CHAPITRE IL
Administration da cardinal de Fleury. — Circulaire du contrôleur génér&I. — Tournées dis intendants. — Mémoire de M. de Vaslan et rapports des subdélégués sur les neuf élections delà généralité de Caen. — 1727-173 1.
Sous la direction du cardinal de Fleury, « dont Tesprit, d'après Voltaire, était heureusement borné (2) »^ l'administration deviAt sage, économe et honnête. Si le ministre septuagénaire n'eut pas de hautes vues politiques, il laissa du moins la France se reposer et réparer ses pertes. Il déclara que ses efforts tendraient à « ranimer le com- « merce, qui avoit ressenti tant de mal de Tintroduction « du papier, par la régularité des paiements, qui seule « est capable de remettre la confiance (3). » Il tint sa parole.
(1) Près Bernay. Le château construit, entre 1676 et 170â, par Pancien éTéque de Coutances, détenu évéque de Lisieuz, Léonor de Malignou, fut démoli en 1777. On suit que M"* de Prie s*y empoisonna. Le domaine de Courbépine est historique ( voy. Dictionnaire histor, de toutet tes eammunet dvdép, deCEure, par M. Charpillon).
(S) Siècle de Louis XI V^ ch. m.
(3) Lettre du contr. ^én. du 27 déc. 1728 (Ârch., sér. G, n" 268).
424 LE XVIIl® SIÈCLE.
M. de Vaslan, à peine installé, reçut, le 4 avril 1727, une circulaire du contrôleur général, M. Le Pelletier des Forts. Elle prescrivait aux intendants de rétablir Tancien usage, abandonné depuis 25 ans (1), des tournées annuelles dans les élections de leur généralité. Ils étaient invités à rédiger et à envoyer, vers le mois de juillet, un mémoire * dans lequel ils feraient connaître: « les forces de chacune « de ces élections, l'étendue de leur territoire, leur indus- « trie, leur commerce, leur production agricole, la perce ception des impôts, etc. (2). » C'était une enquête analogue à celle que M. Foucault avait faite en 1698.
L'intendant répondit, le 8 avril, qu'il se mettrait en route aussitôt que ses nombreuses occupations, et la nécessité où il était d'assister, le 1«' mai, à la revue des milices, lui en donneraient le loisir; mais qu'il transmettrait, sans retard, les ordres du contrôleur général à ses subdélégués qui, par des rapports particuliers, prépareraient le travail dont il était chargé (3).
Nous possédons ces divers documents aux archives départementales du Calvados. Ils nous fournissent des renseignements exacts et précieux sur l'état de la Basse- Normandie au XVIU' siècle (4). Le Mémoire de l'intendant n'étant que le résumé de la correspondance des subdélégués, nous nous en occuperons exclusivement, sauf à mentionner les détails qui y auraient été omis ou né-
(1) Il résulte cependant du rapport du subdélégué de Vire (l*r juîu 1727), que nous citons plus loin, que M. d*Aube avait fait deux tournées de !7S8 à 1737. Nous n*en avons trouvé aucune trace aux archives.
(5) Arch. di CaW., sér. C, n^* 2G8.
(8) Ibid., ibid.
(6) Le Mercure de France publia, dans les années 1727 et suiv., une série de letlres écrites par un ^f. de L. R., qui avait parcouru le Cotcntin en touriste.
gligés, et qui se rencontreraient dans les rapports partiels (1).
M. de Vastan, ainsi qu'il Tavait annoncé, commença sa tournée après la montre des milices. Il la fit assez rapidement ; car il était à Goutances le 21 mai (2), et rentrait à Caen avant la fin du mois (3).
Le Mémoire , impatiemment attendu par le contrôleur général, qui envoya plusieurs lettres de rappel, lui parvint au mois de décembre 1727, et fut suivi, pendant les années subséquentes , de rapports qui le complètent. Nous donnons une analyse succincte de l'ensemble de ces documents, en laissant à nos lecteurs le soin de faire les rapprochements, qui viennent naturellement à Tesprit, entre ce que le Gotentin était au XYIIP siècle et ce qu'il est aujourd'hui (4).
Élection de Gaen (5). — L'élection de Caen comprend cent trente-quatre paroisses et dix-sept sergenteries. Sa
(i) Les rapports des subdélégaés paraissent, dous devons le dire, moins optimistes on plus sincères que celui de leur clief hiérarcliique.
(f ) Lettre du subdél. de Coulances, du Si mai i7S7 (Arch., sér. G, n* S8S).
