RÉGION IX (CIRCUS FLAMINIUS
iseum et serapeum ( Notitia et Curiosun).
Sur tout l’espacequi s’étendentre le Corso, la Via delSeminario, le Panthéon et S. Stefano del Cacco ont été exhumées à diverses époques des antiquités égypto-romaines, que nous allons essayer de classer en suivant l’ordre topographique.
Un cynocéphale de marbre, appelé par le vulgaire Cacco, aurait donné à l’église le surnom qu’elle garde encore. Tiré du milieu des fondements, il resta près de là sur le sol jusqu’en 1563. A cette époque, il fut transporté au Capitole (5).
(1) Clarac, Musée de sculp., t. II, lr< part., p. 162.
(2) Tous ces faits ont été exposés dans notre première partie , chapitre III.
(4) V. encore C. I. L. , VI, 2234, et Bullet. arch. comun. di R., 1880, p. 9.
(5) Nardini, Roma antica, VI, 9. Martinelli, Roma ex ethnica sacra, p. 309. Nibby, fl., part, mod., t. I , p. 725. Marangoni, Cose gentilesche delle chiese di R., p. 58-59.
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Sous Pie IV, et la même année sans doute , furent aussi enlevés deux lions en basalte qui avaient été laissés jusque-là sur la place, devant l’église, et qui devaient avoir la même origine que le cynocéphale. Ils furent posés de chaque côté de l’escalier du Capitole, où ils servirent de fontaines pendant longtemps et lancèrent de l’eau par la gueule (1).
Sous l’église même, des fouilles entreprises du vivant de Flaminius Yacca (2) découvrirent en partie un temple, dont les colonnes de jaune antique étaient encore debout. Mais quand on voulut les prendre on s’aperçut qu’elles avaient été gâtées par un incendie et elles tombèrent en morceaux. On recueillit plusieurs autels sur lesquels étaient sculptés des béliers portant des ornements au cou. « Il n’est pas douteux, ajoute le même auteur, qu’il n’y ait, sous cette église, de grandes choses. »
De S. Stefano viennent encore :
Une petite colonne en marbre portant l’inscription : Ad 'HMw ^apamSi (3).
Une autre inscription, gravée en l’honneur d’Antinoüs par les soins du prophète M. Ulpius Apollonius (4).
Au temps de Pogge (5), un propriétaire, en faisant planter des arbres entre S. Stefano et la Minerve , trouva une statue antique du Nil; mais importuné par les visites qu’elle lui attirait, il la fit recouvrir de terre. Comment l’enleva-t-on de là par la suite? C’est ce que l’on ignore. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’en 1523 elle était au Belvédère (6) et qu’à côté d’elle on y admirait une statue analogue et de même provenance représentant le Tibre. Flaminio Yacca (7) ajoute une indication plus précise encore : « J’ai entendu raconter par mon père, dit-il, que dans la rue voisine de la Minerve, qui va à l’Arc de Camille, on avait trouvé le Tibre et le Nil du Belvédère dans une maison où le Nil est aujourd’hui peint en clair-obscur sur la façade ; on a voulu peutêtre montrer par là qu’ils avaient été trouvés en ce lieu. » Les deux statues furent cédées à la France en 1796 par le traité de Tolentino. En 1816, la première revint à Rome, où on la voit
(1) Flaminio Vacca dans Fea, n° 27.
(2) Id., ibid.
(5) De variet. fortun., p. 12, éd. de 1430.
(6) And. Fulvius, II, 148.
(7) N° 26, dans Fea, Miscell., p. 66.
dans la galerie du Braccio Nuovo; l’autre est encore à Paris au Musée du Louvre (1).
On signale encore :
A Santa Maria in Yia Lata , une inscription très importante, qui mentionne les chanteurs du temple de Sérapis (2).
Au coin du Collège romain , près de la maison Silvestrelli et de l’emplacement de l’Arc Camillano, l’inscription grecque du Corpus n» 6006, et aussi, suivant M. de Rossi (3), len° 6007, que nous avons déjà cité comme trouvé un peu en deçà.
