‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 130 sur 191 · CANTON DE LA HAYE -DU- PUITS · texte numérisé non relu

CANTON DE LA HAYE -DU- PUITS

1. La Haye-du-Puits. — i. Appeville. — 3. Baudreville. — i. Bolleville. — 5. Canville. — 6. Coigoy. — 7. Crctlevine. — S. Denneville. — 9. Doville. — 10. Gerville. — il. Glatigny. — la. HouUeville. — 18. Lithaire. — M. Mobec. — 15, Montgardon. — 16. NeufmesniL — 17. Prétol. — 18. Sainl-Nicolas-de-Pierrepont. — 19. Saint-Rémi-deft-Landes. — 20. Saint- Sauveur-de-Pierreponl. — ai. Saint-Symphoiien. — aa. Surville. — 23. Varenguebec. — 24. Vindtfontaine.

i. La Haye-du-Puits. Etymologie, la haye de la montagne. Dans le langage (lu moyen âge, une haye était une défense militaire en bois vif avec fossé et contre-escarpe. Dans le vieux langage, par toute la France, un puy est une montagne. Le Puy-de-Dôme est la plus haute montagne de TAuvergne; à Paris, le puy Sainte-Geneviève est le point le plus élevé de la vieille ville. L'église Saint-Jean-Evangéliste delà Haye-du-Puits fut donnée à l'abbaye de Lessay en 1152 par Richard de la Haye, sénéchal de Normandie, avec la dîme du tonlieu, et decimam telonei. On appelait tonlieu le droit perçu pour la mise en vente des marchandises sur la place de la foire ou du marché. Les étrangers payaient un droit plus élevé que les gens de la localité. — Le curé payait une décime de trente livres. — Le manoir féodal eut une chapelle Sainte-Marguerite, à la présentation du seigneur. — L'église a été reconstruite en 1851 sous la direction et par les soins de M. Croulebois, alors curé, et maintenant vicaire général. Elle a été consacrée le 9 décembre 1872. La paroisse était chef-lieu de doyenné. Elle avait une école de fondation ecclésiastique, payant une décime de cinq livres.

De Gerville s'est trompé dans son mémoire sur le château de la Haye-du- Puits : 1** en confondant les fondateurs de Tabbaye de Lessay avec les seigneurs de la Haye-du-Puits; 2® en confondant le château actut*l, qui est une œuvre du xvif siècle, avec le château fortifié, qui fut sur une motte et dont il reste un donjon.

2. Appeville. La moitié de l'église Notre-Dame-d'Appeville fut donnée à la collégiale de Mortain par Robert, fils de Guillaume, vers 1120, avec sept acres de terre et la dîme du ûef qu'il y tenait du comte de Morlain. (Voy. l'art. NeufmesniL) L'autre moitié avait été donnée à l'abbaye de Lessay par Richard-Turstin-le-Haudu, fondateur. La paroisse eut ainsi deux portions curiales : la grande, à la présentation du chapitre de Mortain, mais qui était revenue au seigneur, payait une décime de soiiante-dix-huit livres ; la petite, h la présentation de l'abbaye de Lessay, payait quinze livres ; le curé recevait une pension de deux cents livres.

3. Baudreville. L'église Sainte-Marguerite-de- Baudreville fut donnée en partie, avec une portion des dîmes de la paroisse, à l'abbaye de Lessay au temps de la fondation par Guillaume de Baudreville ; la seconde portion de la même église fut donnée à la même abbaye avant l'an 1126 par Ansketil de Claids, Robert, son fils, et Alix, sa fille. — Le curé payait une décime de trente-huit livres. — La paroisse, annexée à Denneville en 1803, a été rétablie par ordonnance du 12 janvier 1820.

