CHAPITRE VII
Continaation du siège du château Cornet. — Assaut repoussé. — Bataille de Worcester. — Expédition contre Jersey. — Siège et capilalatioo de Montorgueil et du chfttean Elisabeth. — Reddition du château Cornet. — Les lies sont soumises au parlement. — Georges de GartereL -* 1 650-1 65S.
Les commissaires du parlement se bornèrent, pendant le reste de Tannée 1650, à surveiller les îles sans rien entreprendre de décisif. Guernesey était très-appauvrie. Les cinq cents soldats du colonel Coxe y auraient vécu dirQcilement, si des avances de solde ne leur avaient été faites. Cette détresse n'était pas sans altérer un peu rattachement des « Bien affectionnés » envers la république (1). Aussi le conseil d'état recommandait-il expressément au comité de l'amirauté d'empêcher toute communication avec Jersey (2).
Au mois de juillet, ce comité informait le colonel Deane que le château Cornet était en grande détresse — m great 5frâf?Y.s;— que sa garnison était peu nombreuse et manquait de vivres, et qu'il serait facile de l'obliger à se rendre, en le bloquant avec un nombre convenable de vaisseaux (3). Le renseignement était inexact. Quelques jours plus tard, on apprenait, par deux marins, que cinq vaisseaux avaient ravitaillé le château pour dix-huit
(1) CaUnd, of ât, pop., leso, p. 58. Dépêche du conseil d*éiat au trésorier des guerres du 25 mars.
(2) /6i£/., ibid., p. 452, 13 mai.
(d) Ibid., Ibid., p. 2^2, 20 juillet.
238 CHOMWELL
mois (1). On se borna donc à continuer les préparatifs. On envoya, au mois d'août, quelques canons, un gros mortier, des munitions de toutes sortes et des échelles (2). Dans le mois suivant, on commanda à un capitaine William Robert de se tenir prêt à descendre à Guernesey avec sa compagnie. On lui payait d'avance sa solde de 10 schillings par jour ; chacun de ses hommes touchait 2 shel. 6 pences, et on lui promettait, en outre, 300 liv. sterl. après la prise du château (3).
Le comité ne semblait pas alors menacer directement Jersey. Il supposait, sans doute, qu'il en aurait facilement raison lorsqu'il aurait réduit la redoutable forteresse de l'île voisine. Il refusait, au surplus, de reconnaître aucun droit de belligérant à G. de Carteret, qui lui avait adressé une demande d'échange de prisonniers. Il lui fit répondre « qu'il n'ennuierait pas le parlement d'une lettre inso- « lente émanant d'une personne d'aussi médiocre impor- « tance que lui — coming from so mean a conditioned « personas himself (4). » Le gouvernement parlementaire trahissait par là l'irritation profonde que lui faisaient éprouver sir Georges et ses corsaires. Pendant l'année qui venait de finir, presque chaque semaine avait été marquée par quelque exploit des « pirates de Jersey (5). »
L'attaque préparée depuis plusieurs mois contre le château Cornet n'eut lieu que dans les premiers jours du mois de mars 1651. Elle devait être conduite par le major
(1) Calend. of st. pap., 1650, p. 201, 31 juillet. Lellrc de Robert Coytmor aux commissaires de la flotie.
(2) Ibid.j p. 30i, 23 août. Ordre du Conseil.
(3) IbitU, p. 33!. —Ord. du Conseil d'état du 7 septembre 1650. {à) Ilfid,, 5 oct. 1650.
(5) Falle (p. 76 à la noie) donne, d'après les \VlnUoch''s Mémorials, ann. 1650, une énumération de ces prises.
