‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 13 sur 191 · CHAPITRB XXIV. SECONDE MOITIÉ DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

CHAPITRB XXIV. SECONDE MOITIÉ DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

gnement, connues sous les noms de Sœurs de la Providence , Sœurs des Ecoles du saint Enfant-Jésus, et encore, Filles du P. Barré, minime.

Jean Fleurye en envoya deux à Avranches en 1686 , sous la protection de Gabriel-Philippe de Froulay. L*évêque les établit dans une maison de la rue Saint-Gervais, et elles eurent dès le début deux cents enfants. De sorte qu'il fallut bientôt les faire suivre de plusieurs compagnes.

Elles fondèrent une école normale d'élèves-maîtresses ; car les villes , les bourgades , la ville même de Coutances voulurent des maltresses du nouvel institut. Les Bonnes-Sœurs , tel est le nom populaire qu'elles reçurent à Avranches , et qu'elles ont conservé, s'acquirent de suite une grande réputation et rendirent véritablement de grands services.

Jean Fleurye paya pendant onze ans la pension de trente - six élèvesmaltresses dans l'établissement, à raison de douze écus par an pour chacune. La première directrice, l'une des deux qui vinrent de Paris en premier lieu, se nommait Marie Robert de Passemer.

De congrégation séculière, la congrégation des Bonnes-Sœurs d' Avranches deviat régulière en 1706, par le zèle d'nn fervent missionnaire, nommé Jean du Bois, qui propageait le tiers-ordre du Carmel et qui l'y agrégea, du consentement du fondateur, Jean Fleurye. Et telle est l'origine de cet institut si prospère et si éminemment utile.

Le très-pieux Philippe de Froulay mourut en 1 689 , le 27 avril , à l'âge de soixante-quatorze ans, après un épiscopat de vingt années. Il avait fait peu de bruit dans le monde, n'y paraissant jamais, et le grand monde et; raillait. Le diocèse, gouverné avec sagesse et fermeté, regretta son excellent pasteur.

Le roi nomma à sa place Fabio Brulart de Sillery, qui permuta avec le savant Pierre-Daniel Huet, nommé à l'évêché de Soissons. La cour de Rome étant alors brouillée avec celle de France, l'expédition des bulles souffrit un retard ; mais enfin le nouveau prélat put se faire sacrer à Paris le 24 août 1 692. Il prit possession personnellement le 1 7 octobre suivant.

L' épiscopat de Pierre-Daniel Huet n'est guère réputé dans le monde que pour deux singularités : 4^ Le savant évéque avait coutume de lire son bréviaire des yeux seulement, ne sachant pas que le bréviaire est une prière

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essentiellement vocale ; cela est possible : quand on a porté l'attention de toute sa vie sur les choses lointaines , on n'a pas pris garde aux plus prochaines ; l'astronome ne voit pas le puits qui est à ses pieds. 2^ La réflexion de ce paysan à qui l'on disait sans cesse, Monseigneur étudie, quand il aurait voulu lui parler, que le roi devrait nommer des évéques qui eussent fait leurs études. Est-ce vrai? Nous n'oserions le garantir.

Mais le prélat a de meilleurs titres de recommandation devant l'histoire. Pas plus que son prédécesseur, il ne chercha à briller; on dirait même qu'il se donna dès le début la mission de le continuer. « Lorsque, suivant le devoir de notre charge, dit-il en un de ses premiers mandements , nous avons pris connaissance de Tétat du troupeau , dont il a plu à Dieu de nous confier la conduite, nous avons été sensiblement consolé de voir que , par les travaux de nos prédécesseurs, et principalement de Monseigneur de Froulay, la bonne semence qu'ils ont répandue dans ce diocèse, a jeté de si profoudes racines et germé si heureusement, que rien n'a pu en étouffer les fruits. »

Il visita le diocèse avec un soin minutieux, non-seulement pour se rendre compte , suivant le devoir de sa charge, comme il vient de le dire, mais pour régler ce que de droit , et mettre l'ordre partout ; le livre manuscrit de ses visites est tout à la fois un monument irrécusable de sa sollicitude pastorale et un document important.

Il régularisa la fondation de Pierre Crestey, et agrégea à l'ordre de Saint- Augustin le couvent déjà nombreux qui s'était formé à Barenton. Il réunit à la maison de Sainte-Anne des Bénédictines d'Avranches , fondée par François • Péricart, l'abbaye de Moutons, dont il transféra les religieuses à Avranches, afin que les deux établissements trouvassent dans leur union un avenir plus prospère, ce qui advint. Il développa autant qu'il fut en lui l'œuvre de Jean Fleurye et de Philippe de Froulay, afin qu'il y eût sur tous les points du diocèse des maîtresses dévouées, capables et pieuses. Il confia aux Eudistes la direction de son séminaire , pour en mieux assurer l'avenir et y fortifier l'enseignement théologique. Il expurgea les statuts du diocèse et les réunit en un seul corps d'ouvrage. Il refit le bréviaire et les livres liturgiques. Il en résulta peut-être un ensemble plus uniforme et meilleur au point de vue de la

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