‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 132 sur 191 · CANTON DE MONTMARTIN -SUR-MER · texte numérisé non relu

CANTON DE MONTMARTIN -SUR-MER

1. Moulmartin. — 2 AnnoviHe — 3. Gonlrières. — 4. Grimouville. — 5. Hauteville. — 6. HércngucrviUe. — 7. Hycnville. — 8. Lingreville. — 9. Moiitcbaton. — 10. Regnéville. — 11. Onal. — 12. Quellreville, — 13. TournevUle. — 11. Trelly. — 15. UrviUe.

1. MoNTMARTiN. L'égUsc Saint-Martin-dc-Montmartin était à la présentation de TAbbaye-Blanche , sous la dépendance de Savigny; mais elle redevint laïque au xiv* siècle ; Tabbaye avait les deux premières gerbes de la dîme et le curé la troisième. 11 payait une décime de trente-neuf livres, dix sous pour la chape à Tévêque, vingt deniers pour le Saint-Chrême, dix-neuf deniers pour làcircata.

Cette paroisse eut une foire très-célèbre dans toute la Normandie ; mais ayant été pillée par les Anglais en 1418, elle cessa , et il n*a pas été possible de la rétablir, malgré plusieurs tentatives. Guillaume de Bohon, seigneur de Montmartin, fit publier dans les pays voisins, jusqu'en Espagne et en Angleterre, aveô Tautorisation de Charles VII, son rétablissement en 1450; la publication resta sans résultat. L'origine était à Agon, en vertu d'une concession de Jean-sans- Terre en faveur de Guillaume des Roches, seigneur d'Agon. Il lui accorda à titre de récompense de ses services deux foires, dont une à la Pentecôte, l'autre à la Notre-Dame de septembre.

L'antique église, qui était une œuvre du xi*^ siècle, a été démolie en 1840 et remplacée par l'église actuelle, dont la consécration se fit le 7 août 1842,

Le clocher, qui est au portail , repose sur les fondations de Tancien, qui était central.

2. AiwoviLLE. La cure de Notre-Dame-d'Annoville était de patronage laïque. Le curé payait une décime de cent douze livres. En 1350, Annoville ne faisait qu'un avec Tourneville, et le curé d'Annoviile-Tourneville payait une décime de cent trente livres, plus quatorze sous pour la chape h Tévêque, Tingt deniers pour le Sainl-Chrême et vingt sous deux deniers pour la circata.

3. CoNTRiÈRES. L*église Sainte -Marguerite -de -Contrières fut donnée à Tabbaye de Sainl-Lo par Guillaume de Tracy au xii' siècle, le duc-roi Henri II confirma cette donation. L*abbaye faisait desservir la cure par un vicaire perpétuel ou curé à portion congrue, lequel percevait une rente de vingt quartiers de froment et Tautelage. 11 payait une décime de vingt livres.

La paroisse de Quesney est annexée à Contrières. L'église était sous le vocable de sainte Marguerite. Le curé payait une décime de douze livres. L'église avait été donnée à l'abbaye de Hambye par Foulques Paynel peu après la fondation. Le curé était taxé à dix deniers pour le Saint-Chrême, à douze pour la chape à Tévêque et à dix-neuf pour la circata.

4. Grimouville. L'église Saint-Etienne-de-Grimouville (Grimoldi villa) était demeurée de patronage laïque. Le curé payait une décime de quarante livres, quatre sous pour la chape à Tévéque, huit sous pour la débite, vingt deniers pour le Saint-Chrôme, trois sous deux deniers pour la circata. Il y eut dans la paroisse une chapelle Saint-Clair et une chapelle Saint-Laurent, qui avait la tierce gerbe de la dîme de Carantilly. La chapelle Saint-Clair payait une décime de dix-sept livres; la chapelle Saint-Laurent n'est pas taxée. — La paroisse fut érigée en succursale par décret du 28 août 1808.

5. Hauteville. L'église Notre-Dame-de-Hauteville appartenait à l'abbaye de Savigny. Le curé payait une décime de quarante livres.

Cette paroisse fut réunie à Montmartin après le Concordat, puis érigée en succursale par ordonnance du 26 novembre 1826. L'église avait été donnée h Savigny en 1 180 par Philippe, fils de Robert de Hauteville, du consentement d'Etienne, son fils. Le curé avait la tierce gerbe de la dime et l'autelage ; il payait quatre sous pour la chape h l'évêque.

