‹ Histoire du développement du droit romainChapitre 27 sur 53 · LIV. I · texte numérisé non relu

LIV. I

tecle non moins imposant : sentinelle postée à la porte de la maison romaine pour en garder l’entrée et la sortie, le droit ne franchit pas le seuil; il laisse une autre puissance gouverner à l'intérieur. Celle-ci n’est pas, comme semblerait l’indiquer la notion juridique abstraite de la manus, 1 arbitraire et la cruauté du chef de famille; ce furent les mœurs et l’usage qui firent la manus ce qu’elle devait être et ce qu’elle fut dans la réalité. La distinction faite entre le droit et les mœurs, puis la division du droit en fas et ]us, voilà les manifestations les plus grandioses et les plus fécondes du génie du peuple juridique -né.

2, La position du chef de famille.

a) Familia et pecunia.

Interrogé sur le mot par lequel il désignait son patrimoine, un Romain, au temps de Cicéron, se serait servi du terme : bona. Bonn, dans le langage usuel comme dans la langue du droit, avait remplacé l’antique familia pecuniaque. Bona ne figurait pas dans l’ancienne langue du droit, et familia pecuniaque a disparu dans le langage du droit nouveau. Ce dernier point est connu. Dans toutes les sources nouvelles, dans les lois comme dans l’Edit du Préteur, le patrimoine n’est jamais désigné par le nom de familia ou de pecunia. Cette appellation ne s’était conservée que dans l’ancienne formule de confection du testament, et dans les expressions qui s’y rattachent, ainsi que dans le nom conservé à Vactio familiæ erciscundae ; mais l’ancienne signification s’était si bien perdue pour la génération nouvelle, que Gaius (II, 103), décrivant la marche de la confection du testament, juge nécessaire d’expliquer les mots : familiam mancipio dabat en ajoutant ; i. e. patrimonium suum. On pourrait objecter qu Ulpien se sert du mot bona à propos de la cura prodigi.

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