‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 119 sur 191 · CANTON DE PONTORSON · texte numérisé non relu

CANTON DE PONTORSON

1. PontonoD. — 2. Ardevon. — 8. Aucey. — A . Beauvoir. — 5 . Boiicey. — 6. Cormeray. — 7. Curey. — 8. Les Pas. - 9. Huisnes. — 10. Macey. — 11. Moidrey. — 18. Mont-Saint- Michel. — 18. Sacey. — 14. Servon. — 15. Tanis. — 16. Vessey.

< . PoNTORSON. Dans le cours de leurs guerres si fréquentes avec les Bretons, les ducs de Normandie ne devaient pas manquer de garder et de fortifier à leur bénéfice le passage du Coisnon à Pontorson, d'autant plus que c'était le point commun d'aboutissement des routes de Basse- Bretagne et de Basse* Normandie. Il s'était formé un village sur chacune des deux rives. Le village breton dépendait de la paroisse de Cendres, maintenant supprimée, et avait sa chapelle. Le village normand dépendait de la paroisse de Boucey, et avait aussi sa chapelle.

Lorsque le duc Richard II, qui gouverna la Normandie depuis Tan 996 jusqu'en 4026, maria la princesse Mathilde, sa sœur, avec Eudes, comte de Chartres, il lui donna pour dot la moitié du comté de Dreux et la ville de Pontorson, à condition qu' elle ferait retour à la couronne ducale, si la comtesse de Chartres mourait sans postérité, ce qui advint. Eudes prétendit garder Pontorson ; il fallut faire la guerre pour l'en déposséder, et encore Richard fut forcé de le lui céder viagèrement. Ceci prouve déjà l'importance de Pontorson comme ville et comme citadelle. C'est donc le comte Eudes quifîtbâtir la belle église encore existante qui porte à la tour la date de l'an MX.

Le duc-roi Henri I donna les deux églises de Pontorson ^'^ avec une grande étendue de terrain à l'abbaye du Mont-Saint-Michel ; sur le terrain concédé, les religieux fondèrent un prieuré avec chapelle sous le vocable de sainte Marie, Tan 1158, de Ta veu de Henri IL Mais bientôt il s'éleva un grave débat : le prieuré avait été fondé sans la participation de l'évêque d'Avranches , alors Herbert , et de plus le curé de Boucey , qui se nommait Allain , était lésé dans ses justes droits. L'abbé du Mont- Saint-Michel , le célèbre Robert de Torigny, ne voulait entendre à aucun accommodement. L'évêque lui interdit l'usage de l'eau bénite dans les églises de Pontorson, ce qui revenait à y interdire l'office public. Henri II avait confirmé les donations de son prédécesseur; l'abbé du Mont-Saint-Michel lui écrivit, pour se plaindre; l'évêque résista à la volonté du roi. Le monarque en écrivit en termes assez amers à l'archevêque de Rouen, Hugues d'Amiens, ne voulant pas, disait-il, que ses églises de Pontorson fussent privées d'offices. L'archevêque renvoya la lettre royale à l'évêque avec ordre d'y obtempérer. L'évêque en appela aux Etats de Normandie et gagna la cause. L'assemblée se tint à Rouen sous la présidence du monarque, en présence de l'archevêque, des évêques de Bayeux, d'Evreux, de Dol, de Thomas Becket, chancelier d'Angleterre, de Richard du Hommet, connétable de Normandie, et d'une foule des plus grands personnages du royaume et du duché.

Il fut réglé que les prieurs seraient soumis à l'acceptation de l'évêque,

(t) L'église |>aroi8sîalo et la chapelle Saint-Nicolas» de plus récente fondation. Celle-ci existe» mais reconstruite pièce à pièce.

qu'ils iraient, comme les curés, recevoir les saintes huiles à Avrancbes et qu'en plus ils assisteraient de leur personne chaque année, sauf excuse, à un certain nombre de cérémonies à la cathédrale d'Avranches. En dédommagement de la perte de ses droits et revenus, le curé de Boucey reçut dix livres dix sous de rente viagère.-^Ainsi fut créée la nouvelle paroisse de Pontorson. — L'afTixe Orson est le nom du seigneur du lieu ou du gouverneur militaire qui fit construire le pont. Parmi les meurtriers de saint Thomas Becket, il y avait un Richard, fils d'Ourson. Ce sont les Normands qui ont introduit, dans la province, l'usage des ponts, des moulins à eau et à vent et des cheminées ; ni Romains, ni Francs, ni Saxons n'avaient connu tout cela ^^\