Les paroissiens ont entrepris la reconstruction de leur église; un nouveau chœur, avec les chapelles du transept, plus grand et plus beau que l'ancien, a été achevé et consacré en 1875 ; la nef doit être reconstruite à son tour à une époque peu éloignée.

6. Hérenguer VILLE. L'église Saint-Martin-de-Hérenguerville était de présentation laïque. Elle avait appartenu pour un quart à l'abbaye de la Luzerne, comme on le voit par une charte confirmât! ve de l'an 1213 souscrite du pape Innocent III. Le patronage devint ensuite alternatif entre les abbay.es de la Luzerne, du Mont-Saint-Michel et le seigneur du lieu, comme on le voit par une autre charte de l'an 1287 donnée par l'évêque Eustache, le cordelier. En 1572, le Mont-Saint-Michel était seul en possession du patronage, mais la Luzerne avait encore deux gerbes de la dîme ; le curé avait le reste. — Il y eut une léproserie au village des Vages; le champ se nomme la Grande-Maladerie. — Le curé payait une décime de quarante-trois livres et six sous pour la chape à l'évêque. — Erigée en succursale le 28 août 1808.

7. Hyen VILLE. L*église Saint-Patrice-de-*Hyenville était demeurée de patronage laïque ; le curé avait toutes les dîmes ; il payait une décime de trente-cinq livres, cinq sous pour la chape à i'évéque. — Erigée en succursale le 28 août 4808.

8. LiNGREViLLE. L'égliso de Lingreville fut donnée pour une portion au prieuré du Rocher, à Mortain, sous la dépendance de Marmouliers, par le comte Robert de Mortain, en 1086. Une seconde portion fut donnée, en I lOo au même prieuré, par Guillaume de Cambernon (de campo Bemulfi). La troisième fut donnée en 1248 à Tabbaye du Mont-Saint-Michel par Jeanne de Saint-Planchers. Jean d'Essey ratifia ce dernier acte en 1232. Celle-ci s'appelait la grande portion. Le curé payait une décime de quinze livres, trois sous six deniers pour la chape à Tévéque, dix deniers et une obole pour le Saint- Chrême, dix-neuf deniers pour la circaia. Le curé de h petite portion, dite aussi de Notre-Dame, payait quatorze livres et la fabrique trente sous.

Les évoques eurent en cette paroisse une maison de campagne appelée le manoir de rOiselière, donnée parGeoffroi de Montbray. aliénée, en 1368, par Artur de Cessé, suivant l'autorisation du souverain-pontife. La chapelle ne fut pas conservée par les acquéreurs, car il n'en est pas fait mention au tableau de 1721 . — Il y eut au château de la Bissonnerie une chapelle qui occupa un des pavillons de l'édifice. — Il y en a une au manoir, sous le vocable de saint Gaud, ouverte au culte et entretenue en bon état par le propriétaire, M. le baron Fremin du Mesnil. Elle possédait un trait do dlme dans la paroisse, et les chapelains étaient à la nomination alternative des familles Fremin du Mesnil et Le Courtois de Sainte-Colombe.

9. MoNTCUATON. L'églisc Saint-Georges-de-la-Roque (de Rocca), à Montchaton, fut donnée à l'abbaye de Lessay en 1036 par les fondateurs, Richard, dit Turstin-le-Haudu et Emma, sa femme, avec une charmée de terre. L'abbaye aliéna ou laissa prescrire une partie de ses droits, car le patronage était redevenu laïque dès 1663 et peut-être avant. Elle n'avait plus que les deux tiers' de la dîme; le curé avait l'autre tiers, l'autelage, les novales et les aumônes. Il payait une décime de trente-neuf livres, et la fabrique vingt-une livres. Le curé était taxé à huit sous quatre deniers pour la chape à l'évoque.

II y avait à Montchaton une chapelle Saint-Gilles, assez bien dotée, qui eut un chapelain jusqu'en 1792. 11 payait une décime de vingt-quatre livres. Elle appartenait à la collégiale de Cléry. Il y en eut même une seconde, dépendante du manoir seigneurial. Celle-ci était dédiée sous le vocable de saint Etienne, et de collation royale. — Le château de la Roque fut confisqué par Philippe-Auguste sur Guillaume de Saint-Jean, puis vendu par Philippe-le- Hardi, en 1285, à Raoul de Breuilly, et enfin brûlé et démoli par les habitants du lieu en haine de Charles-le-Mauvais, roi de Navarre, qui l'occupait en même temps que celui de Regnéville. Charles en fit transporter les matériaux à Regnéville, pour fortifier celui-ci. Il n'a pas été rétabli; mais un village de quatre cents maisons qui existait auprès, a péri. C'était pour la force et la beauté du site l'émule de celui de Gavray.

