CANTON DE SAINT-JAMES
1. Saint-James. — s. Argouges. — 8. Garaet. — 4. Hamelin. — 3. La Croix-Avranchin. — 6. Montanel. — 7. Montjoie. — 8. Saint-Aubia-de-Terregate. — 9. Saint-Benoit. — 10. Saint- Laurent-de-Terregate. — H. Saint-Sénier-de-Beuvron. — 12. Vergoncey. — t3. Viliiera.
i. Saint-James. Le plus ancien vocable de Féglise du lieu est celui de sainte Marguerite. L'apport de quelque relique insigne de Tapôtre saint Jacques y aura fait ajouter ce deuxième nom ; au xi® siècle on dit l'église Sainte-Marguerite et Saint-Jacques-de-Brevon, ce qui était contre les usages et les prescriptions liturgiques : on ne place point dans le même vocable le saint du dernier rang avant celui du premier.
Les ducs Richard P' et Richard II ayant fait fortifier le passage du Beuvron contre les incursions des Bretons, le lieu prit de l'importance, le village s'accrut. Le duc Robert II, qui gouverna de 1028 à 1035, le donna avec tout ce qu'il y possédait, y compris droits et redevances, à l'abbaye du Mont-Saint- Michel. L'abbaye y fonda des foires et des marchés, ce qui attira de nouveaux habitants ; dès lors ce fut le bourg de Brevon et Téglise Saint-Jacques-de- Brevon, et plus populairement de Bevron ; sainte Marguerite fut mise en oubli .
Le duc Guillaume-le-Bâtard, ainsi il signait, fit enfermer la bourgade dans de bons remparts environnés de douves larges et profondes , auxquels la rivière de Beuvron fournil l'eau nécessaire, au moyen d'une chaussée qui détourna son cours. Il s'éprit même d'un singulier amour pour le lieu ; il y fit venir de nouveaux habitants, en accordant de grandes franchises à ceux qui s'y établiraient. Avant de partir pour la conquête, il fit vœu d'y construire une église en l'honneur de saint Martin, si Dieu lui accordait la victoire. Il fut victorieux et tint parole. L'ancienne église Saint-Jacques était devenue insuffisante. Celle-ci fut nommée Saint-Martin-de-la-Bataille, populairement Saint- Martin-du-Bellé.
Il y avait, depuis une époque incertaine, à une demi-lieue du bourg de Bevron, en descendant le cours de la rivière, un prieuré de Bénédictins.', appartenant à l'abbaye de Fleury-sur- Loire, dépendante elle-même de Màr^moutiers, et autour du monastère il s'était fondé une autre bourgade ,qu{ s'appelait Saint- Benoit-de-Brevon.
Or, dans un moment de mécontentement dont la cause est inconnue \ le Conquérant, qui n'aimait pas à donner du sien, transféra «u prieuré les églises du bourg de Saint-Jacques et tous les droits et redevances dont l'abbaye, ayait joui ; il ne lui resta que les huit moulins donnés par le comte Robert;, si taa| est qu'ils eussent encore de l'eau après le détournement de la rivière, otmèmè
les terrains adjacents au bourg, donnés par le même comte. L'abbaye en forma un arrière-fief sous la mouvance du grand fief d'Ardevon. Guillaume lui enleva en même temps le bourg de la Croix-Avranchin et les foires et marchés qu'elle y avait établis et les donna aux Bénédictins. L'abbaye jeta les hauts cris, mais en vain.
Dès lors Saint-Jacques-de-Bévron eut trois églises à sa disposition , celles de Saint-Jacques , de Saint-Martin-du-Bellé et de Saint-Benoit , et la population se servit de l'une après les autres, pour éviter les frais de réparation, ou de deux en même temps, vu l'insuffisance d'une seule.