La ville de Pontorson fut comblée de faveurs et de franchises par les ducsrois Henri I et Henri II en vue de son accroissement. Henri I lui accorda une charte de franchises portant : 1^ qu'aucun habitant ne serait requis pour la milice, sinon en l'armée du roi ; 2^ qu'aucun ne serait appelé en cour de justice en dehors de la ville de Pontorson, ce qui les exemptait de toute autre justice que de la justice du roi; 3° exemption de tous impôts, entrées et péages sur les choses nécessaires au vivre et au vêtement; 4^ maximum de douze deniers d'impôts sur leurs propriétés personnelles; 5^ maximum de douze deniers pour coûts, frais et amendes en cas de procès, contestations et plaidoiries^ sauf le cas d'effusion de sang ; 6° exemption d'emprisonnement avant jugement à quiconque offrira caution, etc.

Sous le bénéfice de telles franchises et exemptions, la ville de Pontorson se peupla et s'enrichit. Elle offrait d'ailleurs une telle sécurité de séjour, qu'il semblait n'y avoir rien à craindre : les deux tours breUes, réputées imprenables et placées sur l'autre rive du Coisnon, la protégeaient du côté de la Bretagne ; de bonnes murailles et les châteaux à' Amont et A' Aval la mettaient à l'abri d'un mouvement tournant du côté de la Normandie.

En H 1 5, douze bourgeois de Pontorson fondèrent un hôtel-Dieu pour leurs pauvres, leurs malades et les pauvres voyageurs de passage ; c'est probablement après celui de Vire, le plus ancien de la Basse-Normandie. Il fut doté de douze cents livres de rentes en biens fonds; somme qu'il faudrait multiplier au moins par cinquante pour avoir le taux actuel.

Dans les temps postérieurs, Pontorson eut une léproserie également bien dotée; mais dont les revenus furent perdus pour le diocèse d'Avranches, quand elle fut supprimée, parce que les propriétés foncières étaient situées dans l'évéché deDol. Elle était desservie en dernier lieu par les Frères de la Charité. Sa chapelle était sous le vocable de sainte Marie ; il en existe encore un très-joli portail.

Dès le XIII* siècle, la cure et le prieuré furent séparés ; la cure était estimée à quatre cents livres en 1698 et le prieuré à deux cent cinquante. Les Montgommery transformèrent temporairement en prêche la chapelle Sainte-Marie. Quant à la chapelle Saint-Nicolas, toujours existante, voici la note de l'état dressé en 1752 : « Pontorson : chapelle Saint-Nicolas, dans la ville, dont est titulaire le P. dom Tanneguy Apvril, bénédictin de Marmouliers-lez-Tours. Suivant la dernière déclaration faite à l'autorité, revenu deux cents livres. Présentateurs les moines du Mont. Ce prieuré de Saint-Nicolas est actuellement régulier. » Il avait été précédemment en commende. L'église de Pon-

(!) On ne saurait citer un pont d'origine romaine dans la province.

PAROISSBS. 285

torson conserve un rétable en pierre, daté de 4524, divisé en huit tableaux, dont le crucifiement est le principal. C'est une œuvre importante de style lapidaire ; mais il a été mutilé en i 793. Son magnifique portail aux cintres ornés est très-remarquable en tant qu'oeuvre d'art et à cause de sa date.

2. Abdevon. Cette paroisse joue un rôle considérable dans l'histoire du Mont-Saint-Michel. Toutes les fois que le Mont eut des sièges à soutenir, il y eut des bastilles construites à Ardevon, prises, détruites et refaites. La Rive et le Rivage sont jonchés de leurs débris. — L'étymologie d'Ardevon doit se tirer du nom de la rivière de Séelune , qui s'appelait Ardée au moyen âge.

Rollon, peu après le traité de Saint-Clair, en apparence dès son premier voyage en Bretagne, donna au Mont la terre d'Ardevon, c'est-à-dire du rivage de l'Ardée; et cette donation conférait la propriété de tout ce qui n'avait pas de maître et la seigneurie sur les terrains déjà possédés. — En cet état, ce sont les chanoines qui durent faire élever la première église; celle qui existe est en partie de l'époque. — Le prieuré-cure de Notre-Dame-d' Ardevon , à la nomination du Mont-Saint-Michel, était estimé à un revenu de quatre cents livres en 1698.

Cette même paroisse eut une léproserie, dite de Saint-Gilles, avec chapelle, dépendante du Mont et qui avait été riche de treize cents livres de rentes. L'Etat voulut réunir ses revenus à l'hôtel-Dieu d'Avranches ; mais l'évêque Pierre-Daniel Huet montra qu'ils étaient réduits presque à rien, et les réunît à l'église et à la cure d'Ardevon.

