‹ Histoire du Cotentin et de ses îles (volume 2)Chapitre 23 sur 64 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Effets de la conquête relativement à Taristocratie nonnande. — Violences du gouvernement de Guillaume. — Silence de l'histoire sur le Cotentin pendant les vingt années qui suivent la Conquête. — Révolti; de Robert- Gourte-Heuze. — Désordres qui suivent la mort de Guillaume le Conquérant. — Ses trois fils. — Henri, comte du Cotentin.

La conquête de l'Angleterre eut, sur les destinées de la Normandie , — nous dirions de l'Europe , si la modestie de notre but ne nous interdisait les larges horizons , - une influence immense et plus radicale que les contemporains ne pouvaient le soupçonner. Non-seulement elle créa, dans le pays conquis , une aristocratie nouvelle , aux dépens de Faristocratie normande qu'elle affaiblit en élargissant sa base à Texcès ; mais , de plus , elle jeta dans les familles un ferment de discorde qui se développa immédiatement, sous le double excitant de l'orgueil et de la soif des jouissances matérielles. De l'intérieur des familles , l'esprit d'antagonisme et de jalousie s*étendit bientôt au dehors ; il se généralisa, grandit et devint cette rivalité nationale qui a coûté

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tant de désastres et tant de sang versé aux deux peuples , que la nature avait faits voisins et que leurs intérêts mutuels devaient faire amis.

Ce fut une révolution générale dans les fortunes et dans l'état social des individus. Le plus humble aventurier, le plus simple artisan put devenir un des membres les plus influents et les plus opulents de la noblesse anglaise. L'histoire en fournit de nombreux exemples (1).

Mais l'histoire nous apprend aussi par quel odieux abus de la force , par quel oubli absolu de tout droit , par quel souverain mépris de la vie et de la dignité humaines , fut imposé le joug le plus lourd que jamais nation ait supporté. La race normande n'était point encore assez loin de ses aïeux pour ne pas sentir se réveiller en elle , lorsqu'elle fut en contact avec une race plus barbare ou plus grossière, le feu mal éteint de ses instincts natifs. Dans la lutte à outrance qui s'engagea , vainqueurs et vaincus apportèrent le même acharnement sauvage. Le Conquérant , irrité de trouver un peuple fier qui résistait à sa volonté, au lieu de la subir , se laissa emporter à toute la violence et à la férocité de son caractère ; il fut imité, sinon dépassé , par ceux qui avaient suivi sa fortune. On vit donc , fait à peu près unique dans les annales de l'humanité , à moins qu'on ne jette un regard sur notre propre temps, un pays entier littéralement expro* prié de sa terre , de ses institutions et de sa langue.

£t par une bizarre inconséquence, l'homme qui accomplissait une telle œuvre, ne voulut rien abandonner de ce qu'il tenait sous sa main de fer; il voulut rester duc de Normandie. — Il ne prévit pas que le faisceau qu'il avait formé se briserait fatalement , quand il cesserait de Tétreindre. Il ne prévit pas non plus que la Normandie, son

(1) HisL de la conquête d'Aug. Thierry, t. II, p. 35 et suiv.

pays de prédilection, « son vrai patrimoine, » comme il rappelait sur son lit de mort (I), s'était démoralisée au spectacle des effroyables persécutions et des cruautés calculées dont il avait accablé les Saxons ; qu'il l'avait jetée borsde la voie où sa situation géographique, ses traditions,etses destinées avaient marqué sa place , et qu'enfin , tôt ou tard , elle serait engloutie, avec ce qui faisait son individualité et jusqu'avec son nom , sous le flot de la civilisation française , qui lentourait de toutes parts et qui montait sans cesse.

Depuis le jour où il se fit couronner dans Wesminster, jusqu'à sa mort (2), Guillaume ne connut plus le repos ; la fortune elle-même sembla l'abandonner ; — il devenait un vieux roi. — Il passa le reste de sa vie à étouffer , tantôt sous des rigueurs implacables , tantôt sous ses ruses de renard (3), les soulèvements, que l'excès de la souffrance provoquait dans son nouveau royaume et les conspirations qui se tramaient dans son ancien duché. 11 connut le châtiment le plus terrible que puisse infliger à l'homme la puissance mystérieuse dans ses desseins comme dans son essence , qui souvent , en ce monde, permet le triomphe du mal ; il vit l'ingratitude et la trahison pénétrer jusque dans son foyer et armer contre lui son premier né. . On aime à penser que ces fléaux de l'humanité, ces grands conquérants , ces hommes soi-disant providentiels, qu'on a si bien nommés les hommes de proie, et auxquels, trop souvent l'histoire conserve ses banales admirations, n'attendent pas toujours , pour être jugés par la postérité, que le sang qu'ils ont répandu soit refroidi. L'humble moine de

(1) Roman de RoUy t. l\, p. i93.

