‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 134 sur 191 · CANTON DE SA INT-MALO-DE-L A-LANDE · texte numérisé non relu

CANTON DE SA INT-MALO-DE-L A-LANDE

î, Saint-Malo-de-la-Lande — i. Agon. — 3. Ancteville. — 4. Blainville. — 5. Boisroger. — 6. Brainville. — 7. Gouvillo. — 8. Gratot. — 9. Heugueville. — 10. La Yendelée. — 11. Jjd Homméei. — li. LinvcrvUIe. — 13. Montcarville. — 14. Montsurvent. — 15. Servigny. — 16. Tourville.

i. Saikt-Malo-de-l A-Lande. L'église était-de présentation laïque. Le curé payait une décime de trente livres ; il était seul décimateur. La cure avait dépendu de Tabbaye de Saint-Nicolas d'Angers au xiii* siècle, ensuite de Tabbaye de Saint-PauI-de-Cormery au xiv*. Le curé élait taxé à cinq sous pour la chape à Tévêque, vingt deniers pour le Saint-Chrême et vingt-huit deniers pour la circaïa.

2. Agon. Agon veut dire un lieu environné d'eaux. {Aqua, en basse latinité aigua. A Vains, les rochers d'Agon sont presque toujours sous Teau. — En Tan 913, Ilollon donna k Tévêque Thierry la moitié d'Agon en même temps que Saint-Sauveur de Rouen. Cette donation se trouve confirmée dans la charte de 1319 donnée par Philippe-le-Long. La cure était à la présentation du chanoine prebendé d'Agon et du prieur de Saint-Lo de Rouen , alternativement. L'église est sous le vocable de saint Evroult. Le curé payait une décime de cinquante livres.

Il y a à Agon une chapelle qui tire son nom du manoir de Coutainville. Elle est sous le vocable de saint Christophe. Il y en eut une plus ancienne, maintenant en ruines, dédiée à sainte Anne et à sainte Madeleine,

fondée en 1 1 77 par le seigneur du lieu avec la permission de Tévêque Richard de Bohon.

3. Anctevllle. Sous le patronage de la Chaire Saint-Pierre. La cure était à la fin de présentation laïque, après avoir appartenu à Tabbaye de Saint-Paulde-Cormery, au diocèse de Tours. Le curé payait une décime de soixantequatorze livres, quatre sous tournois pour la chape à révoque, trois sous deux deniers pour la circata, vingt deniers pour le Saint-Chrême et sept sous quatre deniers pour la débite.

La fête principale est la Saint-Méen , le 21 juin et le dimanche suivant. Il s'y fait un grand concours des personnes atteintes de cette éruption purulente que les médecins appellent p^ora, et le peuple le mal Sainl-Méen. Il y a dans le cimetière une fontaine Saint-Méen. Suivant les traditions locales, l'abbé Méen, Mevennus, aurait eu des relations avec ce pays et l'aurait visité. Saint Méen, abbé de Gaël, au diocèse de Dol, disciple de saint Samson, mourut le 21 juin 665.

4. Blainville. Sous le vocable de saint Pierre et le patronage du grandchantre de la cathédrale. La noble famille dont cette paroisse tire son nom, est connue dans nos annales : Jean Blain, seigneur de Blainville, gouverneur de Falaise pendant la minorité du duc Guillaume-le-Bâtard , reçut ce prince à Falaise après sa fuite de Valognes, et le servit avec dévouement. — Blainville avec le moulin et ses dépendances est relaté, dans la bulle d'Eugène III adressée à Tévéque Algare, parmi les propriétés de l'Eglise de Coutances. La charte de Philippe-le-Long dit : « Blainville avec l'église , toutes les terres et les salines. » Cette propriété était engagée et l'évêque GeofTroi de Montbray l'avait dégagée ; elle appartenait donc à l'église cathédrale de plus ancienne date.