(3) Lettre du sabdéL de Mortain, du i" juin 1727 (Arch., série G, n« 287). Dans celte lettre, ie subdél., M. du Mesnil-Adlée, demande au secrétaire de rintendant si son clief et lui sout arrivés, à Caen, en bonne santé et sans qu'il soit survenu d*aveature à leur chaise^ • ce dont je serois très-morliOé, fl ajoute le dévoué fonctionnaire. •
ià) Lettre du contrôU gén. du 27 déc accusant réception du mémoire (Arch., sér. G, n^ 268}. La copie non signée porte la cote 269. Une copie d'un autre mémoire plus étendu existe à la Bibl. de Gaen ( Ms. in-f*, n* &S), mais avec la date de 1731. Il est probable qu'à cette date, ce mémdre fut adressé au nouveau contrôL gén., M. Orry.
(5) Quoique les élections de Caen et de Bayeux ne fessent pas partie du Gotentin, nous croyons devoir les comprendre dans notre analyse, pour ne pas scinder les documents.
population est évaluée à 72 ou 75,000 habitants, non compris les enfants de 8 ans et au-dessous (1).
La production du blé suffit à la consommation ; dans les bonnes années , il s'en exporte une certaine quantité dans les généralités voisines. Il y a peu de terres incultes.
Le nombre des animaux est d'environ : 16,000 de Tespëce bovine; 80,000 moutons donnant la laine , et 10,000 destinés à la boucherie; 9,000 chevaux de labour; 12 étalons royaux et 2 approuvés.
Le seul établissement industriel est la manufacture de drap des frères Massieu, sur la rivière d'Orne. Elle renferme 16 métiers , et chacun de ces métiers emploie 20 ou 22 ouvriers payés de 17 à 19 sols par jour.
La fabrique des étoffes appelées serges ou linge ttes est très-ancienne (2). Elle occupe encore un nombre consi* dérable d'ouvriers. Autrefois, il y avait 600 métiers battants ; aujourd'hui il n'y en a plus que 400, et 25 sont • vides. » La production annuelle est, en moyenne, de 4,000 pièces. Les laines employées proviennent du Dessin, du Pays-d'Auge et de la campagne de Caen. Il y a 120 maîtres et 170 garçons peigneurs , 75 eardeurs et 300 tisserands. Ces étoffes , répandues dans toutes les provinces, servent à faire des doublures d'habits aux boui^eois , des uniformes aux soldats , des livrées, des tours de lits, etc. Un genre analogue de tissus ayant été, depuis quelques années , fabriqué en Hollande et dans quelques parties de la France , la place de Caen a perdu plusieurs débouchés avantageux.
<1) Le subdélégué de Vire, dam son rapport ( n» 290) , éralue au 9* de lo population la proportion de ces enfonls qu^il coovti*Dt d*aj(niter au ébtiïre total. Nous ne tépéterons pas cette obserratiou qui s^appliqiie à chacune des élections.
(2) Voy. sup., p. 79 cl 309.
LE XVlll* SIÈCLK.» 427
On fait aussi dans la ville et dans les environs, avec les laines de rebut , des frocs et des revôcbes , à Tusage des paysans et des gens de métier.
La manufacture des bas d'estame compte 120 maîtres et 500 métiers , dont 150 vides. Elle est régie par des jurés. Elle ne peut fabriquer, aujourd'hui , en vertu d'un arrêt du parlement, du 1" mars 1700, que des bas à 3 fils; lorsqu'elle en pouvait vendre à 2 fils, les lies anglaises en achetaient plus volontiers. Elle prend exclusivement ses laines dans le Gotenlin et le Pays-d'Auge. Bayeui et Falaise se livrent à la même industrie ; mais leurs bas sont de « mauvais aloi », — ce qui ne les empêche pas de les écouler en France et à l'étranger.
Le tissage des toiles est commun aux élections de Caen, Bayeux, St-Lo, Coutances, Vire et Avranches. Il donne lieu à un commerce dont l'importance est évaluée à 2 ou 3 millions de livres. Les produits en sont variés, et consistent en nappes, doubliers, serviettes, etc. Coutances seul fournit des coutils et de petites toiles rayées et à carreaux. Les îles achètent surtout des nappes et des serviettes. Le nombre des métiers est d'environ deux mille deux cents^ et celui des ouvriers de vingt à vingt-cinq mille. Dans ces totaux, l'élection de Caen entre pour trois cent cinquante métiers en ville, cent à la campagne et quatre raille cinq cents ouvriers. Les matières premières sont le lin, le chanvre et le coton. La ville va construire une halle spéciale.
Le port était assez bon, il y a trente ans. Les navires remontaient jusqu'à l'hôtel de ville (1), avec une profondeur d*eau de neuf à dix pieds. Mais il s'est formé des attérissements dans la rivière, de sorte que les armements
(1) Près du pont Sl-Pierre, aujourd'hui supprimé Gt remplacé par un aqueduc couvert.
présentent de grandes difficultés et même des dangers. Si l'on n'y porte remède, le commerce maritime de la Basse-Normandie tombera. Les habitants de Gaen ont demandé au roi d'ordonner les travaux nécessaires au rétablissement de la navigation ; ils ont proposé des plans et devis.
