‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 133 sur 191 · CANTON DE PÉRIERS · texte numérisé non relu

CANTON DE PÉRIERS

i. Périers. — 2. Baupte. — 3. Feugères. — 4. Gonfreville. — 5. Gorges. — 6. Lastelle. — 7. LePlcssis.— 8. Marchësicux.— 9. Nay.— 10. Saînt-Germain-sar-Sèves.— H. Saînt-Jores. — 12. Saint-Martin-d'Aubigny. — 13. Saint-Sébastico-de- Raids. — H. Sainte-Suzanne.

\, PÉRIERS. L'église Saînt-Pierre-de-Périers fut donnée à l'abbaye de Saint-Taurin d'Evreux avec celles de Vaudrimesnil et de Minières par le duc Richard I*', qui mourut en 996. Le duc-roi Richard-Cœur-de-Lion confirma cette donation en H95. L'évéque Hugues de Morville la confirma à son tour et y ajouta les dîmes de la paroisse ainsi que le titre de chanoine-honoraire de la cathédrale en faveur de l'abbé de Saint-Taurin avec honneurs et privilèges, sauf le droit de prendre part aux élections faites en chapitre. — Dès lors, Tabbaye fonda un prieuré dans le voisinage de l'église et la fit desservir par un religieux. De très-longue date il n'y avait plus de religieux au prieuré en 1789; l'église était desservie par un curé séculier à la présentation de l'abbaye. Elle se contentait de percevoir les dtmes de la paroisse et le loyer du prieuré ; le lieu se nomme la Moinerie. — Le curé payait une décime de cinquante livres, dix sous pour la chape à l'évéque et quatre sous pour la circala.

L'église est en partie de l'époque de la donation. Le duc Richard, donateur, se dit aussi fondateur. — Il y eut dans la paroisse les chapelles Saint- Jacques -de- Basmaresq, fondée en 1711 au lieu où est la mairie, de la Bouvière et de la Huchonnière.

Périers a un hospice d'ancienne date, plus riche que ses besoins; enrichi de beaucoup de rentes d'Eglise par le gouvernement directorial , pour avoir logé et soigné des soldats de la République. — Cette paroisse fut le berceau du cardinal Raoul de Grosparmi, ministre du roi saint Louis. Le cardinal eut un neveu du même nom qui fut évêque d'Orléans. — Périers tire son nom de deux chemin$ perrés, ou voies romaines, qui le traversaient, 1® la voie d*Alaumia à Cosedia^ 2? un embranchement de celle-ci à la voie 4!Alaufnia à Augustodurum, rejoignant près de Carentan.

2. Baupte. L'église est sous le vocable de saint Martin. Eude, panetier [dapifer) de Guillaume-le-Con(|uérant, vicomte d'Avranches , en reconnaissance d'une guérison qu'il avait obtenue par l'intercession de saint Etienne, donna à l'abbaye de Saint-Etienne de Caen toute la part qui lui appartenait de la paroisse de Baupte (Balta), L'évoque Geoffroi de Montbray confirma la donation en ce qui concernait l'église, environ l'an 1081 ; mais ce n'était pas

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•celle qui existe, car elle était sous le vocable de sainte Marie. Renault d^Orval en possédait une part, qu'il céda peu après à Gislebert, troisième abbé, qui siégea de 1079 à 1101, au prix de deux cent cinquante livres. Dès lors Tabbaye y fonda un prieuré , qui fut chargé de la desserte de la paroisse. Prieuré-baronnie connu depuis sous les noms de saint Etienne et de prieuré du Frêne (de Fraxino). Il y eut deux chapelles, une dédiée à Notre-Dame, la seconde appelée Sainte-Marguerite-du-Frêne el, plus anciennement, une chapelle Saint-Martin, qui était à Tangle du cimetière et qui est détruite depuis longtemps. Quand l'abbaye n*eut plus assez de moines pour en mettre dans tous ses prieurés, elle se substitua des vicaires perpétuels ou curés à portion congrue, et réunit la baronnie de Baupte à ses autres propriétés. Dès le xvu® siècle, il n'est plus fait mention de prieurs de Baupte ni d'autre taxe que celle du curé. — Il payait une décime de quatre-vingt-dix livres; ce qui fait supposer que l'abbaye lui laissait des moyens d'existence outre sa pension. — L'étymologie se tire du mot Scandinave balt, qui veut dire un lieu environné d'eaux. La prononciation a changé quand les métals sont devenus des métaux «t les oisels des oiseaux.

