‹ Histoire du diocèse de Bayeux (volume 2)Chapitre 16 sur 93 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Caractère de Mgr de Cheylus. — Camp de Vaussieux.— Voyage de Louis XVI. — Assemblée du bailliage. — Protestations du Chapitre. — Msr de Cheylus quitte l'assemblée.— Élection de trois députés. — Cahiers du clergé, de la noblesse et du tiers-état. -Déports. — Collège N.-D. de Bayeux.

A l'époque où survinrent les complications que nous Caraclère venons de raconter, et dont le souvenir est encore „ A d° ,

' Msr de Cheylus.

vivant parmi les habitants de la contrée, Mgr de Cheylus n'était point préparé aux graves événements qui menaçaient l'épiscopat. L'exemple de la Cour, où il se faisait remarquer par la distinction de ses manières et l'élégance de ses habitudes , le goût de la représentation, dont l'exil même ne put entièrement le dépouiller, le portaient à rechercher le luxe des ameublements, la somptuosité des équipages, et surtout les émotions du jeu , dont la société était alors

de Vaussieux.

de Louis XVI

singulièrement avide (1). Son testament contient le nom de dix-sept domestiques , ayant tous des attributions distinctes, entre lesquels il partage une somme de quatre-vingt-dix mille francs prélevés sur sa fortune. Dès le commencement de son administration

c«mP [1778], le camp de Yaussieux attira l'élite de la noblesse dans la ville épiscopale, où elle reçut le plus gracieux accueil. M^r de Cheylus quitta la Cour pour faire au duc de Broglie et a ses compagnons d'armes les honneurs de son palais. Il y avait alors vers les réunions et les plaisirs du monde une sorte d'entraînement général auquel personne ne voulait rester étranger. 11 nous en coûte d'ajouter que, en 1786,

voya-e lorsqu'à l'occasion du voyage de Cherbourg, le comte d'Artois et le roi , son frère , passèrent par Bayeux , à un mois d'intervalle, Mgr de Cheylus ne s'y trouvait pas. On mit en avant, pour expliquer son absence, les fonctions d'aumônier de Mme la comtesse d'Artois, qui, disait-on, le retenaient à Versailles ; mais, s'il faut en croire la tradition , son absence s'expliquait par un autre motif. En sa qualité de gouverneur de Normandie , le duc de Harcourt accompagnait le roi et l'avait conduit dans ses domaines; or, il paraît que,

(1) La passion du jeu était tempérée chez M6r de Cheylus par un désintéressement plein de délicatesse et une munificence presque royale. M. le chevalier de Valois, alors simple officier d'infanterie, était admis pendant ses congés à partager les divertissements du prélat. Plus tard, il aimait à raconter que , quand le moment était venu de rejoindre son corps, l'évêque lui envoyait à titre de souvenir, un présent dont la valeur surpassait plusieurs fois les sommes qu'il avait perdues. (V. Bayeux a la fin du xvme siècle, par M. Pezet.)

malgré la haute influence qui protégeait Mgr de Cheylus, il demanda la môme faveur sans pouvoir l'obtenir. Ce fut à Sainte-Croix-Grand'Tonne que Louis XVI descendit pour prendre son repas. Quand il parut à Bayeux, sur la place Saint-Patrice, il y fut salué par le chapitre en habits de chœur, et s'y arrêta quelques instants. Le maire lui présenta les clefs de la ville, dans un bassin d'argent. Toute harangue avait été interdite ; mais le peuple témoignait sa joie par de bruyantes acclamations. On remarquait, sur la physionomie du roi, l'expression d'une joie douce et calme ; il accueillit avec bienveillance différents projets d'intérêtlocal dont l'exécution contribua plus tard à l'embellissement de la cité.

