LA DESCENTE DE JÉSUS-CHRIST AUX ENFERS
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(Hbrdbii.)
Demandez-Yons où sont l'Enfer et le Paradis ? — Aq dedans de nons.
Les monuments du vi* siècle à Ravenne* — Despotisme et luxe. -—'Goût de la recherche et des complications. — Les Portraits de Justinien et de Théodora. — Révision du droit romain et du Credo, — Néces* site d'adoucir le dogme augustinieu : purgatoire, limbes des enfanls> limbes des pères. — Descente de Jésus-Christ aux limbes des pères* — Origine de cette légende. — Le Cheol des Israélites. — Le Cheol selon Esaïe. — La parabole du mauvais riche. — Le sein d'Abraham. — Passage obscur de l'épUre de saint Pierre. — Clément d* Alexandrie et Origène. — Dante met en paradis deux patens. — L'enfer vaincu.
— Mélanges des deux mythologies, païenne et chrétienne. — L'évangile de Nicodème. -^ Dialogue de Satan et d'Hadès. — Comment une figure de rhétorique devient un article de foi. — Rufin ajoute an Credo la Descente aux Enfers, — Ce dogme demeure incomplet. — Hérésie dans le canon de la messe. — Jean XXII, pape hérétique.— Le purgatoire et la vente des indulgences. — La Réforme inconséquente. — Luther et ses trois opinions. — Échappatoires de Calvin, Théodore de Rèze et autres. — Conclusion : abolir l'usage du Credo»
— Moyen : non une révolution radicale, mais l'enseignement, le progrès.
Pour voQS donner ane idée exacte et vive de ce qu'étaient à rorîgine les deux dernières additions qu'a reçues le Credo, le dogme de la descente aux enfers (1) et de la communiorK
(1) Ce dogme a été le sujet de bien des écrits; nous en mentionnerons seulement quelques-uns :
Un article de M. Nicolas dans la Revue de Théologie^ 3" série, t. III, p. 253. — Yoy. aussi ses Études sur les évangiles apocryphes^ 1866.
Un travail de !(. Maury, Histoire d'un évangile apocryphe^ réeem-
des Saints^ ce n*est pas dans notre capitale agitée et sans cesse changeante que je voudrais vous réunir. Il existe encore, en quelques localités écartées et peu nombreuses, des villes anciennes, qui, ayant eu leur jour dans l'histoire, mais n'ayant su en quelque sorte ni vivre ni mourir, subsistent à travers les siècles comme un mémorial toujours présent de ce qu'elles furent jadis; mémorial d'une haute valeur pour l'observateur réfléchi (1). Telle est Ravenne, antique ville, morne et mélancolique, depuis longtemps la même dans sa décadence immobile. Située sur la lisière d'une vaste forêt de pins, à quelques pas de la mer Adriatique, cette cité singulière fut la capitale de l'Italie pendant trois siècles et demi ; Constantinople était alors la capitale du monde, et Rome n'était plus que la seconde ville de Vexarchat de Ravenne. C'est là que je voudrais vous montrer le Bas-Empire se survivant en quelque sorte à lui-même dans tout on ensemble de monuments étranges et somptueux; les deux églises byzantines de Saiut-Âpollinaire, l'une dans les murs^ l'autre in classe, c'est-à-dire près du lieu où furent jadis le port et la flotte, mais d'où la mer s'est depuis longtemps retirée; une troisième église, celle de Saint- Yital, que rappellent en grand celle de Sainte-Sophie à Constantinople et la cathédrale d'Aix-la-Chapelle. Les murs de ces églises et des deux baptistères (anciens petits temples, l'un arien, l'autre orthodoxe^ spécialement destinés aux baptêmes), sont revêtus de mosaïques, parfois étincelantes d'or, et pour la plupart colossales; il en est une qui couvre les deux murs
ment révisé et augmenté dans la nouvelle édition de ses Croyances et Légendes»
Dielelmaier, Historia dogmatis de descensu J, Cad inferos, 2* éd., Àltorf, 1762.
Mamachi, De animabus justorum in sinu Ahrahœ anteChristi mor^ tem, Romœ, 1766, 2 t. 4°.
J. F. von Meyer, Der Hades, Francf., 18i0.
T. L. Kœnig, Die Lehre von Christi milenfahrt, Franf., 1842.
Waage, De œtate articuli quo in Symb. Ap. traditur J. C, ad inf desc. Havn., 1836.
Haag, Hist, des dogmes, I, 345, 477 ; II, 149 sq., 318.
(i) Voyez le Uen de 1863, octobre et novembre.