334 HISTOIRE DU DIOCÈSE DE GOUTANCES ET AVRAIfCHBS.

Il y eut un château à motte, dit de Taiilefer, dont de Gerville ne parle point. Il était sous la mouvance de la seigneurie de Lithaire. Le chemin qui allait d'un château à Taulre existe encore en partie sur BoUeville et sur Saint-Nicolas, et s'appelle rue de Taillefer. En 1208, Robert Taillefer devait guet et garde au château de Lithaire.

i. BoLLEviLLE , SOUS le vocable de saint Pierre , était partagé en deux portions curiales, dont la première, dite la grande portion, était à la présen« tation du seigneur; la seconde relevait de Tabbaye de Blanche-Lande. Il n'y avait qu'un seul titulaire en 1790; mais la réunion n'était pas définitive. Il payait une décime de vingt-quatre livres. — L'abbaye de Lessay eut dans la paroisse un prieuré, sous le vocable de saint Clair, doté d'une grande étendue de terrain, et dont la chapelle existe, mais réduite à des usages profanes. Le prieur tenait le sixième rang au synode. — Il y eut, auprès du manoir d'Esturcasville, résidence des seigneurs du lieu, .une chapelle Saint-Etienne, maintenant détruite. Elle avait des fondations et payait une décime de quinze livres.

Les traditions parlent d'une chapelle es -Huguenots qui aurait existé dans le cimetière ; mais ce ne serait qu'une chapelle paroissiale, sous le vocable de saint Pierre, dont ils auraient fait un usage momentané. BoUeville eut une léproserie, sous le vocable de sainte Marie-Madeleine, dont les biens et revenus furent réunis dès le xiv* siècle au prieuré Saint-Clair. La porte basse, et en partie le couloir, par laquelle les lépreux s'introduisaient pour assister aux oflîces, existe dans la muraille du chœur de l'église au midi. Le duc-roi Henri II donna une charte en faveur des lépreux de BoUeville ; elle est datée de Carentan et souscrite du chancelier Thomas Becket.

Il n'y eut point de château à motte, à BoUeville. Les Bolvyl de la conquête d'Angleterre appartiennent plus probablement au Bessin. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

5. Canville. La cure de Saint-Malo-de-Canville était à la présentation du seigneur, après avoir appartenu pendant plusieurs siècles, depuis 1350 environ, à l'abbaye de Cérisy. Le curé payait une décime de cinquante-trois livres. Il y avait une chapelle au manoir seigneurial d'OIonde ; le château-fort du même nom avait été démoli par ordre de Philippe- Auguste.

• 6. CoiGNY. L'église Saint- Pierre-et-Saint-Paul-de-Coigny fut donnée à l'abbaye de Lessay avec tous ses revenus et dépendances par les fondateurs, Richard-Turstin-le-Haudu et Eude-au-Chapeau. L'abbaye conserva les deux tiers des dîmes, mais le droit de présentation revint aux seigneurs. Il y eut une chapelle au manoir seigneurial. — Jadis on écrivait Coignies et on traduisait par de Cu7ieis. — Le curé payait une décime de vingt-deux livres.

7. Cretteville. L'église Notre-Dame-de-Cretteville (Cref/eri7/a) fut donnée à l'abbaye de Blanche-Lande par le fondateur, Richard de la Haye-du-Puils. L'abbaye ne cessa de posséder le droit de présentation et les deux tiers de la dime. Dans les chartes, on trouve le nom de Cretteville traduit par ceux de Quitreiilla et Cretlavilla. — Le curé payait une décime de quarante-six livres.

8. Denkeville. L'église Saint-Rémi-de-Denneville était à la présentation de l'abbaye de Montebourg. Le curé payait une décime de quarante livres.

La paroisse Notre-Dame-d*OsmontvilIe-la-Foliot fut annexée à celle de Denneville en 1803 et Test encore, sans souci de son existence personnelle, car elle a laissé tomber son église en ruines. Cette église avait été donnée vers 1120 ou avant à Tabbaye de Lessay par Roger Foliot, avec la permission de Richard d'Avarreville, son suzerain. Le duc-roi Henri P' confirma la dona-' tion en 1 1 26 et le pape Urbain III en 11 86.

La famille Foliot a eu plusieurs branches tant en Normandie qu'en Angleterre. Gilbert Foliot, évêque de Londres de 1163 à 1187, était un des adversaires de saint Thomas Becket dans ses revendications contre Henri IL — Le curé d'Osmontville payait une décime de seize livres.