Il y avait cent soixante-quinze ans que la nation Assemblée française n'avait été appelée par le souverain à déli- da*ai[Via%ebérer sur les affaires publiques , lorsque parut a Versailles, le 24 janvier 1789, l'ordonnance royale qui convoquait les États-généraux. Nous ne nous étendrons pas sur la constitution de cette assemblée, où les trois ordres étaient représentés. Disons seulement que Louis XVI y admit les députés du tiers-état en nombre égal à celui que devaient atteindre les députés du clergé, réunis à ceux de la noblesse , et qu'il favorisa l'élection des curés, afin que l'élément populaire prédominât dans l'ordre ecclésiastique ; le nombre des députés s'élevait à douze cents. Le \ \ février, le duc de Coigny, gouverneur du château de Caen et grand bailli d'épée, publia une ordonnance en vertu de laquelle Mgr l'évêque de Bayeux , les abbés séculiers et réguliers, les chapitres, corps et communautés de l'un et l'autre sexe qui jouissaient d'un revenu ,

du chapitre.

les prieurs , les curés , les commandeurs , les autres membres du clergé appartenant au grand bailliage de Caen et aux bailliages secondaires de Bayeux , Thorigny, Falaise et Vire, étaient assignés à comparaître le lundi \ 6 mars , à huit heures du matin , dans les salles de l'abbaye de Saint-Étienne , les uns par délégation, les autres en personne ou par procureur (1). Au jour marqué, une messe solennelle fut célébrée dans l'église de l'abbaye, par M&r l'évêque, et le grand bailli fît prêter serment aux trois ordres, qui se séparèrent ensuite pour vaquer à leurs travaux. protestat.on Ceux du clergé commencèrent sous la présidence de Mgr de Cheylus. Il fit faire l'appel de tous les ecclésiastiques inscrits au procès-verbal , et ordonna que l'on désignât un secrétaire greffier, ainsi que des commissaires chargés de procéder à la rédaction des cahiers et à la vérification des pouvoirs. Mais à peine ces préliminaires étaient-ils accomplis, que MM. de Pradelle, archidiacre de Caen, Blasne, LeVoivenel et Renauld , députés du chapitre de Bayeux, déposèrent une protestation contre la partie du règlement annexé à la lettre du roi qui fixait la composition de l'ordre du clergé, « et contre tout ce qui pourrait s'en suivre. » Pour bien comprendre la portée de cette démarche dont l'évêque n'avait probablement pas prévu les suites , il suffit de jeter les yeux sur le règlement publié par ordre du roi avant la convocation des étatsgénéraux. Sa Majesté, disait le préambule, a voulu que l'on appelât aux assemblées du clergé « tous les

(1) V. Pièces justificatives.

bons et fidèles pasteurs qui s'occupent de près et journellement de l'indigence et de l'assistance du peuple , et qui connaissent plus intimement ses maux et ses appréhensions. » En effet, tous les ecclésiastiques de la campagne, ceux-là même qui étaient dépourvus de bénéfices , étaient admis à exercer leurs droits, tandis que la députation du chapitre était réduite a un chanoine sur dix membres présents, et celle du clergé des villes à une proportion encore moins considérable. Or, disait la protestation , « il paraît à craindre que ce nombre prodigieux de jeunes ecclésiastiques sans bénéfice, ne puisse guères accroître la masse des lumières de l'assemblée particulière de l'ordre du clergé, et qu'ils n'ajoutent infiniment a l'embarras de ses délibérations. Leur nombre est tel, surtout en Normandie, que, par cet avantage seul , ils pourraient à peu près concentrer en eux-mêmes la députation de l'ordre du clergé aux États-généraux. Du moins, ils influeront très-puissamment, s'ils le veulent, sur le choix des députés. Ils ne s'offenseront pas sans doute que l'Église, qui les regarde comme sa plus chère espérance, redoute de les voir prononcer, jeunes encore, sans intérêt, sans droit réel, sur sa destinée et sur celle de l'État. »