On lit dans les actes du xiv^ siècle : « la paroisse Saint-Martin de Saint- James-de-Bevron ; » dans ceux du xv®, « l'église paroissiale de Saint-Benoltde-Bevron, avec la chapelle Saint-Martin qui lui est annexée. » Au xvi", Saint-Martin-du-Bellé est redevenu paroissiale avec trésor et fabrique. A la fin du même siècle , tous les souvenirs sont confondus : on trouve une « collation de la chapelle Saint-Ermel , située dans la paroisse de Saint-Martin ou Saint-Benoît, dans le territoire de Saint-Benoît-de-Beuvron , autrement dit Saint-Martin-du-Bellé et bourg ou ville de Saint-Jacques-de-Bevron. » Au xvii® siècle, Saint-Martin-du-Bellé et Saint-Benoît formaient deux bénéficescures distincts; Saint-Martin avait douze cents communiants, et Saint- Benoît seulement deux cents. L'église Saint-Jacques servait de paroissiale. Saint-Martin était en ruines, les paroissiens et le prieur plaidaient à qui ne la relèverait pas ; le prieuré était en coramende. En 1700, un incendie dévora la toiture, les lambris et le mobilier de Saint-Martin.
La chapelle Saint-Ermel (/frmagildus) était celle d'une léproserie fondée par les paroissiens vers 1130. L'éveque Pierre-Daniel Huet la réunit à l'hôpital de Saint-James, lequel dépendait du prieuré. Il avait alors, 1698, trois pauvres, cent livres de rentes et une partie de cinquante ou soixante, qu'on ne pouvait plus faire payer faute de titres. Depuis longtemps, le Brevon était devenu le Beuvron et Saint-Jacques-de-Brevon, Saint-James, tout court. Les protestants avaient ruiné églises et prieurés. Le prieuré-cure de Saint- James était estimé à mille livres de revenu en 1618. C'était peut être exagéré ; mais il s'agissait d'un établissement monacal, et le gouvernement les pressurait.
On lit sur l'état de 1752, article Sainf-James : « L'hôpital ou hospice Saint-Maur, érigé et doté par feu M. l'abbé Bragelonde '^\ archidiacre d'Avranches, est gouverné par deux Sœurs de Saint-Thomas-de-Villeneuve, revenu du chapelain, deux cents livres. La chapelle Saint-Martin en Saint- James est sans titre; il y a une confrérie pour les hommes. »
Lors du rétablissement du cuhe, en 1802, Saint-Benoît, qui devait recevoir plus tard une existence indépendante, fut adjoint à Saint-James à titre d'annexé. Les deux vieilles églises Saint-Jacques et Saint-Martin-du-Bellé ont été démolies, une église neuve, commencée en 1853, les remplace ; le très-élégant portail ogival de Saint-Martin, œuvre du Conquérant, a été reconstruit à l'entrée du cimetière paroissial. La chapelle Saint-Ermel fut relevée de ses ruines vers 1830.
(I) Hierôme de BrageloDgne (et non Bragelonde). grand archidiacre d'Avranches» moumt le 21 mai 1722, à l'âge de soixante-seize ans trois mois, comme le porte le couvercle de bronce de son monument, dans la chapelle de Thospice.
2. Argouges. L'église Saint-Pierre-d'Argouges fut donnée, avec le presbytère, les aumônes, les dîmes et les oblations, à Tabbaye de Marmoutiers, c'est-à-dire au prieuré de Sacey, qui en était une dépendance, par Arsculfe de Saint-Hilaire, fils de Eude, avec l'approbation de l'évêque Turgis, qui siégea de 4095 à 1134. Argouges passa ensuite au prieuré Sainte-Marie-du- Rocher de Mortain, autre dépendance de Marmoutiers, car Tévéque Herbert, deuxième successeur de Turgis, lui en donna un titre conflrmatif.
L'abbaye du Mont-Saint-Michel prétendait aussi y avoir des droits. Hais des arrangements définitifs durent être conclus plus tard ; en effet, c'était révéque qui nommait directement à la cure en dernier lieu. Elle était évaluée à huit cents livres en 1648; de même en 1698.
3. Carnet, au xii® siècle Kernel. L'église Notre-Dame-de-Carnet était de patronage laïque. La cure fut estimée à cent vingt livres en 1648 ; à quatre cents livres en 1698.