9. DoviLLE. L'église Saint-Martin-de-Doville fut donnée en 1 1 05 à Tabbaye de Lessay par Robert de la Haye (du Puits), fils de Raoul, sénéchal du comte (Guillaume] de Mortain. En 1190, Odon, le bouteiller, seigneur de Lestre et d'Escaleclif, partant pour la Terre-Sainte, donna l'église de Lestre et le mont d'Escaleclif à l'abbaye de Blanche- Lande, du consentement de Richard du Hommet (connétable de Normandie), son suzerain. L'évéque- Guillaume de Tournebu confirma la donation en 1192.

Le mont d'Escaleclif, séparé par une profonde vallée du mont d'Estanklin, est le même que le mont de Doville ; mais ce n'est pas du bouteiller Odon que la paroisse a reçu son nom, il est antérieur. — Odon mourut probablement dans sou pèlerinage, car Raoul de Lestre reconnut et confirma en 1195 la donation faite par son père. Odon et Raoul n'étaient que sous-tenanciers de Reginald (ou Renauld) du Rosel. — Il faut que les moines de Lessay aient laissé tomber l'église Saint-Martin, sans la relever, et que Blanche-Lande l'ait remplacée parla chapelle d'un ermitage qui se trouvait sur son terrain, ou qu'il soit intervenu arrangement entre les deux abbayes , car c'était Blanche-Lande qui gérait la cure au moyen d'un de ses religieux, ayant titre de vicaire de l'abbaye. — Le généreux et saint martyr Toulorge a été le dernier vicaire-curé de Doville. — La cure était taxée à une décime de trente livres. — De l'église d'alors il ne reste que le chœur, transformé en chapelle, lia été bâti en 1840 une autre église en lieu plus accessible et plus central. — Il y eut une chapelle au manoir de la Cour-d'Aisy, fondée vers l'an 1220 par Robert des Muitiers, du consentement de l'abbé de Blanche-Lande et après contestation, parce que le fondateur refusait de reconnaître le droit de l'abbaye au patronage de la paroisse.

10. GERvaus. L'égHse Saint- Pair- de -Gerville (Guirvilla) fut donnée à l'abbaye de Lessay par les fondateurs, Richard, dit Turstin-Ie-Haudu, etEudeau-Chapeau, son fils. La cure payait une décime de trente-cinq livres. La paroisse fut annexée à Mobec à la suite du Concordat, puis érigée en succursale le 26 novembre 1826.

C'est la patrie du docte Charles Duhérissier de Gerville, décédé à Valognes le 26 juillet 1853 à quatre-vingt-quatre ans. La religion et la science se glorifient également de ses travaux. Il fut le père de cette génération de chercheurs et d'antiquaires qui ont révélé à elle-même la province de Normandie.

11. Glatigny. L'église Saint-Pierre- de- Glatigny, dîmes, aumônes et revenus, fut donnée à l'abbaye de Lessay, postérieurement à la fondation,

336 HISTOIRE DU DIOCÈSE DE COUTANCES ET AVRAIfCHES.

par Robert des Moitiers, Guillaume et Herbert, ses fils. Roger des Moitiers, leur héritier, confirma la donation par un acte de 1 154.

La cure ayant été ainsi dépouillée des aumônes au profit de Tabbaye, l'évoque donna au curé un manoir sis dans le cimetière; probablement l'emplacement du presbytère actuel. — Il y a deux chapelles au manoir, desquelles une a été un temple protestant. — La cure était taxée à une décime de seize livres.

a. HouTTEviLLE. L'église est sous le vocable de saint Sébastien. Le comte Robert, de Mortam, donna en toute propriété à l'abbaye de Saint-Etienne de Caen le jour de la dédicace de l'église (1077), la paroisse de Houtteville (HuUivillam). L'évêque GeoiTroi de Montbray souscrivit à la donation en ce qui concernait l'église. Le prieuré de Baupte ayant été fondé peu après par la même abbaye, Téglise de Houtteville lui fut soumise, et le prieur de Baupte devint ainsi patron présenUiteur. — Le curé payait une décime de huit livres dix sous. — Annexée à Coigny en 1803, la paroisse de Houtteville recouvra enfin son indépendance en 1839, par ordonnance du 30 janvier. — Il y eut une chapelle dédiée à saint Yigor.