Il y a à Blainville une chapelle Notre-Dame et Saint- Philbert, vulgairement Notre-Dame-de-Filbec, dont la fondation remonte à l'an 1050; le bâtiment actuel est plus moderne; le grand-chantre devait y célébrer ou faire célébrer deux messes la semaine et le curé une. Cette chapelle, qui faisait partie du fief de Gonneville, est demeurée en grand renom parmi les marins. Le curé de Blainville n'était que vicaire de la chantrerie ; il payait une décime de quinze livres ; la fabrique, une décime de trente sous.

5. BoiSROGER. L'église Saint-Nicolas-de-Boisroger était à la présentation du prieur. Le curé payait une décime de douze livres, trois sous pour la chape à l'évêque , trois sous pour la circata , vingt^deux deniers pour le Saint- Chrême, un tiers du droit de visite de l'archidiacre; le prieur payait les deux autres tiers et la moitié des deniers du Saint-Chrême. — Etabli en succursale le 28 août 1808.

Le prieuré de Boisroger, fondé vers l'an 1140 ou 1145, dépendait de l'abbaye de Bénédictins de Cormery. Le prieur était seul décimateur du Homméel et de Boisroger ; il tenait le treizième rang au synode et payait une décime de soixante-douze livres.

6. Brainville. L'église Sain(-Aubin-de-Brainville était de présentation laïque. Le curé payait une décime de cinquante-cinq livres, trois sous pour la chape à l'évêque, trois sous pour la circata et vingt deniers pour le Saint- Chrême. — Etabli en succursale le 28 août 1808.

7. GouviLLE. L'église Saint-Malo-de-Gouville fut donnée à Tabbaje de Savigny par Gervaise de Say, femme de Geoffroi de Montfort; la donation fut confirmée par le duc-roi Henri II, par acte délivré à Yalognes ; les chartes sont sans date.— Jeanne de Montfort, dame du lieu, fonda en 1358 une chapelle au manoir sous le vocable de Notre-Dame , à là desserte de deux chapelains, lesquels seraient à la nomination du seigneur. — - Le curé payait une décime de dix-huit livres. Les deux chapelains payaient chacun vingtquatre livres. — Gouville était partagé en deux portions curiales au xiv* siècle; le seigneur du lieu présentait à la première, Tabbé de Savigny à la seconde.

8. Gratot. Jadis Girard-tot, l'habitation de Girard, et c'est la véritable étymologie. Thot est un mot saxon qui veut dire famille. Guerard est le même nom que Girard. En 1251, Guerard était seigneur de Gratot; il donna à Jean d'Essey le patronage de Nicorps. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. — La cure était divisée en deux portions ; la seconde avait été à la présentation de l'abbaye de Montebourg; quoique les deux curés fussent décimateurs chacun en leurs portions, égales en étendue, le curé de celle-ci était moins bien partagé , parce qu'il était chargé de certaines redevances envers l'abbaye, notamment d'une rente de douze quartiers de froment et une livre de gingembre, payables au jour Saint-Michel. En dernier lieu, elle était revenue à la présentation du seigneur et son titulaire devint le plus favorisé, si on en juge par la différence des décimes : il payait trente-huit livres, et le titulaire de la première portion, seulement trente-une. La fabrique payait vingt livres. Le curé de la première portion payait dix deniers pour le Saint- Chréme ; celui de la seconde, dix deniers, et les deux ensemble, dix-huit deniers pour la chape à l'cvêque, dix-neuf pour la circata et six sous huit deniers pour la débite. — La paroisse eut les chapelles de la Madeleine, de Saint-Haur et l'ermitage Saint-Gerbold , vulgairement Saint-Girbou. Il reste des ruines de l'ermitage. Au temps de la ligue, frère Gilles de Saint- Joseph, ermite de Saint-Gerbold, cultivait les lettres. Il dédia à Louis d'Argouges, seigneur de Gratot, un poëme intitulé La Trompette de l'Uîiion. Il n'y avait ni chapelles ni ermitage en 1350.

