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CHAPITRE IX

La Fronde jugée par Sainl-Évremood. —Tentative de la duchesse de Longueville. — SoumissioD de la Basse-Normandie. — Conspiration dans le Cotentin. — Arrestation de M. de Matignon et de son frère. — Le duc de Longueville rétabli gouTerneur. — ^La cour des aides et le bureau des flnances. — M. de Sortosvilie et le port du Cap Lévy. — Le Palinod, — Fin de la Fronde. — Traité des Pyrénées. -^ Mariage du roi. ~~ Mort de MazarÎD. — 1650-1661.

Nous avons vu que, dans la Basse-Normandie, la Fronde avait mis en péril beaucoup moins la vie des hommes que la caisse des receveurs des deniers publics. Gela ne Ty rendit pas populaire, et empêcha qu'elle ne s'y rallumât, comme elle le fit ailleurs. Saint-Évremond lui porta le dernier coup en ridiculisant» dans un spirituel pamphlet (3), les gentilshommes frondeurs , ses compa-

(1) Mss. de Pierre Le Roy.

(2) nUt. ofthe RtbeL, t. XII, p. 197.

(3) Retraite de M, le duc de Longueville à son gouvernement de Normandie (Ap. Œuvres de M» de Saint-Évremond^ édit. de des Maiieaux, 1753, u If, p. 9).

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triotes ^1). « Le marquis de Matignon, disait-il du lieutec( nant général, toujours illustre par sa suffisance et pré- « sentement fameux par le mémorable siège de Vallogne, « commandoit les troupes du Gostentin, disant qu*il voutt loit avoir sa petite armée et être aussi indépendant de « M. de Longueville que le Walstein Tétoit de TEmpe- « reur. » Et en terminant, Fauteur caractérisait ainsi ces déplorables troubles : « Jamais tant d'entretiens de géné- « rosité sans honneur ; jamais tant de beaux discours et « si peu de bon sens ; jamais tant de desseins sans actions» « tant d'entreprises sans effets, toutes imaginations^ toutes « chimères, rien d'essentiel que la nécessité et la misère. « De là vient que les particuliers se plaignent des Grands a qui les trompent, et, les Grands, des particuliers qui les « abandonnent. »

Ces quelques mots exprimaient le sentiment des bourgeois de nos villes et des habitants de nos campagnes. L'arrestation du duc de Longueville et des princes de Condé et de Conti ( 18 janvier 1650) produisit peu d'émotion dans le pays qui, d'après un chroniqueur (2), « ne a respiroit que le service du Roy et se souvenoit peu de « M. de Longueville. » La duchesse, l'héroïne de la nouvelle Fronde, accompagnée de son amant, le prince de Marsillac (3), s'imagina qu'elle soulèverait la province, et qu'elle délivrerait son mari et ses frères. Elle avait compté que Rouen, refusant de lui ouvrir ses portes, elle obtiendrait, du moins, l'assistance de M. de La Croisette, à Caen, et de M. de Matignon, à Cherbourg etàGranvilie (4).

(1) SaiDl-ETremoDd élait né, eo 1618, au château de St-Denb-du-Gast, prte Coutanoes.

(2) Uim, de Nicola$ Goulag (Édit. de la Soc, de VttiiU de France\ U III, p. 196.

(3; Le futur duc de La Bochefoucauld, Pauteur des Mcunmeê, (A) Hi»U du parlem,^ t. V, p. 486*

Elle fut déçue. Le voyage du jeune roi dans la Haute* Normandie (février 1650), entraîna toute la province. M. de La Croisette se soumit immédiatement, et, moyennant 12,000 écus comptants employés à payer la garnison, livra le cb&teau de Caen à un enseigne ou exempt des gardes, qui en prit possession avec quatre-vingts hommes (1). M. de Matignon, sur l'ordre du Cardinal, se rendit à Rouen, le 10 février, et remit entre les mains du roi les places de St*Lo, de Cherbourg et de Granville (2). Le gouvernement de Valognes fut rendu à M. de Bellefonds; celui de Cherbourg donné & M. de Gouville (3), et la garde du ch&teau de Carentan enlevée à M. de Longaunay» que Mazarin, dans ses Carnets, traite de « méchant homa me (4). 1» Le comte d'Harcourt fut rétabli dans les fonctions de lieutenant général du roi en Normandie, auxquelles il avait déjà été appelé au commencement de l'ancienne Fronde, Il parcourut toute la province et affirma que la pacification y était complète (5). Elle ne Tétait pas autant qu'il le croyait ; car, dans le courant de Tété, le roi lui écrivit qu'il s'y faisait des menées et des pratiques séditieuses ; que des gentilshommes y levaient des gens de guerre de leur autorité privée, et s'efforçaient d'attirer, dans les ports, les ennemis déclarés de la couronne (6).