ET MÂZARIN. 239
James Harrison, lieutenant du colonel Coxe (1). On croyait que la garnison était réduite à quarante-deux hommes, sur lesquels dix-huit étaient malades et hors d'état de faire aucun service. L'occasion paraissant favorable, Tassant fut livré. Cette fois encore, les renseignements étaient erronés. Il y avait dans la place une soixantaine — tkree scores^ de soldats parfaitement valides, et qui auraient pu la défendre contre des forces supérieures à celles dont les parlementaires disposaient. Les assaillants se conduisirent avec bravoure, mais ils furent repoussés après un court engagement; ils eurent trente-deux soldats, un lieutenant et un enseigne tués , beaucoup de blessés et quelques prisonniers (2). Le major Harrison demanda des bateaux pour dégager ses gens ; aucun patron ne voulait s'approcher du ch&teau. L'un d'eux ilnit par se dévouer ; et, comme il se retirait, en emportant des blessés, deux de ses marins furent atteints par rartillerie, et furent tués ; il se sauva avec peine (3).
Le colonel Bingham, membre de la chambre des communes 9 fut nommé gouverneur à la place de Coxe. Il amena avec lui deux compagnies qui, réunies aux cinq autres venues avec son prédécesseur, élevèrent les troupes de l'île à plus de huit cents hommes (4).
(1) Ms. de Pierre Le Roy. Ce ms., dont Paulcur était roaitrc d'école dans la paroisse de Sl-Marlin de Gnernescy, renferme de courtes mentions des faits généraux de Fliist. d'Anglet. et des faits locaux relatifs aux Iles. Il commence en 46S5 et se termine en i66â. Postérieurement à cette date, eo 1667 , Josué Le Roy, fiis de Pierre, continua à inscrire les événements de famille : naissances, mariages, etc.; la dernière mention est de 4691.. Ce ms. est inédit.
(2) Le conseil d'État consentit celle fois ù un échange de prisonniers {Calend., ToL 1651, p. 112).
(3) Mercarius po/td'ct», n' 50, du 22 mai 16d0. — Lettre datée de Guernesey, du IG mai (v. s.), 165t. (Comm. de M. Mac Culloch.)
(&) Ms. de P. Le Roy.
240 GROMWEL
L'échec, avait été rude. Le parlement, quel qu^en fût son désir, ne pouvait le réparer sur le champ. Le roi, après le traité de Bréda (2 juin 1650), était passé en Ecosse , le 22 du mois suivant, à la tète d'une armée. La guerre se prolongea; elle se termina par la bataille de Worcester. Ce fut le dernier coup porté à la fortune de Charles IL Fugitif, errant pendant quarante jours de retraite en retraite, le vaincu ne parvint à gagner les côtes de France que le 16 octobre, à travers les périlleuses et romanesques aventures que Ton connaît.
Jersey et Guernesey n'attendirent pas longtemps TeiFet de cet irréparable revers. Le mercredi 25 oct (n. s.), le régiment du colonel Jacques Haynes, six compagnies du régiment de sir Hardress-Waller, les deux compagnies de cavalerie des capitaines West et Margerye, formant ensemble un corps d'environ quatre mille hommes^ s'embarquèrent à Weymouth sur une flotte de quatre-vingts bâtiments commandée par l'amiral Blake. L'expédition, sortie le 27 et contrariée par le temps, ne put remettre à la voile que le 2&. A minuit, elle jeta Tancre sous l'île de Serk ; le 30, elle fit route sur Jersey et arriva le matin dans la baie de St-Ouen. La mer était très-agitée. Seize navires, qui étaient restés en arrière et avaient relâché à Guernesey, rejoignirent la flotte et amenèrent de cette île un renfort de cent hommes conduits par le major Hanson. Ce premier jour, aucune attaque ne fut tentée. Les chefs de l'expédition s'imaginaient que les insulaires» instruits de la disparition du roi et incertains s'il était mort ou prisonnier, ne persisteraient pas à se battre pour lui. Et cela serait peut-être arrivé si G. de Carteret n'avait pas, par son ascendant, arrêté les défaillances et relevé les courages.
