‹ Histoire du culte des divinités d'Alexandrie. Sérapis, Isis, Harpocrate et Anubis, hors de l'Égypte depuis les origines jusqu'à la naissance, de l'école néo-platonicienneChapitre 22 sur 63 · RÉGION V (ESQUILLE · texte numérisé non relu

RÉGION V (ESQUILLE

L’Isis Patricia (1), honorée dans le quartier de l’Esquilin, ne peut être cherchée hors du Yicus Patricius (2). Cette rue est précisément une de celles que l’on connaît le mieux (3). On s’accorde, en général, pour la placer sur la pente delà colline qui regarde le Viminal, derrière Sainte-Marie Majeure, aux environs de Sainte- Pudentienne et de la Via Urbana actuelle (4).

On a même espéré quelque temps pouvoir arriver à plus de précision (5). Jusque vers la fin du seizième siècle subsista dans l’enceinte du monastère de Saint-Antoine la basilique dédiée à l’apôtre André par le pape Simplicius. A partir de cette époque , elle fut peu à peu abandonnée et dépouillée de ses ornements. Parmi ceux qu’on lui enleva se trouvaient deux ouvrages de l’art païen appartenant au genre dit opus sectile marmoreum. C’étaient deux tables d’incrustations de marbres et de verres de diverses couleurs , représentant l’une l’enlèvement d’Hylas , l’autre un triomphe. Au-dessous de ces tableaux étaient figurées , par le même procédé, des tapisseries dont la bordure portait des personnages égyptiens disposés à la file dans des attitudes et des costumes qui semblaient convenir à quelque cérémonie sacrée. L’étude de ces monuments donna à penser que la basilique de Saint- André, dont ils avaient orné les murs latéraux, avait dû, à l’origine, servir au culte d’Isis; et plus d’un juge compétent l’identifia avec le temple que mentionnent les régionnaires (6).

(1) Notit. et Curios., reg. V, 12. Jord., Topogr., II, p. 548.

(2) Jord., ibid,., p . 128.

(3) Id., ibid., p. 593.

(4) Becker, p. 526, 531, 535.

(5) De Rossi, Bullet. archéol. chrétienne, 1871, p. 5.

(6) De Rossi, l. c., p. 19. — Ces deux tables furent transportées, au dix-septième siècle, dans le palais voisin des Quatre Fontaines , qui appartint successivement aux cardinaux Massimi , Nerli et Albani. Encore aujourd'hui elles

LES TEMPLES ALEXANDRINS DE ROME

.Mais M. de Rossi a montré la fausseté de cette opinion. Les figures égyptiennes n’ont aucun rapport avec l’attribution de l’édifice. Ces dessins , qui enrichissaient les produits de l’industrie alexandrine, et surtout les tapis, étaient fort estimés et répandus chez les Romains de l’empire. C’est une de ces tentures exotiques qui pend ici sous le sujet principal. Au reste, des témoignages d’une valeur indiscutable nous apprennent que la basilique dédiée à saint André avait été construite vers 317 par Junius Bassus en souvenir de la victoire remportée par Constantin sur Maxence, et, bien qu’on ne sache pas au juste quelle en fut la destination primitive , il est certain que ce n’était pas un Isium.

Les deux tables n’en conservent pas moins un grand intérêt en elles-mêmes, tant à cause de la rareté des ouvrages de ce genre (1) qu’à cause du sens renfermé dans les scènes religieuses qui se déroulent sur la bordure des tapisseries. Il serait utile d’en chercher l’explication. Remarquons aussi que parmi ces marbres, vu la diversité extrême des sujets, une partie peut provenir d’un édifice antérieur à la basilique de Bassus , dans lequel des représentations empruntées au culte égyptien auraient été plus à leur place.

Il nous suffit d’avoir indiqué que la topographie ne peut en être éclairée. Le temple d’Isis Patricia a dû s’élever dans les environs immédiats de Sainte-Marie Majeure, mais non dans l’enceinte du monastère de Saint-Antoine.

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