Le centre de la conspiration était dans le Cotentin.

(!) fftif. de Fr, pendant ta min. de Louis X/K, par M. Chéruel, U IV, ]ki SA. — Mém. de M** de MoiteviUe, p. 886.

(2) Hiêt, de Fr., etc., par M. Chéruel, t. IV, p. S5« — Lettrée de Mazarin^ t III, p. A90.

(3) Reg. du bur., 1651, f» IG.

(A) Hiit. de Fr., elc, par M. Chéruel, t. IV, p. 20 n. A.

(5) UUt. du ParL, t V, p 467.

(6) Reg. iecr., t. XXVII, f> S63. — Lettre du 30 juillet datée d'Anbelerre. — Màm, de itf"« de MotteniUe^ p. 8A7.

M. de Saint-Luc, beau frère du marquis de Beuvron (1), avait, au mois de juillet (1650) • informé le Cardinal qu'un sieur de Bretteville et un sieur de La Rocque, capitaine des gardes de M. le Prince, faisaient de fréquents voyages dans cette partie de la Normandie ; y séjournaient parfois sept et huit jours, et se mettaient en rapport avec les commandants des places maritimes. Le projet était, disait-on, de livrer Tune de ces places aux Espagnols, qui s'étaient engagés à fournir un secours de dix mille hommes et & opérer leur descente sur un point de la côte entre Granville et Cherbourg. Le gouverneur du Mont- St-Michel, Paul Tanneguy, marquis de La Luzerne, était à surveiller : tout dévoué au duc de Longueville^ il occupait un poste « où il pou voit faire du mal (2). » On disait également que M. de Matignon avait promis de sortir de Paris, « pour donner, par sa présence, chaleur aux affaires « et commander aux troupes », pendant que M. de Dampierre, flls du marquis de Longaùnay, se jetterait dans Carentan, dont son père avait eu le gouvernement, et occuperait le Pont-d'Ouve (3). On regardait le maréchal de La Mothe-Houdencourt comme le chef militaire du complot ; — M"° de Longueville en était Tinspiratrice, et en payait les dépenses (4).

Le parlement rendit, à la date du 9 août, un arrêt qui ordonnait aux oiQciers de justice de prêter leur concours au sieur de FoUeville, chargé par le roi de parcourir le pays et de poursuivre les coupables (5). Il y eut quelques

(i) Lettre» de Mazarin^ t III, p. 663.

(2) Ibid., t. in, p. 628.

(d) Ibid., p. 661.

(h) Ibid,^ p. 623, 636, 6&6, 660, 668, 695 et 728. Aucun des historiens oormands n'a mentionné ces détails qui ne se sont trouvés qoe dans . les Papier» de Matarin,

(5) Reg. seer., t. XXVII, f 467.

arrestations. Les prisonniers furent envoyés : les uns, à Paris, et, les autres, au château de Gaen (1). Deux de ces prisonniers n*étaient autres que les deux frères de Matignon, que Mazarîn retenait comme otages depuis le voyage de Rouen (2).

Le comte d'Harcourt, secondé par les chevauchées de son régiment, qu'on avait détaché de Tarmée de M. du Plessis (3), réussit à maintenir les factieux dans le devoir, et à préserver le Gotentin des nouveaux troubles dont il était menacé.

M"* de Longueville fut exilée à Coulomraiers ; son exil fut court, comme l'emprisonnement des Matignon. La guerre des princes contre le Cardinal redoubla de violence. Elle se compliquait de la guerre avec TEspagne. A la fin de décembre, Mazarinqui, depuis un mois, était à Tarraée, rentra à Paris (31 déc. 1650).

L'année 1651 ne devait pas être, moins que les années précédentes, remplie par les intrigues de la cour. Les deux Frondes s'étaient coalisées, et avaient obtenu Tadhésion du duc d'Orléans. Le premier ministre, l'adversaire commun, après avoir ouvert aux princes la prison du Havre, avait été obligé de s'en aller en Allemagne (février 1651 ).

La Normandie se mêla peu à tous ces incidents. Quelques gentilshommes du Gotentin signèrent la requête qui fut présentée au roi, aux fins de convoquer les États gêné-

(1) Hjsi, du Pari, L V, p. 467.

(3) Jacques, lieulenanl-général, et Léonor, ancien 6vèqne de Coutanccs, et, olors, évéqoe de Lisieux. — Les dcui frères étaient les protégés du fameux, coadjuteur (Leffre5(/« itfazariii, t. III, p. 095).