Le lendemain, dans la matinée^ la flotte fit une première démonstration. Elle échangea quelques coups de
ET MAZAKIN. 241
canon avec la milice et les petits forts du rivage; puis, vers midi, elle alla mouiller à une lieue plus loin, dans la baie de St-Brelade. De là. des navires furent détachés sur différents points deTtle: devant St-Ouen, St-Aubin, St-GIémeni et Grouville, dans le but évident de diviser les forces de Ten^nemi, de le harasser et de lui cacher le lieu où s'opérerait le débarquement. Cette tactique réussit. Au milieu de la nuit du 22 octobre, les troupes parlementaires descendirent sur la plage de la baie deTOuest. Sir Georges accourut avec un corps de cavalerie; les chargea avec impétuosité ; leur fit subir quelques pertes ; en subit luimême, mais ne parvint pas à les repousser. 11 battit en retraite, se retira avec ce qu'il puL réunir de meilleurs soldats dans le château Elisabeth^ et s'y enferma.
Le colonel Haynes occupa toutes les paroisses de Tile sans rencontrer d'obstacle sérieux. La tour de St-Aubin se rendit à la première sommation Le château de Montorgueil, dont le capitaine était Philippe de Carteret, et qui,< depuis les perfectionnements de Tartillerie, n'était pas en état de résister, obtint, le 27 octobre, une capitulation honorable (1).
Il ne restait plus que le château Elisabeth. Sir Georges était résolu à le défendre jusqu'à la dernière extrémité. Il avait avec lui la plupart des gentilshommes de Jersey et environ cent cinquante soldats aguerris (2). Les magasins renfermaient six mois de vivres, et l'ennemi ne pouvait
(f) Perfeet Diumat {ïn-à* News-paper) 1651. OeL S7. nov. 3(v. s.) n* 100. Ce joornal publie une leUre datée de f la tîIIc de St>HéUer près le château fl Elisabeth, ite de Jerâey, le 2â oct. -^v. s.) • (Communication de M. Mac- CuUocb).
(3) D*après une lettre écrite de St-Hélicr, le 28 déc. 165S, au rédacteur des flouveltea Gauites (imprimées ù Rouen, chez Jean Viret. ann. 1652. p. 113), la garnison du château -était de 340 hommes « tant François qu^ÂlIemans, • Danois, Suisses, Êcossois, HoUandois, Anglois et Insolaires. •
établir ses batteries que sur la colline de St-Hélîer, c'està-dire à une distance de près d'un quart de mille des murs d'enceinte.
Le siège commença. Tout le mois s'écoula sans que les assiégeants fissent de progrès sensibles. Leurs douze canons de trente-six enlevaient, de temps en temps, aux parapets quelques pierres qui étaient facilement remplacées. Enfin, sur la demande du colonel, on envoya, de Portsmouth, un ingénieur et deux forts mortiers (1). Ces mortiers furent montés avec efforts sur la colline. Bientôt une bombe tomba sur l'ancienne église qui servait de magasin, effondra les voûtes^ et mit le feu à douze barils de poudre qui y étaient déposés. L'explosion tua quarante des plus utiles défenseurs delà place, et détruisit une grande partie des provisions. Cette catastrophe jeta la consternation parmi les assiégés. Sir Georges avait envoyé précédemment son chapelain, M. Durell, informer le roi %de sa position critique, et demander du secours. Le roi lui répondit que toutes ses instances auprès de la cour de France avaient été vaines; qu'il y avait entente entre Cromwell et Mazarin, et qull ne pouvait que conseiller à ses fidèles sujets de Jersey d'agir suivant leur sagesse, et de préférer une composition honorable à une résistance trop obstinée, qui les exposerait au danger d'être prisonniers de guerre (2). Clarendon observe qu'on aurait pu, à certaines conditions, obtenir Taide du Cardinal, mais que le roi avait tant à cœur l'intérêt de l'Angleterre, même lorsqu'il en était abandonné, qu'il préférait voir ces tles, de si grande importance, tomber au pouvoir de Cromwell,
(1) Caîend,f p. 45 et 7/i. «r Ordre da conseil d'étal d*enToyer de Poits- « mouth un iDgénieur et 3 mortiers pour ameoer la réduction do cb&teau • Elisabeth. » 3 déc. 1651.
.:2) Falie, p. 83.