Outre la cure, il y eut aussi le prieuré de Sainte-Marie-Madeleine, dont le titulaire, dom Gilles Le Coq, fit refaire la chapelle en 1629. Elle était sans titulaire et réduite à Tctat d'abandon en 1732. La chapelle Sainte-Madeleine était située au village de la Rive ; il n'en reste plus qu'un souvenir. — Ardevon a été établi en succursale le 28 août 1808.

3. AucEY. L'église Notre-Dame-d'Aucey fut donnée à l'abbaye de Marmoutiers par l'évêque Richard de Beaufou ; l'évêque Turgis ratifia la donation. Le revenu de la cure était estimé à cinq cents livres en 1698.

L'état dressé en 1752 marque deux chapelles en cette paroisse : celles de Notre-Dame-des-Fiévreux et du château delà Crenne, l'une et l'autre sans titulaires.

Le nom d'Aucey nous semble vouloir dire un lieu marécageux. Les noms semblables d'Auxais , Lessay , Daussaîs , Say, s'appliquent tous à des lieux humides. En pareil cas, les Bretons disent aih. La prononciation a plus de valeur que l'orthographe en matière d'étymologie.

A. Beauvoir. Le Mont- Saint -Michel tenait l'église Saint -Michel -de- Beauvoir de la libéralité dun des premiers ducs de Normandie, Rollon ou Guillaume-Longue-Epée; elle est relatée au nombre des propriétés de l'abbaye sur un titre récognitif dé l'an 1 155, souscrit par le pape Adrien IV. Le curé avait un revenu fixe de trois cents livres.

Le plus ancien nom do cette paroisse est Austry {Austeriacum) , et le plus ancien document sur lequel elle apparaît, non pas avec celui de Beauvoir, mais de Belvert, est la bulle de 1155. Rien ne justifie la transformation de Belvert en Beauvoir, sinon peut-être l'euphonie. Quant à l'histoire de la femme aveugle qui aurait reçu miraculeusement la vue en ce lieu à l'apport des reliques du Mont-Gargan , au temps de saint Aubert, et se serait écriée T. n 36

dans son ravissement, qu'il fait beau voiri c'est une trouvaille moderne de peu de valeur.

Rétabli en succursale le 28 août 1808.

5. BoucEY (Eccksia sancti Pétri de Bosceio^ alias de Bosceno, de Boce, de Bouce, de Bucceio, de Bocene). Guillaume de Saint-Jean donna au Mont-Saint- Michei la moitié de Téglise de Boucey en 1162, par forme d'échange, lorsqu'il entreprit de fonder à nouveau l'abbaye de la Luzerne et qu'il voulut lui faire un emplacement suffisamment spacieux. Robert de Saint-Hilaire donna l'autre moitié en 1194.

Caugé, village dépendant de Boucey, est une ancienne paroisse qui avait été donnée à Tabbaye du Mont-Saint-Michel par Asselin de Caugé, et qui est relatée parmi les propriétés de l'abbaye dans une bulle confirmative d'Alexandre III à la date de 1178. Asselin de Caugé prenait alors l'habit monastique; il fit signer à la charte Roger Lohout, son fils. — L'église actuelle a été commencée en 1865, ouverte au culte en 1867, et enfin consacrée le 9 juillet 1868.

6. CoRMERAY. Sous Ic vocable de Notre-Dame et le patronage du seigneur local, comptait dix feux en 1698. Le revenu curial était estimé à trois cents livres. Il y eut une léproserie ayant trente-cinq livres de revenus, dont le chapelain était à la nomination de l'évéque, et un prêche fondé par Gabriel de Montgommery, et doté en 1635 de sept livres de rentes et deux chapons par Jacques Guyot, sieur de Courtepièce. Montgommery y avait attaché trois cents livres de rentes , qui furent attribuées avec les trente-cinq autres à l'hôtel-Dieu d'Avranches en 1660. L'édifice fut rasé en 1685. — Supprimé en 1803 et réuni à Macey, Cormeray a été rétabli par décret du 5 mai 1869.

7. CuRET. Vocable , saint Martin. L'église fut donnée à Tabbaye du Mont-Saint-Michel par le duc Guillaume-Longue-Epée.

L'abbé Richard Turtin la céda au chapitre d'Avranches en 1259. Le revenu curial parait avoir été fixé à trois cents livres ; chiffre ordinaire des portions congrues au xvu" siècle.