Il y eut au manoir une chapelle Sainte-Barbe, qui est encore fréquentée ; sainte Barbe est invoquée contre la foudre et l'incendie; l'état de 1752 dit seulement : « Carnet. La chapelle du manoir seigneurial, sans titre. »
L'abbé Julien NicoUe, né à Saint-Laurent-de-Cuves en 1629, mort en 1702, vicaire général d'Avranches, auteur d'une histoire manuscrite des évêques et du gouvernement politique du diocèse d'Avranches, était curé de Carnet, Kernet veut dire en saxon la petite église.
4. Hamelin. Saint-Martin delà Chapellc-Hamelin, tel est le nom historique qui a été écourté de cette façon. La dame <!i Hildiarde, veuve d'un chevalier nommé Iscirald, donna à l'abbaye du Mont-Saint-Michel l'église de la Chapelle-Hamelin avec deux masures au bourg de Pierre, douze acres de terre au village de la Chapelle et trois au delà de la rivière du Lair, du consentement de Hamelin, son fils, qui voulait être reçu parmi les moines. » Ce fut fait pendant l'épiscopat de Michel, qui siégea à Avranches de 1079 à 1095, et de l'abbé Roger de Caen.
Quinze acres équivalent à soixante vergées de terrain ; il y a quatre vergées et demie à l'hectare.
Le revenu curial était estimé à cent livres en 1648 ; à trois cents en 1698. Supprimée en 1803 et réunie à Saint-Laurent-de-Terregate, la Chapelle- Hamelin a recouvré son existence propre et indépendante par ordonnance du 34 mars 1844.
5. La Croix-Avranchin. Le village de la Croix- Avranchin fut donné par Robert II, qui monta sur le trône ducal en 1028, à un de ses féaux serviteurs nommé Adelelme. Celui-ci le garda peu de temps, et le donna à l'abbaye du Mont-Saint-Michel avec une ferme eu l'île de Jersey, du consentement de Béatrix, sa femme, et de Robert, son fils. Hugues, évêque d'Avranches, confirma la donation. L'abbaye y établit un marché hebdomadaire et deux foires annuelles. Ce fut fait en 1036. Mais le Conquérant le lui reprit et le donna aux Bénédictins de Fleury en même temps que Saint-James. La cure était estimée à cinq cents livres en 1648, elle le fut à huit cents en 1698. Il y eut dans la paroisse une chapelle dite de Boucéel, dont la liste de 1752 ne fait pas mention, et la chapelle de la Boussardière, alors desservie par un ecclésiastique du nom de Timothée Pigneul, quoique sans titre. — L'évêque
Richard de Beaufou donna à son chapitre certains droits et redevances qa*il possédait en cette paroisse. Vocable, la Sainte-Trinité.
6. MoNTAi>tEL. Du temps de Turgis, évéque d'Avranches, qui siégea de 1095 à 1134, la chapelle de Osmond Anel fut unie au prieuré de Sacey par Gilbert, vicomte d'Avranches ; lequel, ne sachant signer, coiffa les moines de son couvre-chef, fait de peaux d'agneau, par forme d'investiture, dit le cartulaire de Marmoutiers. Cependant le comte Guillaume de Mortain, fils du comte Robert, s*étant arrangé avec l'abbé de Marmoutiers pour que la chapelle du prieuré du Rocher fût constamment desservie par vingt moines de son ordre, la chapelle de Osmond Asnel (alias j4seUi) fut rattachée è ce dernier prieuré. {Alias basilica Osmondi y^snel.)
La cure de Saint-Brice-de-Montanel était estimée à trois cents livres en 1648 ; elle fut portée à mille livres en 1698.
Il y eut au manoir de la Touche-Villeberge une antique chapelle dont la liste de 1 752 ne parle pas et qui a été réédifiée récemment.
7. MoNTJTOiE. La cure de Saint-Martin-de-Montjoie était de patronage alternatif et estimée à cinq cents livres. Graalon de Verdun en avait donné la moitié à Tabbaye de Montmorel.
4c Chapelle Saint-Denis, possédée par le sieur curé de la paroisse, présentateur. » (Liste de 1752.)
Il dut 7 avoir sur cette butte de cent soixante-dix-sept mètres d'altitude un Jupiter de pierre; peut-être au lieu où fut la chapelle Saint-Denis. Les premiers chrétiens changèrent les Mont-Jou en Mont- Joie, pour les dépaganiser, et élevèrent des chapelles ou des croix aux lieux où furent les idoles, afin d'éteindre les dernières superstitions.