ET MAZABTN. 243
plutôt que de les remettre à la France ; car il n*était pas douteux que la France ne les restituerait jamais à leur maître légitime, quels que fussent, d'ailleurs, les engagements qu'elle en aurait pris (1).
Sir Georges garda pendant quelques jours la lettre du roi sans la faire connaître. Enfin, les vivres diminuant et
la garnison s'affaiblissant de jour en jour parles maladies, la mort et la désertion, il se résigna à convoquer le conseil des ofiSders. Il fut unanimement reconnu qu'il y avait nécessité de rendre la place.
Les articles de la capitulation, arrêtés le 15-25 décembre 1(^51, étaient tels que les vaincus paraissaient les avoir dictés. Le chevalier Georges de Garteret était indemnisé de toutes les dépenses qu'il avait faites durant les troubles ; maintenu dans la propriété et jouissance de tous ses biens; libre de vivre en Angleterre, sans être tenu à aucun serment, de se retirer en France sur un vaisseau qu'il choisirait et qu'il garderait, ou « de s'en aller en la « Virginie ou en aucune autre colonie de l'Amérique, « sans être inquiété pour sa personne, ni ses navires et a biens. » Les dispositions relatives aux autres gentilshommes et aux soldats n'étaient pas moins libérales (2).
Le même jour, le château Cornet Qt aussi sa soumission aux mêmes conditions. Une grosse bombe, tombée sur un bastion, près de la pointe, avait jeté les deux faces par terre, et produit une si large brèche que toute défense était devenue impossible (3). La place fut remise, le ven-
(t) HisU of the ReM., t. X, p. 318, lir. XUI.
(3) Les Chroniques des lies, p. 15Â et les Noupeltes Gazettes, année 1652, D** 5. p. 39, donnent le texte français, et Durell sur Falle, le tetle anglais de cette capitulation. ^ Hist, of the Rébellion^ L X, p. 318.
(3) Mém, de Vauban sur Cherbourg (ap. Mém, de la Soe. Acad, de Cher» bourg^ 1853, p. 36). Ce déloil n*est menlionné, à noire connaissance, par aucnn clos historiens des îles.
(Iredi 10-29 décembre, au colonel Bingham (1). Les cinquante-cinq soldats, qui en formaient la garnison, reçurent une somme de 1,200 liv. sterl. « paiement « d'Angleterre (2). » C'était la dernière forteresse sur laquelle le pavillon royal eût flotté. Le siège en avait duré huit ans et neuf mois. D'après le récit de Pierre Le Roy, a il y eut, durant ce temps, plus de trente mille coups « de canon tirés sur la ville. »
L'inventaire des armes et munitions qui se trouvaient dans les deux châteaux fut fait après la capitulation. Il restait encore, dans le château Elisabeth: soixante -quatre barils de poudre, cinquante-trois pièces de canon, quatre cent cinquante mousquets, etc. , et un certain approvisionnement en biscuits, graines, farines et salaisons. Le château Cornet était moins bien pourvu. Il n'avait plus que vingt barils de poudre et une artillerie inférieure, non en quantité, mais en qualité. En ce qui concerne les vivres, sa ressource principale et inépuisable avait été la pèche. L'inventaire mentionne une grande quantité de « rets et filets avec lesquels la place avait été abondam- « ment fournie de poisson, nonobstant tous les empes- « chements des insulaires (3). »
Le parlement fut informé, le 5 janvier 1652 (n. s.), du succès de ses généraux. Il ordonna que des prières et actions de grâce solennelles seraient dites à cette occasion, et que des provisions seraient immédiatement portées aux îles (4). Il chargea le comité irlandais et écossais de fixer
(1) Hist, of Guern,, par Duocan, p. 91. Le» NouvtUes Gazettes (i653f p. lAO) donnent le texte complet en Trançais.
(3) Pierre Le Roy évalue les i,SOO lir.à AiBOO écos « de nostre paiement • La somme était de 1,500 ii?. d^après le traité inséré dans les NouvelUt (iazét tes,
(3) Les Nouoelies Gazettes, 165S, p. 120 et lAO.
