fondation de la maison
garnie. La tradition grecque semble attester l’existence d’une aux temps héroïques de la Grèce (i-)' l’époque primitive de Rome n en porte aucune trace. Depuis sa première apparition sur la scène du monde, jusque dans les derniers temps, le peuple romain est resté fidèle au principe de la monogamie.
II. Nécessité du connubium. Le mariage n’est pas permis avec toute femme indistinctement; celle qui doit devenir la compagne de l’homme doit réunir les qualités nécessaires. L’empêchement résultant de la parenté (descendants et collatéraux jusqu’au quatrième degré) ne nous offre, à nous, rien de particulier, mais il en est autrement pour l’antiquité, qui connaissait les mariages entre frère et sœur: chez les Egyptiens, par exemple. Mais le droit ancien trouvait dans la situation politique des époux, un autre empêchement qui nous renseigne curieusement sur la conception que se formaient les Romains de l’essence et de l’importance du mariage. Sous ce rapport, la nécessité du connubium semble se rapprocher de VEbe^ibürtigkeit du droit germanique : le mariage est une union de personnes d’égale condition et les mésalliances ne sont pas tolérées. Tel est en effet le caractère de cette condition à l’époque postérieure(2). Les Plébéiens faisaient grief aux Patriciens de leur refuser le connubium-, ce refus leur paraissait une dégradation sociale, et quant aux Patriciens, leur orgueil de caste ne devait voir dans une union avec les Plébéiens qu’un mélange
(1) Point contesté parmi les philologues. Pour moi, il est établi par l’attestation de Sophocle, Trachiniennes v. 536, où il fait dire à Déjanire : « Car ce n’est pas une jeune fille, me semble-t-il, c’est une femme a déjà liée par les Itens du maiiage que j’ai attirée dans la maison. » II n'aurait pu s’exprimer ainsi, si un double mariage n avait pas été possible à l’époque antique.
(2) V. par exemple les dispositions de la lex Julia et Pupia Poppeia Ulp. XVI, 2; à ce point de vue, Ulp. VII, 4, avait raison de parler de : personæ DISPARIS conditionis.
impur de sang noble avec du sang roturierd). Mais cette conception n'embrasse pa.s toutes les faces du rapport. La meilleure preuve gît dans le fait que parfois les Romains enlevaient le comiubium à des villes soumises. Le but était de les rendre étrangères vis-à-vis de Rome, d’empêcher, dans lïntérêt de la République, la formation des liens que nouent le mariage et la parenté; on élevait entre elles et Rome un mur qui les isolait.
Au fond, c’était l<â précisément la signification politique du connuhium; là était le motif du refus opiniâtre que les Patriciens opposaient au comiubium avec les Plébéiens. Le mariage est le lien le plus puissant, il fait disparaître toutes les inégalités sociales, intellectuelles, religieuses, qui peuvent exister entre les époux et leurs relations respectives. Aussi chaque époque, chaque peuple ennemis de pareil nivellement ont-ils, par la force des lois ou des usages, combattu ces unions, tandis que, toujours, ceux qui visaient à la destruction des contrastes n’ont cessé de réclamer la liberté des unions conjugales. La c|uestion des mariages mixtes est, au fond, celle du mariage entre Patriciens et Plébéiens ; elle met en présence le maintien rigoureux ou le renversement insensible des contrastes, et l’Église catholique, à ce point de vue, a saisi l’importance du mariage avec autant de précision que les Patriciens d’autrefois. Autoriser le mariage avec des Plébéiens, c’était, pour eux, introduire l’ennemi dans leur camp. S’ouvrant à la Plébéienne, la maison patricienne recevait en même temps une influente alliée des Plébéiens et une sincère adepte de leurs principes; avec la femme s’introduisaient en même temps ses parents; les relations personnelles qui s’établissaient adoucissaient 1 acuité du contraste ; avec le lait maternel, les enfants suçaient des idées autres que celles dont une mère patri-
(1) Liv, IV, 1 contaminare sanguinem.