‹ Histoire du Cotentin et de ses îles (volume 2)Chapitre 35 sur 64 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Jctin-sans-Terre , roi U'Angleten*e cl duc de Normandie. — Pierre de Préaux , seigneur des Iles. — Charte de donation. — Les Escrehou donnés à l'abbaye du Val-Richcr. — Divorce et second mariage de Jean. — Son séjour dans le Golenlin — Sa visite au château de Trégoz.

Pendant son séjour en Sicile, Richard avait désigné comme son héritier légitime , dans le cas où il mourrait sans enfants, son neveu Arthur, fils de Gôoffroy et de Constance de Bretagne , et arrêté, en projet, le mariage de ce jeune prince avec la fille de Tancrède (1). A son retour de la Croisade , il avait persisté dans cette résolution (2) ;

(1) Math. Paris, ad. ann. 1190, t. II, p. Uti.

(2) En 1196, il avait appelé 8a belle-sœur à Poitiers afiu do régler celle afTaire. (Ane. cMU. de la Hanche, ann. 1837 des Mém. dei Ànéiq. p.

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mais à sa mort, il se. trouva que, par un testament, il léguait à Jean-sans-Terre , sa couronne et toutes ses possessions. On crut que ce changement avait été inspiré par la reine Aliénor, qui voulait favoriser son fils au détriment de son petit-fils , dont elle détestait la mère ; les soupçons allèrent même plus loin; on parla de supposition de testament (1).

Quoi qu'il en soit, Jean-sans-Tej*re était dans le Colentin , à Carentan (2), lorsqu'il apprit la mort de son frère. Il se hâta de courir à Chinon , de mettre la main sur le trésor royal, et d'acheter, avec une partie de l'argent qu'il contenait , les dévouements des gens de la cour et des routiers qui formaient alors , autour des monarques normands , une sorte de garde prétorienne (3). Au mois de juin (1199), il passa en Angleterre, lorsque ses partisans y eurent préparé, à l'aide du même procédé, le terrain politique. Il fut sacré à Londres par l'archevêque de Cantorbéry. Ce prélat, dans son allocution solennelle, ctavec une hardiesse étrange, proclama que « nul prince , en ce monde , ne tenait sa couronne que » de la volonté du peuple, et jamais de son droit hérédi- » taire (4). » La pensée intime de .l'aristocratie anglaise se

{{) Chron. Nie. Triv^ p. B35.

(2) Rymeri fœder. t. I, p. r»0.

(3) Malh. Paris, t. II, p. 803. Markade, le principal chef de ces bandes, fit, malgré la volonté dernière de Richard, écorcher vif !e soldat qui avait blessé le roi. En 1109, ce même Markade assiégea Angers et traita la ville comme l'auraient fait les premiers Normands. (Math. Paris, hoc, ann.)

[â) Math. Paris, t. II, p. 30G. Cette hardiesse pai-ait moins extraordinaire quand on connaît les principaux sermonnaires du Xin*" siècle, comme Elinand, Etienne de Bourbon, Jacques de Vitry, etc.; ce dernier alla jusqu'à poser en principe e qu'il n'y a pas de sûreté pour un monarque, « du moment que personne n'est en sûreté contre lui!... t {La Chaire française au moyen-âge, par M. A. Lecoq de la Marche.)

révélait dans ces paroles. Elles étaient comme le prélude de la ^rranrf^ f^ar/(?. Le* nouveau roi en eut le pressentiment; aussi préféra-til , tant qu'il n*en fut pas chassé , ses châteaux de Normandie et, en particulier, du Cotentin , à ses palais d'Angleterre.

Quelques jours après son couronnement, il revint dans le duché (1) ; 'il y trouva un grand nombre de Brabançons disposés à lui louer leurs services. Il en avait besoin. Philippe-Auguste ne cherchait qu'un prétexte pour envahir la Normandie. L'incapacité de son adversaire et le mépris qui l'entourait étaient déjà de puissants auxiliaires ; il y ajouta un prétendant, le jeune Arthur de Bretagne qu'il arma chevalier le i6 août, et dont il reçut l'hommage pour la Normandie, la Bretagne, la Touraine , le Maine , le Poitou et l'Anjou , quoiqu'il n'eût que quatorze ans (â).