(.^) Leîtrei de Mazatiitt t. UI, p. 633. Deui compagnies de ce régiment a?aient fait étape à Vire dans les derniers mois de 1650 [Heg, du 6tir., 1050, fH7).

raux (1). On voyait figurer, parmi les signataires, les noms de Gotentin de Tourville, Glinchamps, Carbonel de Canisy, Roncherolles, etc. (2).

Le parlement de Rouen, à limitation de celui de Paris, rendit, le 20 mars, un arrêt qui enjoignit d'informer contre Mazarin, ses parents et domestiques, accusés de « dégradations faites par lui ou ses ordres sur les vais- € seaux étrangers, dissipation des finances, transport des (( deniers du roi hors du royaume, empêchements à la « paix, mauvaises impressions données au Roy; circons- (( tances et dépendances (3). » Ce fut à peu près à cet acte que se borna le rôle de la province dans les affaires du jour.

Le duc de Longueville fut rétabli dans $a charge, par lettres patentes du 18 mars i651, enregistrées le 29. Ses partisans rentrèrent, comme lui, dans leurs anciennes fonctions. La Normandie put donc jouir d'une tranquillité relative, au milieu de ces misérables querelles, dont on est heureux de n'avoir pas à retracer les stériles détails, et qui, pourtant, constituent Thistoire générale de la France. II ne resta que la préoccupation des finances.

La cour des aides fit, à cette date du mois de mars, une nouvelle tentative d'empiétement sur les attributions du bureau des finances de la généralité de Caen. Estimant que la rentrée des tailles ne se faisait pas avec une activité sufiisante, elle s'était cru le droit de déléguer un de ses membres, le conseiller Pierre de Grîmou ville, sieur de

(1) Bist, du ParUf i, V, p. A76. Uoe leUre du roi, du 27 mars, annonça la convocation des Étais généraux pour le mois d'octobre [Ane, lois franç,^ t. XVII, p. 235 et 236). Celte convocation n*eut aucune suite; ni le gouvernement, ni les parlements ne voulaient d*Êtals généraux.

(2) Requête de la nobleue pour C assemblée des Élals génirtauo (1651 în*&*).

(3) Reg. uer., t. XXVIII, ^ 22 etsuiv.

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Glatigny, comme commissaire, avec pouvoir de parcourir les diverses élections, et de se faire représenter, par les receveurs et commis, les états de recette des années 1641 à 1646. Le bureau protesta avec une extrême vivacité contre « cette manifeste entreprise et usurpation de ses c attributions », et fit expresse défense à ses agents d'avoir égard aux prétentions du sieur de Glatigny (1).

La somme à payer par les taillables, il est superflu de le dire, était loin de diminuer. Elle avait é(^ fixée, pour 1651, à 1,865,575 liv. 1 sou, déduction faite de 48,500 liv. montant de la taxe des étapes du quartier d'hiver. C'était, sur Tannée précédente, une augmentation de 01,548 liv. 1 sou (2).

Il ne faut pas être surpris si certains malveillants, profitant de ce prétexte, poussaient les malheureux contribuables à la résistance. Le receveur des tailles de Valognes, Gilles Caraby, signalait, au mois d'avril, aux trésoriers généraux, les paroisses de Picauville, Fierville et St- Sauveur-le- Vicomte, dans lesquelles les huissiers et sergents n'osaient pas se présenter « à cause des violences et (1 empeschements que leur fesoient les prêtres, seigneurs.

(i) Reg, du 6tir., 1651, f*ikO. Vendredi 17 mars. » Le registre de 1650 manque aux archives. — Au mois d^anil 4651, une seconde affaire donna lien à une nouvelle protestation. Les officiers de Télection de Mortain s*étaient avisés de renvoyer directement devant la cour des aides, une réclamation de la paroisse de Tinchebray, relative à la fourniture de ià soldais faite, en 16ik9, par ordre des cours souveraines {Reg, du bur,t 1651, ^ 63 verso). Les noies secrètes qui furent adressées, en 1669, au chancelier parles intendants sur lé personnel des parlements et des cours des aides, pourraient expliquer la susceptibilité du bureau. Ces notes, parlant de la cour des aides de Normandie, portaient cette mention : « Compagnie dans le dernier décry dans la province I pour les injustices quMls commettent journellement contre les particuliers • [Corr* adm, tous U régne de Louis XIV, t. Il, p. 125).

(S) SUg. du 6ur., 1651, f« A8. Vendredi SI mars.

(( gentilshommes et autres particuliers. » Les habitants s'assemblaient « avec les domestiques desdits prêtres et a gentilshommes et autres personnes vagabondes », et se transportaient dans les lieux où les bestiaui saisis avaient été mis en parc; enfonçaient les portes; battaient et outrageaient les collecteurs ; menaçaient les huissiers de les assommer et, finalement, emmenaient les animaux (i). Les mêmes scènes eurent lieu dans les élections de Vire et de Gondé (2).