Les dispositions critiquées par le chapitre n'avaient pas seulement pour résultat de favoriser l'élection des simples prêtres, elles pouvaient encore entraîner l'exclusion des dignitaires, en déplaçant la majorité. « D'après le règlement, continue la protestation, il est possible que nul évêque, nul abbé, nul chanoine, nul prieur, nul curé même ne soit député aux États-

généraux. La représentation de cet ordre, dans cette auguste assemblée , peut absolument être concentrée dans la classe des ecclésiastiques constitués, il est vrai, dans les ordres sacrés, mais dépourvus de tout bénéfice. » D'un autre côté, et c'était sur ce point que le chapitre fondait principalement ses réclamations, le règlement n'était point revêtu des formes légales. Le roi avait bien voulu le reconnaître lui-même , et réserver à l'assemblée nationale le soin de remédier à cet inconvénient ; mais l'assemblée , dont la constitution allait se trouver dénaturée, pouvait s'en tenir au premier résultat, proposer au roi de le confirmer, et rendre impossibles les modifications dont il semblait lui-même proclamer l'urgence. De ces motifs et de plusieurs autres que nous passons sous silence, comme moins importants, le chapitre concluait que l'assemblée électorale devait examiner avant tout si sa composition était complète et son organisation régulière ; il l'engageait a commencer ses opérations, en nommant des commissaires chargés de résoudre cette grave question , et à délibérer ensuite sur leur rapport.

Il serait difficile de peindre , sans les affaiblir, la surprise et le mécontentement qui accueillirent de tout côté les réclamations du chapitre. On s'étonna surtout que l'on eût attendu la troisième séance pour critiquer le règlement du roi, qui était connu depuis un mois. La proposition fut repoussée avant tout examen , et les quatre députés se retirèrent. Alors, au milieu d'une agitation inexprimable, trois opinions se produisirent. Les députés du chapitre de

Séez, le procureur de l'évêque de Lisieux (1), M. Méry de Berlhenouville, doyen du Saint-Sépulcre de Caen, et quelques autres, tant séculiers que réguliers, quittèrent la réunion pour arrêter entre eux la conduite qu'ils devaient tenir. D. Mesnilgrand, prieur de l'abbaye de Saint-Étienne , déclara qu'il trouvait justes les représentations du chapitre du Bayeux; mais, « le règlement du roi n'étant que provisoire et ne permettant aucun délai, » il ajouta qu'il croirait manquer au roi et à la nation s'il faisait naître quelque obstacle qui. pût retarder les travaux. Enfin, les termes de cette déclaration, à laquelle se rallièrent un certain nombre de suffrages parmi les ordres religieux , furent combattus , « au nom des simples prêtres, » par l'abbé Jarry, docteur en théologie. Il protesta également contre les actes du chapitre , et contre l'approbation même indirecte qu'ils avaient obtenue de D. Mesnilgrand.

On attendait avec impatience que l'évêque s'ex- m*t de cheyiua pliquât sur ce déplorable incident. L'opposition ma- rAslembU. nifestée par le chapitre était une démarche trop sérieuse pour qu'on lui en attribuât la responsabilité tout entière. Personne ne fut donc surpris d'entendre Mgr de Cheylus y donner son approbation. Avant d'exercer la présidence, il demanda que l'on prît en considération les raisons contenues dans le mémoire, et la conséquence à laquelle elles aboutissaient. Cette

(1) C'était comme titulaire de la baronnie de Nonant que l'Kvêque de Lisieux était représenté au bailliage de Bayeux. De môme, l'Abbé de Saint-Sever, quoique étranger à notre diocèse, faisait partie du bailliage de Vire.

condition ne fut point acceptée; alors Mgr de Cheylus signa le procès-verbal et abandonna la séance.

De quelque manière que l'on apprécie les motifs qui déterminèrent dans cette circonstance la conduite du prélat, il est impossible de ne pas s'associer à la douleur que lui exprima l'assemblée, en le voyant s'éloigner d'elle. Son départ, il faut bien'le reconnaître, la mettait dans une situation périlleuse. A propos d'un règlement politique émané de l'autorité du roi et imposé a toute la France , Mgr de Cheylus rompait avec son clergé ; il l'abandonnait sans direction à l'influence des passions révolutionnaires qu'y excitait déjà une minorité turbulente , et que l'on reprochait au règlement d'y avoir éveillées. Elles ne tardèrent pas à faire explosion. A la suite de réunions particulières, tenues clandestinement a l'église Saint-Nicolas par une fraction des opposants, parut, sans signatures . et sans nom d'imprimeur, un mémoire attribué « à MM. les curés du grand bailliage de Caen. » On y dénonçait au roi la conduite de l'évêque et de son chapitre , comme ayant « insulté l'assemblée par d'odieuses réclamations. » Le courage nous manque pour analyser cet écrit, évidemment rédigé sous l'influence des idées presbytériennes. Le ton en est amer, le style déclamatoire, et, à côté de quelques aperçus dont la justesse est incontestable, on voit percer à chaque instant la haine et le mépris du haut clergé. Aussi , nous en sommes convaincu , les « Représentations adressées au roi » ne sont pas l'œuvre de tous les curés auxquels on les attribue ; il y a loin des idées qu'elles expriment à celles qui furent pu-