Au mois de décembre, Jean était à Cherbourg, dans le château royal. 11 prit envers les barons du Cotentin des engagements analogues à ceux qui lui avaient valu le concours des seigneurs d'Angleterre (3), et alla , au mois de janvier suivant (1200) , attendre le roi de France à la Roched'Orival (4), où furent posées les bases d'un arrangement. La principale fut le mariage de Louis , lils aîné de Philippe- Auguste , avec Blanche de Castille, nièce de Jean, qui devait apporter en dot la ville et le comté d'Evreux. C'était, on le

(n Vers la fôteSaint-Jean-Bapliste. (id. p. 309).

(2) Itinéraire de Jean-Sans- Terre ^ copié sur les rôles de la Tour de Londres et insère dans le t. XXII de VÂrchœologia (18^8),

(3) Math. Paris, t. II, p. r.Oi.

(4) Math. Paris ne précise pas le lieu de l'entrevue ; elle eut lieu, d'après lui, entre les châteaux de Boutavent, qui était sur les bords de la Seine, où est aujourd'hui Portmort et Gaillon. La Roche d'Orival se trouve dans le canton d'Elbeuf.

voit , un premier pas vers roccupation de la Normandie par la royauté française (1).

Jean réalisa aussi à ce moment une des promesses qu'il avait faites au baronnage normand.

La famille de Préaux était une des plus considérables de la Haute-Normandie. Elle remontait à l'origine même de l'établissement des Normands; l'un de ses auteurs était Hubert de Rye , le chevalier qui avait si loyalement protégé la fuite de Guillaume-le-Bâtard poursuivi depuis Valognes par les barons révoltés. Le fils de Hubert , Eudes-le-Dapifer, habitait , en 1070, le château de Préaux , situé à peu de distance de Rouen. Wace fait figurer un seigneur de ce nom parmi les combattants de Hastings (2) ; et un de ses descendants, Guillaume, accompagna Richard à la Croisade. A la fin du XIP siècle, l'un des membres de cette maison était Pierre de Préaux qui fit partie de l'ambassade chargée , en 1194, de porter en Allemagne la rançon du roi, ainsi que nous l'apprend un bref royal inséré dans les comptes du maire de Rouen à la date de 1198 , et qui porte mandat de payer à Pierre de Préaux cent livres pour sa mission en Allemagne (3). Il avait été chargé du recouvrement de la taille imposée pour cet objet dans le Lieuvin et dans l'Hiesmois , et avait ensuite rempli la charge de bailli à Falaise (4). Son frère Jean exerça les mêmes fonctions dans le Roumois, et avait été l'un des collecteurs de la taille dans les divers bailliages de la province (5).

(l)Voy. ce (railé dans la Vie de Philippe- Auguste, de Rigord (ap. collect. Guizot, t XI, p. 148.)

{i) Wace, l. II, p. 248 et la note -2.

(3)cPetro de Pratellis misso in Alemauià G libras per idem brève > (Rôle de 1198. — Stapleton, t. I, p. 307. — MSS. de M. de Gerville.)

(4) Magn. rot. p. 76 et 73, col. 2 ei 80, et 104, édit. L. d'Aoisy.

(3) Rôle de ilîfo. — Slapleton, t. I, p. 146.

Jean-sans-Terre comprenant que les barons du Cotentin n'avaient , au fond , jamais été sympathiques à la branche des Plantagenets , surtout depuis qu'aux levées féodales avaient été substituées les bandes mercenaires, voulut avoir, dans cette partie du duché, un homme sur la fidélité duquel il pût compter en cas de revers. Eut^il assez d'intelligence politique pour prévoir le rôle que l'archipel normand était appelé à remplir dans un avenir prochain , ou son dessein fut-il simplement de se débarrasser du soin de veiller sur cette annexe jusque là si négligée de la Presqu'île? C'est ce que nous ne saurions dire ; en tous cas, il agit comme s'il eût calculé les graves conséquences qui devaient suivre la mesure qu'il prit relativement aux Iles.