Les énormes abus qui se pratiquaient dans la répartition et la perception des tailles, ne justifiaient que trop le mécontentement des populations. Les ofliciers des finances ne craignaient pas de décharger certaines paroisses de leurs circonscriptions, au détriment de certaines autres. L'un des trésoriers généraux, dans une de ses chevauchées, constatait, au mois de juin 1651, que les élus de Coutances avaient soulagé, par ce procédé, la ville épiscopale et ses faubourgs d'une somme relativement considérable (3).

Le gouvernement, plus que jamais tiraillé par la rivalité des deux Frondes, les ambitieuses visées du prince de Condé et les menaces de guerre civile, était dans Timpuissance absolue de remédier à ce fâcheux état de choses. La Normandie eut, du moins, la satisfaction d'apprendre que le duc de Longueville refusait de suivre son impérieux beau-frère dans la trahison qu'il préparait (juin 1651). C'était, pour la province, une garantie de tranquillité (4).

(i) Reg, du bur,^ i65i, f** 62 Terso. Vendredi 28 avril.

(2) Ibid,, ibid., i- 89 verso. 7 juin 1651.

(8) Ibid.^ ibid., 1651, C* 406 verso. 28 juin.

{k) Le trailé de Madrid, conclu en octobre entre Condé et Tfispagoe, stipulait que^ si le duc de Longueville • se déclarait », des forces de terre et de mer lui seraient envoyées c en Normandie • (Hist, du ParU^ t. V, p. 51 1).

ET MA2ARTN. 271

Mazarin en était si bien convaincu que, de son lieu d'exil, il écrivait à Lionne que le roi, avec M. de Longueville, « s*il arrivoit quelque grand désordre, demeureroit en a toute sûreté en Normandie, où le parlement se confor- « meroit assurément en tout et partout à ses volontés (i). »

La proclamation de la majorité du roi fut faite avec un grand appareil, le 7 septembre, dans la grand*chambre du parlement (2). Elle fut notifiée, deux jours plus tard, au bureau des finances delà généralité de Gaen, en même temps que la nomination du marquis de La Yieuville aux fonctions de surintendant. MM. de Gbaulieu et de Fonienay, délégués par leurs collègues, portèrent à la cour les hommages de leur compagnie (3).

Le prince de Gondé, au lieu de désarmer devant l'autorité du roi majeur, souleva la Guyenne et le centre de la France. Ces nouvelles luttes de la Fronde occupèrent les trois derniers mois de 1651 et Tannée suivante.

Au mois de mai 1652, Simon Le Noir, commis à la recette générale des finances à Caen, transmettait au bureau les informations que les receveurs des tailles des diverses parties du Gotentin venaient de lui adresser. Dans les élections de Mortain, Vire, Avrancbes, Goutances, Yalognes et Carentan, il s'était rassemblé des troupes de cavaliers et de gens de pied qui volaient journellement sur les grands chemins; dévalisaient les collecteurs; forçaient les caisses des receveurs, etc. Les plaintes dont on avait saisi la juridiction des élus n'étaient point écoutées. Rien n'avait été fait pour mettre un terme à ces désordres, qui causaient au gouvernement et au public un préjudice d'autant plus grave que, sous leur couvert,

(i) Minorité de Louis MV, U IV, p. 8^9. Lettre du 6 juin 1651. (2) Ane. lois franç,^ U XVU, p. 268. Le roi était né le 6 sept 1688. (8) tUçn du ^«r., 1651, ^ 187. Lundi 2 octobre.

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la circulation de la fausse monnaie avait pris des proportions inquiétantes (1). Le bureau s'empressa d'ordonner au prévôt général de Normandie, le sieur François Malherbe (2), aux visbaillis, ofliciers (3) et archers de la prévôté, de poursuivre ces bandes indisciplinées avec la dernière rigueur. Il semble que la répression ne fut pas trës^eiBcace ; car, au mois de décembre suivant, le même receveur renouvelait ses doléances, et annonçait que les élections de Mortain et d'Avranches étaient ruinées par le brigandage qui s'y exerçait « par certaines troupes de « gens ramassés, lesquels volent journellement la nuit et « le jour toutes les personnes qu'ils rencontrent (4). •

Il ne faudrait donc pas accepter sans quelque restriction réloge que la duchesse de Nemours (M"<^ de Longueville], adressait à son père, d'avoir empêché « qu'il n'y eût des « gens de guerre dans toute la Normandie, et que cette « province demeura paisible en un temps où tout le reste « du royaume étoit au pillage et en feu par les sol- (( dats (5\ » La vérité est que les populations du Gotentin souffrirent indirectement des troubles qui affligeaient le Centre et le Midi, mais n'y prirent aucune part. Elles s'occupèrent» au contraire, à relever les ruines que les

(4) Reg. du hur», 1651, f« 69 verso.

