C. I. L., III
(8) Orelli, 457.
(9) Brambach, lnscr. Rhen., 285a, 330, 1541, 1617. Nous ne mentionnons que pour mémoire une inscription soi-disant trouvée en Hollande (Brambach, p. 359. Orelli, 1894) et qui a été reconnue comme fausse.
(10) Germanie, IX.
(11) V. les sources indiquées par M. Geffroy, dans son volume intitulé : Rome et les Barbares (1874), pag. 128 et suiv. Ajoutez-y Zehetmayer, Nerthus , Isis, Nehalennia. Bldlter für die Bayer. Gymnasialschulwes. , XVII, 4 h., p. 170, 172 (1881).
proches parentes de celle-là et présentant le même caractère, Freya et lord, étaient adorées dans une île de l’Océan, que l’on croit pouvoir identifier avec la danoise Séeland; le navire figurait parmi les attributs de lord. D’autre part, les inscriptions (1) attestent que l’Isis alexandrine fut connue en Germanie aussi bien que Sérapis. Mais il ne semble pas qu’il y ait là une difficulté insoluble et qu’on doive désespérer de concilier les deux opinions. La divinité que les soldats et les marchands introduisirent dans les établissements fondés après la conquête, comme Cologne, par exemple, fut confondue de parti pris avec l’antique idole delà population vaincue. C’est ainsi que, dans le Norique, Isis Auguste ou Myrionyme a été mise en rapport avec une divinité locale, à laquelle les Romains donnaient le nom de Noreia, tiré de celui du pays lui-même (2). Elle représentait donc, à l’époque impériale, dans certaines provinces , quatre panthéons greffés successivement les uns sur les autres. On conçoit que, lorsque l’histoire des religions n’avait pas encore porté la lumière dans des questions aussi embrouillées , les savants aient eu de la peine à démêler l’origine de cette déesse égyptienne, adoptée par les Grecs et introduite par les Romains dans la mythologie germaine.
Si nous jetons maintenant un coup d’œil sur le chemin que nous venons de parcourir, nous voyons que les dieux alexandrins ont pénétré aussi loin que les empereurs ont étendu leur domination. Déjà, sous Néron, Lucain (3) constatait en gémissant que toutes les nations leur rendaient un culte. Plutarque assure qu’ils sont communs à tous les hommes et que leurs noms seuls sont nouveaux (4). D’après Lucien, peu s’en faut qu’il ne reçoivent plus d’honneurs que tous les autres dieux (5). Enfin le curieux dialogue de VOctavius, que Minutius Félix a composé pour la défense du christianisme, montre mieux que tout le reste quelle place ils occupaient, à la fin du second siècle, dans la religion romaine. C’est, en effet, à l’occasion de l’un d’entre eux que s’élève le débat entre l’avocat du paganisme et l’apologiste chrétien. Le premier, en se promenant dans Osties, a fait un geste d’adoration devant une statue de Sérapis. Son compagnon s’est récrié aussitôt et la discussion s’est engagée. Ce qu’il y a de piquant dans la
(1) V. encore notre Catalogue , n° 104. Mais ce monument pourrait bien provenir d'Italie.
(2) V. C. I. L., III, 4806 à 4810.