13. LiTHAiRE. L'église est sous le vocable de saint Thomas. Le curé payait une décime de vingt-quatre livres. La baronnie de Lithaire était une de celles qui furent confisquées et réunies au domaine par Philippe-Auguste après la réunion de la province. Le seigneur avait conservé la propriété de l'église du lieu, puisque le pape et le roi purent en disposer; on ne la trouve d'ailleurs signalée dans aucun document antérieur. — Par une bulle en date du 5 août 1330, le pape Jean XXII concéda aux chanoines de la Sainte-Chapelle les églises de Lithaire, d'Aubigny et de Gréville, pourvu que le roi, alors Philippele-Long, y consentît. Ce fut Charles IV, successeur de Philippe-le-Long, qui remplit les intentions du pontife en 132â. Il stipuTla que les vicaires chargés par le chapitre de la Sainte-Chapelle de la desserte de ces paroisses, percevraient « sur les fruits, revenus et provenances des églises, des portions congrues, à régler par i'évéque diocésain, pour leur sustentation, » — avant cette donation, la cure était riche; le curé, dit le pouillé du Livre-Noir^ rédigé en 1230, avait toutes les dîmes, tous les revenus de l'église et un manoir presbytéral. Il y avait aussi auprès du château une chapelle, pour la desserte de laquelle il recevait chaque année dix livres tournois par les mains du vicomte de Carentan. Cette chapelle était celle du château; elle existait environ cinquante pas plus bas, au nord-ouest du donjon, seule ruine survivante de l'antique forteresse.

La paroisse a eu les prieurés de Saint-Jacques-de-Brocquebeuf et de Saint- Michel-du-Bosc, dont nous avons parlé en leur lieu. Saint-Michel est transformé en une maison de fermier, Brocquebeuf en une maison de maître; la chapelle de celui-ci existe, réduite à usage profane. Brocquebeuf était en commende, et le dernier commendataire fut cet avide abbé de Bayane, à qui son abbaye de Cherbourg ne suffisait pas. Le prieur de Brocquebeuf, quand il y sistait, mais les commendataires n'étaient clercs que de la main, tenait le quarante-unième rang au synode. Ceux des prieurs et des curés qui ne répondaient pas à l'appel de leur nom et au nom desquels il n'était pas présenté des excuses, étaient taxés à une amende de six livres. — En outre, Lithaire eut, probablement, une maison ou une propriété appartenant aux Templiers,.

au lieu nommé la Templerie , mais qui ne fut pas donnée aux Hospitaliers lors de la suppression de Tordre, et, à ce que Ton croit, une léproserie au village de Fontenay.

L'école était de fondation ecclésiastique et payait une décime de trente sous ; le prieur de Brocquebeuf, soixante-douze livres. Saint-Michel-du-Bosc n'était pas taxé. — Etymologie : lit-hou, mots saxons qui signifient haute demeure.

14. MoBEC. L'église Sainl-Aubin-de-Mobec appartenait à l'abbaye de Lessay. On la trouve relatée pour la première fois, mais sans nom de donateur, sur la bulle confirmative de Urbain III en 11 86. Elle ne l'est pas sur la charte de Henri II , supposée de la même année, mais probablement antérieure. La donation provenait d'un membre delà famille de Lepesse, qui eut la seigneurie de Mobec, car l'abbaye contraignit Jourdain de Lepesse à en donner reconnaissance par-devant Guillaume de Tournebu, qui monta sur le siège épiscopal en 1185. — Il y eut à Mobec une léproserie, dont l^s revenus furent probablement transférés à l'hospice de Saint-Sauveur-le- Vicomte, car cet établissement était chargé de l'entretien de deux pauvres de la paroisse. Mobec tire son nom du bec ou ruisseau qui le traverse. — Le curé payait une décime de quarante-quatre livres.

