CHAPITRE V
Richard établit les Bénédictins au Mont-Saint-Michel — Les chanoines réguliers se réfugient , dit-on., à Guernesey. — Le château du Vale. — Les Danois attaquent TAngleterre. — Olaf Tryggveson. — Le Eeuraland, — Le Kelgènes. — Expédition d'EtheIred contre le Gotentin. — Néel de Saint-Sauveur bat et chasse les envahisseurs.
En 966 , Richard avait chassé les clercs séculiers ou chanoines qui occupaient Tabbaye du Mont-Saint-Michel et dont les mœurs ne passaient pas pour être orthodoxes (1) ; il les avait remplacés par des moines de la règle de Saint Benoit (2).
(i) Voy. sur Pétat du roonachisme à la fin du ï*' siècle, les 4:urieiu[ 4élaiU doiwés par Richer (lib. III^ g 33 et suiv), à l'ooqpi^iQn des réCormes an^to dans le synode présidé, en 971, par Raoul, abbé. de SaiiM-Item^. — X)q aUait jusqu'à adresser ce reproche aux moines : c atque ex staminis subtilitate etiam > pudenda intuentibus non protegunt. i On leur défendait aussi l'usage des chaussures à la poulaine et des tuniques à longues manches et serrées à la taille. (loc. cit. § 37.)
(%) Roberti de M^nte aeeea. oA. Sigeb. ord ann. 9ri6. (ap. Giiib. de Novig. p. 720).
D*après une tradition , rapportée par tous les Iiistoriens de Guernesey (1), quoiqu'elle ne s'appuie sur aucun texte positif et qu'elle soit môme contestée (2), les clercs dépossédés auraient passé dans cette île , et y auraient fondé , dans la paroisse du Vale, un prieuré qu'ils auraient nommé Saint- Michel, en mémoire de leur ancien monastère, et qu'ils auraient fortifié. Vers ce même temps , les insulaires construisirent sur une éminence qui domine le havre de Saint- Samson et sur laquelle fut élevé , plus tard , le château du Vale ou de Saint-Michel , une redoute destinée à les détendre contre les pirates.
Ces pirates pouvaient , comme le conjecture M. Block Tupper, n'être pas toujours des Danois, puisque ceuxci étaient les fidèles alliés des Normands. Cependant nous avons dit avec quelles précautions il fallait employer leurs services. Celte alliance, créait un nouveau danger, et faisait naître , pour la Normandie continentale et insulaire, un ennemi redoutable dont la mer était aussi l'élément.
L'Angleterre , théâtre d'une lutte ardente entre les Saxons et les Scandinaves , était , encore à cette époque , livrée à tous les désordres et à toutes les calamités qui accompagnent la guerre de conquête. Deux races se disputaient son riche territoire , et l'avaient réduit à 4'état où la France était plongée un siècle auparavant. Les querelles qui y divisaient les grands, y avaient rendu faciles les incursions que l'introduction de la race normande dans la famille française avait, sinon fait cesser, du moins profondément modifiées quant à leurs effets , lorsqu'elles avaient lieu sur nos côtes.
(1) Brock Tupper's Hiil. p. 34. -- Duncan's HUl. p. 4. (i) M. de Gerville pense que jamais il n'y eut de chanoines à Guernesey. I>t«(toii. des Iles, — MSS.
La Normandie ne pouvant plus être le but de ces incursions, devint leur point d'appui. Plus d'une fois, Barfleur et les autres ports du littoral durent abriter les flottilles qui en sortaient ensuite, traversaient, en quelques heures, le canal et se jetaient sur le rivage opposé. Les rois anglosaxons recherchèrent alors l'alliance des ducs^ leurs voisins, qu'ils supposaient devoir exercer un certaine influence sur leurs compatriotes (1). Rien n'arrêta les Danois. Leur nombre et leur audace s'accrurent chaque jour; ils étaient appuyés par certains seigneurs saxons qui, comme Athlestan et Edgar, allaient jusqu'à entretenir près d'eux des troupes mercenaires de celte nation.