(2) Ibid,, ibid., f» 59 Tereo.

(3) Les visbaillis, lieutenants et assesseurs de la prévôté, en résidence dans le Gotentin étaient les siears Vannier, Bodin. Pillon, Fortin, Debourmont et Chrétien {Reg. du bur.^ 1651, P^ 176).

{h) Reg. du 6ifr., 4652, f* 176. Lundi 80 décembre.

(5) àiém. de la dueh. de Nemours, t XXXIV, 2« sér., p. 5S1. (Coll. Petitot.) — A cette époque, le savant ministre protestant, Pierre du Bosc, adressant une harangue à la duchesse de Longueville, venue à Caen, appelait le duc « notre sage héros qui a été le Noé qui a sauvé notre Arche* • (Vie de Pierre Du Rose, ministre du Saint'Évangile^ etc., par Philippe Le Gendre (1 vol. io-8*), Rotterdam, 1694, p. 861).

malheurs du temps avaient faites. A Cherbourg, une partie des murailles vers la mer s'était écroulée: MM. de Mali* gnon et de La Luthumière en réclamaient le prompt rétablissement « à cause du voisinage des Anglais (1). » — A Caen, le gouverneur, le sieur de Ghamboy (2), demanda également que des répara^ons importantes fussent effectuées au ch&teau (3). Le comte de Groisy en avait eiécuté^ à ses frais^ au ch&teau de Falaise (4).

Un gentilhomme du Gotentin, Pierre Davy, sieur de Sortosville et de Fermanville, envisageant, à un autre point de vue, les intérêts du pays, avait été frappé du nombre extrêmement restreint des ports sur les côtes normandes, en face de ceux que possède le littoral de l'Angleterre. Il avait adressé au conseil d'état un mémoire dans lequel il offrait ^ de mettre le port et le havre du « cap Lévy, étant sur sa terre de Fermanville, en si bon « état que les vaisseaux et navires y puissent facilement « entrer et y soient hors de péril. » Il s'engageait à prendre la dépense à sa charge « moyennant qu'il lui fût permis de « lever dans ledit port et havre sur lesdits vaisseaux et < sur les marchandises qui seroient vendues ou débar- € quées tel et semblable droit que celui qui est accoutumé « de se lever dans les autres havres du royaume. » Le conseil d'état, parun arrêt du 15 juin 1652, renvoya la requête devant le bureau des finances qui, le 2 août, délégua M. de Manneville « pour, en exécution de la

(1) Reg, du bur,^ 1651, P 108 cl 4652, r> iS. Le devis de ces réparations s*élenitàSS,451 liv.

(2) Le marquis de Rozevignen (et noo pas Rotenvinen), ùeur de Chamboy, avait, comme gouveroear de Pont-de-rArcbe, joué un rôle fort actif, en 1650, en faveur de la duchesse de Longueville {iMinoriié de Louis XIV, t. IV, p. 7).

(S) Reg. du bur„ 1651, f* 165.

[h] Jbid., ibid., P 123.

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« teneure dudit arrêt, se transporter sur les lieux, appeler « les officiers de Tamiraulé de Barfleur, faire description « de la situation dudit port et havre du cap Lévy, et « informer sur la commodité ou incommodité de Tétablis- « sèment du port et havre (1). »

M. de Manneville s'acquitta de sa mission. Il en rendit compte h la séance du 14 août. Il était d'avis que « Téta- « blissement du dit port seroit très-utile et avantageux « au bien public et des contribuables aux tailles, commo- « dite et sécurité de la navigation )s et que, s'il plaisait au roi d'accorder quelques tributs au sieur de Sortosville pour l'indemniser de ses dépenses, il conviendrait « d'en « faire rapport et d'en pancarler sur les lieux pour les « rendre notoires (2). »

Ce projet fut-il réalisé ou reçut-il, au moins, un commencement d'exécution? Nous n'avons trouvé aucun document qui autorise à l'afilrmer. Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'en 1733, un rapport mentionnait, auprès du cap Lévy, un havre qui servait de refuge aux pêcheurs et aux caboteurs de la côte (3).

La paix dont jouissait la Basse-Normandie n'avait été que fort peu troublée par les bandes de malfaiteurs qu'on

(i^ Heg. du bur,, 1652, f« 97 verso.

(2) Ibid,, ibid., f» 103. Le petit porl de CourseuUes fut établi, en 1830, dans des conditions analogues, par un entrepreneur nommé Gaugain, auquel TétatCtune concession perpétuelle. En 18Â7, sur les réclamations des commerçants et des nrarins, le rachat fut opéré moyennant 300,000 L [Ports marit.de France^ t. II, p. â65).

