‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 122 sur 191 · CANTON ET VILLE DE CHERBOURG · texte numérisé non relu

CANTON ET VILLE DE CHERBOURG

I. La Sainte-Trinité.— a. Notre*Dame^u-Roule.-3. Notre-Dame-du-Vœu.— 4. Saint-Clément.

1 . La SAiNTE-TRiNFr^. Les deux plus anciennes églises de Cherbourg sont celles de la Sainte-Trinité, église paroissiale, et Sainte- Marie-du-Château, église de la portion de ville qui se trouvait enfermée dans les murs. Suivant les anciens documents, celle-ci paraît avoir eu plus d'importance qu'une simple chapelle de forteresse.

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Elles appartenaient Tune et l'autre à l'évéque de Coutances, Geoffroi de Montbray en ayant acquis le patronage de ses frères. Elles sont relatées dans la charte recolleetive et confirmative donnée à Tévêque Algare par le pape Eugène III en 1 1 45 (Eccksiam S. Marim de C^saris-burgo cum ecclesia Sanctm Trinitatis). L*église Sainte-Marie, abîmée dans le cours des guerres du XV® siècle, a été définitivement démolie en 1689. La cure était de nomination royale. L'église de la Sainte-Trinité a survécu et n'a cessé jusqu'à la fia de faire partie du domaine temporel et spirituel de l'évéque. Toutefois, c'est l'abbé de Notre-Dame-du-Vœu qui est porté comme présentateur dans le pouilléde 1757.

Il faut prendre garde à ne pas les confondre avec les chapelles ou églises du Vœu , qui ont eu aussi leurs vicissitudes ; mais qui étaient églises de l'abbaye. — Les églises appartenaient à ceux qui les avaient fondées oa dotées et à ceux à qui ils les donnaient, sauf l'approbation réservée à l'évéque à l'égard des curés et des chapelains.

Quand on lit que l'église de Cherbourg fut presque détruite pendant le siège de 1417 et 1418, qu'elle fut ensuite restaurée ef que Jean (Le Rat« Joannes Bâti), évêque de Janopolis, suffragant de Coutances, la réconcilia le jour Saint-Michel 1464, il faut l'entendre de l'église de l'abbaye. L'église de la paroisse, quoique ayant moins souffert, fut cependant presque entiëreiq^nt refaite et rendue au culte deux ans plus tard. Il ne faut pas non plus confondre les deux églises Notre-Dame-du-Vœu. Celle du vœu de la reine Mathilde, construite en dehors des murs du, château de Cherbourg, est représentée maintenant par une église paroissiale, et celle du vœu de l'impératrice Mathilde, construite dans l'tle du Holm, au lieu dit Chantereine {de carUuranarum), fut l'église de l'abbaye. Or, l'église de l'abbaye est détruite et les bâtiments de l'abbaye sont convertis en hôpital de la marine ; c'est le réfectoire des moines qui sert de chapelle.

L'hûtel-Dieu de Cherbourg doit son origine è Guillaume-le-Conquérant, auquel l'archevêque de Rouen imposa cette fondation pour pénitence de son mariage avec Mathilde, sa parente. Guillaume agit en cette circonstance avec sa parcimonie habituelle ; mais l'établissement reçut plus tard de nombreux accroissements.

Ruiné totalement dans le cours des guerres du xv* siècle, il fut relevé et restauré en 1644 parla charité, les soins et les sollicitations multipliées de Michel Groult, curé de Cherbourg, et de nouveau doté et augmenté en 1682 par les soins du P. Chaudrant, jésuite. Dans ces deux circonstances, la charité en fit seule les frais. Le chapelain avait titre et rang de prieur.

Cherbourg eut une léproserie dont la chapelle, dédiée à Saint-Thomasde-Cantorbéry, était aux soins ou à la présentation du curé : cette léproserie avait une foire d'un jour à la Saint-Martin d'hiver ; elle était placée au lieu où est maintenant le chantier de la marine.

La Société académique de Cherbourg est la plus ancienne des sociétés littéraires du département : sa fondation date de 1755. Sa devise est religion et honneur. Elle fut autorisée en 1773 à tenir deux séances publiques par

année.

On trouve dans les mémoires du xv^ siècle relatifs à la ville de Cherbourg le nom de l'abbaye Sartrine; voici quelle était l'abbaye Sartrine : l'abbé Raoul du Coudray acheta, en 1307, d'un nommé Thomas Sartrin, un empla-

cernent dans l'intérieur des murs, et y éleva des bâtiments capables de servir de refuge aux religieux en cas de guerre. Ils s*y retirèrent en effet plusieurs fois, notamment en 1418, pendant que les Anglais occupaient Tabbaye du Vœu.

Il s'est fondé à Cherbourg, en 1830, un établissement religieux d'une trèsgrande importance, non-seulement à cause de la grande extension qu'il a acquise, mais plus encore par les œuvres auxquels il se livre, savoir la Congrégation des Sœurs de la Charité. Nous ne répéterons pas ici ce que nous en avons dit en son lieu ; mais il nous a semblé juste de le rappeler. Si quelquefois l'antique abbaye fit du bien par la prière et l'exemple, la jeune Congrégation y joint les bonnes œuvres.

La cure de Cherbourg était taxée à dix-huit livres de décimes, ce qui suppose un revenu calculé à deux cent cinquante livres au plus. Le curé n'avait que Tautelage (AUalagium, le revenu de l'autel). L'école était de fondation ecclésiastique et payait cinq livres. L'hôtel-Dieu cinq livres. Le clergé se composait en 1721 de vingt-quatre prêtres, dont dix habitués, quatre diacres et quatre sous-diacres. Ils payaient ensemble pour leur sacerdoce et leurs ordres deux cent trente livres dix sous. La fabrique payait dix-huit livres.

2. Notre-Dame-du-Roule. Le port de Cherbourg ayant acquis une importance militaire de premier ordre par suite de l'achèvement de la digue, commencée par Louis XVI, la ville elle-même en a reçu de grands accroissements; d'où il est devenu nécessaire d'y créer de nouvelles paroisses. Notre-Dame-du-Roule est la première par ordre de dates. Elle fut reconnue da gouvernement à titre de succursale par une ordonnance royale datée du 13 décembre 1836.

3. NoTRE-D AME-DU- Vœu. Vient ensuite dans le même ordre Notre-Damedu-Vœu, reconnue au même titre de succursale le 2 septembre 1850, et élevée au rang de cure de seconde classe le 9 mars 1857. La chapelle du vœu de la duchesse-reine Mathilde n'avait pas été vendue révolutionnairement. Un curé de Cherbourg;, l'abbé Démons, de docte et pieuse mémoire, la rendit au culte en 1818. Comme elle appartenait à l'abbaye du Vœu, quoique livrée à la dévotion et aux pieux usages des habitants, un abbé, entre autres, Léobin Le Fillâtre, décédé en 1558, y avait été enterré; on voyait son épitaphe à la muraille. On pensait à l'agrandir pour en faire une église paroissiale du même vocable; elle avait quinze mètres de longueur sur cinq de large et était en fort bon état, lorsque l'adminisi ration de la guerre jugea nécessaire de la faire démolir. Il fallut donc choisir un autre emplacement et créer les ressources nécessaires pour un édifice entièrement neuf et plus considérable. La première pierre de l'église Notre-Dame-du-Vœu fut posée le 26 mai 1849; la construction dura dix années ; l'édifice fut consacré le 8 février 1 859 par Ms' Daniel.

4. SAiNT-CLâfENT. Parolsso de création nouvelle ; érigée en succursale par ordonnance du 4 juin 1853.

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