‹ Histoire du culte des divinités d'Alexandrie. Sérapis, Isis, Harpocrate et Anubis, hors de l'Égypte depuis les origines jusqu'à la naissance, de l'école néo-platonicienneChapitre 12 sur 63 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

(2) Serv., Ad Æn.,. IV, 609.

(3) hilaria. Philocal. Comm. diurn., p. 406, col. 2.

(4) « Cœna Serapiaca, » Tertull., I, 474.

(5) C(ircenses) M(issus) XXIV, Philocal., I. c.

(6) C. 1. G., 2416 b. Les inscriptions mentionnent encore des Xapp.6auva ,Icri- 6o;, à Cius, en Bithynie (Foucart, Associations religieuses, p. 118, inscript. 66, ligne 12), et une procession accompagnée d'une quête, à^ep^oç, à Samos ( Bulletin de correspondance hellénique, 1881, p. 484).

(7) X, xxxii, 13.

(8) Sur ce temple, v. Le Bas et Waddington, IIIe partie, inscript., n°* 822 à 826, et ici, pag. 37, n. 1.

LE CULTE

riches offraient des bœufs et des cerfs (1), les autres des oies (2) et des pintades; mais les prêtres ne voulaient ni porcs, ni moutons, ni chèvres. On brûlait les victimes dans le sanctuaire, après les avoir enveloppées dans des bandelettes de lin ou de byssus, suivant la coutume égyptienne. On portait en procession tout ce qu’on avait sacrifié, et tandis que les uns jetaient les victimes dans le sanctuaire, les autres mettaient le feu aux baraques qui étaient devant et se retiraient en toute bâte.

En somme , comme on le voit par le récit de Pausanias aussi bien que par le témoignage des calendriers (3), le culte alexandrin avait, dans tout l’empire, deux grandes fêtes, qui coïncidaient avec les changements de saisons. Mais ce n’étaient sans doute pas les seules occasions où les isiaques se montraient à la multitude. A Rome, ils sortaient quelquefois en procession ; car ils avaient élevé sur le chemin qu’ils devaient parcourir de petites chapelles où ils faisaient des stations (4). Il en était de même à Arles (5). C’était un prétexte de plus pour donner au peuple le spectacle toujours bienvenu d’une pompe religieuse.

Le culte alexandrin, libre et vénéré dans ses temples, respecté sur la voie publique, réussit à se glisser dans la famille. Ses dieux sont identifiés avec les Lares. Comme tels, ils prennent en Occident le titre d’Augustes, qui depuis le premier des empereurs désigne les divinités du foyer (6). A Pompéi (7), à Rome (8), leurs images se voient sous des niches, dans des édicules qui ont servi de laraires. Ils y recevaient les hommages qui s’adressaient d’ordinaire aux protecteurs de la vie domestique. Sur une peinture d’Herculanum , à côté d’une figure d’Harpocrate , on lit cette inscription : « Le génie de ces lieux (9). » Le grand nombre

(1) V. Preller, Berichte der h. Sachs. Ges. d. W. z. Leipzig , 1854, p. 197, taf. IX et X.

(2) "V. notre Catal., n° 13.

(3) V. encore. C. 1. Alt., t. III, n° 77, ligne 4.

(4) « Pausæ. » C. 1. L., VI, 348, et Add., 3692. V. ici, chap. VIII.

(5) Orelli, 5835.

(6) V. les index du Corpus, YEphemeris epigraplnca , vol. IV, n° 486; la Revue épigraphique du midi de la France, 1880, n° 167.

(7) V. notre Catalogue, n°‘ 216, 217, 220.

(8) Ibid., n° 229.

(9) Ibid., n° 224.

d’amulettes (1) qui nous sont parvenues est encore une preuve que les dieux alexandrins accompagnent partout ceux qui ont foi en leur puissance.

Bref, au second siècle, il. n’est rien qui échappe à leur empire. Il est à peine' nécessaire de faire remarquer combien leur culte , tel que nous venons de le dépeindre, ressemble peu à celui que les Romains rendaient à leurs divinités nationales. Nous avons tâché que les faits parlassent d’eux-mêmes , grâce à l’ordre dans lequel nous les avons classés et présentés. On peut caractériser le culte alexandrin d’un seul mot, en disant qu’il fait de l’adoration de la divinité la principale ou plutôt la seule occupation de l’homme. Quoiqu’il procède directement des mystères grecs , il exalte beaucoup plus encore le sentiment religieux; il multiplie les occasions où l’imagination, excitée par de pieux spectacles, se transporte d’un bond dans des régions inconnues; il établit entre ce bas monde et les sphères surnaturelles une communication continue, incessante. Il soumet ses adeptes à une telle discipline, que, pour eux, la grande affaire de chaque jour, dans la vie présente, est de se préparer à la vie future.

(1) Ibid,., section VIII.

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