3. Fkugères. L'église Saint-Pierre-de-Feugères fut donnée à l'abbaye de Lessay, quelques années après la fondation, par Guillaume d'Aubigny, du consentement de Roger, son fils. — La paroisse a deux chapelles d'antique fondation : Notre-Dame-de-l'Uuis-Ouvert, ainsi nommée de ce que la porte ne ferme jamais à la clef, et Sainte-Barbe, à laquelle on va processionnellement aux Rogations. — Le curé était à portion congrue; il payait une décime de dix-sept livres dix sous. Au xiv^ siècle, il avait une part des dîmes, des oblations et des droits sur les revenus des chapelles. Mais les abbayes faisaient leurs conditions. On voit aux taxes qui lui incombaient, qu'il prenait rang parmi les grands curés : dix sous pour la chape à l'évêque, trois sous pour la drcaia, seize sous pour la débite; il payait, de moitié avec l'abbé, l'honoraire de la visite archidiaconale.

4. GoNFREViLLE. L'églisc Saint-Manvieu-de-Gonf reville était de présentation laïque; mais l'abbaye de Blanche-Lande et l'hôtel-Dieu de Coulances avaient les dîmes de la paroisse. — Après avoir payé une décime de trente-deux livres, la cure n'était plus taxée qu'à dix-huit en 1721 .

5. Gorges. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. La paroisse était divisée en trois portions curiales : la première à la présentation du roi, en vertu de confiscation prononcée par Philippe-Auguste contre Thomas de Gorges, qui opta pour l'Angleterre après la réduction de la Normandie. La seconde, dite de Camprond, était à la présentation du seigneur du lieu; la troisième, dite de Lepesse, à la présentation de l'abbaye de Blanche-Lande. — On peut juger du revenu proportionnel des curés par les chiiTres suivants. La première portion payait une décime de quarante livres; la seconde, quarantecinq livres, et la troisième, trente-huit livres.— Il y eut deux chapelles, appelées Sainte-Anne-des-Marais et Saint- André. Sainte-Anne était de nomination royale, elle existe et est entretenue; Saint-André payait une décime de douze livres y dix-sept livres pour les trois cinquièmes en 1721. La fabrique de Gorges payait quinze livres.

La paroisse de Saint-Germain-la-Campagne est annexée à Gorges depuis

1803 et le supporte patiemment. La cure était de nomination royale; le curé payait une décime de vingt-huit livres.

6. Lastblle. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. La cure avait été précédemment divisée en deux portions, dont une de nomination royale. Pen* dant l'occupation anglaise, en 4418, Henri Y, roi d'Angleterre, ordonna à son lieutenant en Normandie de lui présenter un prêtre pour la deuxième portion de la cure de Lastelle. On voyait deux croix sur le même socle dans le cimetière; peut-être en signe de ce partage. Les deux portions étaient réunies dès le milieu du xvwf siècle. La première avait été donnée à l'abbaye de Lessay par Roger d'Aubigiiy vers la fin du xi* siècle. — Nonobstant, la présentation appartenait au seigneur en dernier lieu. Le curé payait une décime de quarante-six livres. — Erigée en succursale par ordonnance du 26 novembre 1826.