(î) 9 novembre H*87.

(r*) c GaUidHatc régis vulpinâ. > (Math. Pans. Vita abb. Saint Âlbani, t. 1, p. 47.)

Saint-Evroul , un contemporain (1), obéissant à la seule inspiration d'une conscience honnête et d'un cœur droit, disait de l'oppresseur de son pays natal , dans un langage dont la vérité ne le cède pas à l'élévation : « Pour moi , pénétré » d'une pitié profonde , j'aime mieux compatir à la douleur » et aux tourments de ce peuple malheureux que de prodi- » guer de criminelles adulations à l'auteur de tant » de meurtres. Non, je l'affirme sans hésiter, l'indulgence « que l'on témoignerait pour une aussi sanglante cruauté » ne resterait pas impunie. Le juge tout puissant laisse » tomber le même regard sur les grands et sur les petits ; » vengeur sévère , il pèsera les actions de tous , et punira » les crimes, pour montrer à tous que h's lois divines » sont éternelles f2). »

Le Cotentin et les Iles ne sont mentionnés nulle part

(1) Orderic Vital était né le 16 février 1075, comme il nous l'apprend luimême, îiv. V, p. Î93 (édit. Guizot.) Voy. surtout la Notice sur Ord. Vitale par L. Delisle, pub. par la Société de Phistoire de France.

(2) Ord. Vit» Iiv. IV, p. 188. — Dom Mathieu de laDangie de Renchi, cellerier de Tabbaye de St-Etienne de Gaen, ne fut pas arrêté par cet anathème. Il publia un livre qu'il dédia à Tabbesse de Ste-Trinilé de Gaen, Marie de Rohan de Montbazon, pour prouver que c le glorieux conquérant n'a esic

> induit à vouloir conquérir l'Angleterre par aucune passion vers le particu-

> lier intérêt, mais par les seuls motifs d'y servir au bien de la justice et de j» la gloire de Dieu. » (p. 63, V* confutation). — Ce petit livre de 153 pages in- 12, imprimé à Gaen, par Joachim Massieu à Froiderûe^ porte ce titre : — Apologie pour la défense de ce très-pieu^ et très-invincible conquérant y Guillaume , duc de Normandie et fondateur des deux abbayes de Caen^ contre certains faux bruits qui depuis un très-longtemps ont pullulé dans l'imagination du vulgaire, au préjudice de leur mémoire et de la vérité. — L'éditeur n'a mis aucune date ; mais Marie de Rohan étant devenue abbesse en 1650, et Mathieu de la Dangie étant mort en 1657, c'est dans cet intervalle que parut cette curieuse apologie du prince normand.

pendant les vingt années qui suivirent la conquête. Le grand courant des événements portait d'un autre côté. En face de rimmense curée qui les attendait en Angleterre , les seigneurs féodaux, prélats, chevaliers, soldats de fortune et simples religieux , ne pouvaient que dédaigner les champs moins étendus et moins faciles à prendre de la patrie primitive. On ne doit donc pas être surpris du nombre trèsrestreint des chartes de donations s>*appliquant à nos contrées pendant les trente dernières années du XI* siècle. Sur le sol conquis , au contraire , les domaines vastes à couvrir des lieues carrées sont distribués à profusion.

Il ne paraît pas non plus , que ce soit dans le Cotentin que Robert-Gourto-Heuze ait cherché les adhérents et les complices de ses révoltes contre son père. Parmi les gentilshommes qui l'entouraient, et qui exploitaient ses vices ou ses faiblesses , on n'en trouve qu'un seul qui appartînt à une famille de ce pays; — c'était, il est vrai, à Tune des plus illustres et des plus comblées de faveurs du maître , — la famille des Monibray (i). Robert, neveu du fameux évéque de Goulances et fils de Roger, l'un des barons de l'assemblée de Lillebonne, n'avait pas suivi les traditions paternelles. Son caractère sombre et dur , comme l'indiquait son visage (2), le jeta toute sa vie dans le parti des mécontents et des révoltés. Sa carrière fut courte. Fait prisonnier , à la suite d'un soulèvement que , d'accord avec quelques seigneurs, il avait provoqué contre Guillaume-le-Roux , il resta près de trente ans dans une étroite captivité (3\

Ce fut dans le Haute-Normandie que Robert trouva des hommes disposés à l'entraîner, plutôt qu'à le suivre , dans

(1) Ord. Vital, liv. V, p. 374.

(2) Ord. Vital, liv. VIII, p. 358.