(3) Voy. inf., liv. VHl, cliap. iir. Le petit port qui existe aujourd'hui au cap Lévy, a été établi en 1785 et 1786, par les entrepreneurs des travaux de la digue et du port de Cherbourg; détruit, en 4 806, par une tempête, il a été restauré de 1861 à 186d. Un décret du 5 mars 187/t a autorisé la constmction d'une jetée de 139 mèlres sur les rochers les Gradeys (Ports marit, de France^ t. Il, p. 030).

signalait dans TÂvranchin. Les dislractions littéraires n'en éprouvèrent aucune inlcrruption. La Fête aux Normands fut célébrée à Gaen, en 1652, comme dans les années antérieures (1). Le duc de Longueville avait accepté d*ètre le Prince des Palinods (2). Il arriva le lundi il novembre, vers les quatre heures de relevée. Il logea au château^ et y reçut, le lendemain, les autorités. Le bureau des finances fut représenté par quatre de ses membres : MM. de Manneville, de Chicheboville, de Fontenay et du Boscage qui, sur les dix heures du matin, revêtus de leurs « manteaux décentz » , allèrent « complimenter Son « Altesse et lui faire les honneurs de la compagnie (3). » Pendant que la province se livrait aux délassements poétiques, la guerre civile s'éteignait. Le roi, sur'la prière de la bourgeoisie^ était rentré à Paris au mois d'octobre (1652) (4). Les déclarations lues dans le lit de justice du 22 supprimaient le rôle politique des parlements (5). Mazarin était revenu triomphant, le 3 février suivant (1653), après deux années d'exil. La monarchie absolue n'allait plus^ désormais, rencontrer d'obstacles. Le symptôme le

(i) Le Palinod avait été introduit dans la Fête aux Normands pa** Jean Le Mercier, sieur de St-Germain. 11 tomba en désuétude et fut rélabii, au commencement du XVII* siècle par Jacques Le Maître, s^ de Savigny, chanoine d^Avranches et professeur de rhétorique au collège Dubois (Huer, p. ?68 et àU. — De Bras, p. 33A).

(2j Les Prince» avaient été en 16M, Louis de Mouy, lieut. gén. de Nor* mandie; en 1650, Odo d^Harcourt, marquis de Thury, et, en iOâ9, François d*Harcourt, marquis de Beuvron {Le$ 3 siècles paiinodiques , par Joseph- André Guiot, ms n' 56 in-P de la Bibl. de Caen. — Antonii Uallœi misccttanea, Cadomi, 1675, p. J2à et 128).

(3) Reg, du.iur,, i652, ^ 152 vers. Séance du 42 nov.

(&) La Gazette^ n' 125, p. 935. Le retour du Roy tant désiré en sa bonne vitle de Paris,

(5) Ane, lois franç.^ I. XVIJ, p. 295.

plus significatif de ce réveil du pouvoir selon Richelieu, fut la réapparition des intendants de police > justice et finances (oct. 1653) (i).

Pendant les huit années que va durer encore le gouvernement personnel de Mazarin. nous n'aurons à noter que d'assez rares détails spéciaux à la Basse-Normandie. Le ministre ne s'occupait que des affaires extérieures. A l'intérieur, son soin à peu près exclusif était de tirer du pays des hommes et de l'argent pour continuer la guerre contre TEspagne. Le pays fournissait hommes et argent avec docilité, mais non sans se plaindre des abus innombrables qui existaient dans l'administration des finances, et des profits scandaleux que traitants, fermiers, surintendants et le ministre lui-même tiraient de ces abus. Chacun puisait dans les eaux troubles ; s'emparait, sous toutes les formes, des deniers publics, et s'affranchissait, sous tous les prétextes, de contribuer aux charges publiques. Les plus hauts personnages n*éprouvaient aucun scrupule à mettre leur autorité au service de leur intérêt. Ainsi, MM. de Matignon et de Groisy avaient acheté conjointement, par acte notarié (2), le domaine des vicomtes deCaen, Bayeux, Torigny et Falaise, naguère concédé au duc de Guise, et avaient soutenu, devant le conseil d'état, contre la duchesse douairière, revendiquant la moitié de l'engagement, un procès qu'ils avaient perdu (3).

Le domaine royal, dans le Cotentin, était, à cette époque, engagé à peu près tout entier. Un arrêté du bureau, du

(i) Nous ignorons s'il Tut noniinô à celle époque un intendant à Caen. Ce n*est quVn 1057 que nous trouvons le nom de M. Michel d*Aligi*e, sieur du Bois-Landry (Arch. Cal?.}

(2) Reg, du bur.t 1653, f' IIC. Le contrat passé devant les' notaires est do 2â septembre 1653.