8. Les Pas. Cette paroisse s'appelle Espas. L'église Saint-Martin-d'Espas appartenait dès le xi* siècle à l'abbaye du Mont-Saint-Hichel ; son nom se lit sur les plus anciens documents relatifs aux propriétés de l'abbaye. Le revenu de la cure fut estimé à quatre cents livres en 1648, et à cent cinquante seulement en 1698.

9. HuisNEs. L'église de Huisnes fut donnée pour un quart au Mont-Saint- Michel, du consentement de Tévêque Turgis, qui siégea de 1095 à 1134, par Jean, fils de Garnier, de Huisnes, en prenant l'habit religieux. Raoul-le-Mangeur, prenant l'habit peu après, céda également pour dot la part qu'il possédait de la seigneurie de la même église.

On trouve quelquefois le nom écrit Ysnes. L'église est sous le vocable de saint Pierre. La cure était estimée à deux cents livres en 1648; l'estimation du revenu fut portée à quatre cents livres en 1698.

Il semble que ce soit Vltim donné à là collégiale en 709 par saint Aubert et dont la propriété fut confirmée en 966 par le duc Richard, car là est le village de mont Hier, et un nom analogue ne se trouve nulle part ailleurs.

S'il en est ainsi, il faudrait considérer comme l'église primitivei la vieille

PAROISSES. 2g7

chapelle dont il reste encore quelques débris à mont Itier, et Téglise donnée par le fils de Garnier et par le mangeur Raoul comme une église plus moderne construite par le seigneur du lieu. '

10. Macey. L'église Saint-Sulpice-de-Macey demeura sous le patronage laïque jusqu'en 1404, que l'abbaye du Mont-Saint-Michel acheta le fief de Noyant, qui le comprenait. Le revenu curial paraît avoir été fixé à trois cents livres. Tel il était en 1648 et en 1698. — Rétabli en succursale en 1808.

11. MoiDREY. L'église fut donnée à l'abbaye du Mont-Saint-Michel en 917, par le duc Guillaume-Longue-Epée. L'église actuelle fut bâtie sous l'épiscopat de Herbert, qui siégea de 1152 jusqu'en 1161, dit de Gerville dans ses Recherches historiques sur les Paroisses. Le revenu curial paraît avoir été fixé à trois cents livres. L'église est sous le vocable de saint Laurent.

Il y eut dans la paroisse une léproserie dite de Saint-Biaise, ayant trente livres de revenus et qui était sous le patronage du grand-aumônier de France. II n'en reste de souvenir que le nom du champ Saint-Biaise. La chapelle est marquée comme « entièrement abandonnée » sur l'état dressé en 1752.

Le nom est écrit Maldrei et Maidre sur les plus anciens titres ; Moidrey est un euphémisme local. — Moidrey a attendu jusqu'en 1 826 son rétablissement à titre de paroisse.

12. Le Mont-Saint-Michel. Cette paroisse doit sa fondation à l'immigration des peuplades environnantes, qui cherchèrent un refuge sur le rocher au temps des invasions normandes, et s'y retranchèrent; le duc Richard P*^ refit d'une manière plus solide ces retranchements provisoires. Dès lors il y eut une population indépendante de l'abbaye , quoique sous son patronage spirituel et temporel. Les moines essayèrent plus d'une fois de s'attribuer des droits de juridiction sur la paroisse, en voulant y étendre leurs propres immunités; mais les évéques d'Avranches veillèrent toujours avec soin à réprimer de pareilles entreprises; notamment en 1061, pendant l'épiscopat de Jean de Bayeux. L'évéque donna à l'abbé des pouvoirs d'archidiacre pour les causes mineures, mais en assujettissant les moines à reconnaître l'église d'Avranches pour leur mère, ce qui était le contraire de leurs prétentions. De nouveau en 1 236 ; la cause alla jusqu'à Rome et le Souverain- Pontife jugea en faveur de l'évéque, alors Guillaume d'Osteilley. L'abbé garda ses pouvoirs d'archidiacre pour les causes mineures, à condition de mener les habitants du Mont en procession à Avranches tous les ans le mardi d'après l'Octave de la Pentecôte, et que chacun déposerait un denier sur l'autel de saint André, l'abbé étant responsable pour tous. En 1335, l'abbé Nicolasle-Vitrier alla recevoir la bénédiction abbatiale à Avranches des mains de l'évéque Jean de Hautfaney, et accepta des commissaires nommés par le prélat , pour régler ses rapports avec les moines et ses devoirs envers l'Eglise d'Avranches.