bliées contre la prestation du serment au commencement de Tannée 1791 , et auxquelles l'immense majorité apposa sa signature. Si, au contraire, on les compare aux violentes diatribes qui parurent à la même époque contre l'autorité de l'Église , il semble alors qu'il serait facile d'en nommer les auteurs.

Aussitôt après le départ de Mgr de Cheylus, l'assemblée , d'un consentement unanime , déféra la présidence à. M. de Cairon , abbé régulier du monastère de Barbery. Nous avons fait connaître ailleurs le mérite exceptionnel de ce pieux solitaire , qui unissait aux vertus les plus aimables l'austérité primitive et la ferveur de l'ordre de Cîteaux. Il était impossible de faire un meilleur choix. Sur sa proposition, une députation, dont il fut nommé membre, se rendit immédiatement auprès de Mgr de Cheylus et le supplia de rester à la tête de son clergé (1). L'évêque fut inflexible ; de son côté , l'assemblée persista dans sa résolution, et nomma des commissaires auxquels elle enjoignit d'examiner la protestation du chapitre ; comme il était facile de le prévoir, ceux-ci déclarèrent que le parti d'abord adopté , était le seul qui fût conforme à la soumission que l'on devait aux décrets du

(1) Cette députation comprenait l'abbé de Barbery, l'abbé Méry de Berthenouville , grand-vicaire de M6r de Cheylus et doyen du Saint-Sépulcre, qui avait d'abord quitté l'assemblée, l'abbé Méry, curé de Notre-Dame de Caen , l'abbé Lentaigne, curé de Saint-Sauveur, labbé Bonhomme, curé de Saint-Nicolas, et l'abbé Jarry, docteur en théologie. Tous ces ecclésiastiques furent plus tard confesseurs de la foi , et quelques-uns la défendirent par leurs écrits avec autant de talent que de courage.

roi. Le clergé, disaient-ils, ne se croit pas compétent pour apprécier les règlements que le roi lui impose, et le chapitre lui-même les a d'abord acceptés, en envoyant ici les députés qui le représentent. Ils demandaient ensuite , ce qui fut accordé , que l'on se contentât de joindre les actes capitulaires au cahier des doléances. Le mardi 24 mars, un notaire apostolique protesta contre cette décision au nom de Mgr de Cheylus.

Il nous resterait a faire connaître en détail quelles furent les plaintes et les vœux du clergé ; mais, au lieu d'analyser ici cette pièce importante , qui n'a pas encore été publiée, nous avons cru qu'il valait mieux la donner intégralement à la fin du volume. Il suffit d'y jeter un coup-d'œil pour se convaincre que, si le clergé normand s'exagérait à certains égards ses droits constitutionnels, il comprenait la situation comme tous les esprits vraiment monarchiques, et ne craignait pas d'appeler les réformes, qui seules pouvaient sauver l'État. Au nombre des commissaires auxquels la rédaction en avait été confiée , figurent les noms les plus honorables: M. Bonhomme, curé de Saint-Nicolas, et M. Godechal, curé de Saint-Gervais de Falaise; nous les verrons bientôt combattre sur la brèche, dès que la question religieuse sera soulevée par les représentants. D'autres, il est vrai, ne montrèrent pas le môme courage; mais tous, à cette première époque, semblent avoir obéi aux mêmes inspirations.