(â) Calend. of st, pap,, 1651, p. 80.
ET MÂZARIN. 245
les sommes qui devaient faire face aux obligations prises par les colonels Haynes et Bingham envers les garnisons et les capitaines des deux châteaux (1). Les capitulations avaient été ratifiées avec empressement. Le gouvernement républicain attachait une grande importance à l'occupation de Tarchipel normand, non-seulement parce qu'il tenait à enlever à la piraterie son principal refuge, et, au roi, la seule terre qui lui fût restée; mais aussi et surtout parce qu'il craignait que la puissance, qui lui disputait l'empire de la mer, n'en prît' possession. Or. le projet en avait été formé, et par les plus sages conseillers de Charles II. âu mois de novemWe, pendant le siège du château Elisabeth, sir Edward Hyde, alors à Anvers, dans une lettre au secrétaire Nicholas (2), exprimait le vœu que Ton offrît aux Provinces-Unies les îles de Jersey et de Guernesey, en échange des secours en hommes et en argent que Ton en obtiendrait Ce projet, nous le verrons, ne fut pas abandonné ; il fut repris plus tard.
Quant au vaillant soldat qui avait, jusqu'à la fin, défendu, sur le dernier débris du duché de Normandie, la royauté proscrite, il quitta Jersey, avec sa famille et la majeure partie de ses compagnons d'armes, sur quatre vaisseaux qui lui avaient été fournis en vertu de la capitulation. Il débarqua dans les derniers jours de décembre à St-Malo, et rejoignit le roi à Paris (3). Si Ton en croit Clarendon (4), Georges de Carteret eut à supporter en France maintes humiliations inspirées par la haine que lui portait Mazarin. U ne dut pas s'en étonner outre mesure. Son propre parti avait^ depuis longtemps» mis
(1) Calend, oftt. pap,^ 1651, p. 81.
(S) CaUnd. of Clargnd, etc., t U, n* 575. Letlre du 1*' iiov. 1051.
(8) La Gaiette^ 165S, p. AS.
(A) HUt. of th€ lUbeL, t. X, p. 819.
plus d'ardeur à bl&mer son caractère et ses actes qu'à reconnaître ses services. Le ministre Richard Watson qui, comme chapelain de lord Hopton, avait résidé dans rUe, écrivait, de Bréda, qu'on avait, en général, mauvaise opinion du gouverneur et de Briggs, son principal agent (1). Et le chancelier de Téchiquier lui-même, s'adressant, de Madrid, à son corespondant habituel, sir Nicholas, se demandait pourquoi « le pauvre sir Georges est regardé à « Paris comme un réprouvé — a reprobate » , et pourquoi de tous côtés on parlait et on écrivait si amèrement contre lui (2). L'illustre auteur de Y Histoire de la Rébellion aurait pu, lui qui avait conservé un si vif souvenir « de la <f société pleine de charmes » du château Elisabeth (3), répondre avec son expérience des hommes à la question qu'il se posait. - Sir Georges subissait le sort de tous ceux qui se dévouent à la cause vaincue. Les égoïstes — leur nom est légion — ne lui pardonnaient pas d'avoir apporté dans la lutte une volonté parfois trop absolue. Ils se plurent à le rendre responsable d'une défaite que seule son énergie avait retardée et rendue glorieuse. Mazarin, dans son dépit de n'avoir pu prendre possession des îles sous la forme d'un prêt sur gages, abandonna volontiers aux dénigrements de la cour l'un de ceux qui avaient fait échouer ses projets. Charles II, heureusement, ne partagea pas ces sentiments, et se montra reconnaissant aussitôt que les jours de l'adversité furent passés.
(1) Caltnd. of Clarend, I. IJ, n» 285. Lettre du 22 avril 1650.
(2) Ibid., t. II. n«* 290 et A19. Lettres «u secrétaire Nicholas des 26 avril et 19 ocL 1650.
(5) Mém. de Clarend, t. I, p. 290 (Collect. Guizot).
KT HAZARIN. 247