer, protégeait, en dehors du marais , le centre du camp (â). Il y a, observons-le en passant , entre la disposition générale de ces monticules et celles des redoutes circulaires du Hague-Dike, une frappante analogie, que la lecture de l'opuscule de M. de Gervillc fera immédiatement reconnaître, et qui conduira, il nous semble , à résoudre par les mônaes arguments, et pour l'un et l'autre lieu , la question, naguère si vivement agitée, de l'origine des campements normands.
Nous ne nous arrêterons pas aux conjectures plus ou moins fondées que pourrait soulever, sur ce sujet, un examen attentif des localités, où quelques indices se retrouvent, soit dans les noms conservés jusqu'à nos jours,
(<) Tupper'8 History p. «^t».
(1) Dudon de Saint-Quentin, liv, II, p. 77, 81 cl iOi? ^o l'cd, des antiq.
(3) Voy. la carie de Guernesey, par J. Gochranc,
soit dans la disposition du sol. -- Ces recherches nous entraîneraient trop loin. Ainsi, nous pourrions signaler les diverses Hougues (1) qui, depuis le Marais-d*Orgueil , se succèdent jusqu*au récif nommé le Point -Normand ; mais nous serions dans l'impuissance de nous appuyer sur des preuves suffisamment précises ; nous mentionnerons [seulement celles des stations dont Texistence nous a paru constatée par les traditions locales et par l'observation topographique.
Nous avons vu que , d'après Wace , les Normands , dans leurs dernières incursions , et avant de se jeter sur la Bretagne , avaient occupé la côte occidentale de l'île. Ils avaient dû , par conséquent, s'y établir suivant leur coutume. Or, sur cette côte même, et à la hauteur de Ivy- Castle , l'excellente carte de Cochrane indique, sous le nom de Die , une langue de terre;,.à l'extrémité de laquelle se dresse la tour Housse. Il y avait , il y a peu d'années , à la base de cette pointe dont l'étendue a été notablement réduite par l'action de la mer très-agitée à cet endroit , un fossé qui donnait passage aux eaux au retour de chaque marée et qui séparait le promontoire de la terre ferme. Le fossé était devenu si étroit qu'un dicton populaire affirmait qu'un buissonî aurait pu arrêter le flot et rendre ainsi à l'agriculture une assez grande étendue de terres inondées. C'est du reste ce qui fut entrepris avec succè.^ , au commencement de ce siècle, par le gouverneur Doyl(».
11 paraît donc très-probable que le dick dont il s'agit ici était
(t) La Hougue de Braye, la Grande-Hougue, la liougue du Valle, la Hougue Jouasse et la Hougue Guillemin, etc. Ces trois demièros sont les forts détaches de" l'important château du Valle ou de Saint Michel Archange qui fui roconslruii, d'après la tradition, par. les moines dti prieuré de Sa'nt- Michel-du-Valle.
le résultat d'un travail artificiel et tout-à-fait semblable à celui de Jerbourg. La situation était évidemment de celles que les aventuriers danois recherchaient de préférence : — de hautes falaises vers la mer; à proximité, un havre offrant un bon mouillage ; du côté de l'intérieur de l'île, un monticule qui a conservé le nom Scandinave du Hommet ; à l'est, un marécage qui garantissait contre les surprises de l'ennemi (4); et, enfin, au sud, une ligne de petites collines appelées les Wardes (2), qui complétaient le système de défense du i-etranchement.
De l'autre côté du hAvre qui louche au ^ios-du-VaUe et qui pénètre profondémeftl dans les terres, s'avance, au nord , un autre promontoire qui a évidemment porté aussi un établissement militaire. C'est- le mont Knet, altération àehnut, ï\om Danois qu'on rencontre fréquemment dans l'histoire. Les récifs qui sont en face figurent, sur la carte de Guernesey, sous la désignation du Grand Camprment.
11 en est de même du petit cap de fa Corbière qui est situé entre Jerbourg et Pleinmont, sur la côte méridionale.