Etabli en succursale en 1808.
8. Saint-Aubin-de-Terregate. Terregate veut dire un pays dévasté [ierra loasiata) ; ceci doit se rapporter à quelque expédition bretonne du temps de Rollon ou de Guillaume-Longue-Epée. Saint-Aubin et Saint-Laurent ont seals conservé ce surnom ; mais il était commun dans les temps plus anciens à Saint-Brice-de-Landelles.
La moitié de l'église de Saint-Aubin-de-Terregate fut donnée à l'abbaye de Montmorel peu après la fondation par Juhel du Bois. 4( Pierre, fils de Hamelin , la famille des Bretons , Gillebert des Dorières , Guillaume de Férières, Hamelin, fils de Burg, et les Doisnel » donnèrent l'autre moitié quelques années plus tard.
La cure était estimée à trois cents livres en 1648. L'estimation fut élevée à mille livres en 1698.
11 y eut une chapelle au logis de Dogeru (alias Dougerux) sans titre.
9. Saint-Benoit. Cette paroisse a été érigée en succursale par ordonnance du 30 avril 1845. (Voy. Tart. Saint-James.)
10. Saint-Laurent-de- Terregate. Juhel du Bois donna à l'abbaye de Montmorel, au temps de la fondation, la moitié de l'église de Saint-Laurentde-Terregate ; Robert de Saint-Jean et Olive, sa femme, en donnèrent uo quart. Le dernier quart fut donné par l'évêque Richard de Subligny. Le prieuré-cure était estimé à trois cents livres en 1648 ; l'estimation fut réduite à cent livres en 1698. La hste dressée en 1752 marque « 1"* une chapelle
PAROISSES . jS03
Sainl-Nieolas, sans titre; 2^ la chapelle domestique de Dorière, sans titre; 3® la chapelle domestique du sieur de la Lande, sans titre. » Celle-ci était aoos le vocable de Notre-Dame. Il 7 en avait eu précédemment une au Mors, dont il ne restait que des ruines et une cinquième au manoir de Rouffigny. Il y eut aussi un prêche au manoir de la Cour.
41. Saint-Sé>îier-de-Beuvron était sous le patronage de Tévêque. La cure était estimée à un revenu de trois cents livres en 1648; elle fut portée à cinq cents en 1698. Il y eut au manoir de Chassilly une chapelle Sainte- Madeleine, sans titre.
42. Verconcey. L'église Saînt-Hilaire-de-Vergoncey était de patronage laïque. Estimation de la cure, en 1648, huit cents livres ; en 1698, douze cents livres. Il y eut une chapelle de Boucée, qui est dite succursale de la paroisse en 1752. L'église a conservé un portail d'architecture romane.
13. ViLLiERS. L'église Saint-Pierre-de-Villiers fut donnée au Mont-Saint- Michel par Guillaume -le -Conquérant. Elle est portée au nombre des propriétés de l'abbaye sur la bulle confirmative d'Alexandre III, en 1178.
On pense que saint Ermel (Armagilus) a évangélisé ce pays. Alain I*, comte de Rennes, qui mourut en 594, donna à Ermel, pour y bâtir un monastère, un terrain situé à trois lieues de cette ville du côté du Maine; or les souvenirs de ce saint sont nombreux dans cette contrée de l'ancien diocèse d'Avranches : il y a à Villiers une fontaine Saint-Armel auprès de l'église.
La dernière héritière de la noble famille de Villiers donna le manoir aux missionnaires diocésains en 1820, pour y fixer leur séjour. Depuis, le diocèse a aliéné cette propriété, pour les transférer à Périers; mais ils ont laissé comme souvenir la chapelle qu'ils avaient construite à leur usage.
Le patronage de la paroisse était revenu au seigneur du lieu. La cure était estimée à trois cents livres en 1648; elle fut portée à quatre cents en 1698.
Etabli en succursale en 1808.
CANTON DE SARTILLY.
J. Sartilly. — 2. Angey. — 3. BacUly. — 4. CaroUes. — 5. Champcey — «. Champeaux. — 1. Dragey, — 8. Genêts. — 9. LoUT. — 10. Montviron. — 11. Ronthon. — 12. Saint-Jeanle-Thomas. ^ 18. Saint-Michel-des-Loups. — 14. Saint-Pierre-Langers.