Dans la ruelle qui aboutit au chœur de Santa Maria sopra Minerva, maison Silvestrelli, un chapiteau et une base de colonne de style égyptien, une colonnette de granit et des degrés conduisant à unë area entourée d’une espèce de petit canal (4).
Maison Tranquilli, dans la même ruelle, une colonne de granit rose, autour de laquelle est sculptée, eu relief assez élevé, une procession isiaque qui a le caractère de l’art égypto-romain, une vache en granit, mutilée, quetette une très petite figure agenouillée. On y lit, en hiéroglyphes peints en rouge, la formule : « Comme le soleil, à toujours ». Une statue agenouillée, naophore, portant des hiéroglyphes de la XXVIe dynastie (saïtique). Une stèle d’un style très barbare qui semble égypto-romain. Un sphinx en granit, sur la poitrine duquel est gravée en hiéroglyphes d’un bon style la formule : « Royale offrande au soleil, dieu bienfaisant, seigneur des deux régions » et dans un cartouche : « Soleil stabiliteur du monde » (Ré men to), prénom de Thouthmès IV, qui se lit avec le nom de ce roi sur l’obélisque de Saint- Jean de Latran (5).
Entre S. Ignazio et S. Stefano, un autel isiaque orné de figures en relief, trouvé en 1719, en creusant les fondements delà bibliothèque Casanatense (6).
Devant l’église de S. Mauto ou S. Macuto (7), on voyait encore, à la fin du seizième siècle, « dressé tant bien que mal sur quelques pierres, » un petit obélisque en granit rose, couvert d’hiérogly-
(1) Clarac, Cat,, n. 249, Musée, pl. 338, 1818, et pl. 176,254. Frohncr, Sculpl. ant. mus. Louv., n° 449.
(3) Bullet. insl. corr. arch., 1853, p. 145.
(4) Annal., ibid., 1852, p. 348, tav. agg. V.
(5) Bullet., ibid., 1856, p. 180-182.
(6) Oliva, Sopra un’ ara isiaca. Roma, 1719.
(7) Nibby, Borna, part, mod., t. I, p. 316.
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phes (1). Sous Clément XI il fut transporté devant le Panthéon; il y est encore aujourd’hui; mais il est toujours connu sous le nom d’Oheliscus Mahutæus. C’est un monument de Ramsès III. Les hiéroglyphes signifient, d’après une traduction latine, que nous reproduisons textuellement (2) :
« Haroeris fortis, veritatis amicus (dilectus a Sole, Ammonis » amicus, Ramsès) fundamentum in regia institutione una simul » vident. Dominus utriusque Ægypti , Sol custos veritatis a Sole » dilectus.
» Haroeris fortis, filius Athmù .... ædificia plurima .... ædifi- » cium in urbe Heliopoli Dominus diadematum, amicus Ammo- » nis, Ramsès.
» Haroeris fortis, dilectus Solis .... princeps solemniorum con- » ventuum, sicut Sol, in throno Athmù Dominus diadematum, » amicus Ammonis, Ramsès, quem Sol duplicis regionis diligit.
» Haroeris fortis, veritatis amicus, filius primogenitus Phrè, » devotus ipsi, excelsus Dominus utriusque Ægypti, Sol custos » veritatis, dilectus a Sole. »
Ungarelli assure que cet obélisque et celui de la Villa Mattéi faisaient la paire. En effet, outre qu’ils sont tous deux de la même époque, il est à remarquer qu’un fragment (3), qui a pu faire partie de l’obélisque Mattéi, est resté jusqu’au temps de Kircher devant la porte de derrière du Collège romain. Toutefois, il est difficile d’admettre que l’obélisque Mattéi provienne du Sérapéum. Car il était d’abord, comme on sait, au Capitole, dans le jardin de l’Ara Cæli, et le fragment, à supposer qu’il en ait réellement fait partie, — ce qui est douteux, — a pu plus aisément être porté pendant le moyen âge du Capitole au Champ de Mars, que l’obélisque n’a pu l’être du Champ de Mars au Capitole. Mais il est fort possible que le fragment provienne d’un troisième obélisque de l’époque de Ramsès III, qui aurait fait la paire avec celui de S. Mauto.
