‹ Histoire du développement du droit romainChapitre 46 sur 53 · LIV. T · texte numérisé non relu

LIV. T

ancien droit privé.

plissent ici la fonction que j’assigne aux témoins de la coufarreatio. Seulement leur nombre n’est pas de dix, mais de cinq. Pourquoi? C’est que la mesure concernait non-seulement les Patriciens, mais aussi les Plébéiens : le nombre dix est sacramentel pour les Patriciens,cinq représenle le peuple entier. Dix s’applique à la constitution des gentes, cinq à celle des curies (v. p. 112). Si celle-ci date de l’époque primitive, c’est-à-dire si elle remonte jusqu’à l’existence de l’Etat familial patricien, comme on peut l’inférer du renseignement fourni par Deiiys d'Halicarnasse (II, 15) qui en attribue rinstitution à Romulus, ce qui en d’autres termes rattache les choses au droit coutaimier le plus ancien, le nombre des témoins doit avoir été à cette époque, soit de dix, soit de trois, puis l’introduction du cens doit avoir fait porter ce chiffre à cinq. En vertu du cens, en effet, le nombre cinq devint le chiffre fondamental, tant pour les Patriciens que pour les Plébéiens. C’est à la suite de rinstitution du cens, aussi, que devinrent communes aux Plébéiens les dispositions du droit patricien sur l’éducation des enfants mâles, car cette éducation présentait un intérêt primordial au point de vue de la défense nationale. La loi des XII tables sanctionna de nouveau le droit d’exposition, mais, au dire de Cicéron (de leg. III, 8), en ne permettant d’en user qu’à l’égard de l’enfant difforme (insignis ad deformitatem puer).

Passons aux témoins dont l'assistance est purement passive; ce sont ceux du gestum per aes et Ubram : les cinq témoins et le libripens. Lorsque vint J’époque où l’usage de l’argent monnayé eut fait disparaître le pesage du métal non monnayé, le libripens ne fut plus qu’un simple figurant aux actes. Les Romains ne le conservèrent que par suite de leur esprit éminemment conservateur, mais la fonction avait perdu toute sa signification originaire.

Le libripens, autrefois, a certainement dû remplir un office actif; il devait veiller à ce que les choses se passassent

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