‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 128 sur 191 · CANTON DE BRÉHAL · texte numérisé non relu

CANTON DE BRÉHAL

1. Brëhal. — 2. GéreDces. — S. ÂnctoyiUe* — 4. Bourey. — 5. Bréville. — 6. Bricqueville. — 7. Chanteloup. — 8. Coudeville. — 9. Equilly. — 10. HadlmesDil. — M. La Meucdraquière. — li. Le Loredr. — 13. Longuenlle. —14. Mesnil-Âubert. — 15. Muneville. - 16. Saint-Sauveur-la-Pommeraye.

1. Bréhal. La terminaison Aa{ est un mot saxon qui correspond à Vaula des Latins ; le Domesday-hook lui donne constamment cette signification ; la première syllabe représente un nom d'homme. Au xf siècle, celle cour appartenait aux Paynel; elle leur provenait, comme tous leurs autres biens dans le pays, des confiscations prononcées par le duc Guillaume-le-Bâtard après la bataille de Val-ès-Dunes. Les habitants de Bréhal se distinguèrent sous la conduite de leur nouveau maître à la bataille d'Hastings parmi les archers. — L'église Notre-Dame-de-Bréhal fut donnée à Tabbaye de Hambye par Foulques Paynel , le fils du fondateur , en présence de l'évéque Algare ; les évêques Guillaume de Tournebu et Vivien confirmèrent la donation. Celte antique église a été détruite en 4841, et remplacée par l'église actuelle, dont l'achèvement date de 1857.

Avant les Paynel, une famille portait le nom de Bréhal ; Raoul de Bréhal avait donné l'église de Saint-Jean-des-Champs à l'abbaye du Mont-Saint- Michel. — La cure était taxée à une décime de trente-quatre livres. . La petite paroisse de Saint-Marlin-le-Vieux est réunie à Bréhal depuis 1803. Les paroissiens en ont grand regret ; mais ils ont en le tort de laisser tomber leur église en ruines. Le curé était à la présentation du seigneur du lieu; il

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payait une décime de dix-sept livres. — L'étymologie doit être Saint-Martin- FEvieux, et non pas le Vieux, par la raison qu'il n'y a qu'un saint Martin et que la paroisse était une des plus jeunes du diocèse. Saint-Martin est situé au bord de la rivière de Yanlée et d'un havre dont la mer inonde souvent le pourtour. — On appelle ève l'eau d'une rivière débordée, et éviers des brèches par lesquelles on soulage de leur trop plein les réservoirs des moulins. — Saint-Martin n'existait pas encore comme paroisse, lorsque Richard, abbé du Mont-Saint-Michel, donna, en 1238, l'usage du marais aux paroisses limitrophes; les habitants du lieu sont désignés par le nom des hommes de Foulque PayneL C'est que les Paynel le tenaient à iief de l'abbaye.

2. CARENCES. L'église Notre-Dame-de-Cérences resta de présentation laïque. Le curé payait une décime de quatre-vingt-huit livres, sans autres redevances, la paroisse donnait son nom à un doyenné. — Céfences eut une léproserie dite de Notre-Dame et de la Sainte-Trinité', Les lépreux recevaient quatre sous six deniers de V aumône établie; c'est-à-dire sur le fisc royal. Il y eut pareillement une chapelle dite de Guelle, fondée par un sieur Paynel, archidiacre de Coutances, et assez bien dotée.

Cérences eut temporairement un bailliage, auquel les audiences avaient lieu l'après-midi ; et de là le proverbe, non que les avocats de Cérences relevaient mangerie, mais plaidaient après relevé de mangerie. En dernier lieu, Cérences était seulement un des sièges du bailliage de Périers.

M. Hervé Lemperière, maire deNeufmesnil, a fondé en 1874 un hospice de seize lits en faveur des invalides de l'agriculture et des orphelins des familles agricoles, et Ta confié à la direction des Sœurs du Sacré-Cœur. Il s'appelle hospice Lemperière-Lefebure, du nom du fondateur et de celui de sa femme. La paroisse a été érigée en cure par ordonnance du 8 mars 1829.

3. Anctoville (Ansketikilla). Ânsketil était un des compagnons de Guillaume à la conquête, et un des hommes de Gilbert Tison : il soutenait de ce seigneur, qui était un des tenanciers du Mont-Saint-Michel, la terre d'une charrue et possédait en propre siv sockman e$ neuf bovatas terrm. — L'église est sous le vocable de saint Martin. La cure était à la présentation du seigneur. Le curé payait une décime de quarante livres, et quatre sous pour la chape à l'évéque.

4. BouREY. La cure de Notre-Dame-de-Bourey était de présentation laique. Le curé payait une décime de trente-neuf livres. — Bourey est une altération de burrum, mot qui signifie une maison de passage, un pied-à-terre, et ne s'applique ordinairement qu'à des propriétés princières. Il y a un bois qui s'appelle encore le bois de Buron.

