‹ Histoire du développement du droit romainChapitre 16 sur 53 · LIV. I · texte numérisé non relu

LIV. I

De par son essence, la puissance paternelle est égale pour l’un et l’autre sexe, à de légères diirérences près. L’exhéredation du lils doit être conçue en termes exprès {nomimtim), celle de la lille et des petits- enfants peut s’exprimer par une formule générale (inter ceteros); le père peut jusqu’à trois fois donner son fils en servage, il ne le peut qu’une fois quand il s’agit de la fille. Chacun des deux sexes jouit ici de ses privilèges propres.

Tout compte fait, il est certain que sous l’ancien droit la position de l’hoinme était tout autre que celle de la femme, mais à se rapporter à l’époque ancienne, et à examiner les choses à ce point de vue, la considération de la femme restait intacte. L’homme est de naissance le maître suprême; seul il possède la puissance sur des personnes libres, dans la famille comme dans l’Etat, — seul, il peut exercer la patria poteslas, la manus, la tutela et la miratela ; la femme en est incapable même vis-à-vis de ses enfants, car toujours elle-même se trouve sous puissance. Mais Vimperiiim du magistrat et la patria potestas ne rabaissent en rien la dignité du citoyen et de l’enfant; la manus et la tutela de l’homme non plus ne ravalent pas celle de la femme. La physionomie du mariage romain écarte tout doute à cet égard; elle contient le témoignage éclatant des sentiments du Romain sur le rapport des deux sexes.

Avant de décrire ce rapport, je dois signaler une particularité qui concerne la position juridique de l’homme vis-à-vis de la femme. Le droit ancien établit ici une distinction étrange; il connaît deux formes de mariage, le mariage par confarreatio qui dès sa conclusion plaçait la femme sous la manus du mari, et une autre forme qui, pour amener le même résultat, réclamait en outre un acte spécial ; la coemtio.

L un et 1 autre mariage conservent à la manus son même caractère; elle place la femme sous la puissance du chef de famille sous le rapport de sa personne et de ses biens; elle

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