Élection de Bateux. — Cette élection se compose de cent soixante-douze paroisses, sur lesquelles quatre-vingtdouze sont sujettes à l'impôt du sel, comme les paroisses de l'élection de Gaen ; les autres jouissent, avec le reste de la généralité, de l'exemption et du privilège du sel blanc, en conformité de l'article 13, titre XIV, de l'ordonnance de 1680.
La population est d'environ soixante-six mille âmes. La culture est variée; elle consiste en labourage, p&turage et bocage. On engraisse des bœufs, dont les cinq sixièmes sont achetés dans les élections de Vire, Avranches et Mortain. Il sont presque tous vendus sur les marchés du Neuf-Bourg et de Poissy. Le principal produit agricole est le beurre, qui est obtenu de dix à douze mille vaches laitières. Le nombre des chevaux est de quatre à cinq mille. Il y a vingt étalons royaux et deux approuvés.
La confection de la toile occupe cent cinquante métiers et quinze cents personnes disséminées dans la ville, les faubourgs et les campagnes.
Quelques tanneries sont prospères.
On avait, en 1718, dans l'espoir « de combattre la dispo- « sition à la paresse du peuple de la ville », essayé d'y relever la fabrique de serges, qui y avait été introduite du temps de Golbert (1). On fit venir, dans ce but, des
(i) Voy. sup., liv. VII, rhap. ii, p. 309.
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ouvriers de St-Lo. La crise de 1720 ruina tout crédit et fit échouer l'entreprise.
Les trois quarts des habitants de Bayeux sont des prêtres, des religieux et des nobles. Le surplus ne se compose que de gens pauvres.
Élection de St-Lo. — Uy a, dans l'élection, cent deux paroisses et soixante-cinq & soixante-six mille habitants ; peu de terres en labour et la majeure partie en p&turages et herbages. Il en résulte que la production en céréales est insuffisante, bien que le quart seulement de la population se nourrisse djB froment. Les élections voisines envoient annuellement environ cent mille boisseaux de blé.
On engraisse à peu près quinze cents bœufs ou vaches, élevés dans le pays, et un pareil nombre, achetés en Bretagne, dans le Maine et dans TAnJou. On compte de six à sept mille moutons.
La race des chevaux est petite et propre au harnais. U lie s'en fait aucun commerce, et il n'y a, à St-Lo, qu'un seul étalon royal. U serait à désirer qu'il y en eût davantage.
La manufacture des étoffes est assez importante. Elle mériterait, par la beauté et l'utilité de ses produits, d'être encouragée. Elle consiste en serges fortes, finettes et raz. U se tisse, en outre, dans les campagnes, et pour les paysans, des droguets mêlés de laine et de fil. On estime à huit cents les pièces de serge; à sept cents celles des finettes, et, au même chiffre, celles des raz qui sont, chaque année, livrées à la vente. Elles représentent une valeur d'environ 400,000 livres.
On compte quatre-vingts fabricants, cent vingt métiers battants et soixante-dix vides, et plus de treize cents ouvriers, se divisant en tisserands, peigneurs^ écardeurs, flleuses, canneteuses et dévideuses. Les salaires sont les
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suivants: tisserands, de 6 à 10 sous; peigneups, de 6 à 9 sous; écardeurs, de 5 à 7 sous ; flleuses, de 3 à 5 sous; éplucheurs, de 4 à 5 sous 6 den.; et les enfants occupés à canneter et à mettre en fuseaux, de 1 à 3 sous 6 den.
Les serges s'envoient à Rouen, Paris et autres villes, où elles reçoivent de belles teintures ; elles sont principalement à Tu sage des ecclésiastiques ; on en fait aussi des doublures , cet emploi, toutefois, a beaucoup diminué, maintenant que Ton préfère la soie.
On fait aussi des rubans de fll : cent cinquante-neuf métiers et trois cent vingt personnes se livrent à cette fabrication, qui consomme environ 50,000 livres de Ql, provenant des élections de Goutances et de Valognes.
Les toiles occupent 425 métiers : — 50 dans la ville et 375 dans les campagnes , — et plus de 4,000 personnes. Les articles confectionnés sont des coutils, des toiles blancardes pour voiles de navires, des toiles grises, rayées et à carreaux. I^ principal marché est au bourg de Ganisy; il était, auparavant, àMarigny; mais le fermier général du marquisat, ayant eu la maladresse d'imposer un droit de halle, le marquis de Ganisy en a profité, a rétabli Tancien marché franc, et a ainsi attiré tous les chalands (i).
La tannerie était autrefois en prospérité. En 1720, la compagnie, voulant amortir une rente considérable qui la grevait, prit à constitiUion des billets de la banque royale. A la chute du système, elle se trouva dans Timpossibilité de payer les intérêts, à moins d'augmenter le prix des cuirs; elle le fit , et perdit la plupart de ses débouchés.