En 994 , un de leurs chefs , chanté par les Sagas islandaises , comme l'un des plus braves, Olaf Tryggveson^ avait conduit une expédition contre l'Angleterre. Il avait mis à contribution le Northumberland , le nord de l'Ecosse et les Hébrides; en passant par le canal du Nord, il avait pillé l'île de Man , ravage le littoral de l'Irlande ; puis , franchissant la Manche , il s'était dirigé vers les îles du Gotentin, s'était jf^té sur la Bretagne — Brettland, — ainsi que sur une contrée que l'historien Snorro Turleson nomme le Keuraland(^);ei, enfin, en longeant les côtes du Valland , — la France, —il était revenu vers les îles Syllingar — lesSorlingues. — ce Pendant cette expédition, le jeune roi, dit le » scalde Halfrethur , Um du monde dans les îles ; battit les » Irlandais , renversa à terre les Bretons, ainsi que la plus » grande partie du peuple Kunscar (3). »
(1) Hume — Hisl. d'Ângl. règne d'EihelreJ, t. l, p. ll-i et suiv. (traU. de Faucomprel.)
(2) SnorrO'Heimskringla, cap. 30, t. l (ciié par M. Depping, p. 443, édit. 1844) — Snorro-Turleson, né en Islande, vivait de 1178 à IÎ4I.
(3) Depping, Uisi. des expéd* maritim. etc., loc. sup. cit.
Les trouvères normands ne parlent nullement de ces faits qui, pourtant, embrassent une période de quatre ani^s. Peut-être les ont-ils confondus avec cetix qui doivent être attribués A un autre chef danois , nommé aussi Olaf , qui parut vers 1618. L'expédition de 994 doit , en tous cas , attirer notre attention , puisqu'elle toucha au Cotentiu et à ses Iles ; nous devons rechercher les traces qu'elle put y laisser.
Il est hors de doute que la Bretagne-Armorique fut traitée en ennemie dans cette circonstance comme dans toutes celles qui la précédèi-ent. Il y avait parmi les hommes du Nord des traditions auxquelles ils restaient fidèles ; ils suivaient une sorte d'itinéraire tmcé depuis longtemps par leurs devanciers , et jamais les Bretons ne trouvaient grâce devant eux. Il est possible même que Jersey et Guernesey , autrefois dépendance de l'Armorique, n'aient pas été épargnées non plus. Mais le Cotentin, devenu si complètement Scandinave, surtout dans sa partie péninsulaire, n'aurait-il pas été défendu par sa nationalité? La raison, de douter vient de cette mention très-remarquaWe d'une contrée qu'on désigne sous le nom de Keuraland, habitée par le peuple Kunscar , et qui , placée , dans le récit islandais , entre la Bretagne et la France, — le Brettland et le Yalland, — ne peut être que le Cotentin, ou une partie du Cotentin.
Nous n'avons pas la prétention de résoudre ce problème historique que Depping s'est contenté de formuler (1). Nous ferons seulement reinàrquer que les deux noms que nous venons de rappeler présentent, sous la forme altérée que la langue norse leur donne, la plus évidente analogie avec le Corilisum du Gapitulaire de Charles-le-Chauve et le Coriovallenm pagus (2) de la Chronique de Fontendle ; ils en pré-
(1) Expéd. marit. des Normands, p. 445 (édit. 1844.) (l) Voy. Suprà p. Si, iZ et suiv.