Par une charte du 13 janvier 1200 (i), et pendant les négociations ouvertes avec le roi de France , il nomma Pierre àe Pvésiux Seigneur — Domims — de Jersey, Guernesey, Aurigny et dépendances. Il lui donna, en même temps, soixante livrées de terre sterling — in esierlingis (2), — dans le comté d'Alton, en Angleterre , et cent livres de revenu à prendre sur les échoppes — stûlla (3) — du marché de Rouen , aux foires du Pardon et de Saintc-Marie-du-Pré. En

(1) Pièces jusiif. numéro 42. — Siaplelon's Observations etc., .t. f, p. CXLV.

(2) c LX libras in estériingis. i Les auteurs no sont pas d'accord sur l'exacte signification de ces expressions, ni sur la valeur précise que représente la livrée de terre sterling. (Voy. Gloss. de Ducange. — Spelmcmn codex. — Math Paris aux notes du t. II, etc.) Le mot sterling , dont l'clymologie est également incertaine, semble indiquer qu'il s'agit ici d'un revenu fixe à asseoir sur des terres suivant l'estimation, prisée ou assiette, qui en était faite par experts.

(3) Gloss. de Ducange, hoc verbo. — De Slalla dérive Stallagium, impôt sur les marchands forains, aujourd'hui terrage, coutume, droit de place, etc.

retour de cette libéralité, le donataire était tenu à un service de trois chevaliers ; mais il recevait en outre la promesse de succéder à Guillaume de Vernon, dont il devait épouser la fille aînée , dans la seigneurie ou comté de Tile de Wight (i).

Cette charte fut suivie, au mois de juin de la même année, d'une charte de confirmation qui fut délivrée à Angers.

Nous voyons donc , pour la première fois depuis le YP siècle , Tarchipel normand réuni sous Tadministration d'un chef unique , et séparé du comté du Cotentin avec lequel, jusqu'alors, il avait été à peu près confondu. Il serait très-extraordinaire, en effet , si les Iles avaient eu , pendant ce long laps de temps, et à une époque quelconque, une organisation spéciale , qu'il ne nous fiU parvenu aucun document propre à nous la faire connaître même indirectement. Ce qui parait probable, c'est que les anciennes habitudes féodales y avaient été conservées avec leur physionomie indécise et variant suivant les localités, jusqu'aux réformes entreprises par Henri II, et dont nous avons parlé. L'Angleterre avait suivi une autre voie; elle manifestait déjà ses dispositions à se gouverner elle-même. Il suffit, pour en être convaincu, de parcourir les actes législatifs qui remplissent les règnes de Richard et de Jean , et qui furent bien plus l'œuvre de l'aristocratie anglo-normande , dont les traditions saxonnes avaient modifié l'esprit, que celle de ses princes qui étaient presque constamment absents de leur royaume. La séparation des pouvoirs administratif et judiciaire, par exemple, avait été nettement formulée en 1194, dans une charte qui reconnaissait et réglait les libertés

U) Guitl. de VcrDon eut un fiis après le mariage de sa fiUe, mais l*ilc de Wight passa néanmoins aux descendants de Pierre de Préaux qui mourut entre 1^09 et 121*3.

de Londres. On y défendait expressément au vicomte de rendre la justice dans le comté où iJ résidait; trois chevaliers et un clerc étaient chargés d'y garder les plaids du roi (1).

La nomination du seigneur des [les fut une application de ce principe, et doit être considérée comme la première base du système administratif qui s'établit dans l'archipel et qui emprunta ses éléments simultanément au droit normand et aux coutumes anglo-saxonnes.

Les attributions de ce haut fonctionnaire étaient celles qui, de nos jours, sont reconnues au gouverneur. Son nom changea, toutefois, suivant les époques. Le Seigneur (ut successivement le Gardien —Cusios (2) — et le Bailli ; sous cettedernière dénomination, il y eut, comme dansle Gotentin, unBailli des Iles — Baillivus insularum — correspondant au Grande Bailli y et deux baillis particuliers pour Jersey et pour Guernesey (3).