Il serait urgent, si le gouvernement voulait faciliter et augmenter le commerce de Télection , d'exécuter les tra-
()] Rapport du subdéJ^gu^ de Cou lances du 31 mai J727 (Arcli., sër, C, I, 282).
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vaux réclamés depuis si longtemps pour rendre la Vire navigable jusqu'à St-Lo, et qui furent l'objet d'un devis présenté, en 1716, par l'intendant, M. Guynet.
Ce tableau reproduisait, sans doute, exactement l'état de l'élection tel que M. de Vastan l'avait apprécié ; mais le subdélégué, dans son rapport, ajoutait quelques détails qui le complètent , en y apportant , il est vrai , quelques onabres (1). Nous devons les reproduire.
Les chemins étaient impraticables ; il y en avait qui , de mémoire d'homme, n'avaient jamais été réparés. Les riverains, obligés à l'entretien^ étaient vexés par les huissiers du bureau des finances et soumis à des taxes si excessives, que beaucoup préféraient abandonner leurs champs.
Les paysans, quoique très-laborieux, étaient misérables. Le sol, ne recevant pas d'engrais en suffisante quantité, devenait stérile. La taille , depuis 1690 , avait presque doublé; de 157,860 livres, elle s'était élevée à 262,298 livres. Aucune des élections de la généralité ne supportait une charge relativement aussi lourde (2). De plus, la plupart des paroisses étaient grevées de rentes seigneuriales.
De cet exposé, le subdélégué concluait que les souffrances du commerce provenant de la rareté des espèces et du défaut de confiance , et la stérilité de la terre , de FinsufTisance des engrais, il fallait: 1<^ réparer les chemins ; 2* rendre la Vire navigable jusqu'à St-Lo ; 3* rechercher des carrières de pierres à chaux ; et 4® dessécher les marais de Graignes et de Montmartin.
Élection db Coutakces. — L'élection de Coutances renferme 154 paroisses : 32 sur le littoral maritime ; 28 dans
(i) Aapp. Guroyè & Caen, le 5 juin 1727 (Ârch., sér, C, n* 384 )• (S) V07. cppcndont i^^it*% ce qui concerne lïlcclioD de Vire,
482 LE XVIIl* SIÈCLE.
le rayon de deux lieues à partir de la mer» et» par conséquent, sujettes au guet et garde; et 94 dans le bocage.
Les paroisses de la première catégorie ne sèment pas de blé , mais seulement de Torge, du sarrazin et des lentilles; elles n'ont pas de pommiers. — Dans les autres paroisses» on cultive quelques champs de blé ; il y a surtout des prairies et des pommiers , et» en plusieurs endroits » des landes incultes.
La population est évaluée à 110,000 habitants ; sur ce nombre, 25,000 à peine se nourrissent de fromenL •
On compte environ 1,000 bœufs ou vaches qui sortent de l'élection et sont engraissés ailleurs, et de 4 à 5,000 moutons. Il ne se fait aucun commerce de chevaux.
Les coutils de Coûta nces jouissent d'une bonne réputation. Us s'exportent jusqu'à Bordeaux et dans les îles de Jersey et de Guernesey. On prétend que cette industrie
a beaucoup souffert! C'est une erreur; en réalité,
elle n'a été que déplacée, et, depuis quinze ans, elle a augmenté des deux tiers. Les bourgeois de Coutances ont eu le tort d'imposer à l'excès, par leur tarif, les matières premières et les marchandises fabriquées. Les métiers ont alors été transportés dans les paroisses rurales, et» notamment, dans celles de Savigny, Le Lorey, Cametours, Marigny, Gerisy, Montpinçon, Notre-Dame-de- Cénilly et Camprond (1). Sur 465 métiers, occupant 4,650 personnes» il n'y en a plus que 00 dans la ville et les faubourgs.
Certaines localités vivent de petites industries^ qui leur sont spéciales, et dont l'origine remonte fort loin. Vers Carentan, douze ou quinze paroisses fournissent un grand nombre d'individus qui vont: les uns, dans les provinces du nordf Picardie, Artois et jusqu'en Hollande; —les
(t) Hop, du iubdéL ûu Si mai 1*727 (Arcli., elc, d« }89)é
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autres, dans le Midi, colporter de la mercerie, des cartes géographiques, des livres, des estampes et de la « clin- • quaillerie. >> Du côté de Vire et d'Avrauches, dans dix ou douze paroisses, les objets colportés sont de la dinanderie, des tamis, des toiles de crin^ etc. Tous ces petits marchands reviennent, en général, pour le temps de la moisson; c^ux qui exploitent le Midi, en rapportent de la thériaque, des eaux spiritueuses, etc. (1).