sentent une aussi « quoique plus éloignée, avec le nom d'une division territoriale de la Presqu'île que nous rencontrons dans le DotaHtium souscrit par Richard II à sa première femme Judith (1). Cet acte , qui est de 997 , c'està-dire de l'époque même où Olaf était eqcore sur nos côtes, renferme l'énumération des villages et des domaines constir tués en douaire, par ce prince, à sa future épouse. Cette énumération, longue et détaillée, comprend une centaine de localités, avec leurs églises, moulins, étangs , p&tur^ges , bois , serfs de l'un et de l'autre sexe, etc., qui sont situées dans trois circonscriptions distinctes : le Sissois ou pays de de Bernay, le Cinglais et le Kelgènes. Or, cette dernière vicairie , ou vicomte, — Vicaria qux voeatur Kelgenas (9), -r: est certainement le Cotentm , puisqu'elle s'étend depuis la pointe de la Hague jusqu'aux Veys. Nous voyons, en effet, figurer, dans la charte, les paroisses de Plamanville , Tréaur ville, Rauville , Canville , Neuville, Brix, Sottevast, le Wast, etc., qui toutes existent encore, et font partie des arrondissements actuels de Cherbourg, Valognes et Coutances.
Il est donc incontestable que Olaf Tryggveson descendit sur les côtes du Cotentin, dans les dernières années du X* siècle. Maintenant , est-îl probable qu'il ait traité le pays en ennemi , ainsi que semble le dire le scaldc islandais? Nous ne le pensons pas. La date de la charte de Richard II ne permet guère de supposer que cette partie de la Normandie
(i) Thésaurus novus anecd. auct. dom. Marten et Urs. Durand, t. 1, p. 22. — Voy. Anciennes divisions territoriales ^ par M. Aiig. Le Prévost (Mém. des Àntiq. t. XI, p. 55.) — Nouveaux essais^ par l'abbé De la Rue (t. II, p. 24.)
('i] StapleloD a conjecturé que Kelgenas est une mauvaise lecture du mot Velgenas ou Valgenas, qui désignerait Valognes. Cette hypothèse nous semble plausible. {Slapleton's observations on the rois, etc. , t. i , p . LXXXl.)
ait été exposée aux calamités d'une invasion au moment précis où le duc en attribuait la possession à la femme qu'il allait épouser. — La Presqu'île, d'un autre côté , possédait en elle-même des éléments dJ résistance plus que suffisants pour repousser une attaque, de quelque part qu'elle vînt, nous en aurons bientôt la preuve. Enfin, et cet argument nous parait péremptoire , on accusait positivement Richard d'être le complice des Danois , d'arrêter , d'emprisonner et même de faire tuer les hommes d'origine saxone qui voyageaient dans le duché (1). Le roi anglosaxon Ëthelred , se fit l'organe de cette accusation , ou s'en servit comme d'un prétexte pour exécuter le projet qu'il conçut , alors , d'envahir le Cotentin et de s'emparer de la Normandie et de son souverain .
Ëthelred organisa une expédition. Vers Tan 1000 (2), une flotte nombreuse sortit de Porsmouth et aborda à Barfleur. Ce lieu , prédestiné à tant d'événements de ce genre, était le dernier qu'un prince saxon eût dû choisir, car, dans toute la province, il n'y en avait pas où l'esprit Scandinave fût plus vivace et plus puissant.
Déjà, chose digne de remarque, la haine contre l'Anglo- Saxon était populaire dans le Cotentin ; on ne s'y souvenait plus des anciennes colonies de cette race qui y avaient si longtemps prospéré , dans les siècles précédents. Lee peuples
(1) Flores hist. per Math. Westm. cotlecli p. 106 (cdii. de Francfort. — Guill. de Malmesbury, p. 64 (édil. Sacile). — Chron de Benoît, l. II, p. 406, ad. not.)
(^) D'après Wace, Texpédition d'Elhelred n'aurait eu lieu qu'en 1005", un an environ après le mariage de ce prince avec Emma, sœur de Richard II, et aurait eu pour mobile la haine que le roi aurait conçue contre son beau-frère qui lui aurait adressé de vifs reproches sur ses infidélités conjugales. Cette version nous* parait très-discutable, et nous préférons celle de la Chronique scixonne qui adopte la date de 1000.
ont plutôt des impressions que des souvenirs. Tout s'était effacé devant l'antagonisme qui ensanglantait le sol de la Grande-Bretagne, etqui n'était pas près de s'éteindre.