Le pouvoir concédé à Pierre de Préaux semble, cependant, avoir été plus étendu que ne le comporta plus tard celui du gardien, ou que ne Tétait même celui d'un possesseur de fief; il renfermait un véritable droit de propriété. Nous en trouvons la preuve dans une charte de 4203 , en vertu de laquelle le seigneur auquel les îles étaient données en termes exprès — qni insulas mihi dédit , — donnait, à son

(1) Spelman cod. p. 7*i*J et suiv. c NuHus vicccoraes sit justiiiarius in f vicecomitatu suo. » Cet arUcIc fui, plus tard, reproduit dans la grande charte

(i) Dans un mandement de Jean, date de Houen, 12 juillet i203, nous trouvons déjà employée celte dénomination de gardien des Iles. — scrvienti nostro custodienti insulas predictas. (Pièces justif. numéro 46.)

(Z) Voir les dernières pièces justifie, et, notamment, le mandement adressé en 1201 à Pierre de Préaux et aux bailjis de Jersey et de Guernesey, (nurocro47.)

tour, à Tabbaye du Val-Richer, les îlots d'Escrehou, pour y construire une chapelle dédiée à Dieu et à la bienheureuse Marie, et y envoyer deux moines qui devaient prier pour les âmes du fondateur , de ses parents et du roi d'Angleterre (1 ).

Il eût été désirable pour Jean que le duché entier eût été remis , comme les Iles , aux mains d'un fidèle baron ; il eût peut-être été conservé , ou , du moins , il eût été mieux défendu. Le triste monarque , préoccupé avant tout de satisfaire ses passions , ne songea qu*à remplacer sa femme Hawise, flUe du comte de Glocester, par Isabelle d'Angoulême, fiancée du comte de la Marche (2); et quand il eut réussi dans ce dessein , qui lui avait été inspiré par Philippe- Auguste , il oublia tout pour sa nouvelle épouse qu'il aima épcrdument. Le roi de France, qui , en cette matière, avait acquis une grande expérience personnelle et Tavait payée cher, avait exactement calculé les conséquences fatales à son ennemi qu'un divorce et un second mariage devaient entraîner (3). Le divorce augmenta le mécontentement et l'irritation de l'aristocratie anglaise , et le mariage fit du comte de la Marche, obligé de céder sa fiancée , l'ennemi implacable de l'homme dont il avait reçu un tel affront.

Jean fut donc, dès ce moment, complètement isolé en

(*) Pièces juslificalives numéro 45. — En 1337, Tabbaye possédail encore les Escrehou; deux moines y furent envoyés à cette époque (v Abb. du Vai-Rieher. p. ill). Sur la carte du diocèse de Coutanccs do MarieUe (1G8T), on a fiuurc les ruines de la chapelle sur le rocher désigne sous le nom de la Maislre Isle.

(2) Suivant quelques auteurs, Isabelle était mariée au comte de la Marche ; seulement, le mariage, à cause de sa jeunesse, n'avait pas encore été consommé. — {Chronie. Nie Trivet. p. 528.)

(3) Math. Paris, (t. II, p 318), se rend parfaitement compte de la portée politique de ce mariage et du rôle que Philippe remplit dans cette circonstance.

Normandie et entouré d*uncercled4iostilités et de haines; — d'un côté , la France avec Philippe-Auguste ; de l'autre, la Bretagne avec Arthur ; et, entre les deux , le Poitou avec Hugues de la Marche. Il avait séjourné pendant la plus grande partie de Tannée 1200 dans la Basse-Normandie , et surtout dans le Cotentin , allant de l'un à l'autre de ses châteaux. De la Roche-d'Orival, il était revenu , vers la fin de janvier, à Caen ; de là à Valognes , puis à Barfleur. — Le 23 février, il était de nouveau à Valognes, d'où il s'était rendu à Barfleur , où il s'embarqua le 27. — Les négociations relatives à son mariage l'avaient ramené sur le continent dès le 2 mai, jour où nous le rencontrons encore à Valognes. Après s'ôtre marié dans le courant de juillet , il revint avec sa nouvelle épouse ; et, du 42 septembre au 1" octobre, 11 la promena dans la Presqu'île , et lui fit visiter les manoirs de Gonneville, deBrix, de Morfarville et les trois villes de Cherbourg, de Valognes et de Barfleur, en attendant un temps favorable pour traverser la Manche (i). Le jour Saint-Denis, 9 octobre, la jeune reine fut couronnée à Westminster.