Dans le jardin du cloître des Pères dominicains de la Minerve fut trouvé un obélisque en 1665 (4). Il s’élève, depuis 1667, sur
(1) Mercati , Gli obelischi di Borna, 1589, p. 264-5.
(2) Ungarelli, lnterpr. obelisc. Urbis, p. 119, tab. III.
(3) Il fait aujourd’hui partie d'un obélisque composé de pièces et de morceaux, donné en 1737 à la ville d’Urbin par le cardinal Annibal Albani. On peut en voir la description dans Kircher, Œdip ., t. III, p. 382, et l’histoire dans Ungarelli, p. x, note 2.
{4) Aldroandi , 37. Kircher, Interpretatio obelisci nuper reperti, 1666.
la place de la Minerve, porté par un éléphant de marbre, sur le dos duquel le Bernin l’a dressé. C’est un monument du roi Hophré ou Apriës (569-550 av. J.-C.) de la XXVIe dynastie (saïtique). On y lit, gravée en hiéroglyphes, la légende suivante :
« Haroeris coruscans, præstantem faciens utramque Ægyptum, » filius Solis ex eo prognatus, a quo diligitur Hophre, dilectus » Neith, quæ in parte terne viventium moratur, vitæ largitor si- » eut Sol in perpetuum.
» Haroeris lætificans cor rex , dominus superioris atque infe- » rioris Ægypti, dominus virtutis, Sol lætificans cor, dilectus » Athmù dei magni, qui residet in regione inferiori, vitam tri- » buens ad instar Solis in perpetuum.
» Haroeris lætificans cor, rex dominus superioris et dominus » inferioris Ægypti, dominus virtutis, Sol lætificans cor, Athmù » deus magnus, qui in parte terræ viventium moratur, ilium » diligit (redditque) datorem vitæ, si-cuti est Sol in perpe- » tuum.
» Haroeris splendens qui florentem facit utramque Ægyptum, » filius Solis, ex eo prognatus (et) a quo diligitur Hophre, dilec- » tus Neith .... in regione boreali , largitor vitæ sicut Sol in per- » petuum (1). »
Cet obélisque a pu avoir, lui aussi, un pendant. Kircher (2) parle de deux fragments servant de pierres angulaires, l’un à la maison d’un pharmacien près de Saint-Ignace, l’autre à une maison voisine du Collège romain et du palais Salviatini , dans la rue qui va au Corso. Ungarelli (3) a reconnu, dans le premier tout au moins , un monument du roi Apriès de la XXVIe dynastie ; il le regarde sans hésitation comme ayant fait partie d’un obélisque jumeau de celui de la Minerve.
Dujardin des Pères dominicains, on a tiré, en outre :
Au dix-septième siècle , une Isis de basalte , achetée par le cardinal de Massimi , « et quelques fragments qui restèrent dans la cour des religieux (4). » Cette statue, dont Santi Bartoli ne donne pas une description plus détaillée et dont il n’est plus fait mention parmi celles qui ont appartenu aux Massimi , doit être identique cà une Isis en basalte qui fut transporté à Versailles
(1) Ungarelli, ouv. cité, p. 133.
(2) I.oc. cil.
(3) Page x, note 2. Le fragment est encastré dans l’obélisque d’Urbin.
(4) Santi Bartoli, 112. Dans Fea, p. ccuv.
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sous Louis XI Y (1), puis au musée du Louvre (2). Celle-ci représente la déesse debout, vêtue d’une robe que recouvre un manteau noué sur la poitrine. Restaurations : la tête et les deux bras. Les proportions en sont colossales : 2m,49.
En 1635, sous le même couvent et du côté de la rue du Séminaire, on trouva, dans des travaux de réparation, une statue d’Osiris en basalte , que les dominicains donnèrent au cardinal Antoine Barberini (2).