On fait du sel dans trois paroisses: Bréhal, Créances et Bricqueville ; et, dans cinq ou six autres, de la chaux qu'on envoie en Bretagne.
Le commerce maritime est concentré à Granville. Cinquante navires grands ou petits et de nombreux marins vont pêcher la morue sur le Grand-Banc. La pêche des huîtres a aussi de l'importance. On les transporte à Rouen et à Paris.
Élection de Care.^tan. — Cette élection est la plus petite de la généralité; elle ne comprend que quatre-vingtquatorze paroisses et trente-sept ou trente-huit mille habitants. Vingt-huit de ces paroisses, situées près de la mer, possèdent, en herbages, les terres les plus fertiles. Seulement, ces terres appartenant à des nobles qui les font valoir et qui sont exempts de la taille, il en résulte que rimpôt, très-élevé à cause de la valeur du fond, retombe tout entier sur les taillables (2). Dans les autres parties de réleclion, il n'y a qu'un sol ingrat, ne produisant guère que de Tavoine, ou de vastes marais souvent inondés. Aussi , la misère est-elle extrême parmi les paysans, et le roi-devrail-il accorder une remise d'impôts (3).
(1) Rap, du suhdél.f su p. ciU
(3) La Uiile élait, eu 1727, de 151,^33 liv.; en 1710, elle n'éUit que de 87,267 liv* {Hap, du iubdéLt M. d*Hermcrcl, Ardi., el&,Q« 279). (3} Hap, du $ubdét,f sup. ciU
434 LE XVIll* SIÈCLE.
Le bétail esl considérable, -—quinze ou seize mille bœufs, sans compter les vaches à lait, et quinze mille moutons; peu de chevaux.
Autrefois, le commerce de beurre était fort étendu. Des navires de cent à cent cinquante tonneaux pouvaient remonter la rivière. Depuis 30 ans, des atterrissements se sont formés, et ne laissent plus passer, à T.époque des grandes marées, que des bateaux plats de cinq à six tonneaux. Le conseil est saisi d'un projet, qui remédierait à ce fâcheux état de choses, et rendrait, en même temps, à la culture une grande étendue de terrains marécageux.
Élection de Valognks. — L'élection de Valognes est une des plus importantes de la généralité. Elle paie aujourd'hui 356,794 liv. de taille (1). Elle renferme cent soixantequinze paroisses; deux villes, — l'une franche — Cherbourg, et l'autre abonnée, —Valognes; et, de plus, neuf bourgs. Elle se divise en quatre cantons: La Hague, le Val-de-Saire, Valognes et les Rivières. Sa population est de 100 à 110,000 âmes. Elle produit du blé et des menus grains qui sont , en majeure partie , consommés dans la contréa L'excédant s'envoie à Paris, Rouen, Bordeaux et La Rochelle. Mais il se fait aussi , au mépris des prohibitions , une exportation de ces grains en Angleterre et autres pays étrangers. Il est difficile d'empêcher cette contrebande , qui est l'unique métier de nombre de gens , et qui , du reste , est compensée , le cas échéant , par une importation des mômes denrées. C'est à elle que le pays a dû , en 1720 , d'échapper à la famine.
Les herbages, qui couvrent 3,300 acires, ne sont pas propres à l'engraissement. On y élève 7,000 bœufs ou vaches; 25,000 moutons et 1,200 porcs. 40,000 acres de
(I) En 17 15« CCI impôt ne s'élevait qu'à 20i,25O lir. {Rap, d» smMéi,^ • 388}.
grèves, miellés, landes et bruyères sont incultes (1), et 5,128 acres sont couverts de bois. Il y a 10 étalons royaux et 3 approuvés.
La fabrique de draps qui , jadis , occupait , à Yalognes , 150 maîtres, n'en a plus que 6 aujourd'hui. A Cherbourg, elle a moins souITert. Elle compte encore 102 maîtres; mais la moitié à peine travaillent , et , sur cette moitié , plusieurs sont aux gages des autres. Il ne reste plus que 48 métiers pour les 300 ouvriers qui demeurent dans la ville et les faubourgs. La production est de 300 pièces par an. Les laines se tirent exclusivement de La Hague et du Golentin. Autrefois , il en venait d'Espagne et d'Angleterre. Les draps sont blancs, et sont employés aux robes de bénédictins et de norbertins , ou aux uniformes des troupes à cheval. On les teint aussi en écarlate.
On tisse, en outre, dans les campagnes, une autre espèce d'étoffe appelée mélinge, parce qu'elle est mêlée de laine et de ûl. Elle sert aux paysans, et fait vivre environ huit cents personnes, tant ouvriers tisserands que cardeurs, tondeurs, ûleuses, etc.