1. Sarth-ly. L'église Saint-Pair-de-Sartilly, avec les dîmes de la paroisse, fut donnée à l'abbaye du Mont-Saint-Michel par Raoul Avenel, du consentement de son père, en présence de Turgis, qui monta sur le siège épiscopal d'Avranches en 1095. Foulques Paynel, petit-neveu de Raoul Avenel, confirma la donation en 1156. Le revenu curial était estimé à douze cents livres en 1648 ; d'où il suit que le curé devait payer au roi environ cent dix livres de décimes. La décime ne s'élevait pas tout-à~fait au dixième du revenu estimatif, de peur d'excéder. Parfois aussi , elle dépassait le revenu réel.
L'église actuelle a été construite pendant les années 1858 et '1859. T. Il 37
3. Anget. L'église Saint-Samson-d'Ange^ fut donnée à Tabbaye de la Luzerne peu après la fondation, c'est-à-dire vers 1150 ou avant, par Guillaume de Saint-Jean (le Thomas), avec tout ce qui lui appartenait, autelage, dîmes, aumônes et autres revenus. Les aumônes étaient des terrains attachés à la cure pour la subsistance du curé. Cette donation fut confirmée par Urbain III en H86.
L'église est un petit monument d'architecture romane. Le prieur-curé avait un revenu estimé à trois cents livres en 1648, et qui fut coté à quatre cents en 1698.
Angey n'a été rétabli comme paroisse qu'en 1820.
3. Bacillt. L'église Saint-Etienne-de-Bacilly fut donnée à l'abbaye du Mont-Saint-Michel en 1â86, par Marie, fille atnée de Jean de Bacillj. Mais comme elle n'en possédait pas la totalité, il en résulta beaucoup de contestations par rapport aux nominations des curés, et enfin les choses s'arrangèrent : l'abbaye et Tévêque exercèrent leurs droits alternativement.
« Bacilly. Chapelle Saint-Paul-du-Fougeray. Patron, l'abbé du Mont- Saint-Michel, présentateur. Revenu confondu (réuni) avec Tombelaine, qui vaut cent cinquante livres. 2^ Saint-Eutrope , dans le manoir seigneurial de la Roussellière, à la présentation de M. de Chantore. Revenu quinze livres, en bon état, et bien fournie d'ornements. » (Etat des chapelles du diocèse d'Avranches en 1752.)
Celle-ci a été rétablie; la première existe pareillement.
La chapelle Sainte-Catherine de la léproserie de Genêts, dite du Mont- Conin, était en la paroisse de Bacilly.
Le Mont-Conin veut dire le mont aux lapins.
La chapelle Sainte-Catherine avait quarante livres de - rentes. Elle fut rattachée par l'Etat à l'ordre de Saint-Lazare, qui n'attribua nulle importance à la donation à cause de la modicité du revenu ; puis unie à l'hôtel-Dieu d'Avranches en 1696.
La cure de Bacilly était estimée à douze cents livres en 1648; elle fut cotée à quinze cents en 1698.
i. Carolles. L'église Saint-Vigor-de-CaroUes était de patronage laïque. La cure était estimée à quatre cents livres de revenu en 1648 ; elle fut portée à six cents livres en 1698.
On voit les restes d'une chapelle Saint -Clément sur la falaise des Châteliers.
5. Champcey. Par suite d'arrangements divers, l'église Notre-Dame-de- Champcey, qui était d'abord au chapitre d'Avranches, appartint au xii^ siècle à Tabbaye de la Luzerne et devint enfin de patronage laïque. La cure était estimée à quatre cents livres de revenu en 1648; l'estimation fut portée à cinq cents livres en 1698. — Etabli en succursale en 1808.