7. Le Plessis. L'église Saint-Cyrin-du-Plessis fut donnée à l'abbaye de Lessay par Robert de la Haye-du-Puits en 1105. Ce saint Cyrin est le compagnon de saint Clair (voy. l'art. Sainle-S/larie-d' Audowoillé), — Il y avait dans la même paroisse une seconde église ou chapelle, dédiée à saint Ermeland, dit vulgairement saint Erbland, représentant probablement une maison religieuse sous la dépendance de l'abbaye d'Aindre, antérieure à l'invasion normande, fondée, à ce que l'on croit, par saint Ermeland ; Richard, dit Turstin-Ie-Haudu, et Eude-au-Chapeau, son fils, l'avaient donnée avec ses dépendances à l'abbaye de Lessay au moment de la fondation. — L'abbaye y établit un prieuré. Le prieur avait le trente-septième rang au synode ; mais il n'y sistait guère pendant les deux derniers siècles, car c'était un commendataire. Il payait une décime de cinquante livres. Il y a en outre une chapelle appelée Sainte-Anne-des-Bois, d'ancienne fondation. — Le curé du Plessis payait une décime de dix-huit livres.

Un plessis était une première fortification de bois vif, épines entrelacées autour d'un château. Celui du Plessis, dont on voit encore les ruines, fut confisqué ainsi que le château du Plessis-Grimout, dans le Dessin, par Guillaume-le-Bfttard, et démoli à la suite de la bataille du Val-ès-Dunes. Il n'a pas été relevé. Grimout, son propriétaire, mourut dans les fers en 1048 environ. — L'antique église a été démolie ; une nouvelle, située en lieu plus central, a été construite du 3 mars 1850 au 22 mars 1851 .

8'. March^sieux. Prononciation du pays, Manchus; du saxon marsch^ un -pays marécageux; huus, une habitation. — L'église Saint-Manvieu-de-Marchésieux appartenait au prieuré du lieu, lequel était sous la dépendance de l'abbaye de Cormery, près Tours. Le prieuré, du nom de Saint-Manvieu, desservit d'abord la cure, puis la fit desservir par un vicaire perpétuel, qui avait la table et le logement au prieuré, s'il lui convenait , une acre , soit quatre vergées de terre , en aumône , deux boisseaux de froment à la mesure d'Aubigny, qui était de vingt-quatre pots pour le froment, soit qua* rante-six litres, la dlme de trois fiefs, les menues dîmes du reste de la paroisse, les novales, et le tiers des oblations. Ce vicaire-curé payait une décime de vingt-huit livres ; celle du prieur est marquée à cent cinquante-sept livres pour les trois-cinquièmes en 1721. — Le prieur de Marchésieux était appelé le vingt-unième au synode; mais, de longue date, ce n'était plus que pour mémoire, car le prieuré était en commende depuis le xvi* siècle. Les commenda-

laires n'y venaient pas ; payaient-ils les six livres d'amende ? Il ne reste rien du prieuré que l'église paroissiale.

9. Nay. L'église Saint-Pierre-de-Nay était à la nomination directe de l'évêque. Le curé payait une décime de soixante livres. — Il y a eu dans la paroisse une chapelle Saint-Côme, qui était unie à la cure, et une chapelle Saint-Corneille-de-Compiègne en un champ où il se rencontre beaucoup de sarcophages de tuf sans inscription et à couvercle bombé. Quel motif de dévotion rendit, à une époque ignorée, ce champ un lieu privilégié de sépulture?

Il existe dans le cimetière paroissial une pierre tumulaire, également sans

inscription, supportée à ses deux extrémités, que l'on croit être celle d'un curé, et qui est l'objet d'une singulière superstition, les fiévreux viennent passer par-dessous en se traînant, pour trouver laguérison. Et l'on attribue à ce prétendu curé la prétendue histoire de Bérenger emporté à Rome et rapporté par le diable dans l'espace d'un matin, — La paroisse a été érigée en succursale par ordonnance du 1 2 janvier 1820.

^ 0. Saint-Germain-sur-Sèves. Précédemment, Saint-Germain-le-Vîcomte. La cure était de patronage laïque. Le curé payait une décime de quarante-cinq livres. Le manoir eut sa chapelle particulière.