Dans cette même partie de l'île, mais à une certaine distance du littoral , on voit deux hougues très-remarquables et faites évidemment de main d'homme; l'une est la Hougue
(1) Tupper's hislory, p. 36. — Carte de Cochranc et noies de M Mac- Gulloch. Ce retraDchement se nomme maintenant le Clos du Valle ; le marais, la Bouffue, et le canal d'écoulement la Braie, — {Braie-hrvis et hougue du saxon bog, marais). Ce dernier terme est en usage dans le Coicnlin pour designer les terrains inondés par la mer; on dit les bougues de Quinévill*;, de Ravenoville, etc. (Voy. la carte du diocèse de Goutanccs, de Laurent). — Le mot Valle vient d'après certains ctymologistes de Wales, la partie où est l'enclos ayant conservé un caractère plus celtique que le reste ; selon d'autres, et avec plus de raison, il vient de Wall muraille, ou de Fald^ enclos; — il peut venir aussi simplement de Vallum,
(2) Ward, garde.
i40 LES ROIS FRANCS
Haienaie , dans la paroisse de Saint-Martin; et l'autre, la Hougue Fougue , dans celle de Saint-Sauveur (1).
Enfin . au centre même de Guernesey , et c'est là un fait assez remarquable et qui donnerait au séjour que les Normands y ont fait , un caractère exceptionnel de permanence, il y avait, dit-on, sur l'emplacement occupé, depuis le XIII* siècle , par l'église de Notre-Dame du Càlel , un vieil édifice que les insulaires appelaient le C/iastel-du-Grand- Jefroy ou du Grand-Sarrazin et d'où la paroisse a tiré son nom. — Sainte-Marie-de-Castro. — Le tertre où s'élevait ce monument, postérieur, bien entendu, an X* siècle, et dont on attribue la construction à l'un des ducs de Normandie, forme un des points culminants de Tile , et la navigation en a fait un des pHncipaux amers de ces parages (2). De son sommet , on découvre un vaste et complet horison et jusqu'aux côtes du Gotentin. La qualification de Grand- Jeffroy ou Grand-Sarrazin , révèle, de plus, un détail historique d'autant plus digne d'être mentionné qu'il est rarement consigné dans les arides chroniques qui seules nous parlent des IX® et X* siècles. Le personnage ainsi désigné ne peut être que l'un de ces aventuriers norses qui furent souvent confondus avec les Sarrazins. Wace lui-même appelle les envahisseurs des îles la gent sarrazine (3). Le Grimd-Jeffroy était, selon toute vraisemblance , le célèbre Sdivl Godefrid ou Godefroy , fils d'Hériald. Son père, après avoir détruit l'église du Monl-Saint-Michel , fut assassiné par les comtes francs, et, pour le venger, il se jeta sur la Frise
(1) Duncan (Hisi. of. Guernesey, p. 384), qui do hic au mol fougue une ctymologie latioe, en donne une arabe au mot Hatcnai qui, d'après' lui, signifierait colline.
(l) Laurie's Sailing éireclionSy p. 2G.
(5) Roman de Rou toc. sup. cit. — ^La Chronique tic Benoit (t. II, p. 33), emploie la môme expression,
ET LES INVASIONS NORMANDES. 14i
et sur la Neustrie. Après trois ans de ravages , il se fit , en 850 , concéder pai- Charles-le-Chauvè , une certaine étendue de terres que le savant danois Suhne conjecture avoir été situées dans notre province (i). L'histoire générale, on le voit, confirme donc singulièrement la tradition conservée à Guernesey, en lui donnant une date précise ; et cette tradition elle-même rend à peu près certain le fait fort intéressant, et si souvent obscur, d'un établissemenl permanent des Normands , en Neustrie, plus d'un demi siècle avant sa prise de possession par RoU ; elle prouve, enfin, le rôle important que les îles du Colentin remplirent durant ces époques calamiteuses.
ijodefroid et Hastings ne furent pas les seuls chefs danois qui descendirent à Guernesey ; — il y en eut d'autres dont une étude minutieuse des noms de lieux pourrait faire reconnaître les traces. Nous citerons le château d*Albec (2) qui n'est plus qu'un récif détaché du rivage à l'entrée du havre du même nom ; l'anse de Torqueler ou Torqueiil et la baie Port-Infer qui, d'après une opinion, rappelle le chef danois Invar,
(1) Ànn. fuld. ad ann. o50. — Anti' Berlin, ad. an. 853. — Suhne, Hist. du Danemark. — Depping. Expédii. Itv. II, cbap. UI.
{V} Albec est peut-être une altération de lïanlet, Anslesch, l'un des comtes restés fidèles au fils de Roi! et duquel descendirent les Bertrand de Bricquebee. {Roman de RoUj t i, p. 109. — Chronique de Benoît, t. i, p. 478. — Mém. sur les châteaux, par M. de Gerville, i. 1 des mém. des Aniiq. p. S47.)