La manufacture de gants et de mitaines, à Yalognes, est, présentement, bien déchue. De vingt maîtres et deux cents ouvrières, elle est descendue à sept maîtres et trente ou quarante couseuses, qui gagnent de 20 k 24 sous par douzaine. Il s'en fait à peu près six cents douzaines qui s'écoulent dans le pays et aux foires de Gaen et de Guibray. La première qualité de gants se vend 5 livres ; les autres 3 livres et 3 livres 10 sols ; les mitaines 10 et 12 livres la douzaine. Les peaux sont préparées par les mégissiers de la viUe (2).
(i) Lettre du conlrôl. gén. da 22 mai 2783 fArch., sér. C, L S70). (2) Le Journ, d'un bourg., p. 92, parle de celle iodustrie ;*> en 1705 1 elle était l'objet « d'an bon négoce. »
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Les tanneurs de Valognes préparent des peaux fortes qui leur arrivent du Brésil et de Sl-Domingue par la voie de Rouen, de Caen et de St-Malo, et, de plus, mille cuirs de vaches et quatre ou cinq cents cuirs de veaux. La consommation a un peu diminué depuis que le peuple a pris rhabitude de porter des chaussures à semelle de bois. A Cherbourg, la tannerie est dans les mêmes conditions; elle a, toutefois, l'avantage de ne payer aucune taxe.
La fabrique de glaces de Tourlaville, qui entretenait deux fourneaux, n'en a plus qu'un seul. Elle occupe cent personnes au lieu de deux cents. Gela a tenu à ce que les intéressés ont retiré une partie des fonds qu'ils y avaient engagés. Le combustible est pris dans les bois du roi. Les glaces coulées ou soufflées sont envoyées à l'établissement du faubourg St-Antoine, à Paris, où elles sont « doucies » et polies.
Il ne reste plus dans Télection qu'une papeterie que dirige, à St-Vaast, le sieur Louvier, dit Des Jardins. Elle produit douze cents rames de papier de diverses qualités, et occupe dix ouvriers gagnant: les deux premiers, 00 livres, et les autres, 60 livres par an.
Le commerce maritime, malgré la- situation favorable de Cherbourg, Barfleur, La Hougue, Porlbail et Carteret, est peu acfcif. Les quelques négociants établis dans ces ports font, avec les îles voisines et avec St-Malo, La Rochelle, Bordeaux et autres villes, le traflc des grains, cidre, beurre, poterie de terre, cire, chanvre, lin, sabots et autres ustensiles en bois.
Il y a quelques années, la branche la plus importante du commerce était le transport, en Angleterre, des vins et eaux-de*vie. Il se faisait par la contrebande; les négociants avaient de vastes magasins d'entrepôt. Les exigences maladroites d'un directeur des aides , qui a interdit le
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barillage au-dessous de trente pots (1), a fait passer ce commerce tout entier à Jersey et à. Guernesey. Les vaisseaux restent à pourrir dans les ports.
Les havres de Portbail et de Carteret, qui ne sont qu'à sept lieues de Jersey, ont vu également leurs relations avec cette lie rendues plus difiiciles par Tensablement de leurs abords. Les barques, qui se livraient au cabotage des côtes, n'y peuvent plus entrer. Le canton des Rivières est ruiné. Les marins n'y ont plus d'autres moyens d'existence que la pèche qui^ elle-même, a beaucoup perdu de ses anciens avantages. Au printemps, on pèche le maquereau, et, pendant le reste de Tannée, les huîtres et les homards, que des chasse-marée transportent jusqu'à Paris. Jadis, les Anglais achetaient de ces derniers coquillages pour près de 40.000 livres elles payaient en guinées. Il circulait alors, dans le Cotentin, trois fois plus de cette monnaie que de louis d'or (2). On a défendu les paiements en guinées, et, aussitôt, de 40,000 livres, la vente des homards est tombée à 20,000.
Enfin, les habitants du littoral trouvent dans le varech une ressource précieuse. Ils le récoltent aux époques et sous les conditions déterminées par les règlements; ils l'emploient comme engrais, et retirent de ses cendres la soude qui sert à fabriquer le verre.
Élection d'Avranches. — Cette élection renferme deux villes, — Avranches et Pontorsonj — quatre-vingt-quinze paroisses et quarante mille habitants. Sa superficie est de 80,000 acres. La moitié est en labour et prairies; l'autre moitié en landes et bruyères. On y élève deux mille bœufs,
(4) Le baril jaugeant plus de 30 pois étant trop lourd pour être tiaosporlè eo fraude.
(2) Hnpp. de 1765 (Arcb., n» 289).
438 LE XVni* SIÈCLE.
quatre mille vaches et trois mille cinq cents moutons. La race de chevaux y est petite et peu nombreuse.
Lindustrie se borne au tissage de la toile, qui occupe quatre-vingts métiers à Avranches et cinquante dans les campagnes. Les manufactures d'Argouges et de Carnet n^existent plus.
