LXX INTRODUCTION
le prouve une charte de 1286. La chapelle de la Madeleine, à Cussy (Vaucelles) ; la chapelle Sainte- Anne , à Tour ; celles du Nombril-Dieu et de Saint- Thomas-l'Abattu , à Caen, avaient la même origine. Aux léproseries de Caen , de Bayeux , de Yire et de Troarn, il faut ajouter celles de Juaye, sous l'invocation de saint Barthélémy, Port-en-Bessin , la Graverie , Mosles , Étreham , Maisy , Thorigny , Planquery, Cahagnolles, Septvents , sous l'invocation de sainte Radegonde, Hottot-les-Bagues, Cagny et Pierrefitte. La chapelle au ladre de Pierrefitte-en- Cinglais était dédiée a sainte Marie-Madeleine. On a trouvé dernièrement deux squelettes dans le voisinage de ses débris. Les plans parcellaires du cadastre révèlent encore l'existence de plusieurs autres léproseries, notamment àLittry, à Bricqueville, à Cartigny, à Isigny, à Graye, àCastillon, etc.
Quoique les lépreux fussent considérés comme morts civilement, et qu'ils ne pussent ni tester, ni hériter, ni rien aliéner, on leur laissait l'usufruit de leurs biens , quand ils en possédaient ; mais un grand nombre d'entre eux étaient indigents : il fallait donc que la charité pourvût à leur subsistance. Ils vivaient du produit des biens assignés à leurs établissements, ou des fonds que la commune faisait pour leur entretien, ou des aumônes que l'on recueillait pour eux. Les souverains et les particuliers rivalisèrent de générosité envers les léproseries. La maladie que l'on y soignait, avait, aux yeux des peuples, un caractère sacré, qui inspirait à la fois la terreur et la compassion. Nous verrons quoGuiIhume-le-Conquénmt avait fondé, à l'hospice
non taxées.