Les premiers mois de l'année suivante , 1201 , furent employés par le roi à de prétendus préparatifs de guerre, c'est-à-dire, à frapper les comtés d'Angleterre de contributions excessives. Il enjoignit, en outre, à tous ceux qui lui devaient le service militaire, de se rendre, avec leurs chevaux et leurs armes, à Porstmouth, afin de le suivre en Normandie. Mais la mauvaise volonté des barons anglais commençait à se manifester de la façon la moins équivoque, et faisait prévoir ce qui devait arriver bientôt. Jean dut se contenter de substituer un impôt au service militaire qui lui était presque généralement refusé ; il autorisa, moyen-

|1) Itinérair0 de Jean tans Terre (sup. cit.)

liant le paiement de deux marcs d'argent par bouclier (i), les chevaliers qui le lui demandèrent à rester chez eux ; très-peu l'accompagnèrent.

A la Pentecôte , et après une navigation pénible, il débarqua à Barfleur, toujours accompagné d'Isabelle, avec laquelle il se rendit à Paris (2). Philippe fit au couple royal le plus brillant accueil, tout en songeant à recommencer la guerre , à la première occasion.

Au mois de novembre, Jean visita son comté de Mortain ; il vint passer deux jours (42 e! 13 novembre), au manoir de ïrégoz, sur les bords delà Vire. Les seigneurs de ce domaine avaient une très-ancienne origine; ils étaient représentés , à la conquête d'Angleterre (3). Le chef de la maison était alors Robert qui avait, en H73, embrassé le parti de Henri- Gourt-Mantel , et qui, depuis, avait joui d'une grande faveur sous Richard , et ne l'avait pas perdue sous le règne suivant (4). Il avait établi depuis peu d'années (H97) un prieuré à Hambye, non loin de l'abbaye que les Paisnel y avaient fondée. La position du château sur une rivière, et à égale distance des deux forteresses de premier ordre , Torigny et Gavray, explique l'intérêt que le duc avait à s'assurer le concours de son possesseur, pour le cas où le

(i) D'où vint le nom donné à cet inapôl, — Escuage — Scutagium. (GIoss. de Duc. hoc vcrbo.) On y ajoutait parfois le nom du pays où devait être faite la guerre dont Timpôt paierait les frais ; ainsi, on disait : — Scutagium piclavense. {Rot. liU. pal. de Tli. Duffus Hardy, t. I, p. 200 et 201.)

(î) Math. Paris, t. II, p. 34i. — Rigord {Vie de Philippe -Auguste, p. 154), fixe la date de ce voyage au ^i mai 1201.

(3) Wace, jRow. de Rou, t. II, p. 255. — Ane. cMt. par M. de Gerville, t. 1828-iS29, p. 215. Do Trégoz, la géographie moderne a fait Troisgots, arrondissentent de Saint-Lo; Brompton écrit Traygods.

{i) Robert avait été, sous Richard, capitaine de Gavray et shérifT du WJltshire {Ane. chat. loc. sup. cit).

Cotcntin serait attaqué du côté de la Bretagne.

Ce fut de Trégoz que Jean adressa , à la date du 12 novembre (1201), un mandement à Pierre de Préaux, seigneur des Iles, et à ses baillis de Jersey et de Guernesey , dans lequel il leur enjoignait de lui envoyer un aide raisonnable, — avxilium rationabiie , — à Toccasion de son joyeux avènement, et afin de faire face aux frais de la guerre. Cette contribution devait être l'épartie entre tous les fiefs quelle que fût leur origine, par une commission composée de quatre chevaliers ou va vasseurs jurés (1).

(1) Pièc. justif. Duméro 47. Cet acte porte la mention de Morlain; mais il est certain; d'après VIlinéraire, que Jean était le 13 nov. au château de Trégoz.

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