15. MoNTGARDON. Sous le vocablc de Notre-Dame. Lorsque Richard de la Haye-du-Puits fonda l'abbaye de Blanche-Lande, il lui donna « tout ce qu'il possédait à Montgardon ; » mais l'église du lieu n'en faisait sans doute point partie, car la cure était à la nomination directe de Tévêque, en dernier lieu, et de présentation laïque au xv* siècle. Pendant l'occupation anglaise, Henri V présenta Jean Michel à la cure de Montgardon. — Le curé payait une décime de quinze livres. — Peut-être la montagne tire-t-elle son nom du Gardon (ruisseau) qui en descend vers le nord. Il n'y a jamais eu trace de fortifications. — La paroisse eut une chapelle Saint-Eloi, située dans le cimetière, dont il ne reste rien, et, au manoir deCanteloup, la chapelle de Notre-Damedu-Chêne, où fut fondée, à une époque très-ancienne, la confrérie du Scapulaire, dont la fête se célèbre maintenant à l'église paroissiale. — La nef est d'architecture romane. — La chapelle de Notre-Dame-du-Chêne payait une décime de vingt-quatre livres.

16. Neufmesnil. « Robert, fils de Guillaume (d'Appeville) donna à Saint- Evroult (de Mortain) et à la commune capitulaire la moitié de l'église d'Appeville en Cotentin, la dîme du fief qu'il tenait du comte Mortain, sept acres de terre, la quatrième partie de l'église de Gorges, une acre de teri*e avec la dîme de son fief (à Gorges) et l'église de Neufmesnil avec sept acres de terre et toute la dîme (de la paroisse), du consentement du comte Etienne. » {Charte delà collégiale de Mortain.) — (Etienne de Blois fut comte de Mortain de 1113 à 1135). La présentation à la cure était revenue de très-ancienne date au seigneur du lieu. Les maisons religieuses aimaient en général à ne considérer que le côté utile de chaque chose — L'église est sous le vocable de Notre- Dame et de sainte Anne. — Le curé payait une décime de vingt-trois livres.

L'église a été agrandie et presque entièrement reconstruite, en 1843. par les soins de M . Hervé Lempérière, maire de la commune. Les ossements des fondateurs de Blanche-Lande et ceux d'un grand nombre de personnes inhumées dans la chapelle de l'abbaye, qui allait être détruite définitivement en 1845,

furent recueillis également par ses soins et transférés dans le chœur de Téglise de Neufmesnil en une sépulture commune, marquée par une pierre tombale, inscrite des noms qui purent être déchiiïrés sur les monuments mutilés. On y lit ceux de Richard de la Haye et Mathilde de Yernon, fondateurs de Tabbaye, Jehanne d'Aisy, dame du Neuf-Mesnil; Pierre Quettier, sous-prieur, des abbés Robert Hamon, mort en 1300; Jean de Pittebout, mort en 1337 ; Thomas de Blanche-Lande, et non de Saint-Lo , comme dit la Gallia Christiana, mort en 1447 ; Nicolas Mulot, mort en 1483; Pierre Le Febvre, mort en 1509; Philippe Troussey, évêque de Porphyre, coadjuteur de Coutances, tué parles ligueurs le 25 mai 1590; Philippe Troussey, son neveu, et celui de Jérôme Prévost, mort en 1765.0n voit à la muraille du chœur, du côté du nord, une belle pierre tombale qui servait de monument aux abbés Pierre Le Febvre, Pierre de Pittebout et Nicolas Mulot, provenant aussi de Blanche- Lande.

Neufmesnil fut érigé en succursale le 28 août 1808.

17. Pr^tot. L*église Saint-Pierre-de-Prétot fut donnée à Tabbaye de Lessay par Robert de Préiot et Béatrix, sa femme, pour la dot de leur fils, qui se fit moine, plusieurs années après la fondation, mais du vivant du Conquérant, avec les dîmes et les aumônes, et tout ce qui leur appartenait. Or tout ne leur appartenait pas; car le chapitre avait un tiers des dîmes, et, d'autre part, Robert Estoc, chevalier, donna une seconde portion de la même église à Blanche-Lande au temps de la fondation. D'où il advint que la paroisse se trouva divisée en deux portions curiales : la grande portion, dite portion du roi était à la présentation de Lessay. Le curé dîmait et payait trente quartiers d'avoine à l'abbaye ; le Lirre-hlanc dit vingt-neuf boisseaux; il était taxé à une décime de vingt-deux livres. Le curé de la petite était à la présentation de Blanche-Lande et ne payait que dix-huit livres. Il dimait pareillement. L'église a conservé quelques détails d'architecture romane. — Il y eut une chapelle au manoir, maintenant convertie à des usages profanes. — Prétot veut dire habitation de pierre , du mot saxon lot, un domicile.