(3) Ord. Vit. liv. VHI, p. 338.

les tristes débuts qui.n'aononçaient que trop sûrement les continuels égarements de sa vie et les désordres de son gouvernement. Son père n'eut jamais d'illusions sur sa valeur ; mais le hasard qui les fait naître sur les degrés d'un trône , donne aux puissants du monde , quelle que soit leur incapacité ou leur indignité , une consécration devant laquelle tout s'incline; et Robert-Courte-Heuze , qui n'eût été , dans la condition commune , qu'un objet de mépris ou de pitié, put, grâce à cet instinct d'idolâtrie monarchique , préparer à son pays une des phases les plus calamiteuses de son histoire.

La mort de Guillaume-le-Gonquémnt produisit un effarement général. Abruties par ce lourd despotisme qui ne sait engendrer que la servilité ou l'anarchie , et , d'ailleurs complètement désarmées , les classes populaires tremblèrent de se sentir à la merci d'une aristocratie, qui avait tous les vices de la civilisation et tous les instincts de la barbarie (1)' et cette aristocratie , en effet , brisa , avec une violence qui ne respecta même pas la majesté de la mort , le frein qu'elle rongeait depuis de longues années. Les deux fils aînés du vieux roi montrèrent l'exemple. Ils n'attendirent pas que le cadavre de leur père fût enseveli , pour se précipiter sur leur part d'héritage et s'en saisir avec une ardeur de chiens affamés. Leur jeune frère accompagna seul le cercueil jusqu'au tombeau qu'on avait préparé , en toute hâte , dans la grande abbaye de Caen (2).

Tous les seigneurs de la Haute-Normandie et du Perche , aussitôt qu'ils eurent appris l'événement, se hâtèrent de rentrer dans leurs châteaux, d'en chasser les garnisons royales , de construire de nouvelles forteresses et de se jeter

(i) Ord. Vit. liv. VIIÏ, p. 223.

(2) Roberd de Monte Access, ad Sigeb. p. 726. — Ann. 1087.

les uns sur les autres. Ce fut un déchaînement inouï de ce que la société féodale renfermait de passions mauvaises et féroces (1).

Guillaume l'avait prévu. Il avait foit entre ses trois flls un partage inégal dont , au fond , il reconnaissait l'inutilité. Il avait attribué la Normandie à Robert. Quant à l'Angleterre , il ne voulut pas la transmettre en termes exprès ; il se contenta d'indiquer que son second fils pourrait ceindre cette couronne que la force seule lui avait donnée. — Dernier et tardif hommage rendu à la loi éternelle de la justice. — Henri , le plus jeune , ne reçut , sur le trésor amassé par son père , que cinq mille marcs d'argent ; et, comme il se plaignait, celui-ci le rassura : « Confie-toi à Dieu, lui dit-il, » laisse tes frères aînés te précéder ; et , quand le temps » sera venu, tu auras tout ce que j'ai acquis, et tu les sur- » passeras en richesses et en puissance ("2). »

Cette prophétie qui a, peut-être, emprunté quelque chose de sa précision à la plume de rhislorien , se réalisa. Le père qui avait vu grandir ses fils pouvait la faire à coup sûr.

Robert était un de ces hommes chez lesquels quelques qualités heureuses sont étouffées, en germe, par une incurable mollesse; et qui ressemblent à un sol si friable, que nulle racine ne s'y attache. 11 ne manquait pas de bravoure; il était éloquent ; son ôme , vertu rare en son temps , connaissait la pitié envers les faibles et l'indulgence pour les injures; mais sa bravoure était devenue une témérité folle

(1) Ord. Vit. liv. VIII, p. 22r'.

(i) Ord. Vit. liv. VII, p. 209. — Robert de Monte Append ad Sig. p. 745. « iEquanimus esto iili, et confortare io domino. Paci6cè patere ut ma- 9 jores fratres tui procédant te. Rohertus NorsaaDniam, Guillelmus voro

> totiùs Angliai mouarchiam Jiabebit. Tu aut^m iempore iuo totum honorem » quem ego naclus suin^ hat)ebis; et fmtribyfi tut», divitils et potesiatc pr$-

> valebis. >

et sans but ; sa parole facile , une légèreté de langage à laquelle se mêlaient les promesses inconsidérées et les mensonges inutiles; sa bonté et sa douceur, une insouciance qui acceptait tout , ne refusait jamais rien et ne voulait que le plaisir (1). Il ne tarda pas à descendre la pente sur laquelle le besoin des jouissances sensuelles , d'autant plus impérieux qu'on le satisfait davantage, entraîne les débauchés et les intempérants. Il eût été digne d'être un Romain de la décadence. Il n'avait que les vices de son époque ; mais il leur donnait une physionomie particulière , qui faisait de lui un type à peu près unique et fort différent de tout ce qui l'entourait. Son apparence physique était en parfaite harmonie avec son caractère. 11 était fort gros et de petite taille ; son père l'avait surnommé Conrte-Botfe (â). Sa destinée était tout entière dans ce mol.