6. Chavpeaux. L'église Saint-Vigor-de-Champeaux fut donnée à l'abbaye de la Luzerne en 1162, par Gilbert de Champeaux. La cure était estimée à six cents livres en 1648; l'estimation fut réduite à quatre cents en 1698. Il y avait dans la paroisse une léproserie fondée vers 1130, et antérieure, par conséquent, à la donation de l'église; la chapelle était dédiée à saint Biaise. Le duc-roi Henri II lui concéda une foire d'un jour, qui se tiendrait dans la lande de Beuvais, auprès de laquelle elle était située, le jour de
TExaltation de la Sainte - Croix. L'abbaye de la Luzerne devait à cette léproserie vingt quartiers de froment de rente, estimés à trois cents livres. Elle fut unie à Thôtel-Dieu d'Avranches en 4696.
7. Draget. L'église Saint-Médard-de-Dragey fut donnée à Tabbaye du Mont-Saint-Michel par le duc Robert II, dit le Magnifique, en 4029. Il donna en plus les fiefs-fermes de Poterel , Tissé , Tisséel , le Gault , Bray, la Lande, Belleville, la forêt de Beuvais, les bois de Crapolt et de Neiron, la paroisse de Saint- Jean (le Thomas) et ce qui lui appartenait dans le bourg de Beuvron. L'église a conservé des traces de cette époque.
Il y eut une chapelle au manoir de Brion , encore existante, qui dépendait de l'abbaye, et qui est dite sans titre sur la liste de 1752.
Le prieuré de Tombelaine fut habité par des religieux du Mont jusqu'en 4449, que les Anglais les en chassèrent, et y firent une citadelle qui couvrit toute la superficie du rocher. Une garnison anglaise l'occupa jusqu'en 4490. La forteresse fut démolie en 4 662, par ordre du sieur de Chastière, gouverneur du Mont. Depuis lors, Tombelaine est un rocher dénudé.
La cure était estimée à trois cents livres en 4 648 ; elle fut évaluée à cinq cents livres en 4698.
8. Genêts. La paroisse de Genêts fut donnée par saint Aubert à la collégiale du Mont-Saint-Michel le jour de la dédicace de l'église ; la propriété en fut confirmée à l'abbaye par le duc Richard II en 966. Elle y fonda un prieuré, qui a été appelé quelquefois l'Abbaye. L'église Notre-Darae-de- Genets, construite aux frais de l'abbaye du Mont, et dédiée en 4457 sous le magistère de l'abbé Robert de Torigny , existe encore en grande partie dans l'église actuelle.
Le prieuré appelé de Brion fut fondé en 4 437 par Bernard du Bec, xm* abbé du Mont, en même temps que celui de Tombelaine. Les derniers restes de sa chapelle, dédiée à saint Laurent, sont disparus depuis quelques années seulement.
Le port et les salines de Genêts eurent une certaine importance au moyen âge, et la population dut être considérable jusqu'au temps du siège du Mont-Saint-Michel par les Anglais; mais alors la ville fut ruinée plusieurs fois par la garnison du Mont, et enfin d'une manière définitive par lord Scales, lorsqu'il entreprit de fonder Granville.
La tille de Genêts eut une léproserie et un hôtel-Dieu; la léproserie était celle du Mont-Conin; nous avons signalé sa chapelle, dédiée à sainte Catherine, à l'art. Bdcilly. La chapelle de l'hôtel -Dieu était dédiée à sainte Anne. Ces deux établissements, peu riches, furent réunis au xvi® siècle, et enfin, au xvii®, donnés à l'hôtel-Dieu d'Avranches.
Lorsque le diocèse paya une décime de huit mille livres à Léon X, la cure de Genêts fut taxée à quatre livres, l'hôtel-Dieu à trente sous, et la léproserie à quatre sous six deniers. Ces taxes étaient proportionnelles.
En 4752, la chapelle Sainte-Catherine était « en totale ruine. » Le relevé fait mention de la chapelle Sainte-Anne et omet celle de Saint-Blaise-de-Beuvais, ce qui indique qu'elle n'existait plus. Le revenu du prieuré-cure était estimé à deux cents livres en 4648 ; il fut porté à deux cent cinquante en 4698.
9. LouF. L'église Saint-Martia-de-Lolif resta jusqu'à la fin de patronage
S96 HISTOIRE DU DIOCiSB DB QOUVANGBS ET AVRANGHBS.
laïque. Le reyena earial était estimé à six cents livres en 1648 ; il fut porté à douze cents livres en 1698.