<0. Regnéville. La cure de Nolre-Dame-de-Regnéville demeura de présentation royale. Le curé payait une décime de vingt livres. Le Livre-Blane mentionne en cette paroisse une chapelle sans revenus, sans autre indication, sinon qu'elle est au bord de la mer.

348 HISTOIRE DU DIOCÈSE DE GOUTANGES ET AVRAlfCHES.

Le chAteau de Regnéville, dont il reste une ruine si imposante, fut démoli en 1598 et en même temps ceux de Tombelaine, de TIsle-Marie, de Saint- Sauveur-Ie-Vicomte et de Domfront, à la demande des Etats de Normandie. Il n'avait pas été construit par Charles de Navarre, comme Ta écrit mal à propos le savant de Gerville, puisqu'il fut confisqué par Geoffroi Piantagenet, longtemps avant cette date, sur Raoul de la Haye-Paynel, dans le cours des guerres de la succession du duc-roi Henri P'. Il n'a pu être élevé à une époque plus rapprochée que le temps delà minorité de Guillaume-le-Conquérant.

Le curé était taxé à cinq sous pour la chape à l'évêque, huit sous pour la débite, vingt deniers pour le Saint-Chrême, et trois sous pour la circaUi.

1 1 . Orval. L'éf^lise d'Orval fut donnée à l'abbaye de Lessay avant la fin duxi*^ siècle par Renauld d*Orval et Murielle, sa femme, qui était fille de Robert de la Haye-du-Puits , à condition d'y entretenir des religieux pour la desserte de la paroisse. — Des prés, des vignobles et une étendue suffisante de terrains accompagnant cette donation, l'abbaye y établit un prieuré et fit élever l'église actuelle , qui est dodiée à sainte Hélène. C'est une des plus remarquables du diocèse en fait d'églises de cette époque. Le prieuré était à l'angle sud-est du cimetière. Sous le chœur de l'église est une cryptecaveau qui servait & la sépulture des moines. L'ancienne église était dédiée à saint Léger; elle fut transformée en chapelle, et a subsisté jusqu'au XV* siècle. Le prieuré devait distribuer aux pauvres de la paroisse du pain trois fois la semaine, au son de la cloche, jusqu'à concurrence de quatorze quartiers d'orge.

Quand l'abbaye n'eut plus assez de moines pour en mettre partout où elle en devait, elle se substitua un curé séculier, auquel elle fit une modeste part, et le prieuré devint une ferme. Le curé avait la cinquième gerbe, le quart des laines, la moitié des agneaux, le tiers des pommes et le tiers du bois de chauiïage, non de la paroisse , comme on pourrait le croire à la lecture du Livre-Blanc y mais de la dîme que le prieuré prélevait. Il payait une décime de quarante-cinq livres, vingt deniers pour le Saint-Chrême, dix-sept deniers mançois pour la circala, quatorze sous pour la chape à l'évêque ; la fabrique payait douze livres. — Il y eut à Orval, non loin du manoir d'Ymouville, une chapelle dédiée à saint Marc et à sainte Honorine, dite Chapelle du Plessis, médiocrement dotée, mais qui avait encore un chapelain en 1789.

Orval fut le berceau de saint Orner, évêque de Thérouanne.

1 2. QuETTREviLLE. Lcs rcveuus ecclésiastiques de la paroisse de Quettreville, et par conséquent la charge d'y pourvoir aux besoins du culte, furent donnés à l'abbaye de Savigny par GeolTroi de Montfort, peu après la fondation ; mais il paraît qu'il n'aliéna pas la seigneurie, et que l'abbaye prit le bénéfice sans les charges; car la paroisse fut depuis partagée en deux portions, dont la première, ou grande portion, était à la présentation du seigneur, et la seconde à la présentation de l'abbaye de Saint-Lo. Elle lui avait été donnée en 1320 par Richard Malherbe, seigneur du Dézert. Le curé de la grande portion n'avait que la sixième gerbe de la dtme, l'autelage et la moitié des menues dîmes ; Savigny recueillait tout le reste. L'abbaye de Saint-Lo recueillait toutes les dîmes de la petite portion ; elle laissait l'autelage au curé et lui servait une rente de dix-huit quartiers de froment. La grande portion était sous le vocable

ée sainte Agathe , et la seconde sous le vocable de rAnnonelation de Notre- Dame.

