‹ Histoire du développement du droit romainChapitre 35 sur 53 · LIV · texte numérisé non relu

LIV

AXCIEN DROIT PRIVE.

ceux-ci gagnent OU acquièrent lui a])partient; il peut le leur abandonner en fait (peculinm), mais en droit, la chose est sans conséquence. Quels que soient les contrats que le père de famille conclut avec les siens, quelle que soit leur nature, ils sont sans eifet juridique. Pour les Pi.oinains, le pouvoir domestique avait un caractère tellement absolu et son étendue illimitée leur apparaissit si bien comme une condition indispensable de rinstitution, que, toute puissante ailleurs, la volonté du clief de famille restait, à cet égard, inenicace en droit ; il peut tout dans sa maison, sauf abdiquer Ini-méine une parcelle de sa puissance. Si les contrats qu’il conclut avec les siens sont de nul effet, les conventions que ceux-ci arrêtent entre eux sont également sans valeur en droit. Si Ton avait voulu attacher des eilets juridiques à des pactes de ce genre, il aurait fallu accorder une a(;tion de ce chef, or une action entre habitants de la mcine maison ne pouvait.se concevoir sans inéconnaîlre le principe fondamental de la conslitution de la famille romaine, car c’était ouvrir l’accès au pouvoir du juge. La raison du Romain ancien y aurait vu une absurdité au même titre que nous en verrions une, aujourd’hui, dans une action intentée devant un souverain étranger, par un souverain contre un de ses sujets, ou par ceux-ci contre lui. Le chef de famille est souvmrain, donc toute contestation entre lui et les siens, tout débat entre ceux-ci ne peuvent être tranchés que par lui seul : il résume en lui la juridiction civile, criminelle et de police. De la maison romaine n émane aucune action qui puisse parvenir a 1 autorité publique, ni dans le sens du droit civil (actio), ni sous forme d’un appel à la protection; pour riin et l’autre 1 autorité est sourde et doit l’être. Cela reste vrai pour le chef de famille lui-môine, lorsqu’il est inhabile à maintenir sa puissance sur les siens ou à faire prévaloir sa volonté. Un vrai Romain doit avoir cette force; si elle lui manque, il doit se 1 imputer à faute ; c’est qu’il a mal élevé ses enfants,

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