18. Saint-Nicolas-de-Pierrepont. Il y eut de très-ancienne date, probablement dès l'époque à laquelle le culte de saint Nicolas prit une grande extension dans la Basse-Normandie, par suite de l'enlèvement de ses reliques de la main des Normands et de leur translation à Bari en 1087, un prieuré établi en ce lieu. Il fut uni en 1167 à l'abbaye de Saint-Sau\eur-le- Vicomte. Ce prieuré avec ses terrains et ses droits forma une portion curiale à la nomination de l'abbaye. L'autre portion, moins considérable, demeura seigneuriale. Celle-ci payait une décime de vingt-six livres; la première, une décime de quarante-trois livres. — Il y eut dans la paroisse un prêche, connu sous le nom de la Chapelle-cs-Huguenots.

19. Saint-Rémi-des-Landes. Le droit de présentation à la cure de Saint- Rémi-des-Landcs appartenait à l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Le curé payait une décime de quarante livres. — Il y eut près de l'église une chapelle Saint-Christophe^ réunie à la cure, dont il ne reste plus rien.

20. Saint-Sauveur-dk-Pier REPONT était un prieuré dépendant de l'abbaye de Fontenelle. Là vécurent les abbés Gui (Wit-laicus) et Gerbold, évêque d'Evreux, chapelain de la reine Bertrade , mère de Charlemagne ; ils y mou-

rurent, mais furent reportés à Fontenelle. Le chœur de l'église, moins les ouvertures, paraît être de cette époque. C'est du prieuré de Pierrepont que le nom et le culte de saint Vandrille, abbé de Fontenelle, se sont propagés dans le pays. Le chœur a un prétoire en partie caché par le rétable.

A la restauration du culte chrétien après la conversion de Rollon, le vicomte du Cotentin Née!, ou peut-être plutôt Richard, son fils, attribua à ^ Tabbaye de Saint Sauveur les biens non aliénés de l'ancien prieuré, conformément à ce qui se faisait d'ailleurs partout. En 1175, l'évêque Richard de Bohon confirma à Roger de Salmonville, sixième abbé de Saint-Sauveur, la propriété de l'église Saint-Sauveur-de-Pierrepont. — Le curé payait une décime de trente-deux livres. — La paroisse a eu les chapelles de la Sainte- Trinité et de Notre-Dame-du-Jfore, c'est-à-dire du marais. Celle-ci est transformée en maison d'école.

21. Saint-Symphorien. L'église fut donnée à l'abbaye de Blanche-Lande par le fondateur, Richard de la Haye-du-Puits ; mais il paraît que l'abbaye de Lessay y avait des droits antérieurs ou en acquit, car une bulle du pape Urbain III confirma en 1186 la propriété de l'église Saint-Symphorien de la Haye-du-Puits à l'abbaye de Lessay. L'alTaire s'arrangea entre les deux abbayes par une cession de droits consentie par l'abbé de Lessay, Pierre de Créances, en 1272.

Cette paroisse eut une chapelle dédiée à sainte Catherine, bien dotée et annexée à celle du château de la Haye-du-Puits ; elle avait son chapelain, et le curé de Saint-Symphorien n'y pouvait dire messe sans le consentement du chapelain, sauf le jour Sainte-Catherine. — Elle eut en plus le prieuré Sainte- Marthe de Cottebrune, appartenante l'abbaye de Blanche-Lande, fondé par Richard du Hommet, gendre de Richard de la Haye-du-Puits. On allait de loin en procession à Cottebrune invoquer sainte Marthe, pour obtenir de la pluie. On plongeait la statue de la sainte dans une fontaine voisine. La chapelle sert maintenant à des usages profanes. — Le prieuré payait une décime de cinquante-huit livres; la cure, une décime de vingt-quatre; mais non le curé, car il était à portion congrue ; l'abbaye de Blanche-Lande recueillait toutes les dîmes.