L'abbaye de Saint-Lo eut à Quettreville un prieuré dit de Saint-Laurent» mais sans religieux dès 1675, car alors il n'était pas fait mention du prieur au synode. La chapelle était desservie par un prêtre séculier, et elle eut un chapelain jusqu'en 1789. — La paroisse eut une seconde chapelle, fondée au manoir sous le vocable de l'Annonciation par Ursin d'Anneville, seigneur du lieu, avec l'autorisation de l'évêque Geiïroi Herbert. Et plus anciennement une léproserie, dont il ne reste de souvenirs que dans quelques noms de lieu. — Le grand curé payait une décime de quarante-cinq livres , le petit curé, une décime de quarante livres. Celui-ci était seul taxé pour la chape à l'évoque ; il payait sept sous.

13. TouRNEViLLE. Paroissc d'ancienne date, son église avait de la maçonnerie en arêtes ; mais qu'on trouve presque toujours et sur le plus grand nombre des documents réunie à Annoville, sous le nom d'Annoville- Tourneville. On la trouve quelquefois seule sous le nom de Tournevillele-Tot. Mais enfin elle a reçu une existence indépendante et définitive par l'ordonnance du 3 mai 1846, qui l'érigé en succursale. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. Elle était à la présentation du seigneur, avait une fabrique séparée et une aumône de neuf vergées et demie de terrain (plus de deux hectares.) L'église actuelle a été commencée le 3 mai 1851 et terminée en 1856.

14. Trelly. L'église est sous le vocable de saint Germain ; elle appartint de très-ancienne date à l'Eglise de Coutances : la bulle du pape Eugène III donnée à l'évêque Algare en 1145 en fait mention : Trelly avec ses apparie^ nances. La charte de Philippe V en 1319, plus explicite, dit « Trelly avec l'église, les moulins et tout ce qui en dépend. » Outre l'église, c'est encore la seigneurie; et en effet <i le fief de Hugues Meurdrac à Trelly » relevait de l'Eglise de Coutances. Mais depuis, il dut y avoir aliénation: car la paroisse avait son seigneur dans les derniers siècles, et il présentait à la cure. Le curé payait une décime de quatre-vingts livres, et six sous quatre deniers pour la chape à l'évêque. La paroisse eut deux chapelles, une à la terre de la Motte, qui est en ruines, l'autre au manoir, en bon état d'entretien. Celle-ci fut restaurée et rétablie, en 1408, par Guillaume Meurdrac, échanson de Charles VI, seigneur de Trelly, et Guillaume Meurdrac le jeune, seigneur de Contrières, sous l'invocation de saint Jean-Baptiste et de sainte Catherine... à charge à l'hôtel-Dieu de Coutances d'y faire acquitter trois messes par semaine, et une aux fêtes de saint Jean-Baptiste, auxquelles fêtes il devait y avoir matines, messe à notes et vêpres.

A Trelly est annexée la paroisse de Saint-Louel-sur-Sienne , dont le pénitencier de la cathédrale était curé, seigneur et patron. La cure supportait une décime de quatre-vingt-une livres cinq sous.

Saint-Louet est mentionné sur la charte de Philippe V avec l'église et deux moulins. La paroisse a laissé misérablement tomber son église.

15. Urvo^le. L'église est sous le vocable de saint Etienne. Le chanoine prébende du lieu était seigneur et patron présentateur. Au titre de seigneur, il eut, tant que durèrent les justices seigneuriales, juridiction temporelle et spi^

rituelle sur les hommes de sa prébende et la disposition des biens de ceux qui mouraient a6 intestat; non qu'il pût se rien attribuer à lui-même, mais il disposait. Il jugeait sans appel, et sans qu'aucun juge pût distraire de son tribunal aucune affaire. Il en était de même des chanoines prébendes de Trelly, de Saint-Louet-sur-Sienne et de Muneville. Le curé d'Urviile-le-Chanoine, ainsi appelait-on la paroisse, pour la distinguer des deux autres du même nom, était à portion congrue ; il payait une décime de douze livres. — La paroisse d'Urville, annexée à Grimouville, a été érigée en succursale par ordonnance du 36 novembre 1826.

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