La nouvelle de la descente de l'ennemi à l'embouchure de la Saire se répandit, dans le pays, avec une rapidité électrique. La population entière se souleva. Un des plus riches seigneurs féodaux delà contrée, -=- celui qui, dit-on, avait reçu/ en 938, de Guillaume Longue-Épée, le titre de comte du Cotentin (1) enlevé au rebelle Rioulf, après sa défaite, habitait un château élevé sur la lisière de la forêt de Saint- Sauveur et près des bords de l'Ouve (2). C'était P^éel, que nous avons déjà signalé comme possesseur de la moitié de Guernesey. Son aïeul , Richard , si l'on en croit la tradition
(1) Wace donne à Nèel le titre de comte : —
.... Nèel de Saiut-Sauveur
Ki csteil uns quens des païs ; — et c'est par erreur que M. de GerviUe parle de celui de vicomte, mentionné par Guillaume deJuraiège, cet historien (liv. V, cap. IV), se bornant à nommer Néél, — Nigellus, — sans autre désignation. — Benoit l'appelle un « vescomte de bon liçnage. » (t. II, p. 409). Il est d'ailleurs plus que douteux que Ncel fût en possession de son titre el de son domaine ea 938, puis- (|ue sous Richard I*% Roger, son père, vivait encore. — Quant aux titres de comte et de vicomte, il serait fort difficile de donner des renseignements précis sur la distinction qui, dans le principe, était faite entre eux. Il régnait sur ce point une certaine indécision ; les historiens semblent se servir tantôt d'un mot, tantôt dé l'autre indifféremment. — Nous remarquons, cependant, que, dans la charte publiée par M. Léopold Delisle, dans son Histoire du château de Saint Sauveur (i" part. p. 59.),iltc/iard l'ancien (Richard i"), est qualifié cow(* et Roger, vicomte tvetuli Ricardis comitis et » Rogeri vicecomitis. » Richard III, dans la charte de donation à sa femme Adèle, paraît avoir réservé pour lui-même le premier de ces titres
(2) Cette rivière est généralement aujourd'hui appelée la Douve ; erreur qui remonte loin, car Robert Gœnalis et Toustain de Billy Tout partagée, et l'ignorance officielle la consacre.
recueillie dans les archives du château , et qui nous semble plus que douteuse » était un des compagnons auxquels RoU avait distribué le sol de la Neustrie , au moment du traité de Saint*Glair««ur-Epte (1) ; un de ses ancêtres , portant le même nom que lui , avait construit le château de Néhou , "— HabUaiion dé Néel , — et donné, en 942 , des bois qu'il possédait à Guemesey, au monastère du Mont - Saint - Michel (3).
Le descendant de cette illustre famille ne démentit pas son origine. Averti des ravages qui déjà avaient été commis dsns Barfleur et dans les environs » il rassembla en toute hftte,
c bornes et amis
» E chevaliers è paisanz
» Bar^iz e vilainz e servanz (3),
et marcha vers le Val-de-Saire. Les Anglais avaient brûlé ot détruit les moissons, enlevé et égorgé le bétail, tué, sans distinction d'âge ou de sexe, tout ce qui paraissait résister. Le pays n'était plus habitué à de telles catastrophes ; mais il n'avait pas perdu son énergie. Néel se trouva à la tète d'une levée en masse ; les femmes elles-mêmes le suivirent ; à l'exemple de leurs aïeules les Gauloises , elles combattirent pour la défense de leurs foyers. Il y en eut, nous apprend Guillaume de Jumiëge , qui , avec leurs cruches , cassèrent la tête des plus robustes de leurs agresseurs (4). L'armée d'invasion , malgré les instructions belliqueuses
(1) Ane. ehat. du dép, de la Manche, par M. de Gerville (JftTem. des Antiq.) 1S24, p. 273 et 279.
(i) Id. eod ioc.
(3) jRwn. de Mùu, t. I, p. 319. — Benoit, t. II, p. 409 et suiv.