En 1642, on üt, au même endroit, une découverte importante. On en a conservé le souvenir grâce à un ami éclairé de l’antiquité, dont nous avons déjà eu occasion de parler, grâce au chevalier Cassiano dal Pozzo. On a retrouvé au milieu de ses papiers (3) la note suivante : « Dans le bâtiment neuf du couvent des Pères dominicains, à la Minerve, on trouva, non seulement une statue d’Isis (4) et une autre d’Osiris (5) en marbre d’Egypte, mais encore, en creusant le sol de la cave, du côté qui regarde l’église des Bergamasques (6), un pavé antique de dalles de pierre sur lesquelles étaient gravées des figures et des hiéroglyphes égyptiens ; il formait le carré tout autour d’une chambre, dont une mosaïque de pierre ornait le milieu. Mais ce pavé, ainsi que les figures en creux qui, par endroits, portaient encore des traces de peinture, était tout retourné sens dessus dessous, et, lorsqu’on vint à creuser pour l’enlever, on s’aperçut qu’il avait été brûlé et notablement endommagé par le feu. Néanmoins on le retira, et un frère lai, nommé Vincent, le fit transporter, comme tous les objets que l'on trouve sous terre, dans une chambre du rez-de-chaussée, pour voir s’il serait possible de le recomposer. De plus , on recueillit une main en marbre de Paros , fort belle ; un fragment de statue en marbre d’Afrique, égyptienne aussi, endommagé par le feu, et un tronçon de colonne sur laquelle des raies formaient mille détours capricieux. Je dois d’avoir vu ces curiosités antiques de la Minerve au Père Réginald Lucarino, qui vint en rendre compte chez moi à mon frère et nous conduisit sur les
(1) Ciampini , Yetera monum., t. I, p. 34. Clarac, Mus. de sculpt., pl. 30?, n. 2586. T
(2) Donato Aless., Borna vêtus ac recens (1638), lib. I, p. 80.
(3) Publiés par M. Lumbroso. V. plus haut. L’original est en italien.
(i) Quelle peut être cette Isis trouvée avant 1642? Elle n’est probablement pas distincte de celle de Santi Bartoli et de celle de Ciampini.
(5) Celle du cardinal Barberini.
(6) S. Bartolommeo dai Bergamasehi est l’église que l’on appela plus tard S. Mauto. V. Nibby, Borna, parte mod., t. II, p. 316.
lieux pour voir le tout, et ce fut dans la matinée du 30 mars 1642 (1). » C’est peut-être une des dalles exhumées à cette époque qui a subsisté jusqu’aux derniers travaux de restauration, encastrée dans le pavé du cloître de la Minerve. On y voyait , gravées en creux , des fleurs de lotus ou de papyrus. Mais on ignore ce qu’elle est devenue (2).
On en a trouvé d’autres récemment sur la place du Panthéon , à l’entrée de la via de’ Pastini, à la profondeur de lm,70. Elles sont en granit égyptien et d’une épaisseur de 0m,05. Elles reposaient sur un fondement en pierres sèches, dont on n’a pu déterminer les limites , vu le peu d’étendue de la fouille. Leur plan est de lm,19 au-dessous du niveau de Y area du Panthéon (3).
A la fin de 1874, des fouilles, entreprises par la surintendance royale, ont amené au jour un bas-relief, qui avait été retourné et encastré dans les marches qui conduisaient au portique du Panthéon. C’est le morceau d’angle d’un entablement (L., lm,92 ; H., 0™,75). Sur la frise sont sculptés des lions affrontés qui boivent dans un même vase ; c’est le symbole du Nil. Le retour de la frise représente deux éperviers , symbole de la divinité chez les Egyptiens, et entre eux un caducée, symbole ordinaire d’Anubis. M. C. L. Visconti suppose que ce fragment, étant de petites dimensions, a fait partie d’une édicule placée à l’entrée du Dromos , qui conduisait au Sérapéum (4).