Annexée à la Haye-du-Puits en 1803, la paroisse de Saint-Symphorien a vu son église fermée jusqu'en 1838; mais enfin l'existence lui fut alors rendue par une ordonnance du 19 mars.

22. Surville. L'église Notre-Dame-de-Surville fut donnée à l'abbaye de Lessay en même temps que celle de Glatigny et par les mêmes donateurs; leur héritier, Roger des Moitiers, confirma la donation par un seul et même acte, en 1454. (Voy. l'art. Glatigny.) — La paroisse a eu sa chapelle ès-Huguenots, au manoir. — La cure payait une décime de vingt-deux livres. — Erigée en succursale le 28 août 1808.

23. Varenguebec. Etymologîe, le bec (ou ruisseau) de Vareng. Il se trouve non loin de là, à Bolleville, une habitation qui fut probablement la propriété ou le berceau de la même famille ; savoir, la Varengerie.

Déjà Guillaume de Baudreville avait donné à l'abbaye de Lessay, du vivant du Conquérant, une partie de l'église Saint-Martin-de-Varengnebec. Richard de la Haye-du-Puits et Mathilde de Vernon, son épouse, dame de Varenguebec, lui donnèrent le reste, ainsi que l'église de Saint-Michel-du-Bosc,

340 HISTOIRE DU DIOGÈSB DE COUTANGES ET AVIUNGHBS.

dite aussi chapelle de la Raulère. — L'abbaye donna cette même église air prieuré de Saint-Michel, lors de sa fondation, et elle devint ainsi la première église des religieuses. — La paroisse de Varenguebec a eu trois chapelles ; une au manoir des Flories, toujours existante, une chapelle Saint-Gilles, au chAteau, suffisamment dotée, avec un chapelain à la nomination du seigneur, et une chapelle dite Notre-Dame-du-Parc, dont le prieuré de Saint-Michel-du- Bosc avait les oblations. L*abbaye de Blanche-Lande fut construite en partie sur Varenguebec. Le curé payait une. décime de quarante-deux livres.

La baronnie de Varenguebec, que nous avons vue aux mains de Raoul de Gacé, Tun des tuteurs de Guillaume-le-BAtard, passa, à sa mort, dans la seconde branche de la même famille, dite de Reviers-Vernon, Mathilde de Vernon la porta en mariage à Richard de la Haye-du-Puits, le fondateur de Blanche-Lande. Gilette, leur Tille, la porta en mariage à Richard du Hommei. Julienne du Hommet, dernière héritière, la porta en mariage à Robert de Mortemer, qui mourut en 1277. Jeanne, sa fille, la porta en mariage à Guillaume Crespin, maréchal de France. Jeanne, leur petite-fille, à Guillaume de Melun, comte de Tanrarville. Des Tancarville, elle passa par un autre mariage dans la famille d'Harcourt. Jeanne d'Harcourt, dernière héritière, la légua en 14H8 à François d*Orléans, son cousin. Léonor d*Orléans la céda en 1563 à François de Rothelin, son frère naturel, celui dont nous avons parlé à Toccasion du couvent de Saint-Michel-du-Bosc. François de Franquetot, duc de Coigny, Tacheta vers 1740. (De Gerville.)

24. ViNDKFONTAiNE. L'églisc de Saifit-Martinren-Ondefontaine fut donnée à Tabbaye de Saint-Etienne de Caen , lors de la fondation, par Guillaume d'Aubigny, Guillaume d*Orval et Philippe de Beaumont; Grégoire, fils de Roger Vire-Dent, y ajouta son droit de patronage et de présentation. Le patronage et la présentation redevinrent laïques au xv^ siècle. — La paroisse eut une chapelle Saint-Laurent, annexée à l'église, dite aussi chapelle d'Ecaazeville et payant une décime de neuf livres. La cure payait quatre-vingt-onze livres. — Une chapelle Notre-Dame-de-la-Salelte a été fondée en cette paroisse en 1864. La première pierre fut posée le lundi de Quasimodo; la chapelle fut bénite le 8 juin 1865 par M^ Bravard. Elle est très-fréquentée des pèlerins.

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