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Visite de l'abbé Fauchet à Bernières-sur-Mer.
La branche de faux-laurier qui fut présentée à l'abbé Fauchet le jour où il visita Bernières ; le compliment improvisé par l'orateur ; la chanson populaire que le ménétrier du village accompagnait sur son instrument, sont des détails piquants , dans lesquels se peint au naturelle caractère franchement chrétien de cette rude population. On nous assure que la foule se dispersa en arrivant à l'église ; quand l'évoque constitutionnel parut dans la chaire , le temple était vide. C'est un détail que nous ajoutons volontiers à ceux que nous avons déjà consignés. Maintenant était-ce à la porte de l'église ou avant d'entrer dans le village qu'on remit à l'évoque la branche de laurier ; il y a sur ce point deux traditions. Sans
doute la difficulté n'est pas grave, mais enfin on nous l'oppose ; et nous saisissons avec empressement l'occasion de nous expliquer. Ce n'est pas la première fois que nous nous trouvons en face de deux traditions (écrites ou orales) dont les détails ne se concilient pas. L'inhumation du recteur de l'Université (p. 88) en a déjà fourni un exemple. Nous défions tout écrivain qui veut être consciencieux d'échapper à cet embarras. Est-il un fait plus retentissant que la bataille de Waterloo ? Eh bien ! l'historien de cette bataille , M. Thiers , malgré son incomparable sagacité , est resté devant certains détails sans pouvoir les éclaircir. Il nous déclare que les témoignages qu'il a recueillis des contemporains sont quelquefois contradictoires — quoique sincères. — Des témoins oculaires, tous présents aux faits qu'ils affirment , et tous véridiques , au moins d'intention , ne peuvent se concilier. — Nous demandons humblement que l'on veuille bien ne pas nous exclure de l'indulgence que réclame pour lui-même l'historien du Consulat et de l'Empire.