5. Bréville. La cure de Notre-Dame-de-Bréville était à la présentation du seigneur du lieu. Le curé payait une décime de trente-neuf livres. Le chœur de la très-jolie église de Bréville est du vu* siècle au plus tard. Stylobates, épaisses murailles en pierres sans ordre, contre-forts de l'épaisseur des deux mains, fenêtres d'un mètre de haut sur vingt centimètres d'ouverture (il y a trente ans), corniches à corbeaux ouvrés, mais usés par le temps, quoique en granit, prétoire derrière l'autel (caché par le rétable), rien n'y manque. C'est avec la chapelle de Poupeville, à Sainte-Marie-du-Mont, et le chœur de l'église de Pierrepont, l'un des trois plus vieux édifices du diocèse. Le corps de saint Hélicr y repose (probablement), soit sous l'autel, soit au milieu du chœur,

et ce chœur a dû être bâti à son occasion. — ta voûte ogivale et le clocher, construit après coup, mais de par-dedans, paraissent être du xv' siècle ; la nef, plus jeune que le chœur, est encore une œuvre romane, avec un portail' latéral romano-ogival du xi* siècle au plus tard. Le tympan laisse encore deviner le bœuf et le lion apocalyptiques aux côtés de la croix.

Voici la tradition locale relative à saint Hélier. Après une tempête, un lourd cercueil se trouva au plein, apporté par la mer. A l'ouverture apparut un corps décapité depuis peu, et on lut sur une membrane ou une plaque : YermUe Hélier, martyr. Hélier avait été enterré à Jersey dans le sable de la grève. Nulle force ne put enlever le corps ni ébranler le cercueil. Vinrent un vieillard et son fils, fervents chrétiens ; ils chargèrent sans peine le tout sur une charrette attelée de deux bœufs. Les bœufs allèrent d'eux-mêmes au lieu où est réglise ; le saint corps fut lavé à la fontaine qui sourd dans le cimetière et inhumé auprès. — Les Bénédictins, dans leurs Annales, et les Bollandistes, dans les Actes des Saints, n*ont dit rien de bien au sujet des reliques de saint Hélier, qu'ils confondent avec saint Hélibert, faisant des deux un seul personnage.

La charte de Philippe-le-Long, de 1319, range parmi les propriétés de l'Eglise de Coutances Bréville avec l'église et les salines. On ne se souvient plus dans le lieu d'avoir appartenu à Tévêque ou au chapitre ; mais on s'y souvient d'un havre formé par la mer au lieu dit le Petit-Marais ; le goulet était au pied de la falaise. — Il y eut une léproserie dont il ne reste pour indice que des noms de lieux, tels que la Fosse-aux-Malades et les villages de la Mézière et de la Cacourie, plus modestement des Sablons. Les lépreux étaient désignés par les noms injurieux de mézaux et de cacours.

Le curé payait cinq sous pour la chape à l'évêque. — L'église Notre-Danaede-BrévilIe ressortissait d'abord au Mont-Saint-Michel, car l'évêque Guillaume de Tournebu y nomma un curé du nom de Geoffroi, en 1184, sur la présentation de l'abbé Robert de Torigny. Depuis, elle passa à un des tenanciers. Erigé en succursale le 28 août 1808.

6. Bricqueville. L'église est sous le vocable de saint Vigor, avec saint Jean-Baptiste pour second patron. La cure était divisée en deux portions, dont la grande était taxée à une décime de quarante livres, et la petite à une décime de trente livres. Elles étaient l'une et l'autre de patronage laïque. — Il y eut au manoir des Paynel une chapelle fondée sous le vocable de saint Eloi, dont le curé de la première portion avait les oblations. Il payait quatre sous pour la chape à l'évêque; pour la circata, trois sous deux deniers; pour le Saint-Chrême, dix deniers. Le curé de la seconde portion payait les mêmes droits ; mais les paroissiens y contribuaient pour trois sous. L'église est en reconstruction. La première pierre a été bénite le dimanche 8 octobre 1876.

7. Chanteloup. L'église est sous le vocable de saint Pierre. La cure était de présentation laïque. Le curé payait une décime de vingt-deux livres. Beaucoup de lieux en France portent ce même nom, qui paraît signifier un repaire à loups. Une chanteraine est un marais où les raines (les grenouilles) coassent; une chantcpie, un bouquet d'arbres où les pies se rassemblent.

Il y a au château une chapelle dont les revenus ont été réunis d'ancienne date à l'église paroissiale. Elle payait une décime de neuf livres. Lorsque le

duc Richard II, qui gouverna de 996 à 4026, créa la baronnie de Saint-Pair en faveur du Mont-Saint-Michel; il lui donna pour limites la Yanlëe au nord, le Thar au midi, TOcéan à l'occident, et à Test la grande route d'Avranches à Coutances. Chanteloup se trouvait en dehors de ces limites; il l'ajouta nommément : Do etiam villam qum dicitur Cha7Uelou cum ecclesia. Si les seigneurs des paroisses comprises dans ce périmètre conservèrent ou reçurent le droit de présentation aux cures, ce fut à titre de tenanciers de Tabbaye. — L'église de Chanteloup est d'architecture romane.

