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CHAPITRE XXXIII. LA LITTÉRATURE

Plus récemment, en 1876, le R. P. Brin, sulpicien, professeur de philosophie au séminaire de Coutances, se plaçant au seul point de vue des pèlerins , a donné au public une histoire plus abrégée encore , mais illustrée d'un grand nombre de belles photographies, et destinée à propager la connaissance de l'admirable monument, ou plutôt le désir de le visiter ''\

La science hagiologique eut aussi ses représentants, principalement à l'occasion du Bienheureux Thomas Hélye de Biville. Jean-Louis- Auguste Colin, curé de Jobourg, en fit paraître en 1846 une Vie qui rappela l'attention vers une procédure tant de fois commencée et toujours abandonnée. Jean- François Guillebert, curé des Pieux, reprit le même sujet en 1858 et le traita plus amplement. Le moment de reprendre aussi la procédure était enfin arrivé, lorsque M^ Daniel l'entreprit. Il chargea le grand vicaire Joseph Gilbert ^*^ de la mener à bonne fin.

L'abbé Gilbert était un savant hagiographe , comme le prouvent d'ailleurs les légendes du Propre de Coutances, à la rédaction desquelles il prit la part principale lors du retour à la liturgie romaine. Il n'appartenait non plus à personne autant qu'à lui, de donner au public une histoire du Bienheureux Thomas. Hélye, et c'est ce qu'il fit en 1867. Nous ne croyons pas qu'il soit possible de dire mieux; mais on pourrait désirer davantage.

En 1869, M. l'abbé Pigeon entreprit un travail semblable relativement à saint Aubert^ évêque d'Avranches. Ici la difiiculté était plus considérable, parce qu'il fallait recueillir des matériaux non encore publiés. II est à désirer que l'auteur complète cet essai, et que la vie , et par conséquent l'invocation, de saint Aubert se popularise dans la contrée qu'il protège.

Nous parlions tout à l'heure du Voyage de Venue à Constanêmople à travers la Grèce du vicomte du Moncel ; ce savant ouvrage nous remet en mémoire le Voyage de la Troade et le Voyage de la Propontide et du Pont-^Eimn de l'abbé

(t) Seguins irritant animos demissa per aurem Qaam quœ sunt oculis subjecta fidelibus, et qun

Ipse BÎbi tradit spectator

(Horat. de arte poetica.) (2) Joscpb-François-Marie GUbert, né à Avranches en 1806, mort à QuettreviUe en 1868.

Jean-Baptiste Chevalier ^'\ de Trelly, dans le même genre et non moins savants. Ceux-ci, publiés avant la Révolution, ont été réédités à Paris en 180O et en 1802. Le premier a été traduit en anglais. L'auteur est décédé en 1836, à Paris, avec le titre de conservateur en chef de la bibliothèque Sainte-Geneviève.

Il avait publié en 1829, sous le pseudonyme de Constantin Coliadès, un troisième ouvrage non moins docte, intitulé Ulysse-Bomère^ dans lequel il soutient avec une ingénieuse érudition l'identité d'Ulysse et de l'auteur de Ylliade et de VOdissée. Cette opinion, accueillie dès l'abord comme un paradoxe insoutenable , mériterait peut-être un examen plus sérieux ; erreur et paradoxe ne sont pas la même chose.

La littérature purement classique a eu pour représentants l'abbé Jean Truffert ^^\ de Bricquebec , professeur de belles-lettres en l'université de Paris avant la Révolution, et depuis professeur de littérature au lycée Charlemagne, auteur d'une traduction des harangues de Cicéron contre Verres , dont les journaux firent un grand éloge.

L'abbé Michel-Albert Lechevalier ^^\ de Laulne, auteur d'une Prosodie très-estimée, adoptée pour les établissements universitaires , et d'un traité de rhétorique intitulé Principes de Part oratoire, également très-estimé.

En 1832-1839, l'abbé Louis Lebrec ^*\ vicaire général de Coutances, protonotaire apostolique , alors professeur de philosophie au petit-séminaire de Coutances, publia un Cours élémeiUaire de philosophie ; en 1832, une Dissertation sur le Cartésianisme. C'était l'époque de la lutte ardente entre les deux philosophies, cartésienne et menaisienne, comme on disait; or, le futur grand vicaire, de bonne et vénérée mémoire, était un cartésien indomptable, autant que gallican. Ces discussions sont déjà loin ; l'esprit humain à la recherche de la vérité change sans cesse son point de vue, sans jamais rencontrer l'absolu qu'il cherche.

(1) Né à Trelly en 1751» mort à Paris eo 1836.

(1) Né à Bricquebec en 1746.

(3) Mort à Paris en 1810.

(i) M à Montviron en 1860, mort à Coutancei en 1868.

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