‹ Histoire du credoChapitre 15 sur 33 · LA DESCENTE DE JÉSUS GHBIST AUX ENFERS · texte numérisé non relu

LA DESCENTE DE JÉSUS GHBIST AUX ENFERS

répétait avec délices, le d&spote abhorré régnait encore, dans tout l'éclat de son pouvoir illimité et de ses vastes conquêtes.

« Le jour où Jéhovah t'aura fait reposer

De tes travaux, de tes tourments

£t de la lourde servitude qui te fut imposée,

Tu entonneras ce chant contre le roi de Babylone :

Eh quoi ! le tyran n'est plus.

L'oppression a cessé !

Jéhovah a brisé le bâton des méchants.

Le sceptre des dominateurs.

Qui frappait les peuples avec rage,

Frappait sans relâche.

Tyrannisait les peuples avec colère

Et persécutait sans cesse.

Toute la terre goûte une tranquille paix ;

Elle éclate en chants d'allégresse.

Les cyprès mêmes se réjouissent de ta chute

Avec les cèdres du Liban *, ils s'écrient :

Depuis que tu es tombé.

Nul ne monte pour nous abattre.

Dans les régions inférieures, le Cheol est troublé à cause de toi,

A cause de ton arrivée ;

11 éveille devant toi les ombres,

Tous les puissants de la terre ;

Il fait lever de leurs trônes tous les rois des nations ;

Tous ensemble prennent la parole pour te dire :

« Toi aussi, tu t'es évanoui comme nous ;

» Te voilà semblable à nous !

» Ton orgueil est descendu dans le Cheol

» Avec le son de tes lyres ;

» Ton lit est une couche de vers,

» Et ta couverture, des vermisseaux.

» Comment es-tu tombé des cieux,

» Astre brillant, fils de l'aurore ?

» Comment as-tu été renversé à terre, toi qui subjuguais les nations ?

» Tu disais en ton cœur : Je monterai aux cieux ;

» Au-dessus des étoiles de Dieu, j'élèverai mon trône ;

» Je ferai ma demeure sur le Mont de l'Assemblée,

» Aux extrémités du Nord ;

» Je monterai sur les hauteurs des nues,

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d8 HlSTOtM M CRBIX).

» Je serai semblable au Très-Haut...

» £t c'est au Gheol que te voilà descendu,

» Dans les profondeur de la fosse !

» Ceux qui te voient t'examinent,

» Te considèrent attentivement.

» Est-ce là l'homme qui ébranlait la terre,

» Faisait trembler les royaumes,

» Réduisait le monde en désert,

» Rasait les villes

))^Ët ne relâchait pas ses prisonniers (1)?»

C'est dans cet admirable texte qu'au lieu de Nabucbodonosor on a cru voir Satan précipité des cieux avant la création du monde, et c'est de là que lui est venu le nom de Lucifer, parce que le poëte compare le puissant ennemi d'Israël qui va tomber du faîte des grandeurs dans le Cheol, à l'étoile du matin, seule resplendissante dans la voûte céleste au moment do point du jour.

Vous le voyez : déjà dans ce merveilleux poëme, le Cheol venge les victimes et humilie les superbes. Peu à peu, avec le temps, l'idée monle se précisa davantage, et les Israélites, comme les Grecs et bien d'autres peuples, se représentèrent les régions inférieures ou infernales (deux mots alors synonymes) comme divisées en deux parties (2). Attendu que l'idéal de la souffrance corporelle pour les peuples du Midi et de TOrient, c'est l'extrême chaleur et le feu, ils se figurèrent les méchants dans un brasier inextinguible (3), et cx)mme, pour ces races

(1) Esaïe, xiv, 3-17. (Version nouvelle de la Bible, par une réunion de pasteurs et de ministres des deux églises nationales de France. — Paris.)

(2) Virgile place le Tartare et les champs Êlysées aux extrémités de deux routes qui se rejoignent :

« Hic locus est, partes ubi se via findit in ambas. » Dextera, que Ditis magni sub mœnia tendit i » Hâc iter Elysium nobis : at lœva malorum » Ëxercet pœnas, et ad impia Tartara mîttit. »

(.EweiV/.,l. VI, V. 540 sq.)

(3) Tandis que l'enfer de certains peuples du Nord est l'empire de la glace éternelle et d'une bruine impénétrable aux regards.

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