Tel était l'homme qui allait prendre le gouvernement de la Normandie au milieu de luttes acharnées et d'ardeurs insatiables.

L'Angleterre n'était pas mieux partagée, quoiqu'il y eût, entre les deux frères , le contraste le plus complet. Guillaume-le-Roux , nous dit Orderic Vital (3), était un jeune homme plein d'insolence et d'audace , amoureux du bruit et des pompes guerrières ; favorisant la turbulence et l'orgueil de la noblesse , et foulant impitoyablement les paysans et les bourgeois qu'il comprimait par la terreur. Il ne se rapprochait que par ses mœurs de son aîné , qu'il surpassait encore par son infâme libertinage et ses vices de toutes sortes (4).

(1) Ord. Vit. liv. Vril, p. ÎU.

{i) < Peti fu mult, maiz fu gros

» Jambes eut certes, gros les os. • (Ram. de Rau^ t. II, p. 304).

(3) Ord. Vit. liv. VIII, p. Î75

(4) Ord. va. liv. X, p. 8.

Henri seul avait les qualités d'un prince, sans être exempt des défauts habituels à cette condition, et permettait d'espérer que l'héritage du Conquérant ne se fondrait pas dans les mainsindignes.de ses enfants. D'un esprit froid , prudent, énergique , il possédait l'art de conduire et de s'attacher les hommes. Généreux envers ceux qui le servaient fidèlement, et pardonnant rarement , même quand les coupables appartenaient aux plus puissantes familles, il s'entoura, lorsque son autorité , après de longues éj reuvcs, fut hors d'atteinte, d'une aristocratie qu'il créa, en la recrutant jusque dans les dernières classes. C'est ainsi que, en Angleterre et en Normandie, il anoblit et enrichit Raoul Basset, Guillaume Troussebot, Haimon de Falaise, Guillegrip et Rainier de Bath , etc., dont les noms indiquaient l'origine obscure , et qu'il éleva an niveau des plus illustres chevaliers (i). Mais ce qui le distinguait, autant des membres de sa famille que des hommes de son siècle, c'étaient un désir d'apprendre qui s'appliquait à tout et une mémoire qui gardait le souvenir de tout ce qu'il avait appris. Le célèbre Lanfranc avait été son précepteur ; il l'avait initié, de bonne heure, aux études littéraires et scientitiques , et avait voulu lui-même l'armer chevalier, lorsqu'il fut parvenu à l'âge viril. Il avait une politique qu'il suivait avec une prudence consommée , et une persistance que les obstacles ne lassaient pas ; il organisa une police qui ;le rendait maître,' au grand étonnement de ses contemporains , des secrets qu'ils croyaient les mieux cachés. Henri Cliton, comme le désigne Orderic, ou Beau-Clerc , comme le nomme l'histoire, et il mérite cette double épithète , fut , en un mot , un prince plus moderne , à certains points de vue, que son temps, et qui conserva, durant sa longue carrière, une supériorité incontestée qui

(f) Ord. Vil. liv. XI, p. 7Î5, 147 et i07.

explique et justifie le jugement que son père avait porté sur lui.

Le nouveau duc de Normandie , on le comprend par le portrait que nous venons d'en tracer, ne tint pas longrtemps le gouvernail sans laisser le navire aller à la dérive. Dès la première année , le trésor qu'il avait recueilli dans la succession paternelle fut dissipé en largesses et en prodigalités. Il s'adressa à son jeune frère, et lui demanda de l'argent. Celui-ci refusa d'en donner; Robert offrit, alors, de lui céder une portion de son héritage. L'offre fut immédiatement acceptée. Moyennant trois mille livres, le Cotentin fut distrait du duché et attribué à Henri qui devint ainsi le maître du tiers de la province (1).

Aucun événement, s'il avait été durable, n'aurait été plus heureux pour la Normandie maritime ; car, une fois de plus , elle serait rentrée en possession de ses destinées , en échappant à cette solidarité avec la Haute-Normandie et le Perche qui , toujours , lui avait été fatale, et elle aurait eu, à sa tête, un chef capable de la gouverner. Henri, au surplus, ne perdit pas de temps; il établit son autorité depuis le Gouesnon , jusqu'à l'extrémité de ja Presqu'île, sur le Mont-Saint-Michel et sur les Iles (2), Pour un homme habile et énergique, la possession de toute cette région, avec sa longue ligne de côtes, ses nombreux châteaux, ses richesses naturelles et ses ports , était le gage assuré d'un avenir plus brillant.

(i) Ord. Vit. liv. Vlll, p. m. — D'après Wace, i. II, p. 30iî, il ne s'agissait, dans le marctié, que d'un simple prêt sur gage. (i) Ord. Vit. liv. VIII, p. Î28.

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