La paroisse de Sainte-Marie- du-Buisson est annexée à Saint-Germain. Elle était également de patronage laïque. Le curé payait une décime de vingtquatre livres. 11 ne reste rien de l'église.

il. Saikt^ores. Au xi* siècle, Saint-Georges-de-Prétot. Richard, dit Turstin-le-Haudu, et Eude-au-Chapeau donnèrent une portion de l'église à l'abbaye de Lessay en 1056. L'autre portion fut donnée en 1107 par Richard de Réviersà la collégiale de Néhou.D'où il arriva que la paroisse eut deux curés; et c'est peut-être ce qui rend raison des deux croix sur un même socle qu'on a vues longtemps dans le cimetière et au bord du Chemin-Perré. Mais l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, de laquelle dépendait la collégiale de Néhou, échangea sa portion avec Lessay, qui devint ainsi unique propriétaire, ce qui supprima une des portions. Toutefois, le prieuré de Saint-Ermeland ayant une extension en Saint-Jores, Saint-Sauveur en devint propriétaire en 1167, et l'échangea en 1202 avec Blanche-Lande, par-devant l'évêque Vivien et l'archidiacre Hugues Neret (Hugues de Morville). Cela donna à cette dernière abbaye un trait de dtme dans la paroisse et le patronage.— Le curé payait une décime de trente livres. — Saint-Jores a une chapelle sous le vocable de sainte Marie, qui a été fondée en 1819. Il y en eut une plus anciennement au raanoir. — A la fin le patronage était redevenu laïque.

12. SAiNT-MARim-D'AuBiGNY. L'égliso Saint-Martin-d'Aubigny fut donnée à la Sainte-Chapelle par le pape Jean XXII en même temps que celles de Lithaire et de Gréville (Voy. à ces art.) sauf le consentement du roi, qui en avait reçu le patronage en 1225, de Marie, comtesse de Pontivi. C'était en 1320; Charies-le-Bel ratifia la donation en 1322. Le curé avait la moitié des grosses dîmes , des novales, les menues dîmes de toute la paroisse, les oblations de l'église, et vingt-quatre quartiers de froment, du don de Guillaume (d'Aubigny), comte d'Arondel, à percevoir sur les moulins d'Aubigny, de Marne et de Roart. — Deux chapelles , plus anciennes,* avaient déjà cessé d'exister; une chapelle Saint-Léonard existait alors, elle était unie à la cure,

sans rien rapporter au curé, qui était pourtant obligé de la desservir. Elle a été démolie vers le milieu du dernier siècle. — Il y avait eu dans la même paroisse une commanderie de Tordre du Temple, dont les biens furent donnés à la Sainte-Chapelle à cette occasion, ou Tétaient déjà. On croit que le chœur de Tëglise est Tœuvre des chevaliers. — Il y eut depuis lors au manoir une chapelle dédiée sous le vocable de saint Clair. — Le curé payait une décime de vingt-sept livres, dix sous pour la chape à Tévêque, trois sous pour la circata, dix-huit sous pour la débite, dix-huit deniers pour le Saint- Chrême.

La paroisse Saint-Christophe-d'Aubigny est annexée depuis 1803 à Saint- Martin. Elle en avait été détachée depuis le xiii*' siècle; car alors Téglise n'était encore mentionnée qu'à titre de chapelle. (5. Chrisùophori capella,) La cure était de nomination royale. Le curé payait une décime de onze livres dix sous. Il ne payait rien pour la circula, rien pour la chape à Tévêque.

13. Saint-SébastiEiN-de- Raids. Baiz, une rivière en langue saxonne, de même en Scandinave. La cure était de présentation laïque. Le curé payait une décime de vingt-sept livres, trois sous pour la chape à Tévêque, trois sous pour la circata, dix-huit deniers pour le Saint-Chrême.

1i. Sainte-Suzamse. L'église fut donnée à Tabbaye de Lessay en 1056 par Richard, dit Turstin-Ie-Haudu, fondateur. Le curé payait une décime de trente livres. En dernier lieu, la cure était revenue à la présentation du seigneur. — Etablie en succursale par ordonnance du 26 novembre 1826.

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