8. CouDEViLLE. Patron, saint Georges. Présentateurs, le seigneur du lieu et l'abbaye du Mont -Saint -Michel alternativement. Le curé supportait une décime de quarante-une livres, et payait quatre sous pour la chape à l'évêque. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

9. Equilly (Equilùs et Aquilies). L'église est sous le patronage de Notre- Dame; la cure était sous celui du seigneur. Le curé payait une décime de trente-neuf livres. — Le chapitre de Mortain avait les deux tiers de la dtme et la propriété d'une chapelle, qui a été remplacée par l'église actuelle.

40. HuDiMESNTL (Heudi-Mesnilum). Guillaume-le-Conquérant offrit en don gracieux à Raoul de Fougères la paroisse et l'église de Hudimesnil; celui-ci en gratifia l'abbaye de Savigny en 1122. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. Le curé payait une décime de cinquante livres. Il y eut auprès de l'église une chapelle Sainte-Suzanne, dont il reste des ruines.

11. La Meurdraquière. C'est le nom de la riche famille Meurdrac, si souvent citée dans les annales de notre pays depuis le xi® siècle. — A cette date, il y avait deux églises à la Meurdraquière, Sainte-Marie et Saint-Martin. Richard-Turstin-le-Haudu donna une partie de l'église Sainte-Marie-de-la- Meurdraquière à l'abbaye de Lessay en 1056. Au xiu* siècle, il n'est plus fait mention que de la seule église Saint-Martin, dont le patronage était partagé entre Raoul de Beauchamps et Robert Meurdrac. — La cure demeura de présentation laïque; elle était taxée à une décime de cent vingt livres.

1 2. Le Loreur. C'est le nom de la famille de Lore, qui se lit souvent dans les actes des xi® et xn* siècles ; le même que pour le Lorey. L'église Notre- Dame- du -Loreur demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de trente-cinq livres. — Le Loreur fut annexé à Bourey depuis 4803 jusqu'en 1 820 ; alors il fut rétabli à titre de succursale par une ordonnance du 4 2 janvier.

43. LoNGUEViLLE. L'églisc Saint-Pierre-de-Longueville était en dernier lieu  la présentation du seigneur.

Cependant l'évêque Jean d'Essey en avait donné les deux tiers au chapitre ; mais sans doute le chapitre s'était contenté de garder la partie utile, consentant arrangement pour le reste. — Le curé payait une décime de vingttrois livres, et six sous pour la chape à l'évêque. Il avait le tiers des dîmes et quatorze vergées de terre ; les deux autres tiers des dîmes appartenaient au chapitre.

14. Mesnil-Aubert. L'église Saint-Pierre- du-Mesnil-Aubert (O^Acr/i-Jfawnilum) était à la fin de présentation laïque ; en 1350, le patronage appartenait il l'évêque. Le curé payait une décime de trente-quatre livres, et quatre sous

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pour la chape à Tévéque. Il avait la tierce gerbe de la dlme générale et toute la dlme du champ de l'écolâtrerie appelé le Bost. L'écolàtre avait tout le reste. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

15. MuNEViLLE. La charte de Philippe-le-Long de Tan 1319 compte au nombre des propriétés de TEglise de Coutances, la moitié de Muneville avec la moitié de Téglise. L'autre moitié appartenait à l'abbaye de Grestain, au diocèse de Lisieux. Aussi la cure avait été divisée en deux portions » mais elles avaient été réunies dès avant la fin du xiv^ siècle. Le seigneur du lieu était présentateur. — Le curé était taxé à une décime de quarante^cinq livres, plus trois sous six deniers pour la chape à l'évéque, dix deniers pour le Saint-Chrême, dix-neuf deniers pour la circata. — L'église est en roman ogival ; elle est sous le vocable de saint Pierre.

La petite paroisse de Sainte-Marguerite est annexée à Muneville depuis 1803. Elle a laissé tomber son église en ruines. La cure était à la présen* tation du seigneur ; le curé payait une décime de trente-quatre livres, quatre sous tournois pour la chape à Tévéque, quatre sous tournois pour la circata, dix deniers pour le Saint-Chrême. Les paroissiens payaient la débite, qui était de deux sous six deniers.

16. Saint- Sauveur-la -PoMMERATE. « Je donne à l'hospice de Coutances le patronage de l'église de Saint-Sauveur-la-Pommeraye (de Pomeria), qui m'a été cédé par Hugues des Doits et Mabire, sa femme, Guillaume de Lièce et Jeanne, sa femme, Richard de l'Epine et Jeanne, sa femme, avec deux gerbes de la dime de la même église, réservant la troisième pour le prêtre qui dessert la paroisse, y^ Charte de l'évêque Hugues de Morville de l'an 1221 . L'hôtel- Dieu y nomma un de ses prêtres agrégés , et ainsi recueillit toute la dlme. Le curé payait une décime de trente-huit livres , plus quatre sous pour la chape à l'évêque. La débite était de sept sous. Erigé en succursale le 28 août 4808.

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