Le cahier des doléances , à la rédaction duquel vingt-cinq membres avaient concouru, réunit l'unanimité des suffrages. Aussitôt que la lecture en fut

DE BAYEUX. i()9

terminée, commença l'élection des députés. M. Le Élection François, curé de Mutrécy, secrétaire de l'assemblée, et M. Lévêque , curé deTracy, furent élus dès le premier jour à la pluralité des voix. Le lendemain 27 mars , on leur adjoignit M. Le Tellier, curé de Bonnœil (1). Les membres des congrégations, aussi bien que les dignitaires de l'Église, étaient exclus systématiquement du choix de la majorité.

Nous n'avons pas à nous occuper ici de ce qui se cahiers du cie^ passa dans l'ordre de la noblesse ni dans celui du eu\n\kLém. tiers-état. Disons seulement que, quand on compare leurs cahiers à ceux du clergé , on y trouve à peu près les mêmes tendances sur les questions religieuses , et en particulier sur la question des biens ecclésiastiques. Ce fut ainsi que les trois ordres chargèrent leurs députés de dénoncer les déports Déports, comme un abus préjudiciable à l'intérêt des pauvres et à l'administration des paroisses. Ce droit, qui s'exerçait principalement en Normandie, avait été discuté, quelques années auparavant, par M. de Pradelle , archidiacre du diocèse (2). Il consistait en ce que , toutes les fois qu'une cure devenait vacante, l'évêque la faisait desservir et en partageait le revenu pendant un an avec ses archidiacres, nonobstant la nomination du nouveau titulaire. Un décret du concile de Bâle, inséré dans la pragmatiquesanction, avait condamné cet usage ; mais le concor-

(1) V. Pièces justificatives.

(2) Du droit de déport dans l'Église de Normandie , par J. de Pradelle, archidiacre et vicaire-général de Bayeux. A Caen, chez G. Le Koy, 1788.

dat de Léon X avec François 1er rétablit les déports. C'était un de ces droits en faveur desquels on ne peut guères invoquer que la prescription. M. de Pradelle avait déployé beaucoup d'érudition pour en établir la légitimité.

collège Fondé à Paris en 1370, par maître Gervais Chré-

^.-D.-de-Bayeux. tien , premier physicien ou médecin de Charles V, le collège de Notre-Dame-de-Bayeux avait subi, depuis sa fondation, plusieurs transformations malheureuses. On regrettait surtout, en Normandie, une déclaration surprise au roi le 13 septembre 1778, par laquelle était réuni au collège de Louis-le-Grand celui qui jusqu'alors avait porté le nom de notre ville épiscopale. Le clergé et le tiers-état réclamèrent dans leurs cahiers contre les lettres-patentes qui avaient dénaturé cette précieuse institution (t).

Parmi les vœux du tiers-état , nous remarquons encore l'article 84 qui était ainsi conçu : « que pour

(1) Gervais Chrétien, originaire de Vendes, diocèse de Bayeux, naquit vers le commencement du xive siècle. Il eut pour parents de pauvres villageois. A l'âge de quinze ou seize ans, il fut chargé par le seigneur de Vendes de conduire deux lévriers à Jean , fils de Philippe de Valois, et non à son fils Charles, comme l'abbé Beziers le raconte. Il gagna les faveurs du prince, étudia la médecine et entra dans la caricature. Il devint premier physicien (médecin) du roi Charles V, chanoine de Paris en 1378 et chanoine de Bayeux en 1381. Paris lui devait un de ses collèges, celui qui portait le nom de Notre-Dame-de- Bayeux. Il l'avait fondé en 1370. (V. Pièces justificatives, p. 37: Origine — développements — suppression de ce collège.) — Gervais Chrétien fut enterré dans l'église cathédrale de Bayeux, au bas de la nef, du côté gauche. On célébrait son obit le 10 du mois de mai.

l'intérêt de l'ordre public dans chaque classe d'administration, l'ecclésiastique n'ait qu'un seul bénéfice, comme le militaire un seul gouvernement, le magistrat une seule charge ; que les uns et les autres soient expressément tenus de résider. » Des vœux analogues avaient été confiés aux députés du tiers-état de la ville de Bayeux, chargés de représenter leurs concitoyens à l'assemblée du grand bailliage.

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