‹ Histoire du développement du droit romainChapitre 36 sur 53 · LA POSITION DU CHEF DE FAMILLE · texte numérisé non relu

LA POSITION DU CHEF DE FAMILLE

c est que, lorsqu’il était temps encore, il n’a pas su leur imposer sa discipline et les réduire à l'obéissance. La maison romaine est juridicpiement close. C’est lîà un principe tellement absolu aux yeux du peuple que même en faveur du chef de famille il ne peut en être dévié. Dans un seul cas le droit intervient : l’enfant c[ui lève la main sur le père devient mcer. L’autorité ne bouge pas, même dans ce cas, mais chacun peut mettre à mort l’enfant dénaturé.

Je viens de décrire la puissance du chef de famille sur sa familia. J’ai émis cette opinion que dans le droit ancien cette puissance s’exercait uniformément sur toutes les personnes qui y étaient soumises. Les sources ne confirment pas entièrement cette manière de voir. Elles parlent de certaines restrictions auxquelles, dès l’époque ancienne, aurait été soumise la puissance domestique par rapport à la femme et aux enfants. Je crois pouvoir soutenir cependant que ces restrictions étaient étrangères à la puissance domestique dans sa construction originaire, qu’elles y ont donc été introduites à une épocjue ultérieure. La constitution primitive de la puissance domestique présentait à mon avis les caractères suivants : uniformité par rapport à tout ce qui composait la familia et pouvoir illimité du chef de famille. IjBS applications qui vont suivre appuieront cette appréciation. Elles se basent sur trois mots appartenant a la plus ancienne langue juridique, autant vaut dire sur trois notions du droit le plus antique et qui trouvent une égale application à toutes les parties constitutives de la familia; ce sont les

mots : rnanus, vindicatio, mancipium.

Manus exprime la puissance que le chef de famille exerce sur la famille. La main est le symbole de la force; 1 ancien droit romain, comme l’ancien droit germanique, attache à la main l’idée de puissance fmundj. Le droit postérieur a rétréci la signification de manus; ce mot n’y désigne plus que la puissance du mari sur la femme. Pour le droit ancien,

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