10. MoNTViRON. L'église Notre-Dame-de-Montviron fut donnée àTabbaye de la Luzerne au moment de la fondation par les frères Philippe et Henri de^ Saint-Pierre-Langers, et Richard de Subligny, évêque d'Avranches. — Cette' paroisse eut une chapelle au manoir de la Colomberie, dont le relevé de 1752 parle ainsi : « Chapelle de la Colorobrie, sous Tinvocation de saint Pierre ; revenu deux cents livres. Chapelle en bon état et bien entretenue. M. d. e du Mottet, à laquelle appartient la terre de la Colombrie, fait desservir ladite chapelle. » La cure était estimée à un revenu de cinq cents livres en 1648 ; elle fut portée à six cents en 1698.
1 1 . RoNTHON. L'église Saint-Nicolas-de-Ronthon avait été donnée au prieuré de Tombelaine, indépendamment, peut-être, de Tautorité de Tévèque; mais par suile d'arrangement intervenu entre Guillaume d'Osteilley, quimonta sjurle siège épiscopal d'Avranches en 1210, et Raoul des Iles, abbé du Mont-Saint- Michel ; celui-ci la céda à Tévêque, qui la rétrocéda aussitôt à son chapitre.
Le revenu curial parait avoir été fixé à deux cents livres.
12. Saint-Jean-le-Thomas. La paroisse tire son af&xe de Thomas de Saint- Jean, qui bâtit le chAteau en 1117, et dévasta pour le construire les forêts de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. Il se réconcilia bientôt après avec les moines et les dédommagea.
Il reste du château une chapelle transformée en écurie, dont il est fah mention dès le xiî'' siècle, et qui était dédiée à Notre-Dame-de-Pitié. Dans les derniers temps, elle était réunie au prieuré-cure et desservie aux frais du curé.
Le duc Robert-Ie-Magnifique avait donné à Tabbaye du Mont-Saint-Michel le village de Saint-Jean-sur-la-Mer avec toutes ses dépendances. (Voy. l'art. Dragey,) Les moines furent parfois troublés dans leur jouissance par les seigneurs de Saint-Jean, qui étaient leurs vassaux; mais enfin le droit finissait toujours par prévaloir.
Le revenu du prieuré-cure était estimé à trois cents livres en 1648. L'esti^ mation fut portée à huit cents livres en 1698.
Saint-Jean-le-Thomas n'a recouvré son existence paroissiale qu'en 1820.
13. Sajnt-Michel-des-Loups. Cette paroisse se forma au moyen de défrichements opérés dans la forêt de Beuvais, donnée à Tabbaye du Mont-Saint- Michel par le duc Robert II. (Voy. l'art. Dragey ) Son surnom provient sans doute de sa situation ; elle l'avait déjà en 1 153, puisqu'il se lit sur une buUe confirmative des biens de l'abbaye donnée à cette date par le pape Adrien IV. (Ecclesiam Sancli Michae/is de Lupis.)
La cure était estimée à un revenu de trois cents livres en 1648 ; de cinq cents en 1698.
14. Saint-Pierre-Langers. On trouve parfois le nom de cette paroisse écrit sur de vieux documents Saint-Pierre-lez-Angey ; et c'est la véritable étymologie. Il y avait deux portions curiales d'égal revenu et de patronage laïque. EIIhs furent estimées à quatre cents livres chacune en 1698. On lit st|r l'état des chapelles dressé en 1752 : « Saint-Pierre-Langer; chapelle Saint- Martin au village des Rochers, cinquante livres de revenu; chargea, deux
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messes par semaine. Monseigneur la présente au plus proche parent des fondateurs. 8^ Chapelle du Guygeois, dans la prairie du même nom, prairie qui est son revenu avec d'autres terres estimé cent cinquante livres, à la nomination du seigneur de Saint- PierreLanger. »
Le célèbre abbé Philippe Badin, qui gouverna la Luzerne de 4407 à 1451, bénit la première pierre de Granville sur l'invitation de lord Scales et fut un des hommes les plus éminents de son temps, ainsi qu'un des principaux bienfaiteurs de l'abbaye, était natif de Saint-Pierre- Langers.