Il fallut aux évoques cette fermeté persévérante, pour conserver le droit de mettre le pied au Mont, et maintenir sous leur houlette une des paroisses de leur diocèse.

Il y eut au Mont-Saint-Micbel des chapelles Saint-Etienne et Saint-Symphorien, antérieures à saint Aubert, dont nul auteur n'a jamais signalé les ruines; une chapelle Sainte-Catherine, fondée en 1380 par l'abbé Geoffroi de Servon, dont on montre encore les fondations, quoiqu'elle ait été comprise

plus tard dans le logis abbatial. Elle avait été érigée probablement à l'usage d'une léproserie qui existait alors et était à la charge de l'abbaye. Lorsque la lèpre eut disparu, la léproserie fut supprimée, et son revenu réuni à la mense abbatiale.

L'église paroissiale est sous le vocable de saint Pierre. La cure était à la présentation de l'abbaye.

Outre réglise paroissiale, il existe une chapelle Saint-Aubert^ de cons* truction moderne, mais de date très-ancienne quant à la fondation. On la dit élevée sur le rocher que l'enfant de Bain fit rouler du sommet du Mont, en le poussant du pied.

13. Sacey. L'église Saint- Martin -de-Sacey fut donnée à l'abbaye de Marmoutiers vers Tan 4100, par Raoul de Sacey. Ansger, fils de Raoul, contesta la donation de son père, puis la ratifia et se fit moine. — Ansger eut pour fils Harculfe de Saint-Hilaire , qui fut la tige de la riche et illustre famule des Saint-Hilaire-du-Harcouet. ~ Raoul avait donné aux moines de Marmoutiers, en même temps que la cure, une terre de deux charrues et deux prés; les moines en firent un prieuré; lequel fut visité en 1250 par l'archevêque Eudes Rigaud, qui y trouva trois moines. — Suivant lepouillé de 1648, le prieuré de Sacey rapportait quinze cents livres. Il fut estimé à deux mille cinq cents en 1698. Le revenu curial était de trois cents livres, ce qui indique une portion congrue servie par les moines. Le patronage était alternatif entre l'évêque d'Avranches et l'abbé de Marmoutiers.

Il y eut à Sacey deux chapelles ; l'une dite de Sainte-Croix, peut-être celle du prieuré, et l'autre , de Notre-Dame-de-Pilié au manoir de Charnel. La liste de 1753 indique en plus une chapelle Saint-Georges au chAteau de Sacey, dotée de soixante livres de rentes, à la présentation du seigneur, et une chapelle de Saint-Thomas, sans titre et abandonnée. — L'église est en partie romane.

14. Servon. L'église Saint-Martin-de-Servon fut donnée à l'abbaye du Mont-Saint-Michel, en 1239, par Thomas de Servon. Le revenu curial était estimé à trois cents livres en 1648 ; il le fut à six cents en 1698. — Il y a eu cette paroisse une chapelle Saint-Grégoire, qui est dite sans titre sur la liste de 1752. — L'étymologie parait être la même que pour Champcervoa : c'est-à-dire un nom d'homme.

15. Tanis. L'église Saint-Vigor-de-Tanîs fut donnée à l'église d'Avranches par Turgis de Tanis, environ l'an 1200. Les évêques en conservèrent le patronage et abandonnèrent les revenus au chapitre, qui en forma une prébende. Louis XI donna la seigneurie temporelle au Mont-Saint-Michel en 1463. La donation de l'église fut confirmée en 1224 par Bonoré III.

La paroisse eut une chapelle Saint-Côme et Saint-Damien au village de Brée, qui était visitée spécialement par les gens sujets à la colique. La liste de 1752 l'indique comme « sans titre. )^ Elle est réduite maintenant k usage de grange.

16. Yrssey. L'église Saint-Yincent-de-Vessey était sous le patronage de l'évêque d'Avranches. L'édifice est en partie d'architecture romane du genre le plus antique. La cure était estimée à quatre cents livres en 1648, et à huit cents en 1 698.

Le belliqueux évêque d'Avranches, François Péricard, Tun des Ugueurs les plus obstinés, avait été curé de Vessey.

Le Mont-Saint-Michel eut là un de ses plus riches prieurés, celui de Balan. Il le donna en fief noble sous la redevance d'un chapeau de roses au jour Saint-Michel et de divers services militaires. La chapelle du Logis de Balan était 4c très-négligée et sans titre » en 1752.

On trouve le nom de la paroisse écrit Vecie et Vescye au moyen âge.

Page 1