Il ne reste que la fabrication du sel, qui a produit jusqu'à 100,000 livres tournois, non compris les salaires des commis du quart^bouillon. Les principales salines sont & Vaires, Courtils, Le Val-St-Père, Céaulx, Genêts et Marcey. Le sel ne vaut que 23 sols la ruche de 50 livres de poids (1).
ÉLECTION DE VîRE. — Outrc la ville de Vire, l'élection possède deux bourgs considérables, — Condé-sur-Noireau et Villedieu ; — elle comprend cent vingt-quatre paroisses, dont la plupart sont très- étendues, et quatre-vingt-dix mille habitants. Le sol en est médiocre; il produit surtout du sarrazîn ; le blé qu'on y récolte subvient à peine à la moitié de la consommation. Les assolements y sont quatriennaux. On y élève annuellement environ douze mille bœufs, qui servent au labourage. Les chevaux y sont petits et peu nombreux. Il y a quatre étalons royaux.
C'est l'élection la plus surchargée d'impôts de la généralité. L'intendant, M. d'Aube, l'avait formellement reconnu dans les deux tournées qu'il fit de 1723 à 1727. Il avait obtenu du conseil une remise de 9,531 livres sur la taille de cette dernière année (2). Les recouvrements s'opèrent avec difficulté à cause de la misère des paysans de certaines paroisses, dont la rigueur des poursuites par
(i) Bapp. du subdél, M. Bordier (Arch., n^ 273}.
(t) Rapp. da subdéi., da !•' juin 4727 (Ârcb., n* 2d0}. La taille était, en 4715, de 292,256 Ji?.; en i72&, de 383,593, et, en 4727, de 856,79& Ht. — Ce rapport est certifié par les receveurs des tailles pairs et impairs.
garnison militaire, saisie et vente de meubles et d'animaux, achève la ruine. Les choses en sont à ce point que les deux compagnies d'infanterie, en quartier à Vire et & Villedieu, ne peuvent fournir le nombre de soldats requis comme garnisaires, par les huissiters, sergents et receveurs des tailles. Ce n'est donc que par l'industrie que le pays se soutient.
La manufacture de draps est la plus importante de la généralité, quoique, d'après le rapport du subdélégué, elle soit tombée, depuis plusieurs années, dan€ le discrédit, et que la fabrique des gros draps, dits de Lodève, « ne « laisse même pas d'espérance (1). » Elle occupe cependant encore trois cents maîtres, tant drapiers que tisserands, foulons et tondeurs, réunis en communauté et résidant tous à Vire, près de six mille ouvriers travaillant , soit dans la ville, soit dans un rayon de deux à. trois lieues, et deux cents métiers battants et trente vides. La production s'élève , en moyenne , à quatorze cents pièces de draps, droguets et tiretaines, représentant une valeur de 700,000 livres. Les débouchés sont en Bretagne, aux foires de Caen, de Guibray, de St-Denis et de St-Germain, près Paris. De là, les marchandises s'écoulent jusqu'en Alsace et en Suisse. Les laines proviennent du Cotentin, de la plaine de Gaen, de la Beauce et du Berry. Autrefois, il en venait d'Espagne sous le nom de fleur eton; depuis l'établissement de la Compagnie des Indes, cette importation a cessé. La taxe de 3 sous par livre, imposée par le nouveau tarif, en sus des 10 sous du tarif de 1658; les droits sur les boissons et denrées, pour l'entretien des hôpitaux, et la capitation, ont diminué les bénéfices d'une somme de près de 7,000 livres. Gondé-sur-Noireau , Fresne , St-Pierre , Tinchebray ,
(1) Rapp., 5iip. cit.
Monlsecret et paroisses cireonvoisînes font des tiretaînes et des droguets dont la chaîne est en fil et la trame en laine. Il se fait, de plus, mais à Condé seulement, quelques serges façon de Caen. Cette industrie occupe deux cent quarante fabricants et autant de métiers ; elle livre deux mille cinq cents pièces, qui sont vendues à Caen, à Guibray, en Bretagne et dans le Maine.
Le tissage des toiles est aussi Tobjet d'un commerce actif. Son principal marché est à Fiers. Il emploie six cent trente-deux métiers ; — trente-quatre à Vire et dans ses faubourgs, et le reste, dans les campagnes du Bocage, vers Condé et Fresne. Plus de cinq mille cinq cents individus vivent de ce travail. Un compagnon peut gagner par jour 7, 8 et 9 sous, et une flleuse 4 sous.
La manufacture du papier s*est maintenue. Elle possède seize moulins, qui sont situés : onze dans les Vaux, paroisse de St-Germain-de-Tallevende, sur la Dattée, qui, au-dessous de ces moulins, se réunit à la Vire ; — deux sur cette dernière rivière, Fun en amont de la ville, et Tautre en aval, sur la paroisse de St-Martin ; — un sur la paroisse du Champ-du-Boux , à une lieue et demie plus loin, et, enfin, à trois lieues de là, deux sur St-Maur-des-Bois.
