‹ Histoire du credoChapitre 25 sur 33 · PROPAGATION DU CREDO · texte numérisé non relu

PROPAGATION DU CREDO

controàvés, étrangers à la lettre de TÉvangile et directement opposés à son esprit.

Dès lors, rÉglise a achevé sa dogmatique ; elle peut se dire catholique^' non dans le sens primitif et universel du mot, mais dans son sens spécial, dans son sens sectaire. Il ne lui reste plus que la hiérarchie à faire triompher pour imposer h la chrétienté son nom de romaine. Quant à son titre d'apostolique, elle y avait perdu tout droit, à moins qu'il signifiât simplement que les apôtres avaient fondé une Église très-disiincle de ce qu'elle est devenue depuis.

Mais il ne faut pas croire que le Credo, ainsi terminé vers l'an 550, fût immédiatement accueilli partout. Bien s'en faut, et c'est sur sa réception difficile et contestée dans certaines Églises, c'est sur l'éloignement invincible dont il fut d'ailleurs l'objet que je dois encore appeler aujourd'hui votre attention.

I. — En réalité, malgré les prétentions contraires de l'Église romaine, la plus ancienne, la première en date de toutes les Églises de la chrétienté, c'est celle de l'Orient. Le christianisme, né sous les pas de Jésus en Galilée, baptisé de son sang sur le Calvaire, constitué en Église à Jérusalem par les apôtres, se répandit d'abord en Samarie, puis à Antioclie, et dans tous les principaux centres de l'Asie ancienne, avant de pénétrer avec saint Paul en Macédoine, à Athènes^ et d'apparaître à Rome. Quand l'empire^ sous Constantin, se fit chrétien, le christianisme, gravement altéré, s'établit à Byzance; Rome resta longtemps la rivale païenne et vaincue de Constaiitinople chrétienne et triomphante. Bien avant que notre Credo fût complet ou généralement admis dans l'Occident, l'Église orientale en avait promulgué beaucoup d'autres aux conciles de Nicée (325), de Sirmium (357 et 359), de Constantinople (381). Cette Église n'a jamais péri tout entière, elle est devenue l'église russo-grecque^ qui s'est donné à elle-même le nom d'orthodoxe et qui n'a jamais adopté le d^edo catholique. Quelques personnes distinguées appartenant à celle Église ont cru que je m'étais trompé en annonçant ce fait dans l'introduction de cette histoire; elles m'ont fait l'honneur de m'envoyer un exemplaire de la liturgie actuellement en usage dans

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toute rÉglise de Russie, pour me déinonlrer le coQtraire. Cet exemplaire môme prouve surabondamment ce que j'avais affirmé; le Credo qu'il renferme est très*connu sous le nom de Symbole nicéno-conslantinopolitain. Les différences entre ce symbole et celui du catholicisme sont nombreuses, variées et fort importantes. Il est plus ancien que celui des catholiques, plus long, plus dogmatique. Il commence par les mots : Nous croyons, et n'a jamais porté le tilre latin de Credo, L'esprit byzantin l'a subtilisé; les complications théologiques y tiennent plus de place. Jésus y est déclaré fils unique de Dieu, engendré par le Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non créé, consubstantiel au Père, et par qui tout a été fait. L'article du saint-esprit n'est pas réduit à un seul mot comme dans le Credo romain. Le saint-esprit y est appelé le Seigneur, le vivificateur qui procède du Père (1), et qui doit être adoré et glorifié avec le Père et le Fils.

D'un autre côté, ce symbole si compliqué ne contient ni la descente aux enfers, ni la communion des saints, ces deux dogmes n'étant pas encore en vogue quand le Credo nicénoconstaniinopolitain fut décrété. Il est entièrement exempt de ces deux superstitions. Enfm, quant à la résurrection de la chair, elle ne s'y trouve pas en propres termes; il est dit seulement : Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Supérieur au Credo catholique en ce qu'il fut rédigé avant le développement des erreurs les plus grossières qui ont pénétré dans celui-ci, mais plus chargé encore de subtilités dogmatiques, le Symbole russo-grec, on le voit, diffère essentiellement du nôtre.

C'est du Symbole de Nicée et non du Credo romain que les conciles d'Éphèse (act. 6) et de Ghalcédoine (act. 2) oiit dit : «Telle est la foi véritable; telle est la foi sainte; telle est la foi éternelle. C'est en cette foi que nous avons été baptisés ; c'est en elle que nous baptisons. » Quant aux liturgies de l'Église d'Orient, elles ont été tracées pour la première fois par saint

(i) Et non, comme renseigne l'Égliso romaine, du Père et du Fils, article qui a donné lieu à des luttes terribles et au schisme d'Orient.

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