(3) Beg. du bur., 1053, f<" H7, 165A, f»» 182, 197 et 258 Terso. L'arrêt da conseil d'élat, qui donnait gain de cause à la duchesse, est du 3 dèc.l65ii.

8 janvier 1655 (1), qui ordonnait la production, par les titulaires, agents et fermiei^s, de leurs contrats, titres, quittances de finances, etc., nous donne la liste suivante des e'ngagistes: vicomte deCoutances, le duc de Longueville (2) ; — vicomte de Carentan et St-Lo, S. A. R. le duc d'Orléans, aux droits de la feue reine sa mère ; — bailliagevicomte de St-Sauveur-Lendelin, ou Périers-en-Cotentin, le sieur de Liancourt-La Rocheguyon ; — vicomte de Valognes, François de Branvillier, comte de St-Aignan; — bailliage d'Alençon en Gotentin, le duc de Vendôme, représentant le duc et la duchesse de Joyeuse (3) ; — bailliage- vicomte de St-Sauveur-le- Vicomte, Claude de La Guiche, comte de St-Géran et de La Pallue ; — vicomte d'Avranches et St-Sylvain, M. de Blérencourt.

Depuis 1653, les revenus de 1655 et 1656 étaient absorbés par des anticipations successives. En 1654, le gouvernement en était aux expédients; il créait des impôts, des offices et des nobles nouveaux (4). Le montant des tailles à lever sur la généralité était fixé par la commission de S. M., pour Tannée 1655, à 2,296,691 liv. 12 sous (5). La progression était constante^ et jamais un chiffre aussi considérable n'avait été atteint.

Ce fut au milieu de ces embarras qu'il vint à l'esprit de Mazarin de se ressouvenir des États provinciaux. Depuis

(1) Rêg. du 6iir., 1655, ^ & verso, 73 verso, 75 et 400.

(5) Le dac l'avait acheté, le SO janvier 1682, de M. Georiçes de Brancas, duc de Villava, pair de France, qui était lui-même aux droits des ducs et duchesse de Joyeuse {Heg. du bur,, 1658, f^ ili verso).

(8) L*engageinent avait été cédé au duc, le 10 juillet 4586, moyennant 581 écQS et &b sous par M* Gniil. Lambert, bailli de St-Saoveur-le-Vicomte {Beg. du Inir., 4657, f* S99).

(6) Recherches de Forbonnais, 1. 1, p. 65 et 360.

(5) Reg» du 6ttr., 1654, P> 38&. Pour la proTînce entière, le montant des tailles était de 8,400,000 liv.

onze ans, ils n'avaient pas été réunis. A quel mobile particulier obéissait le Cardinal ; quel était son but ? Il serait difficile de le dire.

Les lettres patentes du 21 septembre 1654 fixaient, au 26 novembre, Touverture de la session que des lettres postérieures reportèrent au 25 janvier 1655. Dans quelques bailliages, — et celui du Gotentin fut de ce nombre, — les électeurs montrèrent peu de zèle, soit par découragement, soit par indifférence. Ils pensaient que la prétendue intervention du pays dans la gestion de ses affaires ne produirait aucun résultat sérieux. Le bailliage du Gotentin ne fut représenté que par les députés du clergé et de la noblesse et par deux députés seulement du tiers-état (1). Il n'y eut, d'ailleurs, aucun article du cabier qui s'appliqu&t spécialement à ce bailliage, sauf le 63% où il était encore question de la liberté de lever la tangue dans les grèves du littoral (2). Nous ne sommes en présence que des doléances ordinaires sur la lourdeur des impôts, la misère du peuple, les exigences et les prévarications des traitants, etc. Les députés reconnurent, dans le 22^^ article, que le roi « peut dedans son Estât tout ce qui lui « plaist (3). u Cet aveu, il semble, rendait bien superllues et les remontrances et l'invocation à la Chartre normande. C'est ainsi que le souverain l'entendait II ne répondit au

(1) Cah, dei Était, t. HI, p. 376. Les députés du Gotentin étaient : clergé: M. Olivier de La Luicrne, s' de $t-Hilaire, chanoine et promoteur de Tévéché de Coulanccs. Noblesse: Laurent Du Clicmin, seign. et patron de la Vausseile.* Tiers état : Coutanccs, M* Jacques de Levilly, receveur des tailles, non admis, étant officier du roi; St-Lo, Nicolas Duhamel, bourgeois; Carentan, personne ne comparait; Avranches, Guillebert Le Morin; Mortain, personne ne comparait; Valognes, Jacques Gréard, sieur des MouUins, bourgeois» excusé pour maladie.

(2) Cah, des £/., t. III, p. 167.

(S) Ibid., p. 137.