Entre la Minerve et le Panthéon furent trouvés, en 1448, deux lions de basalte (5) que l’on plaça d’abord devant le Panthéon lui- même. Plus tard, on les transporta à la fontaine de l’Acqua Felice. Ils en ont été enlevés et on les a fait entrer au musée du Vatican. Ce sont deux ouvrages du règne de Nakhtnébew ou Nectanébo (375-363 av. J. -G.) (6). Sur le piédestal qui les supporte est gravée une légende hiéroglyphique.
A cette liste déjà longue il faut ajouter un certain nombre de fragments que signalent plusieurs auteurs sans en indiquer précisément la provenance. Ainsi, Bellonius(7) écrit: « Sunt et Romæ obelisci plures, sed longe minores, quorum alii humi prostrati
(1) Memoriale , Naples, Bib. nat., cod. V. E., 10, dans Lumbroso , pî 53.
(2) Bullet. arch. comun. di R., 1876, p. 98, note 4.
(3) Pietro Rosa, Scoperte archeologiche , 1871-72, p. 73-74.
(4) Bullet. arch. comun. di R., 1876, p. 92, et tab. XIV et XV, fig. 3 et 4.
(5) Flaminio Vacca , n° 35. V. un dessin dans Kircher, Œdip. , t. III, p. 463 , 464.
(6) Letronne, dans l 'Acad, des inscr. et b.-l ., t. XVII, p. 65.
(7) Commentarius de admirabili operum antiquorum præstantia , lib. I, c. 8.
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post templum Minervæ jacent , alii adhuc erecti stant post Panthéon.... Nuper , cum Romæ essem tempore Pauli III P. M. (1) duo admodum parvi terrâ effossi sunt. » Que sont devenus ces monolithes? c’est ce que Zoega (2) ne savait déjà plus. Il rapporte en ces termes une opinion vague qui avait cours de sou temps : « Fert quoque rumor sepultos jacere obeliscos in fundamentis Cœnobiorum S. Mariæ supra Minervam et S. Stephani de Gaco ; sed frustra adlaboravi ut certior fierem de re, cujus nulla prostat memoria litteris mandata. »
Kircher (3) parle aussi d’objets divers trouvés à la Minerve et qu’il conservait dans son musée : « Ingens antiquitatum ægytiacarum copia, quæ, dum hæc scribo, ex ruderibus loci effossa est, quarumque non exiguam partem in meo Museo spectandam exhibeo. » Il cite (4), entre autres, un morceau de vase couvert d’hiéroglyphes dont il donne le dessin.
On ne sait pas sous quel prince a été construit le grand sanctuaire dont nous venons de passer en revue les vestiges. Mais ce que les historiens nous apprennent des vicissitudes du culte permet d’affirmer qu’il ne fut pas ouvert au public avant le principat de Caligula. Ce fut là sans doute qu’après la défaite des Juifs, Vespasien et Titus passèrent la nuit qui précéda leur triomphe, et de là que partit leur cortège, dans la matinée de ce jour solennel, pour se diriger vers le portique d’Octavie (70 ap. J. -G.) (5). Josèphe dit simplement le Temple d'Isis , sans faire mention de la région ; il se pourrait aussi bien qu’il voulût parler de celui de la IIIe. Mais le sanctuaire de la IXe région était le plus important de tous, et l’on s’accorde, en général, pour y rapporter les passages des auteurs qui ne contiennent pas d’indications plus précises. En 80, il fut la proie d’un incendie, ainsi que les Septa Julia, le temple de Neptune, les Thermes d’Agrippa et le Panthéon (6). Domitien le restaura (7). Depuis lors, il jouit d’une vogue extraordinaire ; Juvénal (8) le dit assez lorsqu’il raille les femmes qui vont répandre pieusement de l’eau du Nil dans le
(2) Obelisc., sect. II, c. 1 , g 12.
(3) Œdip., t. III, p. 384.
(4) Ibid.
(jj Josèphe, Guerre de Judée, VII, 17.
(6) Dion Cassais, LXVI, 24.
(7) Chron. Vienn., 8, dans Jordan , Topogr ., t. II, p. 32.