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Députés du clergé à l'Assemblée nationale.
Les trois députés du clergé , élus par le bailliage de Caen , refusèrent de prêter serment à la constitution civile.
I. M. Le François , curé de Mutrécy , secrétaire de l'assemblée électorale en 1789 , fut remplacé dans sa cure le 19 avril 1792 , par un prêtre constitutionnel. Après avoir échappé aux satellites de la révolution qui le cherchaient jour et nuit pour le conduire à l'échafaud , il s'exila en Angleterre, où il perdit la vue ; dix ans plus tard , il revint en France ; il est mort à Saint-Pierre de Caen , le 26 décembre 1826. Toutes les personnes qui ont connu M. Le François, parlent de lui avec la plus grande estime. On se rappelle encore aujourd'hui l'autorité bienveillante qu'il exerçait dans sa paroisse , la science qui le distinguait parmi ses confrères , et surtout sa profonde humilité. Sa conduite à l'Assemblée lui mérita l'approbation de l'archevêque de Rouen , ainsi que des évêques de Chartres et de Coutances , qui lui donnèrent plusieurs fois des témoignages de leur estime.
IL Ancien professeur de philosophie. M. L'Évêque , curé de Tracy-Bocage , s'exila en Angleterre , comme M. Le François,
et en revint à l'époque du concordat. Il fut réintégré dans sa cure , et y vécut encore deux ans. Les vieillards qui l'ont connu professent un grand respect pour sa mémoire.
III. Originaire de Caen , M. Le Tellier , curé de Bonnœil , jouissait à un très-haut degré de l'estime publique. La majorité de l'assemblée ayant refusé de reconnaître que la religion catholique, apostolique et romaine, était la religion de l'État, il signa la protestation que fit imprimer à cette occasion une partie de ses collègues. Après la dissolution de l'Assemblée , M. Le Tellier , malgré son désir , ne put rentrer dans sa paroisse ; il fut contraint de se retirer à Caen , où il mourut quelque temps après.