9. Heugueville. L'église Saint-Pierre-de-Heugueville fut donnée pour une portion à l'abbaye de Lessay, vers 1 080, par Renault d'Orval. Robert de la flayedu-Puits, et Guillaume, chapelain du roi, celui-là même qui périt au naufrage de la Blanehe-Nef, donnèrent l'autre portion vers 1100 ou 1105. — Heugueville fut une des paroisses cédées à l'évêque Hugues de Morviile par l'abbaye en échange du titre de chanoine -honoraire, concédé à l'abbé. Hugues de Morviile la céda au chapitre en 1236, et le chapitre Térigea en prébende. Le curé était simplement vicaire perpétuel du chanoine prébende. 11 payait une décime de seize livres, huit sous pour la chape à l'évêque, dix sous pour la débite, dix-neuf deniers pour la circata, vingt deniers pour le Saint-Chrême.

10. La Vandelée. L'église Saint-Sébastien-de-la- Vandelée fut donnée pour les deux tiers au chapitre par l'évêque Jean d'Essey, élu en 1250. En dernier lieu, le seigneur était seul présentateur. Le curé avait la moitié des dîmes, et le chapitre l'autre moitié. Le curé payait une décime de vingt-cinq livres, le tiers des droits de visite de Tarchidiacre, trois sous tournois pour la chape à l'évêque et vingt deniers totu'nois pour le Saint-Chrême.

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< i . Le Homméel. L'église Nolre-Dame-du-Homméel était de présentation laïque, après avoir été sous le patronage du prieur de Boisroger au xiii® siècle, et de Tabbaye de Cormery au xiv®. Les dîmes de la paroisse appartenaient au prieur de Boisroger. Le curé payait une décime de vingt-sept livres, six sous pour la cbape à l'évêque, trois sous deux deniers pour la drcata, la moitié du droit de visite de Tarchidiacre et vingt deniers tournois pour le Saint-Chrême.

La paroisse avait été annexée à celle de Gratot en 1 803 ; mais elle a été rétablie à titre de succursale par une ordonnance du 26 décembre 1843. L'église a conservé quelques portions de maçonnerie en opus spicatum.

12. LiNVERViLLE. L'égUsc Saint-Ouen-de-Linverville était de présentation laïque. Le curé payait une décime de soixante livres, trois sous pour la chape à révoque et vingt deniers pour le Saint-Chrême. La paroisse fut annexée à celle de Gouville en 1803; elle a été rétablie à titre de succursale par ordonnance du 15 février 1843.

13. MoNTCARviLLE. L'église Notre-Dame-de-MoutcarviUe était de présentation laïque. Le curé payait une décime de cinquante livres. — La paroisse fut annexée à Gouville en 1 803 ; elle a été rétablie h titre de succursale par décret du 4 juillet 1873.

14. MoNTSURVENT. L'églisc Saiut-Martin-de-Montsurvent était à la présentation de Tabbé de Saint-Calais (Carilefus), au diocèse du Mans. En dernier lieu à la nomination de Tévêque. Le curé payait une décime de soixante-deux Kvres, deux sous pour la chape à l'évêque, vingt deniers pour le Saint-Chrême, dix-neuf mançois pour la circata. Le sou manseau valait un sou et demi.

15. Servigny. L'église Saînt-Jean-Baptiste-de-Servigny était de présentation laïque. Le curé était seul décimateur. Il payait une décime de trente-cinq livres, deux sous pour la chape à l'évêque et dix deniers pour le Saint-Chrême. La paroisse fut annexée à Ancteville en 1803 ; une ordonnance du 2 février 1820 la rappela à l'existence.

16. TouRViLLE. L'église Notre-Dame-de-Tourville appartint primitivement à l'abbaye de Lessay ainsi qu'un fief dans la même paroisse ; elle est relatée dans la bulle çonfirmative des propriétés de l'abbaye donnée par le pape Urbain III en 1 186. Mais l'abbaye dut la céder plus tard à la Luzerne; car, pendant les derniers siècles, Tourville était un prieuré-cure de cette dernière abbaye desservi par un religieux. Le prieur-curé avait le trentième rang au synode. — La paroisse a une chapelle Saint-Germain, dite chapelle aux Jacquets, fondée par Germain Jacquet vers 1 475. — Le prieur de Tourville payait une décime de trente livres.

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