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cahier qu'en 1658; il se borna à répondre qu*il convoquerait les États lorsqu'il le jugerait à propos (1), et il ne les convoqua plus. La dernière des libertés provinciales était supprimée (2). On en garda comme Tombre. Dix années plus tard, les États étaient encore réputés voter les gratifications que se partageaient le gouverneur, ses deux lieutenants et les premiers présidents des trois cours souveraines.

Les dernières années du a règne '> du Cardinal achevèrent

de fonder la monarchie absolue sur des bases que Ton pouvait croire inébranlables. Le traité des Pyrénées ( 7 nov. 1659) et le mariage du roi avec Marie-Thérèse furent le triomphe de l'œuvre de Richelieu menée à fin par Mazarin. Ce triomphe^ éclatant à Textérieur, avait été chèrement acheté par un immense désordre financier, qui était presque devenu un système d'administration. Les gages des fonctionnaires étaient fort irrégulièrement payés. Les réclamations étaient fréquentes et il n'était pas toujours facile d y faire droit. Chaque catégorie de dépenses étant assise sur une branche déterminée des revenus publics, les receveurs étaient souvent disposés à déclarer que le numéraire manquait sur le fonds affecté au salaire des réclamants (3).

(1) Cab. des Et., L UI, p. nO.

(3) ]J y eut, au mois de décembre 1657, une sorlc d^assembléc des anciens députés de 4655 conroquée par le roi à i'aris. L*arclieTéque de Rouen y prononça une longue et énergique harangue, mais qui ne produisit nul effet (CaÂ, des £/., t. III, p. 397 et suir.).

(3) Les registres du bureau des finances renferment presque à chaque page des requêtes de ce genre. Notons, entre autres, celle de la garnison de Tombelaine qui se plaignait vivement de n'être pas payée. Le gouverneur du fort était, à cette époque, Claude-Jean Le Clair, sieur de Fresne ; la garnison se composait de huit hommes de guerre dont n Pentretenement > coulait î»15h liv. par an (Beg, du bur,^ 1660, séance du 22 sept.].

Les taillables devaient subvenir à tout : aux dépenses de la guerre» au recrutement des armées, aux exactions des traitants, etc.

Le Cotentin ne fournissait pas seulement de Targent, il fournissait aussi un fort contingent de soldats. Pendant les années 1655 k 1658, de nombreuses compagnies d'infanterie et de cavalerie furent levées dans les élections ou sergenteries de Valognes, Montebourg, St-Sauveur-le- Vicomte, St-Lo, St-Hilaire, Virç , Barenton. etc. \i).

Le recouvrement des tailles, quoique difficile et arriéré, ne produisit que d'assez rares résistances. Nous n'avons rencontré, à cette époque, qu'un procès-verbal du receveur de Valognes, Pierre Morel, dénonçant au receveur général, Simon Lenoir, plusieurs violences et rébellions commises, notamment, dans la paroisse de Picauville, contre les sergents chargés d'exécuter les contraintes et de saisir les bestiaux (2).

Il y eut, cependant, dans la contrée, d'autres mouvements de ce genre, puisqu'en 1658, et à deux reprises, le marquis de Montpezat dut venir dans le Cotentin avec une troupe de cavalerie « pour y calmer toutes choses et « mettre à la raison les malintentionnés (3). » Au mois d'octobre, la Basse -Normandie entière — « mesmes le « Gostentin » — étant tranquille, le marquis retourna à la cour (4) .

M. de Matignon, qui avait la confiance du roi, avait conservé le commandement des détachements qui étaient

(0 Reg. du bur,, 1655, (^ 53, 59, 63; — 1656, f» Ai, 78, iO&, 120 c 121 ; — 1657, ^ 21 3. Les hommes recrutés se réunissaient, au jour fiié, au chef-lieu de réiecliou, y restaient pendant quelques jours, puis suivaient les routes d^étapes.

(2) Reg, du bur.^ 1655, M 13, séance du 13 oct.

(3) La Gazette, n« 128. Lettre datée de Goulances, le H oct.

(4) Ibid.^ ibid., n*« 27, 88 et 128.

en quartier d*hiver dans retendue de sa circonscription. A sa mort, survenue au mois de mars (1658), son fils, François, comte de Torigny, lui succéda. François était le septième de sa famille qui obtenait le gouvernement de la Basse-Normandie, et il ne fut pas le dernier (1).

Mazarin mourut le 9 mars 1661, dix-huit mois environ après Cromwell. — Gomme Richelieu, il laissait la France glorieuse et appauvrie. — La tâche de Colbert allait commencer.

(i) La Gaiett€y 1658, n«r 83 et A5. François de Malignon mounit en 1675 (Voy. infr., Ut. VII, cbap. ii) ; il fat remplacé par ses deux fils.

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