L'industrie de Villedieu remonte au rèjçne de Charles Vl ; elle s'applique aux objets de poëlerîe et &e dinanderie, et occupe deux mille individus, y compris les colporteurs qui vont vendre de tous côtés les ustensiles fabriqués et rapportent les mitrailles, qui doivent être refondues. Le combustible est pris dans la forêt de St-Sever. A Villedieu, comme ailleurs, le développement du travail est arrêté par le poids et la mauvaise répartition de la taille. Souvent, les meilleurs ouvriers s'en vont en Bretagne, qui est une province franche, ou même en Angleterre. Il serait urgent d'accorder aux habitants un tarif qu'ils sollicitent depuis longtemps.
Élection de Mortain. — Cette élection n'a que quatrevingt-quatre paroisses, et sa population est de soixantequinze mille habitants. La moitié de son territoire est en forêts, landes et bruyères, et l'autre moitié, soumise à l'assolement triennal, ne produit que très-peu de blé, et nourrit environ huit mille bœufs ou \aches (i).
Les chemins y sont impraticables. Jamais ils ne sont réparés, quoique, tous les ans, on lève 11,000 livres pour cet emploi, et qu'on paie 600 livres à l'ingénieur des ponts et chaussées.
Les habitants ne se livrent k aucun commerce de quelque importance ; ils vivent de divers petits métiers. A Ger, ce sont des potiers de terre; — à Sourdeval, des chaudronniers; à Beauchesne, St-Cornier, St-Jean-des-Bois et Yvrande, des cloutiers et des couteliers (2) ; — dans d'autres localités, des porte-balle vendant de la menue mercerie, des ciseaux, des couteaux, etc. (3).
Il y a dix moulins à papier établis : à Vengeons, Beauflcel, St-Barthélemy, Chérencé, Brouains et St-Pierre, qui fabriquent dans les mêmes conditions que Vire.
Enfin, près de la forêt de Mortain, il existe une verrerie qui fait des verres à boire. L'individu qui la tient à fief du duc d'Orléans n'ayant pas les ressources suffisantes, n'allume son fourneau que pendant la moitié de Tannée, et n'a que vingt-cinq à trente ouvriers.
L'élection supporte des impôts hors de proportion avec ses forces. La taille y a augmenté, en dix ans, de près de 30,000 livres ; elle est aujourd'hui de 181,885 livres, et il
(f) Rapp. dusubdél., M. du Mesnil-Adelée (Arch., sér. C. no 387).
(2) Diaprés une pièce des Arch. de la Manche (sér. C, n" 560;, les paroisses où, en 1729, se fubriquait ■ depuis 25 ans t de la grosse quincaillerie étaient : Le Fresne, Sourdeval, St-Chri«(opbe, St-Jcan-des-Bois, le Grand et le Petit-Moulier, MesniUGibout, Yvrande, St-Cornler, St-Quentin et autres.
(3) Rapp. du subdélég., iup. cti.
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faut y ajouter les nombreuses taxes et contributions dont le total s'élève à 119.697 livres (i).
Tel était, d'après les rapports officiels, Tétat de la généralité de Caen, au commencement du ministère du cardinal de Fleury. L'intendant, comme conclusion de son Mémoire, se bornait à proposer l'établissement, dans les quatre principales villes de sa circonscription, de magasins ou greniers d'abondance, qui obvieraient à Tinsuffisance d^s récoltes et préviendraient les événements du genre de ceux qui étaient survenus en 1725 et années suivantes, M. de Vastan était encore, on le voit, sous l'impression des dangers auxquels son prédécesseur avait été exposé, Il se préoccupa bientôt des autres parties de son service. Il adressa, en 1732, ses observations au contrôleur général, qui y répondît avec un soin et une précision qui indiquent, chez les administrateurs de ce temps-là , une aptitude réelle et un sincère amour du bien public (2). Du reste, Ic^ Mémoires de 1727-1731 étaient encore, quarante ans plus tard, invoqués et consultés par le gouvernement. Nous les retrouverons.
(1) Voici, d'après le rapport du subdélégué (Ârch , toc, sup, n(.), la nomencluture de ces diverses taxes : capilalion des nobles — des ofliciers — des employés an contrôle des actes, — aux aid<*s — aux traites — des taillables; — ' taxes des fourrages et milices; S sous pour livre pour les hôpitaux— 1 soa pour livre en sus; — taxe pour la pépinière royale; — abonnement sur les huiles, — i suu pour livre en sus — droit de confirmation des usages,— 2 sous pour livre — 1 sou pour livre; — droit d'usage. — Sous la cole 277, on trouve uo tableau du montant de la taille, de 1710 à 1727.
(2) Arch., sér. C, n* 269. -^ La réponse du contrôleur général est du 18 mars 1733.
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