(4) Guill.de Jum. liv. V, chap. IV.
DE NORMANDIE. SOf
d'ËtheIred, ne s'était sans doute pas éloignée des bords de la mer, lorsque le vicomte de Saint-Sauveur arriva. Le combat eut lieu à une petite distance du point de débarque-* ment. Le choc des Costendneiz fut irrésistible. Les Anglais, assaillis! de toutes parts, furent écrasés , et leurs vaisseaux auraient été pris, si l'un d'eux, resté malade sur un tertre et « à qui seignout li nés (1), » n'avait vu la déroute, et n'avait réussi , malgré son état de faiblesse, à gagner le rivage et à donner l'alarme. La flotte , sans en demander davantage , et en laissant ceux qu'elle avait apportés couvrir le sol normand de leurs cadavres , leva l'ancre, et traversa la mer au plus vite, pour rentrer à Portsmouth.
Quelques années plus tard , Ethelred se vengea de cette défaite, en ordonnant, le jour de la Saint-Brice i002 ou 1003, jour précurseur, à trois siècles d'intervalle, des Vêpres siciliennes , le massacre des Danois qui vivaient sans défiance sous son sceptre (2). Ce crime, aussi odieux qu'impolitique , provoqua de sanglantes représailles; il rendit implacable la haine des deux races. La conquête de l'Angleterre par le plus illustre des descendants de Roll en fut une évidente manifestation (3).
(1) Chronique de Benoît, t. II, p. 4tl, vers înô^
(i) Robert, de Monte access. ad Sigeb. (ap. Giiib. de Novig. p. 720, col. ^.) Guill. de Jum. liv. V, chap. VI, clc. On sait qu'il ne faut pas ici donner un sens rigoureux au mol général qui est employé par les historiens. Il n'y eut probablement de massacre que le corps des troupes danoises que des seigneurs anglais entretenaient auprès d'eux. (Voy. Hume, Hist. d'Àngl. t. 1, ann. 1002.)
(3) Tous les historiens normands ont compris d'instinct le lien intime qui rattache les uns aux autres, les événements qui s'accomplissent dans les deux pays, à partir de la fin du X" siècle. Ils n'oublient aucuns les invasions successives des Danois en Angleterre, et nous en donnent un récit exact. (Voy. Guill. de Jum. liv V, chap. VI et suiv. Rom. de Rou, t. 1, p. 323 etsuiv. etc.)
La tentative du roi saxon sur le Cotentin a pour nous une certaine importance ; elle nous montre quel était alors l'état de cette partie de la Normandie, et quel esprit avait continué d'y régner ; — une grande indépendance d'action, un sentiment national déjà nettement déterminé , une aristocratie guerrière attachée au pays même, assez indifférente au pouvoir central et paraissant sympathique aux classes populaires ; — et, d'un autre côté, ces classes , et en particulier celles des campagnes , remplies d'énergie , se relevant d'un long affaissement, grâce aux hommes nouveaux amenés par rimmigration et à un gouvernement qui leur donnait plus de sécurité contre les troubles du dehors et plus de paix au dedans ; — susceptibles d'un mouvement spontané , et si véritablement populaire, que les femmes y prennent une part active, et, pour la première fois depuis des siècles , révèlent à nos yeux , dans le cœur des niasses, l'idée de la patrie et de sa force invincible , lorsqu'elle défend le sol contre l'invasion étrangère.
Ce caractère tout particulier des populations de notre Presqu'île, que déjà nous avons signalé, et que la suite des temps affirmera encore , nous a paru se concilier difficilement avec un fait qui se serait accompli dans les preinières années du règne de Richard (1), et, par conséquent , à une date antérieure à la tentative d'Elhelred ; — nous voulons parler de la révolte des Vilains. Aussi hésitons-nous à croire que ce fait, si étrange et si mal défini dans ses causes , s'applique au Cotentin.
(1) Kicbard II succéda à son père en 990.